1 Les Gaulois, étant près d'en venir aux mains avec Attale,
confièrent tout leur or et leur argent à des hommes sûrs, qui
avaient ordre, en cas de défaite, de le semer dans la campagne,
afin que l'ennemi, occupé à ramasser ce butin, les laissât
échapper plus facilement.
2 Tryphon, roi de Syrie, vaincu et obligé de fuir, sema de
l'argent le long de son chemin; et, tandis que la cavalerie
d'Antiochus s'arrêtait à le recueillir, il opéra sa retraite.
3 Q. Sertorius, défait par Metellus Pius, et craignant de ne
pouvoir assurer sa retraite, ordonna à ses soldats de se disperser
en prenant la fuite, et leur fit connaître le lieu où il voulait
qu'on se ralliât.
4 Viriathe, chef des Lusitaniens, échappa à la poursuite de notre
armée et au désavantage des lieux, par le même moyen que
Sertorius, en dispersant ses troupes pour les rassembler
ensuite[88].
5 Horatius Coclès, vivement poursuivi par l'armée de Porsena, fit
rentrer ses compagnons dans Rome par un pont qu'il ordonna de
couper aussitôt, pour arrêter la poursuite de l'ennemi. Pendant
cette opération, Coclès soutenait seul, à la tête du pont, les
efforts des assaillants; et, quand il entendit le fracas de ce
pont qui tombait, il se jeta dans le fleuve et le traversa à la
nage, chargé de ses armes et couvert de blessures.
6 Afranius, fuyant du côté d'Ilerda, en Espagne, devant César, qui
le suivait de près, s'arrêta pour camper; et, lorsque César en eut
fait autant, et eut envoyé ses soldats au fourrage, Afranius donna
tout à coup le signal du départ.
7 Antoine, faisant retraite, vivement pressé par les Parthes, et
s'étant aperçu que toutes les fois qu'il se mettait en route au
point du jour, ses troupes étaient assaillies par les flèches de
ces barbares, se tint dans son camp jusqu'à la cinquième heure,
pour que l'on crût qu'il voulait y séjourner. Dans cette
confiance, les Parthes se dispersèrent, et Antoine fit sans
obstacle une marche ordinaire pendant le reste du jour.
8 Philippe, vaincu en Épire par les Romains, et craignant d'être
accablé dans sa retraite, demanda et obtint une trêve pour
ensevelir ses morts; et, la vigilance des postes romains s'étant
relâchée pendant ce temps, il s'échappa.
9 P. Claudius, battu sur mer par les Carthaginois[89], et obligé de
traverser des parages qu'ils occupaient, orna, comme s'il eût été
vainqueur, les vingt vaisseaux qui lui restaient, et gagna le
large en intimidant ainsi les Carthaginois, qui crurent que les
Romains avaient remporté la victoire.
10 La flotte carthaginoise, défaite et poursuivie par les Romains,
feignit, pour leur échapper, de s'être engagée sur un banc de
sable; et, imitant la manoeuvre de vaisseaux engravés, elle
réussit à faire craindre le même embarras aux vainqueurs, qui lui
laissèrent la retraite libre.
11 Commius, chef des Atrébates, vaincu par Jules César, et voulant
passer de la Gaule dans la Bretagne, vint sur le bord de l'Océan,
où il trouva le vent favorable, mais la marée basse. Quoique ses
vaisseaux fussent à sec sur le rivage, il fit néammoins tendre les
voiles. César, qui le poursuivait, ayant vu de loin les voiles
déployées, et enflées par le vent, se retira, persuadé que
l'ennemi voguait heureusement, et lu échappait.