II, p. 193.--Nous avons résumé un conte annamite, traduit par M.
Abel des Michels. La collection A. Landes renferme (nº 79) un conte
du même pays, qui ne diffère de ce conte que par une introduction
où est expliquée l'origine de la réputation du prétendu devin.
Cette introduction a un grand rapport avec celle du conte indien du
Kamaon (II, p. 193): Un homme est paresseux et menteur. Sa femme,
un jour, l'envoie chercher du travail, mais il revient sans avoir
rien fait que de couper un bambou. Avant de rentrer à la maison,
il s'arrête derrière le mur. Justement, à ce moment, la femme, qui
vient d'acheter cinq gâteaux, en donne trois à ses enfants, en leur
disant de serrer les autres dans la jarre à riz, pour leur père.
Celui-ci, ayant entendu la chose, entre, quelques instants après,
son bambou à la main. «Femme,» dit-il, «j'ai acquis le pouvoir de
découvrir les objets cachés; voici avec quoi je les sens. Si tu as
quelque chose de caché, je vais le trouver.» Sa femme lui ayant dit
de chercher les deux gâteaux, il les trouve tout de suite dans la
jarre à riz.--La femme va se vanter auprès de ses voisines de ce
que son mari est devenu si habile. On le charge de retrouver des
petits cochons perdus. Le hasard a voulu qu'il les ait aperçus dans
un buisson; il les ramène en un instant. Puis, comme il a épié les
parents de sa femme, il devine du premier coup où ceux-ci ont caché
de l'argent.--Vient enfin l'histoire de la tortue d'or, comme dans
le conte résumé dans nos remarques.