Nº VII.--LES DEUX SOLDATS DE 1689.

Deux contes sont à joindre aux récits orientaux que nous avons

résumés, I, pp. 90-94.

Le premier est un conte annamite, un peu altéré (A. Landes, nº

105): Un voyageur, pressé par la soif, se fait descendre dans un

puits par son compagnon de route. Celui-ci l'y abandonne. Etant

parvenu à en sortir, Tam (c'est le nom du voyageur) s'égare et

arrive à une pagode, où il demande l'hospitalité. Le gardien lui

dit: «Restez, si vous voulez; mais il y a ici quatre esprits de

personnes laissées sans sépulture, qui apparaissent à la troisième

veille et dévorent tout étranger.» L'homme demande qu'on lui

indique un trou pour se cacher. «Voilà,» lui dit le gardien, «le

trou dans lequel habitent ces démons; c'est derrière l'entrée que

vous serez le plus en sûreté.» A la troisième veille, les quatre

âmes en peine reviennent d'une expédition. Sans voir Tam, elles

s'arrêtent près de l'entrée de leur trou. La première dit: «A

gauche, derrière cette pagode, sont enfouies dix jarres d'argent,

et à droite dix jarres d'or. Et vous autres, savez-vous quelque

chose de nouveau?» La seconde dit: «Je connais quelque chose à

l'aide de quoi on pourrait nous détruire. C'est une pierre de

tortue (_sic_). Si quelqu'un s'empare de cette pierre, qui est à

côté de la caverne, il pourra nous faire périr.» A ces mots, Tam se

précipite pour s'emparer de la pierre. Les mauvais esprits essaient

de se jeter sur lui pour le dévorer, mais il tient déjà la pierre

et les fait périr. Il déterre ensuite le trésor, et se trouve

riche. Quant à son compagnon, il a été rencontré par les mauvais

esprits, qui l'ont dévoré.

Le second conte, un conte indien du Pandjab (Steel et Temple, p.

294 seq.), est mieux conservé: Un jeune prince est poussé dans

un puits par ses six frères, qui voyagent avec lui. Il entend,

pendant la nuit, la conversation des habitants de ce puits, un

démon borgne, un pigeon et un serpent. Le serpent dit qu'il a sous

lui les trésors de sept rois. Le démon raconte qu'il a rendu malade

la fille du roi; le pigeon, qu'il peut la guérir: il suffirait

qu'on fit manger de sa fiente à la princesse. Le jour venu, les

trois êtres mystérieux disparaissent. Le prince est retiré du puits

par un chamelier qui passe. Il guérit la princesse et déterre les

trésors. Le roi lui donne la main de sa fille et moitié du royaume.

Les frères du jeune homme, qui se trouvent aux noces, ayant appris

ses aventures, s'en vont au puits et y descendent. Mais le pigeon,

s'étant aperçu que sa fiente a été enlevée, dit à ses compagnons

de voir s'il n'y aurait pas là quelque voleur. Les six frères sont

découverts, et le démon les dévore.

Contes populaires de Lorraine, comparés avec les contes des autres provinces de France et des pays étrangers, volume 2 (of 2) · 第 233 / 309 题