Il était une fois la fille d'un marchand de Lyon. Sa mère, qui ne
l'aime pas, ordonne un jour à un serviteur de la tuer et de lui
apporter son cœur tout vif. Le serviteur ne peut se décider à exécuter
cet ordre; il prend le cœur d'un chien et le porte à sa maîtresse. La
jeune fille s'enfuit dans la forêt et se cache dans le creux d'un chêne.
Un jour qu'un comte est à la chasse dans cette forêt, ses chiens
s'arrêtent devant l'arbre et se mettent à aboyer. Le comte, étant
arrivé, se dit qu'il y a quelqu'un de caché dans l'arbre. «Sors d'ici,
créature!» dit-il, «sinon je te tue.» La jeune fille sort de l'arbre,
et le comte la recueille dans son château. Bientôt il l'épouse, et elle
lui donne un fils.
La mère du comte n'aime pas sa belle-fille. Un jour, la jeune femme
s'en va dans son carrosse faire des emplettes à la ville, ayant avec
elle son petit enfant. Le cocher et le laquais l'insultent, sachant que
la mère du comte la déteste. Ils prennent l'enfant et le jettent sur la
route, où il est écrasé.
La jeune femme saute en bas de la voiture, à demi morte, et se réfugie
dans un village. Elle prend des habits d'homme et se fait appeler
Petit-Jean.
[Ici nos notes sont tout à fait incomplètes. Dans une occasion que
nous ne pouvons préciser, le comte se trouve dans la même maison que
Petit-Jean, probablement dans une auberge où ce dernier est en service.
Petit-Jean est invité à conter une histoire. Il fait alors le récit de
tout ce qui lui est arrivé. Le comte reconnaît sa femme et la ramène
dans son château. Le cocher et le laquais sont brûlés vifs.]