Ce conte est une variante de notre nº 18, _Peuil et Punce_ (Pou et
Puce). Voir les remarques de ce conte. Aux rapprochements que nous
y avons indiqués, on peut ajouter un conte toscan (Pitrè, _Novelle
popolari toscane_, nº 50).
* * * * *
Parmi les contes mentionnés dans ces remarques, celui qui ressemble
le plus à _la Petite Souris_, par la série de personnages qu'il
met en scène, est le conte hessois (Grimm, nº 30). Voici ce qu'on
pourrait appeler le _couplet_ final, dit par une jeune fille,
qui de chagrin casse sa cruche à la fontaine: «Petit pou s'est
brûlé,--Petite puce pleure,--Petite porte crie,--Petit balai
balaie,--Petit chariot court,--Petit fumier brûle,--Petit arbre se
secoue.» «Eh bien! dit la fontaine, je vais me mettre à couler.» Et
elle noie tout, jeune fille et le reste.
On le voit, malgré l'identité de titre entre notre _Peuil et Punce_
et le _Pou et Puce_ allemand, ce dernier ressemble beaucoup plus à
notre _Petite Souris_.
Divers traits particuliers de ce dernier conte se retrouvent,
indépendamment du conte hessois, dans des contes d'autres
collections dont nous avons déjà parlé dans les remarques de notre
nº 18. La porte qui se démonte figure dans les deux contes de
la Haute-Bretagne, dans le conte messin, et aussi dans le conte
milanais et le conte vénitien. Dans le conte sicilien, le conte
italien d'Istrie et le conte norvégien, la porte se met à s'ouvrir
et à se fermer avec bruit. (Comparer le volet qui bat, dans _Peuil
et Punce_).--Dans le conte messin, le fumier «se répand», comme
dans _la Petite Souris_. On a vu que, dans le conte hessois, il se
met à «brûler». Dans _Peuil et Punce_, le fumier qui «danse» est
évidemment amené par le coq qui «chante».--A la voiture qui recule
jusqu'au bois, correspondent le chariot qui s'enfuit, du conte
d'Istrie, le chariot qui court, du conte hessois, la charrette qui
court les chemins, du second conte de la Haute-Bretagne, le chariot
qui s'en va sans les bœufs, du conte milanais.--Enfin, si, dans le
conte lorrain, les petits oiseaux vont se noyer dans la fontaine,
un ou plusieurs oiseaux s'arrachent les plumes dans le conte
français du _Magasin Pittoresque_, dans le conte italien d'Istrie,
le conte toscan de M. Pitrè, le conte sicilien, le conte roumain,
le conte norvégien, et un petit oiseau se coupe le bec, dans le
conte espagnol.