Un jour, la petite souris était allée moissonner avec sa mère. Celle-ci
lui dit de retourner à la maison pour tremper la soupe. Pendant que
la petite souris y était occupée, elle tomba dans le pot et s'y noya.
Voilà sa mère bien désolée; elle se met à pleurer.
La crémaillère lui dit: «Grande souris, pourquoi pleures-tu?--La
petite souris est morte: voilà pourquoi je pleure.--Eh bien!» dit la
crémaillère, «je m'en vais grincer des dents.»
Le balai dit à la crémaillère: «Pourquoi donc grinces-tu des dents?--La
petite souris est morte, la grande la pleure: voilà pourquoi je grince
des dents.--Eh bien!» dit le balai, «je m'en vais me démancher.»
La porte dit au balai: «Pourquoi donc te démanches-tu?--La petite
souris est morte, la grande la pleure, la crémaillère grince des dents:
voilà pourquoi je me démanche.--Eh bien!» dit la porte, «je m'en vais
me démonter.»
Le fumier dit à la porte: «Pourquoi donc te démontes-tu?--La petite
souris est morte, la grande la pleure, la crémaillère grince des dents,
le balai se démanche: voilà pourquoi je me démonte.--Eh bien!» dit le
fumier, «je m'en vais m'étendre.»
La voiture dit au fumier: «Pourquoi t'étends-tu donc?--La petite souris
est morte, la grande la pleure, la crémaillère grince des dents, le
balai se démanche, la porte se démonte: voilà pourquoi je m'étends.--Eh
bien!» dit la voiture, «je m'en vais reculer jusqu'au bois.»
Les feuilles dirent à la voiture: «Pourquoi donc recules-tu jusqu'au
bois?--La petite souris est morte, la grande la pleure, la crémaillère
grince des dents, le balai se démanche, la porte se démonte, le fumier
s'étend: voilà pourquoi je recule jusqu'au bois.--Eh bien,» dirent les
feuilles, «nous allons tomber.»
Le charme dit aux feuilles: «Pourquoi tombez-vous donc?--La petite
souris est morte, la grande la pleure, la crémaillère grince des dents,
le balai se démanche, la porte se démonte, le fumier s'étend, la
voiture recule jusqu'au bois: voilà pourquoi nous tombons.--Eh bien!»
dit le charme, «je m'en vais me fendre.»
Les petits oiseaux dirent au charme: «Pourquoi te fends-tu donc?--La
petite souris est morte, la grande la pleure, la crémaillère grince des
dents, le balai se démanche, la porte se démonte, la voiture recule
jusqu'au bois, les feuilles tombent: voilà pourquoi je me fends.--Eh
bien!» dirent les oiseaux, «nous allons nous noyer dans la fontaine.»
Et ils se noyèrent tous dans la fontaine.