Dans une variante, également de Montiers-sur-Saulx, un pauvre
homme, dont la femme vient d'accoucher, se rend à un village
voisin, dans l'espoir de trouver un parrain riche. Le démon, qui
devine l'avenir, se trouve sur son passage, habillé en grand
seigneur. Il accepte d'être parrain et donne à l'homme un sac plein
d'or. Ensuite il l'oblige à signer de son sang un écrit par lequel
l'homme promet de lui donner son fils dans vingt ans. Le démon
comptant le jour comme la nuit, c'est au bout de dix ans qu'il
arrive pour prendre l'enfant. Il est mis en fuite grâce à une image
représentant la croix et à des aspersions d'eau bénite.
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Comparer l'introduction de notre nº 75, _la Baguette merveilleuse_,
et les remarques.
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Les principaux traits de notre conte, si bizarrement rattaché
au nom de saint Etienne, se retrouvent dans un groupe de contes
étrangers, où ce thème ne forme qu'une partie du récit, et où il
n'est pas question de «saint Etienne.» Du reste, on a vu que, dans
notre variante, il n'en est pas question davantage.
Nous citerons d'abord un conte valaque (Schott, nº 15): Un pauvre
pêcheur promet au diable, en échange de grandes richesses, «ce
qu'il aime le mieux chez lui»; il s'aperçoit trop tard que c'est
son fils qu'il a promis. L'enfant, devenu grand, force son père à
lui révéler le secret. Alors, sur le conseil de son maître d'école,
il se fait faire des vêtements ecclésiastiques tout parsemés de
croix, et se met en route vers l'enfer. Arrivé à la porte, il
frappe. Effrayés de ses croix, les diables veulent le chasser; mais
il ne part qu'après s'être fait rendre le parchemin signé par son
père.
Dans deux contes lithuaniens (Chodzko, p. 107; Schleicher, p. 75),
un paysan égaré dans une forêt promet au diable de lui donner
«ce qui n'était pas dans sa maison au moment de son départ»; il
se trouve que c'est un fils qui lui est né pendant son absence.
(Comparer l'introduction d'un troisième conte lithuanien, nº 22 de
la collection Leskien.) Dans le premier de ces contes, le jeune
homme, quand il part pour aller en enfer chercher la cédule du
marché, se munit d'eau bénite et d'un morceau de craie, bénite
aussi. Avec la craie il trace un cercle autour de lui; avec l'eau
bénite il asperge Lucifer et tous les démons, jusqu'à ce qu'ils lui
aient rendu le parchemin.--Voir également un conte souabe (Meier,
nº 16).
Nous pouvons encore rapprocher de notre conte un conte allemand
(Prœhle, II, nº 63), où le père, comme la mère de «saint Etienne»,
vend directement son fils au diable. Comparer une variante
allemande de cette même collection Prœhle (pp. 235, 236), un conte
de la Basse-Saxe (Schambach et Müller, nº 32), très défiguré, et
deux contes bas-bretons, plus ou moins altérés (Luzel, _Légendes_,
I, pp. 175 et 267).
Dans tous ces contes, le jeune homme contribue, par son voyage en
enfer, à la conversion d'un brigand endurci dans le crime.