NOTES:

[78] M. Ralston a étudié ce groupe de contes dans la revue le

_Nineteenth Century_ (livraison de décembre 1878).

[79] Dans un conte lithuanien (Leskien, nº 23), le loup blanc,--ici

comme dans le conte lorrain, le monstre est un loup blanc, qui, la

nuit, dépouille la peau de bête et devient un beau prince,--amène la

princesse sa femme aux noces de la sœur aînée de celle-ci, et vient

ensuite la reprendre. Il l'amène également au mariage de la cadette;

mais, cette fois, pendant qu'il dort, la reine, mère de la princesse,

brûle la peau de loup, et aussitôt il disparaît. Sa femme se met à sa

recherche, et le récit se rapproche du nº 88 de la collection Grimm, où

se trouve aussi, mais avec des traits tout particuliers, le voyage de

l'héroïne aux noces de ses sœurs.

[80] Il y a peut-être dans cette promesse un souvenir d'une vieille

superstition païenne. Ainsi, nous voyons dans la Bible Jephté, qui, on

le sait, avait passé sa jeunesse parmi des voleurs et des gens sans

aveu, plus païens sans doute que fidèles Israélites, faire au vrai Dieu

un vœu de ce genre, tel qu'un Moabite en eût fait à son dieu Chamos.

Un écrivain du moyen âge, Hugues de Saint-Victor, a très bien exprimé

cette idée: «Ritum gentilium secutus, dit-il, humanum sanguinem vovit,

sicut postea legimus regem Moab filium suum immolasse super murum.»

(_Adnot. in Jud._, dans la Patrologie de Migne, t. CLXXV, col. 92.)

[81] Dans le conte épirote, la ressemblance avec le conte indien est

encore plus grande, sur ce point, que dans le conte romain: Quand le

marchand s'embarque pour l'Inde, ses deux filles aînées lui demandent

de leur rapporter des étoffes de ce pays; la troisième demande «la

baguette d'or». Le marchand apprend, dans le pays où il est allé, que

«la Baguette d'or» est le nom du fils du roi.

[82] Dans le conte norvégien, le «chevalier vert», qui tient la place

du prince Sabr, a donné au roi, pour le remettre à sa fille, un petit

livre qu'elle ne devra ouvrir qu'étant seule. Quand la princesse

l'ouvre, le chevalier paraît devant elle; il disparaît quand elle le

ferme.

[83] M. Lal Behari Day a recueilli, également dans le Bengale, une

variante de ce conte (nº 8), qui ne présente guère que la différence

suivante: La plus jeune fille du marchand, qui s'est mise à la

recherche de son mari, le prince Sobur,--_Sobur_ et _Sabr_ sont, au

fond, le même nom,--n'entend pas tout de suite, comme dans l'autre

conte indien, la conversation des deux oiseaux. Elle a d'abord

l'occasion de tuer un énorme serpent au moment où il allait dévorer les

petits de ces oiseaux, qui sont des oiseaux géants, et le père, par

reconnaissance, la transporte dans le pays du prince. (On peut ajouter

cet épisode aux passages analogues de contes orientaux cités dans les

remarques de notre nº 52, la _Canne de cinq cents livres_, II, p. 141

et pp. 143-144.)

[84] Voir l'intéressant écrit de M. Maxime Collignon, _Essai sur les

monuments grecs et romains relatifs au mythe de Psyché_ (Paris, 1877).

[85] Hermann Brockhaus en a donné une traduction allemande à la fin de

ses deux volumes de traduction de Somadeva (Leipzig, 1843).

[86] Dans un conte sicilien (Pitrè, _Nuovo Saggio_, nº 5), dont nous

avons parlé plus haut et sur lequel nous reviendrons à propos de notre

nº 65, _Firosette_, l'héroïne, obéissant à de perfides conseils, commet

aussi la faute de demander avec instance à son époux mystérieux comment

il se nomme. A peine le nom est-il prononcé, qu'elle se trouve seule,

au milieu d'une campagne déserte.

[87] Ce commencement est à peu près celui du conte italien de Livourne,

lequel, comme nous l'avons dit, se rattache à l'une des branches du

thème de _Psyché_: Une reine, qui n'a point d'enfants, se recommande à

Dieu et aux saints, mais inutilement. A la fin elle devient enceinte et

accouche d'un serpent. Quand le serpent a dix-huit ans, il dit à son

père qu'il veut se marier.

[88] Un autre conte serbe (Vouk, nº 9), qui n'a pas cette

dernière partie, se rapproche beaucoup du conte indien de la

_Sinhâsana-dvâtrinçikâ_. Dans ce conte serbe, le serpent est le fils

d'une pauvre femme. Il l'envoie un jour demander à l'empereur de lui

donner sa fille en mariage. «Je la lui donnerai,» dit l'empereur, «s'il

bâtit un pont de perles et de pierres précieuses qui aille de sa maison

à mon palais.» En un instant la chose est faite. Cela rappelle, comme

on voit, la demande du roi Premasena.

[89] Dans un conte grec moderne d'Epire (Hahn, nº 14), c'est aussi

pendant que la jeune femme est à une fête, après avoir dépouillé sa

peau de chèvre, que le prince son mari jette cette peau dans un four

ardent.

[90] Dans un conte italien de Rome, assez altéré (miss Busk, p. 99),

qui a l'introduction du quatrième des groupes indiqués ci-dessus, nous

retrouvons le poignard du récit latin avec la goutte de cire brûlante.

L'héroïne habite le palais d'un «roi noir», et ses sœurs l'ont engagée

à le tuer, lui disant qu'il ne peut être qu'un méchant magicien.

Contes populaires de Lorraine, comparés avec les contes des autres provinces de France et des pays étrangers, volume 2 (of 2) · 第 139 / 309 题