Ce conte présente, d'une façon tout à fait embryonnaire, le thème
auquel se rattache notre nº 42, _les Trois Frères_, et aussi notre
nº 11, _la Bourse, le Sifflet et le Chapeau_. Voir, au sujet des
objets merveilleux, nos remarques sur ces deux contes.--Comparer
aussi notre nº 71, _le Roi et ses Fils_.
La ceinture d'où sortent des diamants, des perles, etc., est
au fond la même chose que la bourse où l'on trouve toujours de
l'argent.
Quant au sabre _Quiconque me portera sera vainqueur_, nous
le retrouvons identiquement dans un conte de la Bretagne non
bretonnante (Sébillot, I, p. 64), où un soldat découvre un vieux
sabre portant ces mots écrits sur la lame: «Celui qui se sert de
moi a toujours la victoire.» Dans un conte allemand (Wolf, p. 393),
le héros possède une épée qui rend invincible.--En Orient, dans
un conte arabe (_Contes inédits des Mille et une Nuits_, traduits
par G.-S. Trébutien, 1828, t. I, p. 296), figure, entre autres
objets merveilleux, un sabre qui détruit en un instant toute une
armée.--Enfin, dans un conte indien du Bengale, analysé dans les
remarques de notre nº 19, _le Petit Bossu_ (I, p. 219), le dieu
Siva fait présent à son protégé Siva Dâs d'un sabre qui donne la
victoire à son possesseur, le protège contre les dangers et le
transporte où il le désire.
La sonnette qui ressuscite les morts rappelle le violon merveilleux
de notre nº 42, _l'Homme de Fer_, et d'un conte flamand (Wolf,
_Deutsche Sagen und Mærchen_, nº 26), ainsi que la guitare du conte
sicilien nº 45 de la collection Gonzenbach.
Enfin, dans un conte irlandais (Kennedy, I, p. 24), le héros reçoit
de trois géants qu'il a successivement vaincus une massue «avec
laquelle, tant qu'il se préservera du péché, il gagnera toutes les
batailles», un fifre qui force à danser ceux qui l'entendent, et
un flacon d'_onguent vert_, qui empêche d'être «brûlé, échaudé ou
blessé».