NOTES:

[59] Cette dernière variante a une seconde partie, que nous résumerons

ici: La grand'mère de Jean, qui veut le marier, le conduit dans un

village voisin, chez un homme qui a trois filles. On les invite à

souper. La grand'mère dit à Jean: «Tu es grand mangeur. Cela pourrait

faire mauvais effet. Quand je verrai que tu auras assez mangé, je

te marcherai sur le pied.--Bien!» dit Jean. A peine commence-t-on à

souper, qu'un chien qui est sous la table marche sur le pied de Jean.

Aussitôt celui-ci dépose sa cuiller, et, malgré toutes les instances

qu'on lui fait, il ne mange plus de tout le repas. Le souper terminé,

la grand'mère lui demande pourquoi il s'est conduit ainsi. «Mais,»

dit-il, «vous m'avez marché sur le pied.»

Cette histoire se retrouve, pour le fond, non seulement en France, dans

la Haute-Bretagne (Sébillot, I, nº 35), en Picardie (Carnoy, p. 198),

dans le pays basque (Vinson, p. 96), mais en Allemagne, dans un conte

souabe (Meier, nº 52) et dans un conte de la région du Harz supérieur

(Prœhle, I, nº 69).

Dans ces contes, à l'exception du conte picard et du conte basque,

le personnage qui correspond à Jean a encore, pendant la nuit, après

le souper, des aventures ridicules, que nous nous souvenons d'avoir

aussi entendu raconter à Montiers dans un autre conte commençant par

l'épisode du souper et du chien qui marche sur le pied du garçon.

N'ayant pas de notes pour rédiger ce conte, nous nous bornerons à dire

qu'il ressemble extrêmement au conte breton.

[60] Y aurait-il quelque relation de parenté entre ces contes et la

fable ésopique où un homme, fatigué de demander en vain la richesse à

Mercure, brise de colère la statue du dieu et trouve dans la tête un

trésor (Babrius, nº 119, édition de la collection Teubner; Esope, nº

66, même édition; La Fontaine, _Fables_, III, 8)?

[61] Comparer, pour la ruse qu'on emploie dans ces trois contes, divers

contes qui ne sont pas de cette famille: un conte danois (Grundtvig,

I, p. 77), un conte suédois (traduit par M. Axel Ramm dans l'_Archivio

per le tradizioni popolari_, II, p. 477), un conte wende de la Lusace

(Veckenstedt, p. 231), un conte de la Petite Russie (L. Léger, nº 20),

etc.

[62] Comparer le passage du conte sicilien de la collection Gonzenbach

où Giufà démolit la «maison» du lézard.

[63] L'épisode de la pluie de friandises se rencontre dans un conte

indien du Kamaon (Minaef, nº 5): Le fils niais d'une mère très avisée

se trouve mis en possession d'un sac d'or qui appartient à un homme

riche. Il apporte le sac à sa mère. Cette dernière achète des sucreries

et les éparpille sur le toit et sur la vérandah de sa maison. «Vois,

mon fils,» dit-elle, «quelle sorte de pluie vient de tomber.» Le jeune

garçon mange les sucreries. Cependant le sac est réclamé par le crieur

public, et une récompense est promise à qui le rapportera. Le jeune

garçon va dire que le sac est chez sa mère. On arrive. «Ma mère, où est

le sac que je t'ai donné?--Quand m'as-tu donné un sac?--Le jour où il a

plu des sucreries.» La mère dit aux gens: «Quand a-t-il jamais plu des

sucreries?» Les gens se mettent à rire en disant: «Pauvre niais!» et

ils s'en vont.--Même récit à peu près dans un conte indien du Bengale,

probablement de Bénarès (miss Stokes, nº 7).

Contes populaires de Lorraine, comparés avec les contes des autres provinces de France et des pays étrangers, volume 2 (of 2) · 第 118 / 309 题