REMARQUES

Des contes analogues ont été recueillis en Allemagne: dans le Harz

(Ey, pp. 50-52) et dans le Mecklembourg-Strélitz (revue _Germania_,

année 1869); dans la Basse-Autriche (Vernaleken, nº 55), en Norwège

(Asbjœrnsen, I, p. 27), chez les Lithuaniens (Leskien, nº 33), en

Angleterre (Halliwell, p. 32). Dans la _Zeitschrift für romanische

Philologie_ (III, p. 617), M. Kœhler indique encore un conte

hongrois qui, paraît-il, est presque identique au conte autrichien,

et un conte suédois, qui s'écarte peu du conte norwégien.

Dans le conte de la Basse-Autriche, une princesse ne veut épouser

que celui qui saura répondre aux questions posées par elle. Les

deux fils aînés d'un paysan tentent l'aventure, et ils échouent.

Le troisième, pauvre niais, veut essayer à son tour. Il ramasse

sur son chemin un clou, puis un œuf; il met aussi une ordure dans

sa poche. Quand il est arrivé auprès de la princesse, celle-ci lui

dit: «J'ai du feu dans le corps.--Et moi,» dit le garçon, «j'ai un

œuf dans mon sac; nous pourrons le faire cuire.--Notre poêle a un

trou.--Et moi, j'ai un clou; nous pourrons avec cela boucher le

trou,» etc. Le garçon a réponse à tout et il épouse la princesse.

Dans le conte anglais, Jack le sot se présente devant la princesse

avec un œuf, une branche crochue de noisetier et une noisette,

tous objets qu'il a ramassés sur la route. En entrant dans la

chambre, il s'écrie: «Que de belles dames ici!--Oui,» dit la

princesse, «nous sommes de belles dames, car nous avons du feu dans

la poitrine.--Eh bien, faites-moi cuire mon œuf.--Et comment

le retirerez-vous?--Avec ce bâton crochu.--D'où vient-il, ce

bâton?--D'une noisette comme celle-ci.»

Dans le conte du Mecklembourg, Jean se rend avec ses deux frères

aînés auprès de la princesse. Les objets ramassés sont un oiseau

mort, le cercle d'un seau et une ordure. La conversation avec la

princesse commence ainsi: «Mon (_sic_) est très chaud (_Mein ist

heiss_)», dit la princesse.--«Nous y ferons cuire un oiseau.--Oui,

mais la poêle éclatera.--J'y mettrai un cercle,» etc.

Les objets ramassés sont, dans le conte norwégien, un brin d'osier,

un débris d'assiette, un oiseau mort, deux cornes de bouc, une

vieille semelle de soulier. Voici le début du dialogue: «Ne puis-je

pas faire cuire mon oiseau?» dit le niais.--«J'ai bien peur qu'il

ne crève,» répond la princesse.--«Oh! il n'y a pas de danger:

j'attacherai ce brin d'osier autour.--Mais la graisse coulera.--Je

mettrai ceci dessous» (le débris d'assiette), etc.

Dans le conte lithuanien, le niais ramasse successivement le

robinet, puis le cercle d'un tonneau, et enfin un marteau.

Le conte du Harz présente une combinaison de notre thème avec

d'autres. Là, c'est une sorte de vieille fée qui donne au jeune

homme les divers objets (gluau, oiseau, assiette) qu'il emporte

en allant chez la princesse; c'est cette même fée qui lui indique

d'avance ce qu'il aura à dire.

* * * * *

M. Kœhler signale un petit poème du moyen âge qui traite exactement

le même sujet (von der Hagen, _Gesammtabenteuer_, nº LXIII.

Stuttgard, 1850). Les trois objets avec lesquels Konni se présente

devant la princesse sont un œuf, une dent de herse et une ordure.

Il commence ainsi l'entretien: «O dame, comme votre bouche est

rouge!--Il y a du feu dedans,» répond la princesse.--«Eh bien!

dame, faites-y cuire mon œuf.» Le reste du dialogue est assez

grossier.

Contes populaires de Lorraine, comparés avec les contes des autres provinces de France et des pays étrangers, volume 2 (of 2) · 第 87 / 309 题