[25] _Grimées_, ailleurs _grumelets_ (comparer le mot _grumeaux_).
C'est un mets du pays, composé d'un mélange de farine et d'œufs, cuit
dans du lait.
[26] Chose à noter, ce même conte tartare, dont le cadre n'est
nullement celui du conte lorrain, renferme encore un épisode qui fait
partie de certains contes européens du type de _Jean et Pierre_. Après
avoir été hébergé par un brave homme, le fripon du conte tartare donne
sa coiffure à un compère et s'en va tête nue remercier son hôte, qui
travaille aux champs à peu de distance de sa maison. Celui-ci lui ayant
demandé pourquoi il n'a rien sur la tête, le fripon lui dit: «C'est
parce que votre femme m'a retenu ma coiffure pour se payer de m'avoir
hébergé.» L'hôte, très fâché contre sa femme, dit au fripon d'aller lui
réclamer sa coiffure: «Si elle s'obstine à la garder,» ajoute-t-il,
«je lui crierai de la rendre.» Arrivé à la maison, le fripon dit à la
femme que l'hôte lui a donné sa fille, et il se met en mesure d'emmener
celle-ci. La mère faisant résistance, le fripon crie au bonhomme: «On
ne veut pas me la donner.» Alors, ce dernier, brandissant sa pelle:
«Donnez-la! donnez-la! sinon, je vous tue!» La femme est donc obligée
de lui donner sa fille.--Dans le premier des deux contes bretons, le
seigneur, qui est aux champs avec son serviteur Fanch, dit à celui-ci
d'aller vite au château chercher deux pelles et de les mettre dans un
sac, parce qu'il ne veut pas qu'on les voie. Fanch se rend au château
et dit à la dame et à sa fille que son maître lui a ordonné de les
mettre toutes les deux dans un sac. Puis, courant à la fenêtre: «Toutes
les deux dans un sac, n'est-ce pas, Monseigneur?--Oui, toutes les
deux,» crie le seigneur, pensant aux deux pelles, «et dépêche-toi.»
(Comparer le premier conte basque.)--Dans le conte portugais (Braga,
nº 77) et le conte tyrolien (Zingerle, II, p. 111), cités un peu plus
haut, ce passage a subi une modification: c'est une bourse ou des sacs
d'argent que le héros se fait donner.