Un conte suisse de la Gruyère (_Romania_, 1875, p. 232) met en
scène des personnages analogues à ceux de notre conte, et commence
à peu près de la même manière; mais bientôt il s'en écarte beaucoup
plus que certains autres contes dont l'introduction est différente.
Voici le commencement de ce conte: «Pelon et Peluna sont allés
aux framboises; ils ont regardé lequel serait le plus vite plein.
Peluna a été pleine avant Pelon; Pelon n'a pas pu aller à sa
maison.» Alors on va chercher un char pour mener Pelon; le char ne
veut pas mener Pelon; le cheval ne veut pas traîner le char, ni le
pieu battre le cheval, ni le feu brûler le pieu, ni l'eau éteindre
le feu, ni la souris boire l'eau, ni le chat manger la souris, ni
le chien manger le chat; mais le loup veut bien manger le chien, et
alors les autres personnages consentent à la file à faire ce qu'on
leur demandait.
Un conte de l'Allemagne du Nord (Kuhn et Schwartz, nº 16) s'écarte
de notre conte pour l'introduction, mais s'en rapproche pour
tout le reste: Une femme a un petit chien et un _hippel_ (?);
elle veut aller à la foire et dit au _hippel_ de rester à la
maison; il ne veut pas. Alors la femme dit au chien de le mordre.
Entrent ensuite successivement dans l'action le _bâton_, le _feu_,
l'_eau_, le _bœuf_, le _boucher_. C'est bien, comme on voit, la
même série que celle de notre conte, moins le _loup_, qui est en
tête dans le conte de Montiers.--D'autres contes, qui, pour la
plupart, n'ont pas non plus le loup, ajoutent un dernier chaînon:
le _juge_, qui veut bien pendre ou battre le boucher (voir une
chanson parisienne, citée par M. Gaston Paris, _Romania_, 1872,
p. 220, et un conte hongrois de la collection Gaal-Stier, nº 20).
Ailleurs, au lieu du juge, c'est le _bourreau_ (conte alsacien,
_Elsæssisches Volksbüchlein_ d'Aug. Stœber, 1re éd., Strasbourg,
1842, p. 93; conte souabe de la collection Meier, nº 82; conte de
Saxe-Meiningen, cité par M. R. Kœhler, _Germania_, t. V, 1860,
p. 466), ou bien c'est le _soldat_ (conte vénitien: Bernoni,
_Tradizioni_, p. 72), ou le _diable_ (variante du conte souabe,
_op. cit._, p. 317, et chanson vosgienne, citée par M. G. Paris,
_loc. cit._), ou enfin la _Mort_ (chanson bourguignonne, _Romania_,
1872, p. 219).
Dans un conte portugais (Coelho, nº 4), cette série de personnages
est rattachée à une autre série préliminaire. Un singe a laissé
tomber un grain de grenade au pied d'un olivier; à cette place
pousse bientôt un grenadier. Alors le singe va trouver le
propriétaire de l'olivier et lui dit de l'arracher pour permettre
au grenadier de pousser. Sur son refus, le singe va trouver le
juge; le juge refusant d'obliger l'homme à arracher son olivier,
le singe va trouver le roi, pour qu'il fasse marcher le juge; puis
la reine, pour qu'elle se brouille avec le roi; puis le rat, pour
qu'il aille ronger les jupes de la reine; puis le chat, pour qu'il
mange le rat; le _chien_, pour qu'il morde le chat; le _bâton_, le
_feu_, l'_eau_, le _bœuf_, le _boucher_ et enfin la _mort_, comme
dans la chanson bourguignonne mentionnée plus haut[15].
Dans tout un groupe de contes, après le _bœuf_, vient une série
différente de personnages. Ainsi, dans un conte sicilien (Pitrè,
nº 131), une petite fille, Pitidda, ne voulant pas aller balayer
la maison, sa mère appelle successivement le loup, le chien, le
gourdin, le feu, l'eau, la vache; puis la _corde_, pour étrangler
la vache; la _souris_, pour ronger la corde, et enfin, le _chat_,
pour manger la souris. Un conte provençal (_Revue des langues
romanes_, t. IV, 1873, p. 114), conduit cette même série jusqu'au
_lien_ et finit brusquement; un conte languedocien de l'Hérault
(_ibid._, p. 112) a la série complète, mais il intercale assez
bizarrement, entre le chien et le bâton, le poulet, qui veut
piquer le chien, et le renard, qui veut manger le poulet. Dans un
conte allemand (Müllenhoff, nº 30), on s'adresse successivement
au chien, au bâton, au feu, à l'eau, au bœuf, au lien, à la
souris et finalement au chat. De même dans un conte flamand et
dans un conte de la Frise septentrionale, cités par M. Kœhler
(_loc. cit._, p. 465 et 466).--Un conte toscan (V. Imbriani, _la
Novellaja fiorentina_, nº 40), un conte du pays napolitain (V.
Imbriani, _Conti pomiglianesi_, p. 232) et un conte flamand (nº
6 des contes flamands traduits par M. F. Liebrecht dans la revue
_Germania_, année 1868), ne commencent leur série qu'au bâton, mais
la poursuivent exactement comme les précédents.
Il faut ajouter à ce groupe de contes un conte anglais de la
collection Halliwell, analysé par M. G. Paris (_loc. cit._, p.
221): ici, la corde intervient pour pendre le boucher et non pour
lier ou étrangler le bœuf. Même chose dans deux contes allemands
cités par M. Kœhler (_loc. cit._, p. 465). Comparer un conte
norwégien de la collection Asbjœrnsen (_Tales of the Fjeld_, p.
238): pour faire rentrer une chèvre au logis, on met en mouvement
le renard, le loup, l'ours, le Finnois (pour tirer sur l'ours), le
pin (pour tomber sur le Finnois), le feu, l'eau, le bœuf, le joug,
la hache, le forgeron, la _corde_, la _souris_, le _chat_. Dans
ce dernier conte et dans le conte anglais, le chat ne consent à
manger la souris qui si on lui donne du lait, et,--dans le conte
anglais,--la vache ne donne son lait que si la vieille lui apporte
une botte de foin. Cette fin, comme M. G. Paris l'a fait remarquer
très justement, est empruntée à un conte appartenant à un genre
analogue de poésie populaire et que nous avons étudié à l'occasion
de notre nº 29, _la Pouillotte et le Coucherillot_.
Un conte russe (Gubernatis, _Zoological Mythology_, t. I, p. 405)
nous offre une forme particulière du conte qui nous occupe: La
chèvre ne voulant pas revenir du bois, le bouc envoie après elle le
loup, puis l'ours après le loup, les hommes après l'ours, le chêne
après les hommes, la hache après le chêne, la pierre à aiguiser
après la hache, le feu après la pierre à aiguiser, l'eau après le
feu, et enfin l'ouragan après l'eau.
D'après M. Kœhler et M. Liebrecht, un conte de cette famille existe
également chez les Grecs modernes. M. Kœhler (_loc. cit._, p. 467)
renvoie à Sanders, _Volksleben der Neugriechen_ (Mannheim, 1844, p.
56 et 94), et M. Liebrecht à Passow, Τραγούδια Ῥωμαϊκά, nºˢ 273-276.
Un détail pour terminer cette revue des contes européens de ce
genre actuellement vivants. Dans le conte alsacien mentionné plus
haut, nous avons retrouvé la formule du conte lorrain: «Il ne m'a
rien fait, je ne lui veux rien faire.»
* * * * *
Dans un livre de la première moitié du siècle dernier, le
_Neu-vermehrtes Berg-Lieder-Büchlein_, a été insérée une sorte de
chanson où se retrouve notre thème (_Germania_, t. V, 1860, p.
463): Le fermier envoie Jæckel couper les orges; Jæckel ne veut
pas couper les orges, il aime mieux rester à la maison. Le fermier
envoie son valet chercher Jæckel, puis le chien mordre le valet.
Suit la série: gourdin, feu, eau, bœuf, boucher, diable, sorcière
(pour chasser le diable), bourreau (pour brûler la sorcière), et
enfin docteur (pour tuer le bourreau!).
M. Antonio Machado y Alvares, dans un travail que nous avons cité
plus haut, rappelle un passage de _Don Quichotte_, dans lequel
Cervantès fait évidemment allusion à un conte de ce genre: «Et
comme on a coutume de dire: _le chat au rat, le rat à la corde,
la corde au bâton_, le muletier tapait sur Sancho, Sancho sur la
servante, la servante sur lui, l'hôtelier sur la servante.» (_Don
Quichotte_, partie I, chap. 16.)
* * * * *
Il est un rapprochement curieux, qui a déjà été fait plusieurs
fois, notamment par M. Gaston Paris, dans la _Romania_ (1872,
p. 222). Les contes et chansons appartenant au thème que nous
étudions ont un grand rapport avec un chant hébraïque qui, chez
les Juifs de divers pays, se récite ou se chante le second soir de
la Pâque, avant qu'on ne se retire, et qui figure dans certains
manuscrits,--assez récents, il est vrai[16],--du _Sepher Haggadah_,
sorte de rituel contenant les hymnes et récits que les Juifs lisent
et chantent en famille lors de la fête de la Pâque. M. G. Paris a
donné, d'après M. Darmesteter, une traduction de ce chant, faite
sur le texte hébraïque; la voici:
«Un chevreau, un chevreau, que mon père a acheté pour deux _zuz_
(monnaie talmudique de peu de valeur).--Un chevreau, un chevreau!
«Et est venu le chat, et a mangé le chevreau que mon père a acheté
pour deux zuz.--Un chevreau, un chevreau!
«Et est venu le chien, et a mordu le chat qui a mangé le chevreau
que mon père, etc.
«Et est venu le bâton, et a battu le chien qui a mordu, etc.
«Et est venu le feu, et a brûlé le bâton qui a battu, etc.
«Et est venue l'eau, et a éteint le feu qui a brûlé, etc.
«Et est venu le bœuf, et a bu l'eau qui a éteint, etc.
«Et est venu le boucher, et a tué le bœuf qui a bu, etc.
«Et est venu l'Ange de la mort, et a tué le boucher qui a tué, etc.
«Et est venu le Saint (béni soit-il!), et a tué l'Ange de la mort
qui a tué le boucher qui a tué le bœuf qui a bu l'eau qui a éteint
le feu qui a brûlé le bâton qui a battu le chien qui a mordu le
chat qui a mangé le chevreau que mon père a acheté pour deux
zuz.--Un chevreau, un chevreau!»
Le _Magasin pittoresque_ a publié, dès 1843, dans un article
sur les _Mœurs israélites de la Lombardie_ (t. XI, p. 267), la
traduction d'une version de ce chant recueillie chez les Juifs de
Ferrare, et qui, paraît-il, se récitait en dialecte ferrarais dans
les communautés juives de toute la Lombardie[17].
Ce chant juif avec sa série: _chat_, _chien_, _bâton_, _feu_,
_eau_, _bœuf_, _boucher_, _ange de la mort_ et _saint_, se rattache
bien évidemment aux contes que nous avons examinés, et, pour
préciser, au premier groupe de ces contes, celui dont fait partie
le conte lorrain. Mais est-ce de là qu'il dérive, ou ces contes
viendraient-ils eux-mêmes du chant juif, comme M. G. Papanti, par
exemple, l'affirmait encore, en 1877, dans ses _Novelline popolari
livornesi_? Nous n'hésitons pas à affirmer, avec M. Gaston Paris,
que cette dernière hypothèse n'est pas soutenable. M. G. Paris fait
remarquer que «la forme hébraïque ne mentionne pas la résistance
opposée par chacun des personnages de ce petit drame.» «Or,»
ajoute-t-il, «cette résistance est le vrai sujet de la pièce, et il
est peu probable qu'on l'ait ajoutée après coup à une traduction
du chant juif. Il faudrait que cette altération fût bien ancienne,
et il serait bien surprenant qu'aucune version française de la
forme primitive ne se fût conservée[18]. Au contraire, on peut très
bien comprendre qu'un juif, ayant entendu chanter cette chanson
singulière, y ait découvert un sens allégorique et l'ait adaptée,
en en retranchant la circonstance inutile (à son point de vue) de
la résistance des différents êtres qui y figurent, à l'expression
symbolique des destinées de sa nation.»
* * * * *
Du reste, ce n'est pas seulement en Europe qu'on a recueilli des
contes de ce type; on en a constaté l'existence à la source même
d'où se sont répandus dans le monde entier tant de contes de
tout genre; nous en avons un spécimen indien. Mais, avant de le
faire connaître, il faut dire quelques mots d'un conte kabyle et
d'un conte qui a été recueilli dans l'Afrique australe, chez les
Hottentots.
Dans le conte hottentot (voir dans la _Zeitschrift für
Vœlkerpsychologie und Sprachwissenschaft_, t. V, 1868, p. 63,
l'analyse donnée par M. F. Liebrecht, d'après un livre anglais de
M. H. Bleek), un tailleur se plaint au singe de ce que la souris
mange ses habits. Le singe envoie le chat mordre la souris; puis le
chien mordre le chat, le bâton battre le chien, le feu brûler le
bâton, l'eau éteindre le feu, l'éléphant boire l'eau, et enfin la
fourmi piquer l'éléphant, qui se décide alors à boire l'eau, etc.
Le conte ou plutôt l'espèce de chanson kabyle (J. Rivière, p.
137) est ainsi conçu: «Viens, petit enfant, tu dîneras.--Je ne
dînerai pas.--Viens, bâton, tu frapperas l'enfant.--Je ne le
frapperai pas.--Viens, feu, tu brûleras le bâton.--Je ne le
brûlerai pas.--Viens, eau, tu éteindras le feu.--Je ne l'éteindrai
pas.--Viens, bœuf, tu boiras l'eau.--Je ne la boirai pas.--Viens,
couteau, tu égorgeras le bœuf.--Je ne l'égorgerai pas.--Viens,
forgeron, tu briseras le couteau.--Je ne le briserai pas.--Viens,
courroie, tu lieras le forgeron.--Je ne le lierai pas.--Viens, rat,
tu rongeras la courroie.--Je ne la rongerai pas.--Viens, chat, tu
mangeras le rat.--Apporte-le ici.--Pourquoi me manger? dit alors
le rat, apporte la courroie, je la rongerai.--Pourquoi me ronger?
dit la courroie, amène le forgeron, je le lierai..... Pourquoi
me frapper? dit l'enfant (au bâton), apporte mon dîner, je le
mangerai.»
Voici maintenant le conte indien, emprunté à la _Bombay Gazette_
par la _Calcutta Review_ (t. LI, 1870, p. 116): «Il était une fois
un petit oiseau qui, en passant à travers les bois, ramassa un pois
et le porta au _barbhunja_ (_?_) pour le casser; mais le malheur
voulut qu'une moitié du pois restât engagée dans l'emboîture de
la manivelle du moulin à bras, et le barbhunja ne put parvenir à
la retirer. Le petit oiseau s'en alla trouver le charpentier et
lui dit: «Charpentier, charpentier, venez couper la manivelle du
moulin à bras: mon pois est engagé dans la manivelle du moulin à
bras; que mangerai-je? que boirai-je? et que porterai-je en pays
étranger?--Allez vous promener,» dit le charpentier, «y a-t-il du
bon sens de penser que je vais couper la manivelle du moulin à bras
à cause d'un pois?»[19].
«Alors, le petit oiseau alla trouver le roi et lui dit: «Roi,
roi! grondez le charpentier; le charpentier ne veut pas couper la
manivelle du moulin à bras, etc.--Allez vous promener,» dit le roi;
«pensez-vous que pour un pois je vais gronder le charpentier?»
«Alors le petit oiseau alla trouver la reine: «Reine, reine! parlez
au roi; le roi ne veut pas gronder le charpentier, etc.--Allez vous
promener,» dit la reine; «pensez-vous que pour un pois je m'en vais
parler au roi?»
Le petit oiseau va ensuite trouver successivement le serpent,
pour piquer la reine; le bâton, pour battre le serpent; le feu,
pour brûler le bâton; la mer, pour éteindre le feu; l'éléphant,
pour boire la mer; le _bhaunr_ (sorte de liane), pour enlacer
l'éléphant; la souris, pour ronger le bhaunr; le chat, pour manger
la souris[20]. Alors le chat va pour manger la souris, et la souris
va pour ronger le bhaunr, le bhaunr pour enlacer l'éléphant, et
ainsi de suite, jusqu'au charpentier. «Et le charpentier retira le
pois; le petit oiseau le prit et s'en alla bien content.»
Un autre conte indien, recueilli dans le Pandjab (Steel et
Temple, pp. 209 et 334), a la même série de personnages, avec une
introduction du même genre. Ici c'est une graine qui s'est logée
dans la fente d'un arbre[21].
Ces deux contes indiens se relient, comme on voit, au second groupe
que nous avons signalé plus haut, groupe qui se distingue, par
toute la fin, de celui dont se rapproche le chant juif. Nouvelle
preuve que ce n'est pas dans ce chant juif qu'il faut chercher
l'origine du thème que nous étudions.
D'ailleurs, l'idée de ce thème est tout indienne. C'est celle
du conte bien connu du _Pantchatantra_, où le soleil renvoie le
brahmane au nuage, qui est plus fort que lui; le nuage au vent;
celui-ci à la montagne, et la montagne au rat (_Pantchatantra_,
trad. Th. Benfey, t. II, p. 264.--Cf. La Fontaine, _Fables_,
liv. IX, 7)[22]. Cela est si vrai que, dans un conte provençal
(_Romania_, t. I, p. 108), à la série de personnages du
_Pantchatantra_ vient se juxtaposer celle de notre thème. La glace
d'une rivière ayant coupé la patte à la fourmi, la mouche, compagne
de celle-ci, interpelle d'abord la glace, le _soleil_, le _nuage_,
le _vent_, la _muraille_, le _rat_, et ensuite le _chat_, le
_chien_, le _bâton_, le _feu_, l'_eau_, le _bœuf_, l'_homme_, la
_mort_. (Comparer le conte portugais nº 2 de la collection Coelho.)
Ajoutons que, dans un conte swahili de l'île de Zanzibar (Steere,
p. 287 seq.), on retrouve presque exactement la série des
personnages du conte provençal et du conte portugais. Voici ce
conte swahili: Il y avait un maître d'école, nommé Goso, qui
apprenait aux enfants à lire sous un calebassier. Un jour, une
gazelle, étant montée sur l'arbre[23], fait tomber une calebasse
qui frappe Goso et le tue. Après avoir enterré leur maître, les
écoliers déclarent qu'ils vont chercher, pour le tuer, celui qui a
fait tomber la calebasse. Ils se disent d'abord que ce doit être
le _vent du sud_. Ils le prennent donc et le battent. Quand le
vent sait ce dont il s'agit, il leur dit: «Si j'étais le maître,
serais-je arrêté par un _mur_ de terre?» Le mur dit à son tour aux
écoliers: «Si j'étais le maître, serais-je percée par le _rat_?--Et
moi», dit le rat, «serais-je mangé par le _chat_?» Le chat dit
qu'il est lié par la corde; la corde, qu'elle est coupée par le
couteau; le couteau, qu'il est brûlé par le feu; le _feu_, qu'il
est éteint par l'eau; l'_eau_, qu'elle est bue par le bœuf; le
_bœuf_, qu'il est piqué par un certain insecte; enfin, l'insecte,
qu'il est mangé par la gazelle. La gazelle, interrogée par les
écoliers, ne répond rien. Ils la prennent alors et la tuent.