RITES FUNÈBRES DANS LA CHINE MODERNISÉE

[Illustration: CÉRÉMONIAL FUNÈBRE EN CHINE.--La chapelle ardente où

furent exposés les cercueils du général Ou-Lou-Tchen, et de ses

lieutenants Tcheng et Tcheou, à l'endroit même où ils furent assassinés,

à Cheu-Kia-Tchouang.]

On célébrait, au début du mois dernier, dans le Chansi, les funérailles

solennelles d'un général chinois et de ses deux officiers d'ordonnance,

assassinés il y a deux ans alors que, convertis aux idées nouvelles, ils

se disposaient à mettre en marche leurs troupes sur Pékin.

Le général Ou-Lou-Tcheng, la première victime, n'était âgé que de

trente-deux ans. Ses études militaires au Japon avaient été brillantes.

Il avait, en 1909, visité l'Europe puis occupé de hautes fonctions

militaires en Mandchourie. Le 29 octobre 1911, la Révolution ayant

éclaté à Taï-Yuen-Fou, capitale de la province du Chansi, le général

Ou-Lou-Tcheng était envoyé à Cheu-Kia-Tchouang avec deux divisions pour

réprimer la révolte.

Le 5 novembre de la même année, un décret impérial nommait

Ou-Lou-Tcheng, gouverneur et pacificateur de la province. Mais le

gouverneur et pacificateur s'était converti aux idées républicaines, et

il songeait à utiliser son armée pour ce qu'il pensait être le salut de

la Chine, lorsque, le soir du 6 novembre 1911, il fut assassiné

lâchement avec ses deux officiers d'ordonnance.

Ce sont les funérailles de ces trois soldats--devenus trois martyrs de

la cause républicaine--que l'on célébrait récemment à l'endroit même où,

deux ans auparavant, ils étaient tombés. Notre photographie montre la

chapelle ardente au fond de laquelle sont déposés les trois cercueils.

On distingue les photographies avec les noms et titres des disparus. Il

y a aussi des inscriptions élogieuses sur fond blanc. Devant les

cercueils sont des tables-autels avec brûle-parfums, cierges, objets

rituels et mets à l'usage des défunts.

Et si, en somme, il y a peut-être une tentative de modernisation dans

cet appareil funéraire, on y peut voir aussi le souci de ne pas heurter

trop violemment la vieille tradition chinoise...

[Illustration: Recto de la fiche anthropométrique de Vincenzo Perrugia.

Le nom du voleur de la _Joconde_ s'orthographie en réalité Perugia, et

il est né à Dumenza, et non Domenza, dans la province de Côme et non

dans celle de Coni.]

[Illustration: Verso de la fiche anthropométrique de Vincenzo Perugia.

UN DOCUMENT QUI AURAIT PU FAIRE RETROUVER LA «JOCONDE» IL Y A DEUX ANS.]

L'Illustration, No. 3695, 20 Décembre 1913 · 第 11 / 28 题