condillacienne. L'étude de la philosophie allemande de Kant et de Hegel
l'inclina un moment au panthéisme; et c'est par la politique qu'il
arriva à l'éclectisme, sorte de juste milieu sauvegardant tous les
intérêts. Aussi est-ce au nom de ces principes qu'il a combattu la
_Philosophie sensualiste au dix-huitième siècle_, par son cours de 1819,
souvent réimprimé. Dans la préface de 1855, il écrivait:
«Dès qu'en métaphysique on n'admet pas d'autre principe que la
sensation, on est condamné à n'admettre aussi d'autre principe de morale
que la fuite de la peine ou la recherche du plaisir; il n'y a plus ni
bien ni mal en soi; point d'obligation, point de devoir, partant point
de droit... Et les nations, comme les individus, s'agitent en vain,
roulant sans cesse de l'anarchie au despotisme et du despotisme à
l'anarchie... Le sage, l'honnête, mais trop sceptique Locke amène à sa
suite le systématique et téméraire Condillac: celui-ci à son tour fraye
la route au fougueux et licencieux Helvétius, à l'élégant et froid
Saint-Lambert, auxquels succèdent les théoriciens de l'anarchie.»
Et il se plaît à rappeler le «sérieux succès de ses leçons», parce que,
dit-il, «ce succès venait bien moins du mérite du professeur que des
favorables dispositions du temps et de l'auditoire». Cela est si vrai
que la réaction fut plus politique que philosophique. On rendit le
sensualisme de Condillac responsable des erreurs et des excès de la
Révolution; les pires démagogues passèrent pour ses disciples. Il y a
plus: quelques-uns de ceux qui l'avaient pris pour chef le répudièrent,
comme ils répudiaient la Terreur. On eut peur des conséquences et on
rejeta les doctrines en bloc, sans s'inquiéter de la part de vérité
qu'elles contenaient.
Et puis, il y eut l'enthousiasme pour les idées spiritualistes, que
suscita Mme de Staël, et bientôt après l'école religieuse de
Chateaubriand, illustrée par M. de Bonald, Joseph de Maistre, Lamennais;
de telle sorte que, comme l'a dit très justement M. P. Janet, «la
philosophie française resta associée aux lettres plutôt qu'aux sciences
pendant toute la première moitié du dix-neuvième siècle». Durant près de
cinquante ans, elle se personnifia dans M. Cousin, dont la doctrine
devint un dogme, presque une royauté, son inventeur, selon l'heureuse
expression de Jules Simon, ayant fait de l'Université un «régiment», qui
subissait ses inspirations despotiques et lui obéissait comme à un
grand maître, d'autant qu'il tenait en mains les destinées de tous.
Philosophie et religion étaient pour M. Cousin un instrument de règne,
une nécessité politique, une assurance, si l'on veut, à l'usage des
conservateurs. Il s'en servit avec une habileté supérieure. Mais quand,
à son tour, il quitta le pouvoir, ses doctrines autocratiques sombrèrent
avec lui; on leur fit payer la sorte de compression avec laquelle il les
avait imposées.
La royauté de M. Cousin renversée, c'est le positivisme, le kantisme, la
théorie nouvelle de l'évolution qui prirent sa place; mais, par des
chemins détournés, on ne tarda pas à revenir aux vieilles méthodes qui
cadraient si bien avec tout l'appareil scientifique dont on ne peut plus
se passer. Taine fut le premier qui osa se réclamer hautement de
Condillac. Non pas qu'en dépit de son originalité il n'eût pris beaucoup
dans Spinoza et Auguste Comte; mais il est à la fois observateur
consciencieux et poète imaginatif. En philosophie, il admet le
développement progressif des idées, il accepte sans objection la
doctrine évolutionniste. En histoire, il déduit du principe de la
souveraineté du peuple, comparée à l'état social de la France, toute la
théorie de l'État centre et moteur unique, aboutissant aux institutions
révolutionnaires et despotiques. Mais il donne proprement la formule de
l'idéalisme quand il écrit: «Ramener toutes nos connaissances à la
sensation, c'est bien ramener tous les objets à la conscience du sujet
sentant, et ainsi ne leur accorder d'autre existence que celle que leur
confère cette conscience.»
En lisant l'œuvre considérable qu'il a laissée, il est facile de voir
que l'instrument qu'il manie avec le plus d'aisance et de bonheur, c'est
cette puissance de recherches minutieuses et délicates, qui fait le
charme et aussi la monotonie de sa manière, et qu'il a puisée en grande
partie dans un commerce assidu avec l'auteur du _Traité des sensations_.
Il ne s'en cache point, du reste; et on en trouverait l'aveu dans la
plupart de ses écrits. A chaque page, le nom de Condillac apparaît, et
Taine ne le nomme qu'avec une condescendance et une admiration qu'il
accorde à ses seuls amis. Mais, à la suite des positivistes, il affecte
d'ignorer les questions religieuses ou morales; et sur ce point il se
sépare de Condillac, dont il ne semble pas avoir pris au sérieux les
déclarations.
D'autres, au contraire, reprochaient à l'abbé d'avoir pactisé avec les
incrédules. Double injustice: car il avait tout d'abord tenté d'établir
entre la philosophie et la religion une séparation qui aurait dû le
mettre à l'abri d'attaques passionnées, comme celles d'un Joseph de
Maistre, écrivant sans préambule: «Condillac est un sot.» Son idée
cependant n'était pas si fausse, de faire une part à la révélation, ou
au dogme, une autre à l'expérience, laissant les philosophes poursuivre
leurs découvertes, tandis que les théologiens se bornaient à développer
ce que la foi enseigne.
Et cette théorie, qui lui était propre, provenait encore d'une réaction
contre Descartes. En établissant la suprématie absolue de la raison
humaine, le cartésianisme renversait, par une conséquence forcée, tout
édifice religieux. Condillac le constate, mais il ne s'en préoccupe pas.
C'est une question qu'il laisse en dehors de sa métaphysique, comme ne
tombant pas sous les sens et échappant absolument à l'expérience. Le
christianisme propose des mystères à la foi de ses adeptes; il affirme
l'existence historique d'un grand nombre de miracles; il enseigne que le
gouvernement de la Providence s'étend au détail infini des choses et
demeure toujours libre dans ses décisions, sans pour cela gêner la
liberté humaine. Condillac accepte ces données; mais il ne les discute,
ni ne les prouve: elles sont en dehors de sa philosophie, au-dessus, si
l'on veut.
Au contraire, l'essence du cartésianisme consistait à professer la
doctrine de l'intelligibilité absolue des choses. Si donc tout est
essentiellement intelligible, il ne saurait y avoir dans le monde de
véritable mystère. Il peut se trouver des obscurités, des ténèbres; mais
c'est le propre de la science et de la philosophie d'y promener la
lumière, et rien ne doit se dérober à leurs investigations, pourvu
qu'elles soient méthodiquement conduites. Le miracle est une dérogation
aux lois générales qui ne peut se comprendre. Il faut affirmer que les
lois naturelles sont rationnelles, immuables par conséquent, et
parfaitement intelligibles. Aussi Malebranche, presque plus cartésien
que catholique, ne veut-il voir que des apparences de mystères et des
apparences de miracles, ramenant tout au Verbe, c'est-à-dire à
l'intelligence. Bossuet, soucieux du danger, a toujours combattu les
conséquences d'une doctrine dans laquelle il avait été cependant nourri,
apercevant en elle le germe du «libertinage», c'est-à-dire de
l'incrédulité, et prévoyant toutes les révoltes de l'esprit moderne
contre le catholicisme, de même qu'il avait si bien décrit et annoncé
dans l'_Histoire des variations_ le libre examen protestant aboutissant
à la négation de toute foi religieuse. «N'est-ce pas une étrange
faiblesse, disait-il, que de ne pouvoir s'assujettir aux règles exactes
de la logique et de ne savoir découvrir par delà l'intelligibilité
abstraite de la raison mathématique la mystérieuse puissance de la
volonté et de l'amour, le lien caché qui unit les choses à une synthèse
admirable, que l'analyse ne peut résoudre sans y supprimer le mouvement
et la vie!»
Condillac n'habitait pas sur ces sommets. Sa philosophie ne s'élève pas
au-dessus de la terre. Que pense-t-il de la Providence, ce dogme qui
renferme presque toute la doctrine de Bossuet et sur lequel la
controverse venait de s'exercer pendant un demi-siècle? Ce n'est point
un sujet qui tombe sous ses sens, ni qui puisse donner matière à son
observation. Il l'écarte de sa métaphysique. Mais il laisse chacun libre
d'y croire au point de vue religieux; et il y croit lui-même. En cela
encore, il a été quelque peu un précurseur.
Un mouvement considérable s'est fait, depuis quelques années, chez les
savants et chez les philosophes, pour séparer la métaphysique, qui
prétend ne s'appuyer que sur la science, et la doctrine religieuse qui
se fonde sur le sentiment ou la révélation. Le conflit séculaire de la
science et de la religion commence à compter autant de défaites que de
victoires. M. Alfred Fouillée a consacré tout un livre à ce sujet et il
écrit dans l'introduction: «Les connaissances scientifiques et
philosophiques étant toujours bornées, il restera toujours au delà une
sphère ouverte à des croyances fondées tout ensemble sur des
appréciations intellectuelles et sur des sentiments. De là ce qu'on
appelle la loi morale, qui elle-même est le fondement de toute foi
religieuse[100].»
[100] _Le mouvement idéaliste_; Sciences positives, par A.
FOUILLÉE, 1896, in-8º, p. VI. M. F. Brunetière a dit de même: «La
physique ne peut rien contre la morale et l'exégèse; elle ne peut
rien contre la révélation. L'absolue nécessité des lois de la
nature n'est après tout qu'un _postulat_ dont nous avons besoin
pour établir le fondement de la science, et rien ne prouve que ce
postulat soit autre chose que l'expression d'une loi toute
relative de notre intelligence.»--_La Science et la Religion_,
1895, in-12.
Des penseurs très indépendants n'hésitent pas à déclarer que «les plus
parfaites théories scientifiques nous laissent aussi loin d'une
explication dernière et définitive de l'univers que le peuvent faire les
notions les plus grossières et les moins éclairées; les sciences
n'atteignant pas l'absolu ne font que poser le problème métaphysique
avec plus d'acuité pour le savant que pour l'ignorant[101].»
[101] LALANDE, _Lectures sur la philosophie des sciences_.
Hachette, 1908.--RAGOT, _les Savants et les Philosophes_, Alcan, 1908.
M. Boutroux observe que le besoin métaphysique se confond avec le besoin
religieux chez les Auguste Comte, les Spencer, les Hœkel, qui cherchent
à rendre la science religieuse et la religion scientifique. Il faut
alors opter entre la création et l'évolution, aussi incompréhensibles
scientifiquement l'une que l'autre, entre le déterminisme et le libre
arbitre, entre la doctrine de la vie future et celle du progrès
terrestre indéfini[102].
[102] _Science et religion._ Paris, Flammarion, 1908.
Le plus grand savant de notre époque, M. Poincaré, distingue
soigneusement entre la science, qui ne saurait s'aventurer au delà de
ses méthodes et de ses expériences, et l'hypothèse toujours sujette à
révision; et puis, ajoute-t-il, l'expérience ne s'applique-t-elle pas
aussi bien aux faits extérieurs qu'à la vie intérieure?
Les croyances, selon d'autres savants, sont des hypothèses qui peuvent
parfaitement être vraies et qui, en tout cas, sont salutaires et nous
arment contre les maux de l'existence. D'après M. Bergson, «les idées
peuvent se comprendre par l'action autant que par la logique, par
l'intuition autant que par l'analyse. L'enthousiasme religieux qui a
transformé le monde est un fait indéniable, qui a sa source dans la
conscience et est inspiré par des forces qui nous dépassent. Rien ne
s'oppose donc à la cœxistence de la science et de la religion. Souvent
même les savants ne se dévouent à la science que par esprit religieux,
par amour désintéressé de la vérité, par zèle pour le bien public; et
alors on comprend la foi d'un Christophe Colomb ou la religion d'un
Pasteur. C'est la nécessité de vivre dans le monde matériel qui nous
force à attribuer plus d'importance à ce que nous observons avec nos
sens. Il n'est guère de philosophie qui n'admette aujourd'hui qu'un
certain nombre de vérités primordiales, tout en n'étant pas susceptibles
d'être démontrées par l'expérience scientifique ou l'expérience
psychologique, n'en présentent pas moins une certitude morale que la
raison peut admettre. Les vérités scientifiques qui semblent le plus
démontrées n'offrant pas une certitude absolue, il est aussi raisonnable
d'admettre des preuves morales qui satisfont la conscience et dont la
fausseté ne peut pas être établie. Toutes les hypothèses sont
acceptables: elles n'entraînent pas forcément les conséquences qu'on
pourrait leur imposer.»
Les découvertes les plus satisfaisantes pour la raison ne sauraient donc
être un obstacle aux nécessités de la culture intuitive et sentimentale,
que réclament les besoins de l'esprit et que les plus éminents
philosophes d'aujourd'hui défendent éloquemment.
Depuis que la science s'est reconnu des limites, on n'a plus le droit de
la mettre en perpétuelle contradiction avec la foi ou avec la religion.
Elles peuvent continuer à vivre l'une à côté de l'autre. La science
n'exclut pas plus la religion qu'elle n'exclut l'art. Le mot de Pascal
redevient vrai: «La dernière démarche de la raison, c'est de reconnaître
qu'il y a une infinité de choses qui la surpassent. Les lois
qu'enseigne la science sont et demeurent, non des affirmations absolues,
mais des questions que l'expérimentation pose à la nature et dont il
faut être prêt à modifier l'énoncé, si la nature refuse de s'y
accommoder.» «Pourquoi dès lors, dit encore M. Boutroux, l'homme
n'aurait-il pas le droit de développer pour elles-mêmes celles de ses
facultés que la science n'emploie qu'à titre accessoire ou même qu'elle
laisse plus ou moins inoccupées?» Telle est précisément la fonction de
l'esprit religieux. Elle est à la fois légitime et nécessaire; car la
vie a des postulats comme la science.
Ainsi l'esprit scientifique ne devrait admettre que de l'inexpliqué et
non de l'inexplicable, que de l'inconnu et non de l'inconnaissable.
Cette distinction, Condillac l'avait faite, et c'est ce qui sépare
absolument sa doctrine de celle des philosophes du dix-huitième siècle,
si imbus de la toute-puissance de la science; et il a répété souvent que
la seule chance que l'on avait de ne pas se tromper, c'était de suivre
en tout sa méthode d'observation.
«Le péché originel, dit-il dans son premier ouvrage[103], a rendu l'âme
si dépendante du corps, que bien des philosophes ont confondu ces deux
substances... Avant le péché, elle était dans un système tout différent
de celui où elle se trouve aujourd'hui. Exempte d'ignorance et de
concupiscence, elle commandait à ses sens, en suspendait l'action et la
modifiait à son gré... Dieu lui a ôté tout cet empire... De là,
l'ignorance et la concupiscence. C'est cet état de l'âme que je me
propose d'étudier, le seul qui puisse être l'objet de la philosophie,
puisque c'est le seul que l'expérience fait connaître. D'ailleurs, il
nous importe beaucoup de connaître les facultés dont Dieu nous a
conservé l'usage; il est inutile de vouloir deviner celles qu'il nous a
enlevées et qu'il doit nous rendre après cette vie.»
[103] _Essai sur l'origine des connaissances humaines_, chap.
Ier, p. 24. Tome Ier des _Œuvres complètes_ (édit. de 1798).
Il écrit ailleurs: «Il semble qu'il était temps de soupçonner qu'on
s'était engagé dans une route qui ne conduit pas au vrai; que trop
curieux de savoir comment tout a été formé, nous nous sommes aussi trop
persuadés que nous étions faits pour le deviner, et que, par conséquent,
au lieu de commencer par les causes pour descendre aux effets, il seroit
peut-être mieux de commencer par les effets pour remonter aux causes;
alors, réglant notre curiosité ou nos facultés, nous irions de
phénomènes en phénomènes; et, ne pouvant pas connoître tout le système
de l'univers, nous nous contenterions d'en découvrir quelques
parties[104].»
[104] _Histoire moderne_, t. XX des _Œuvres_, p. 334.
Condillac ne croit pas à l'infaillibilité de la raison humaine. Il borne
ses connaissances. Surtout il ne se fait pas une arme des découvertes de
la science au profit de tel parti ou de telle doctrine. Il défend
l'indépendance de la philosophie en quelque sorte contre elle-même.
Contrairement à la plupart des écrivains de son époque, il ne s'est
jamais soucié de l'effet produit; il n'a jamais travaillé pour la gloire
ni pour le profit. Pour emprunter une expression toute moderne, il
n'avait l'âme ni d'un politicien ni d'un homme de lettres. Ses écrits
une fois publiés, il ne s'en occupait plus. «Si l'ouvrage est mauvais,
disait-il souvent, j'aurais beau me tourmenter pour lui procurer un
succès éphémère, il finira toujours par tomber; s'il est bon, au
contraire, tôt ou tard il prendra sa place[105]».
[105] _Éloge de Condillac_, par M. D'AUTROCHE, p. 103.
Son panégyriste et ami a dit aussi[106]: «Si quelque chose pouvait
troubler la tranquillité de notre philosophe, c'était l'aspect des
désordres publics; c'était la vue du luxe insolent des fripons. Sa
franchise alors ne lui permettait aucun ménagement; et comme il louait
franchement ce qu'il trouvait louable, il blâmait non moins hardiment
tout ce qui lui semblait blâmable. Avec un tel caractère, il ne devait
pas avoir de flatteurs: aussi n'était-il point entouré, ainsi que
quelques philosophes jaloux de faire parler d'eux, d'une jeune milice
bourdonnante, toujours prête à combattre pour les intérêts du chef qui
la dirige».
[106] _Ibid._, p. 108.
Il ne faut donc le juger que sur ce qu'il a été. On pourra discuter
longuement et passionnément ses doctrines et leurs effets.
L'appréciation la plus équitable et la plus complète qui ait été donnée
sur lui en quelques lignes est encore celle M. Villemain dans sa
_Littérature au dix-huitième siècle_[107]:
«Condillac paraît moins vouloir servir une cause que fonder une science;
l'objet de cette science étant grand: l'analyse de l'esprit humain. Il y
consacra toute sa vie.»
[107] _Cours de littérature au dix-huitième siècle_, nouv. édit.
Paris, 1882, vingtième leçon, t. II, p. 116 à 151.
FIN
APPENDICE
I
ICONOGRAPHIE DE CONDILLAC
Le département des Estampes de la Bibliothèque nationale, dans son
recueil in-fol. no 2, contient treize portraits de l'abbé de Condillac,
dont deux en habit de cour. Il y en a un en couleur, reproduisant un
portrait peint à Parme par Baldrighi; une gravure, d'après le même
artiste, faite par Jo. Volpate; enfin un médaillon d'après le buste de
E.-G. Lardy.
Voir: G. DUPLESSIS, _Catalogue de la collection des portraits conservés
au département des Estampes_, t. III, 1898, p. 15.
Le portrait que nous donnons au frontispice de ce volume, d'après une
épreuve avant la lettre, est indiqué comme suit dans la collection du
cabinet des Estampes:
«No 4. _En buste, 3/4 à droite dans un médaillon rond, gravé par R.
Delvaux._»
II
BIBLIOGRAPHIE
_Notice sur M. l'abbé de Condillac, précepteur de l'infant duc de Parme,
membre de l'Académie française et de celle de Berlin._ Sans lieu ni
date.
_Éloge de M. l'abbé de Condillac_, prononcé dans la Société royale
d'agriculture d'Orléans, le 18 janvier 1781 (par M. DE LOYNES
D'AUTROCHE). Amsterdam, 1781, in-12.
_Esprit de Mably et de Condillac_, par M. BÉRANGER, 1789, 2 vol. in-8º.
Lettre de M. l'abbé de Condillac à l'auteur des _Lettres à un
Américain_. S. l. n. d., in-12 de 12 pages (extrait du _Mercure de
France_, avril 1756).
_La Logique complète de Condillac_, suivie de celle de Dumarsais, à
l'usage des jeunes gens. Paris, 1834, Brunot-Labbé, libraire de
l'Université, in-18.
_Théorie des calculs_, ouvrage extrait de celui de Condillac, par C.
CHELLE, 1837, in-4º.
_Leçons de philosophie sur les principes de l'intelligence et sur les
causes et les origines des idées_, par M. LAROMIGUIÈRE, professeur de
philosophie à la Faculté des lettres de Paris, 1826, 3 vol. in-12.
P. LAROMIGUIÈRE, _Leçons de philosophie_, 1844, 6e édit. 2 vol. in-8º.
_Mémoire sur Condillac_, par M. DAMIRON, lu à l'Académie des sciences
morales en 1861.--_Mémoires de l'Académie_, t. XI, 1862, p. 201 à 254.
LA HARPE, _Philosophie du dix-huitième siècle_, 1825, 3 vol. in-8º.
Victor COUSIN, _Philosophie sensualiste au dix-huitième siècle_,
nouvelle édition.
_Mémoires de Garat_, préface de M. E. Marron, 1862, in-12.
_Dictionnaire philosophique_ sous la direction de M. Ad. Franck, 1885,
in-4º.
_Nouveau dictionnaire d'Économie politique_, par MM. Léon SAY et G.
CHAILLEY. Paris, 1891, 2 vol. in-8º.
_Correspondance de Grimm et de Diderot_, publiée par M. Maurice
Tourneux, 1877, in-8º.
_La philosophie de saint Thomas d'Aquin_, par le P. MAUMUS, des Frères
prêcheurs. Paris, Bray, 1885, in-8º.
F. RÉTHORÉ, _Condillac ou l'Empirisme et le Rationalisme_. Paris, A.
Durand, 1864, in-8º.
Louis ROBERT, _les Théories logiques de Condillac_, 1869, in-8º.
_L'Intellect actif ou Du rôle de l'activité mentale dans la formation
des idées_, par M. l'abbé C. PIAT, agrégé de philosophie. Paris, E.
Leroux, 1890, in-8º.
Léon DEWAULE, _Condillac et la Psychologie anglaise contemporaine_.
Paris, Alcan, 1891, in-8º.
_L'Éducation selon la doctrine pédagogique de Condillac_, thèse pour le
doctorat, présentée à l'Université de Grenoble par JAMES-L.
MANN.--Grenoble, Allier, 1903, in-8º.
_Condillac économiste_, thèse pour le doctorat, présentée à la Faculté
de droit de Poitiers, le 20 mai 1903, par Auguste LEBEAU. Paris,
Guillaume, 1902, in-8º.
P. PICAVET, _les Idéologues_. Paris, Alcan, 1891, in-8º.--_Traité des
sensations_, publié avec notes. Paris, Delagrave, 7e édition, 1905,
in-12.
III
LETTRE INÉDITE DE L'ABBÉ DE MABLY[108]
_A Monsieur de Bonnot_
à Briançon (Dauphiné).
Paris, le 6 janvier 1780.
Je ne puis trop vous dire, Monsieur mon cher cousin, combien je suis
reconnaissant de la marque de souvenir ou plutôt d'amitié dont vous
m'avez honoré dans ce renouvellement d'année. Les vœux que je fais pour
vous et pour Monsieur votre frère sont très sincères et très ardens. Je
m'estois flatté de faire encore un voyage en Dauphiné et d'avoir le
plaisir de vous embrasser; mais il faut renoncer à cette douce
espérance: les années se sont accumulées; un voyage
MABLY.
[108] Autogr...,--Archives de famille.--Cette lettre banale n'a
d'autre intérêt que de permettre de constater les relations
intimes qui existèrent jusqu'au bout entre les deux frères.
me fait peur, et après cinquante-quatre ans de séjour à Paris, il
faut le regarder comme mon pays natal. Mon frère est toujours dans
ses terres, ne vient que très rarement ici, et n'y passe que peu de
jours; je ne lui laisserai point ignorer vos bontés, et je puis
vous répondre d'avance qu'il y sera très sensible. Je vous prie,
mon cher cousin, de me conserver votre amitié et d'être persuadé
que celle que j'ai pour vous durera autant que moi.
IV
ACTE DE DÉCÈS DE CONDILLAC
_Extrait des registres de baptêmes, mariages et sépultures de la
paroisse de Lailly pour l'année 1780._
INHUMATION DE M. ÉTIENNE BONNOT DE CONDILLAC
L'an mil sept cent quatre-vingt, le quatre août, a été inhumé par moi,
prieur curé, soussigné, le corps de Étienne Bonnot de Condillac, prêtre,
abbé commandataire de l'abbaye de Mureau, membre de l'Académie
française, mort le deux, âgé de soixante-six ans.
L'inhumation faite en présence de Joseph Gombault, curé de
Saint-Laurent-des-Eaux, de Henri Gourdineau de Montournois, curé de
Monçay, de Simon-Joseph Cahouet, prieur de l'abbaye de Beaugency, de
Mathieu Cosson, prieur curé de Saint-Nicolas de Beaugency, qui ont tous
signé avec nous.
Le registre est signé: Cahouet, H. Gourdineau de Montournois, Gombault,
curé de Saint-Laurent-des-Eaux, Cosson, prieur de Saint-Nicolas,
Hutteau, vicaire de Josnes, Le Gaingneulx, prieur curé de Lailly.
_Pour copie conforme_:
Mairie de Lailly, le 28 novembre 1891.
Le maire:
F. DE GEFFRIEB.