Saintes promesses des cieux où l'on se retrouve et où l'on se

reconnaît, vous n'êtes pas un vain rêve! Si nous ne devons pas aspirer

à la béatitude des purs esprits du pays des chimères, si nous devons

entrevoir toujours au delà de cette vie un travail, un devoir, des

épreuves et une organisation limitée dans ses facultés vis-à-vis de

l'infini, du moins il nous est permis par la raison, et il nous est

commandé par le cœur de compter sur une suite d'existences

progressives en raison de nos bons désirs. Les saints de toutes les

religions qui nous crient du fond de l'antiquité de nous dégager de la

matière pour nous élever dans la hiérarchie céleste des esprits ne

nous ont pas trompés quant au fond de la croyance admissible à la

raison moderne. Nous pensons aujourd'hui que, si nous sommes

immortels, c'est à la condition de revêtir sans cesse des organes

nouveaux pour compléter notre être qui n'a probablement pas le droit

de devenir un pur esprit; mais nous pouvons regarder cette terre comme

un lieu de passage et compter sur un réveil plus doux dans le berceau

qui nous attend ailleurs. De mondes en mondes, nous pouvons, en nous

dégageant de l'animalité qui combat ici-bas notre spiritualisme, nous

rendre propres à revêtir un corps plus pur, plus approprié aux besoins

de l'âme, moins combattu et moins entravé par les infirmités de la

vie humaine telle que nous la subissons ici-bas. Et certes la première

de nos aspirations légitimes, puisqu'elle est noble, est de retrouver

dans cette vie future la faculté de nous remémorer jusqu'à un certain

point nos existences précédentes. Il ne serait pas très-doux de nous

en retracer tout le détail, tous les ennuis, toutes les douleurs. Dès

cette vie, le souvenir est souvent un cauchemar; mais les points

lumineux et culminants des salutaires épreuves dont nous avons

triomphé seraient une récompense, et la couronne céleste serait

l'embrassement de nos amis reconnus par nous et nous reconnaissant à

leur tour. O heures de suprême joie et d'ineffables émotions, quand la

mère retrouvera son enfant, et les amis les dignes objets de leur

amour! Aimons-nous en ce monde, nous qui y sommes encore, aimons-nous

assez saintement pour qu'il nous soit permis de nous retrouver sur

tous les rivages de l'éternité avec l'ivresse d'une famille réunie

après de longues pérégrinations.

Durant les années dont je viens d'esquisser les principales émotions,

j'avais renfermé dans mon sein d'autres douleurs encore plus

poignantes dont, à supposer que je pusse parler, la révélation ne

serait d'aucune utilité dans ce livre. Ce furent des malheurs pour

ainsi dire étrangers à ma vie; puisque nulle influence de ma part ne

put les détourner et qu'ils n'entrèrent pas dans ma destinée, attirés

par le magnétisme de mon individualité. Nous faisons notre propre vie

à certains égards: à d'autres égards, nous subissons celle que nous

font les autres. J'ai raconté ou fait pressentir de mon existence tout

ce qui y est entré par ma volonté, ou tout ce qui s'y est trouvé

attiré par mes instincts. J'ai dit comment j'avais traversé et subi

les diverses fatalités de ma propre organisation. C'est tout ce que je

voulais et devais dire. Quant aux mortels chagrins que la fatalité des

autres organisations fit peser sur moi, ceci est l'histoire du secret

martyre que nous subissons tous, soit dans la vie publique, soit dans

la vie privée, et que nous devons subir en silence.

Les choses que je ne dis pas sont donc celles que je ne puis excuser,

parce que je ne peux pas encore me les expliquer à moi-même. Dans

toute affection où j'ai eu quelques torts, si légers qu'ils puissent

paraître à mon amour-propre, ils me suffisent pour comprendre et

pardonner ceux qu'on a eus envers moi. Mais là où mon dévouement sans

bornes et sans efforts s'est trouvé tout à coup payé d'ingratitude et

d'aversion, là où mes plus tendres sollicitudes se sont brisées

impuissantes devant une implacable fatalité, ne comprenant rien à ces

redoutables accidents de la vie, ne voulant pas en accuser Dieu, et

sentant que l'égarement du siècle et le scepticisme social en sont les

premières causes, je retombe dans cette soumission aux arrêts du

ciel, sans laquelle il nous faudrait le méconnaître et le maudire.

C'est que là revient toujours la terrible question: Pourquoi Dieu,

faisant l'homme perfectible et capable de comprendre le beau et le

bien, l'a-t-il fait si lentement perfectible, si difficilement attaché

au bien et au beau?

L'arrêt suprême de la sagesse nous répond par la bouche de tous les

philosophes: «Cette lenteur dont vous souffrez n'est pas perceptible

dans l'immense durée des lois de l'ensemble. Celui qui vit dans

l'éternité ne compte pas le temps, et vous qui avez une faible notion

de l'éternité, vous vous laissez écraser par la sensation poignante du

temps.

Oui sans doute, la succession de nos jours amers et variables nous

opprime et détourne malgré nous notre esprit de la contemplation

sereine de l'éternité. Ne rougissons pas trop de cette faiblesse. Elle

puise sa source dans les entrailles de notre sensibilité. L'état

douloureux de nos sociétés troublées et de notre civilisation en

travail fait que cette sensibilité, cette faiblesse est peut-être la

meilleure de nos forces. Elle est le déchirement de nos cœurs et la

morale de notre vie. Celui qui, parfaitement calme et fort, recevrait

sans souffrir les coups qui le frappent ne serait pas dans la vraie

sagesse, car il n'aurait pas de raison pour ne pas regarder avec le

même stoïcisme brutal et cruel les blessures qui font crier et

saigner ses semblables. Souffrons donc et plaignons-nous quand notre

plainte peut être utile, quand elle ne l'est pas, taisons-nous, mais

pleurons en secret. Dieu, qui voit nos larmes à notre insu et qui,

dans son immuable sérénité, nous semble n'en pas tenir compte, a mis

lui-même en nous cette faculté de souffrir pour nous enseigner à ne

pas vouloir faire souffrir les autres.

Comme le monde physique que nous habitons s'est formé et fertilisé,

sous les influences des volcans et des pluies, jusqu'à devenir

approprié aux besoins de l'homme physique, de même le monde moral où

nous souffrons se forme et se fertilise, sous les influences des

brûlantes aspirations et des larmes saintes, jusqu'à mériter de

devenir approprié aux besoins de l'homme moral. Nos jours se consument

et s'évanouissent au sein de ces tourmentes. Privés d'espoir et de

confiance, ils sont horribles et stériles; mais éclairés par la foi en

Dieu et réchauffés par l'amour de l'humanité, ils sont humblement

acceptables et pour ainsi dire doucement amers.

Soutenue par ces notions si simples et pourtant si lentement acquises

à l'état de conviction, tant l'excès de ma sensibilité intérieure dans

la jeunesse obscurcissait l'effort de ma justice, je traversai la fin

de cette période de mon récit sans trop me départir de l'immolation

que j'avais faite de ma personnalité. Si je la retrouvais grondeuse

en moi-même, inquiète des petites choses et trop avide de repos, je

savais du moins la sacrifier sans grands efforts dès qu'une occasion

nette de la sacrifier utilement me rendait l'emploi lucide de mes

forces intérieures. Si je n'étais pas en possession de la vertu, du

moins j'étais et je suis encore, j'espère, dans le chemin qui y mène.

N'étant pas une nature de diamant, je n'écris pas pour les saints.

Mais ceux qui, faibles comme moi, et comme moi épris d'un doux idéal,

veulent traverser les ronces de la vie sans y laisser toute leur

toison, s'aideront de mon humble expérience et trouveront quelque

consolation à voir que leurs peines sont celles de quelqu'un qui les

sent, qui les résume, qui les raconte et qui leur crie: «Aidons-nous

les uns les autres à ne pas désespérer.»

Et pourtant ce siècle, ce triste et grand siècle où nous vivons s'en

va, ce nous semble, à la dérive; il glisse sur la pente des abîmes, et

j'en entends qui me disent: «Où allons-nous? Vous qui regardez souvent

l'horizon, qu'y découvrez-vous? Sommes-nous dans le flot qui monte ou

qui descend? Allons-nous échouer sur la terre promise, ou dans les

gouffres du chaos?»

Je ne puis répondre à ces cris de détresse. Je ne suis pas illuminée

du rayon prophétique, et les plus habiles raisonnements, ceux qui

s'appuient mathématiquement sur les chances politiques, économiques et

commerciales, se trouvent toujours déjoués par l'imprévu, parce que

l'imprévu c'est le génie bienfaisant ou destructeur de l'humanité qui

tantôt sacrifie ses intérêts matériels à sa grandeur morale, et tantôt

sa grandeur morale à ses intérêts matériels.

Il est bien vrai que le soin jaloux et inquiet des intérêts matériels

domine la situation présente. Après les grandes crises, ces

préoccupations sont naturelles, et ce _sauve qui peut_ de

l'individualité menacée est, sinon glorieux, du moins légitime. Ne

nous en irritons pas trop, car toute chose qui n'a pas pour but un

sentiment de providence collective rentre malgré soi dans les desseins

de cette providence. Il est évident que l'ouvrier qui dit: «Du travail

avant tout et malgré tout,» subit les nécessités du moment et ne

regarde que le moment où il vit; mais par l'âpreté du travail il

marche à la notion de la dignité et à la conquête de l'indépendance.

Il en est ainsi de tous les ouvriers placés sur tous les échelons de

la société. L'industrialisme tend à se dégager de toute espèce de

servage et à se constituer en puissance active, sauf à se moraliser

plus tard et à se constituer en puissance légitime par l'association

fraternelle.

C'est à ce moment que nos prévisions l'attendent et que nous nous

demandons si, après l'éclat éphémère des derniers trônes, les

civilisations de l'Europe se constitueront en républiques

aristocratiques ou démocratiques. Là apparaît l'abîme..., une

conflagration générale ou des luttes partielles sur tous les points.

Quand on a respiré seulement pendant une heure l'atmosphère de Rome,

on voit cette clef de voûte du grand édifice du vieux monde si prête à

se détacher qu'on croit sentir trembler la terre des volcans, la terre

des hommes!

Mais quelle sera l'issue? sur quelles laves ardentes ou sur quels

impurs limons nous faudra-t-il passer? De quoi vous tourmentez-vous

là? L'humanité tend à se niveler, elle le veut, elle le doit, elle le

fera. Dieu l'aide et l'aidera toujours par une action invisible

toujours résultant des propriétés de la force humaine et de l'idéal

divin qu'il lui est permis d'entrevoir. Que des accidents formidables

entravent ses efforts, hélas! ceci est à prévoir, à accepter d'avance.

Pourquoi ne pas envisager la vie générale comme nous envisageons notre

vie individuelle? Beaucoup de fatigues et de douleurs, un peu d'espoir

et de bien: la vie d'un siècle ne résume-t-elle pas la vie d'un homme?

Auquel d'entre nous est-il arrivé d'entrer, une fois pour toutes, dans

la réalisation de ses bons ou mauvais désirs.

Ne cherchons pas, comme d'impuissants augures, la clef des destinées

humaines dans un ordre de faits quelconque. Ces inquiétudes sont

vaines, nos commentaires sont inutiles. Je ne pense pas que la

divination soit le but de l'homme sage de notre époque. Ce qu'il doit

chercher, c'est d'éclairer sa raison, d'étudier le problème social et

de se vivifier par cette étude en la faisant dominer par quelque

sentiment pieux et sublime. O Louis Blanc, c'est le travail de votre

vie que nous devrions avoir souvent sous les yeux! Au milieu des jours

de crise qui font de vous un proscrit et un martyr, vous cherchez dans

l'histoire des hommes de notre époque l'esprit et la volonté de la

Providence. Habile entre tous à expliquer les causes des révolutions,

vous êtes plus habile encore à en saisir, à en indiquer le but. C'est

là le secret de votre éloquence, c'est là le feu sacré de votre art.

Vos écrits sont de ceux qu'on lit pour savoir les faits, et qui vous

forcent à dominer ces faits par l'inspiration de la justice et

l'enthousiasme du vrai éternel.

Et vous aussi, Henri Martin, Edgard Quinet, Michelet, vous élevez nos

cœurs, dès que vous placez les faits de l'histoire sous nos yeux.

Vous ne touchez point au passé sans nous faire embrasser les pensées

qui doivent nous guider dans l'avenir.

Et vous aussi, Lamartine, bien que, selon nous, vous soyez trop

attaché aux civilisations qui ont fait leur temps, vous répandez, par

le charme et l'abondance de votre génie, des fleurs de civilisation

sur notre avenir.

Se préparer chacun pour l'avenir, c'est donc l'œuvre des hommes que

le présent empêche de se préparer en commun. Sans nul doute, elle est

plus prompte et plus animée, cette initiation de la vie publique, sous

le régime de la liberté; les ardentes ou paisibles discussions des

clubs et l'échange inoffensif ou agressif des émotions du forum

éclairent rapidement les masses, sauf à les égarer quelquefois; mais

les nations ne sont pas perdues parce qu'elles se recueillent et

méditent, et l'éducation des sociétés se continue sous quelque forme

que rêvete la politique des temps.

En somme, le siècle est grand, bien qu'il soit malade, et les hommes

d'aujourd'hui, s'ils ne font pas les grandes choses de la fin du

siècle dernier, en conçoivent, en rêvent et peuvent en préparer de

plus grandes encore. Ils sentent déjà profondément qu'ils le doivent.

Et nous aussi, nous avons nos moments d'abattement et de désespoir, où

il nous semble que le monde marche follement vers le culte des dieux

de la décadence romaine. Mais si nous tâtons notre cœur, nous le

trouvons épris d'innocence et de charité comme aux premiers jours de

notre enfance. Eh bien, faisons tous ce retour sur nous-mêmes et

disons-nous les uns aux autres que notre affaire n'est pas de

surprendre les secrets du ciel au calendrier des âges, mais de les

empêcher de mourir inféconds dans nos âmes.

CONCLUSION.

Je n'avais pas eu de bonheur dans toute cette phase de mon existence.

Il n'est de bonheur pour personne. Ce monde-ci n'est pas établi pour

une stabilité de satisfactions quelconques.

J'avais eu des _bonheurs_, c'est-à-dire des joies, dans l'amour

maternel, dans l'amitié, dans la réflexion et dans la rêverie. C'était

bien assez pour remercier le Ciel. J'avais goûté les seules douceurs

dont je pusse avoir soif.

Quand je commençai à écrire le récit que je suspends ici, je venais

d'être abreuvée de douleurs plus profondes encore que celles que j'ai

pu raconter. J'étais cependant calme et maîtresse de ma volonté, en ce

sens que, mes souvenirs se pressant devant moi sous mille facettes qui

pouvaient être différentes à mon appréciation, je sentis ma conscience

assez saine et ma religion assez bien établie en moi-même pour m'aider

à saisir le vrai jour dont le passé devait s'éclairer à mes propres

yeux.

Maintenant que je vais fermer l'histoire de ma vie à cette page,

c'est-à-dire plus de sept ans après en avoir tracé la première page,

je suis encore sous le coup d'une épouvantable douleur personnelle.

Ma vie, deux fois ébranlée profondément, en 1847 et en 1855, s'est

pourtant défendue de l'attrait de la tombe; et mon cœur, deux fois

brisé, cent fois navré, s'est défendu de l'horreur du doute.

Attribuerai-je ces victoires de la foi à ma propre raison, à ma propre

volonté? Non. Il n'y a en moi rien de fort que le besoin d'aimer.

Mais j'ai reçu du secours, et je ne l'ai pas méconnu, je ne l'ai pas

repoussé.

Ce secours, Dieu me l'a envoyé, mais il ne s'est pas manifesté à moi

par des miracles. Pauvres humains, nous n'en sommes pas dignes, nous

ne serions pas capables de les supporter, et notre faible raison

succombe dès que nous croyons voir apparaître la face des anges dans

le nimbe flamboyant de la Divinité. Mais la grâce m'est venue comme

elle vient à tous les hommes, comme elle peut, comme elle doit leur

venir, par l'enseignement mutuel de la vérité. Leibnitz d'abord, et

puis Lamennais, et puis Lessing, et puis Herder expliqué par Quinet,

et puis Pierre Leroux, et puis Jean Reynaud, et puis Leibnitz encore,

voilà les principaux repères qui m'ont empêchée de trop flotter dans

ma route à travers les diverses tentatives de la philosophie moderne.

De ces grandes lumières, je n'ai pas tout absorbé en moi à dose égale,

et je n'ai pas même gardé tout ce que j'avais absorbé à un moment

donné. Ce qui le prouve, c'est la fusion, qu'à une certaine distance

de ces diverses phases de ma vie intérieure j'ai pu faire en moi de

ces grandes sources de vérité, cherchant sans cesse, et m'imaginant

parfois trouver le lien qui les unit, en dépit des lacunes qui les

séparent. Une doctrine toute d'idéal et de sentiment sublime, la

doctrine de Jésus, les résume encore, quant aux points essentiels,

au-dessus de l'abîme des siècles. Plus on examine les grandes

révélations du génie, plus la céleste révélation du cœur grandit dans

l'esprit, à l'examen de la doctrine évangélique.

Ceci n'est peut-être pas une formule très-_avancée_ dans l'opinion de

mon siècle. Le siècle ne va pas de ce côté-là pour le moment. Peu

importe, les temps viendront.

_Terre_ de Pierre Leroux, _Ciel_ de Jean Reynaud, _Univers_ de

Leibnitz, _Charité_ de Lamennais, vous montez ensemble vers le Dieu de

Jésus; et quiconque vous lira sans s'attacher trop aux subtilités de

la métaphysique et sans se cuirasser dans les armures de la discussion

sortira de votre rayonnement plus lucide, plus sensible, plus aimant

et plus sage. Chaque secours de la sagesse des maîtres vient à point

en ce monde où il n'est pas de conclusion absolue et définitive.

Quand, avec la jeunesse de mon temps, je secouais la voûte de plomb

des mystères, Lamennais vint à propos étayer les parties sacrées du

temple. Quand, indignés après les lois de septembre, nous étions prêts

encore à renverser le sanctuaire réservé, Leroux vint, éloquent,

ingénieux, sublime, nous promettre le règne du ciel sur cette même

terre que nous maudissions. Et, de nos jours, comme nous désespérions

encore, Reynaud, déjà grand, s'est levé plus grand encore pour nous

ouvrir, au nom de la science et de la foi, au nom de Leibnitz et de

Jésus, l'infini des mondes comme une patrie qui nous réclame.

J'ai dit le secours de Dieu qui m'a soutenue par l'intermédiaire des

enseignements du génie; je veux dire, en finissant, le secours

également divin qui m'a été envoyé par l'intermédiaire des affections

du cœur.

Sois bénie, amitié filiale qui a répondu à toutes les fibres de ma

tendresse maternelle; soyez bénis, cœurs éprouvés par de communes

souffrances, qui m'avez rendue chaque jour plus chère la tâche de

vivre pour vous et avec vous!

Sois béni aussi, pauvre ange arraché de mon sein et ravi par la mort à

ma tendresse sans bornes! Enfant adoré, tu as été rejoindre dans le

ciel de l'amour le George adoré de Marie Dorval. Marie Dorval est

morte de sa douleur, et moi, j'ai pu rester debout, hélas:

Hélas, et merci, mon Dieu. Puisque la douleur est le creuset où

l'amour s'épure, et puisque, véritablement aimée de quelques-uns, je

peux encore ne pas tomber sur la route où la charité envers tous nous

commande de marcher.

14 juin 1855.

FIN DE L'OUVRAGE.

Typographie L. Schnauss.

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NOUVEAU

PORTEFEUILLE POLITIQUE

No I.

PROTOCOLE

DES CONFÉRENCES DE VIENNE

RELATIVE A LA QUESTION D'ORIENT.

No II.

PROTOCOLE

DES CONFÉRENCES DE VIENNE

RELATIVES A LA QUESTION D'ORIENT.

RECUEIL

DE PIÈCES DIPLOMATIQUES

A L'ÉGARD DE LA QUESTION D'ORIENT.

No III.

RECUEIL

DE PIÈCES DIPLOMATIQUES

A L'ÉGARD DE LA QUESTION D'ORIENT

ET

DU DIFFÉREND DE S. S. LE PAPE AVEC LA

SARDAIGNE ET L'ESPAGNE.

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DE

LA RUSSIE

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A. DE LAMARTINE.

1 volume in-8vo.

Leipzig--Imprimerie Schnauss.

Histoire de ma Vie, Livre 3 (Vol. 10 - 13) · 第 34 / 34 段