Quand l'espousée fut couchée
Et que son mary l'eut tastée,
Elle luy dit de la façon:
Mon grand amy, je suis pucelle,
Car jamais homme ni garçon
Ne me l'a fait en damoiselle.
[Note 210: «_Dire sa ratelée_, c'est dire à son tour librement tout ce
qu'on sait, tout ce qu'on pense de quelque chose.» (Leroux, _Dict.
comique._) C'est faire comme le jardinier, qui, lorsqu'il a bien
promené son rateau par le jardin, finit par placer dans un coin sa
ratelée d'ordures.]
[Note 211: _Sabrenaud_ se disoit pour un mauvais ouvrier, un gâcheur
d'ouvrage. On en avoit fait le verbe _sabrenauder_, qui s'employoit
encore au XVIIIe siècle.]
[Note 212: C'est-à-dire s'est campée les poings sur les hanches comme
en disant: _Ecoutez-nous_.]
[Note 213: Le chaperon étoit la marque de la petite bourgeoisie; il
consistoit, au XVIIe siècle, en une bande de velours placée sur le
bonnet.]
[Note 214: V., sur les noms qu'on donnoit à ces damoiselles par
usurpation, _Les XV joies de mariage_, P. Jannet, 1853, in-8º, p.
168.]
[Note 215: Les femmes de distinction, quand elles sortoient, portoient
un masque de velours noir. Boileau, par une note sur le vers 322 de sa
Xe satire, nous apprend qu'il en étoit encore ainsi pendant sa
jeunesse. On peut voir, sur cet usage, de longs détails dans le
_Palais Mazarin_ de M. L. de Laborde, p. 314, note 367. C'étoit
surtout la marque distinctive des femmes dont nostre _espousée_ veut
singer les manières. «Que ne diray-je pas des chirurgiens...
(lisons-nous dans _la Troisième après-disnée du Caquet de
l'Accouchée_, 1622 in-8º, p. 15). Quant à leurs filles, il ne leur
manque que le masque qu'on ne les prenne pour damoiselles.»]
[Note 216: Il étoit aussi ridicule pour les filles bourgeoises de se
faire appeler _madamoiselle_ que pour les femmes mariées de la même
classe de prendre le titre de _madame_. Entre autres pièces publiées à
ce propos contre ces dernières, nous connaissons un livret de la
dernière moitié du XVIIe siècle: _Satyre sur les femmes bourgeoises
qui se font appeler madame_, in-8º.]
[Note 217: Pour: Notre-Dame.]
[Note 218: Nous avons pensé d'abord qu'il s'agissoit ici du satin à
fleurs que les damoiselles seules devoient porter, et dont plusieurs
marchandes se paroient pourtant, au grand scandale des bourgeoises.
«Si, lisons-nous dans la sixième partie des _Caquets de l'accouchée_,
une marchande porte le satin à fleurs de velours cramoisy, faut-il en
murmurer? etc.» Mais il est plus probable que ce mot _florets_ doit
s'entendre ici pour les touffes de fleurs et de verdure que la
Mijolette s'étoit mises dans les cheveux. Ainsi s'explique le nom de
_royne des brandons_ que lui donnent plus loin les paysannes.]
[Note 219: Encore un objet de la toilette modeste des bourgeoises;
elles devoient s'en tenir au simple _collet monté_. S'il s'élevoit peu
à peu jusqu'à devenir un _collet à cinq étages_, il encouroit le blâme
des matrones.]
[Note 220: L'auteur entend parler ici des paysannes, et il les désigne
par leur coiffure, qui, surtout en Normandie et en Picardie,
consistoit en un _couvre-chef_ «morceau de toile empesée et tortillée
dont elles entouroient leur tête.» _Dict. de Trévoux_.]
[Note 221: Ce mot doit se prendre ici dans le sens qu'il avoit souvent
alors, surtout à Lyon, où l'on n'appeloit pas autrement les _rameaux
verts_ du dimanche qui précède Pâques, et qu'on nommoit pour cela
_dimanche des brandons_.]
* * * * *
_La conference des servantes de la ville de Paris soubs les
charniers Sainct-Innocent; avec protestations de bien ferrer la
mule[222] ce caresme, pour aller tirer à la blanque à la foire de
Sainct-Germain, et de bien faire courir l'ance du panier_[223].
_A Paris._