lettres de l'alphabet, les notes de musique, s'écrivent sans _s_ au
pluriel: _deux_ CINQ;--_trois_ B;--_quatre_ FA.
Il en est ainsi de tous les mots de la langue pris matériellement; comme
dans cette phrase, _il y a plusieurs fautes d'impression dans cette
adresse_; _il y manque deux_ MONSIEUR, _trois_ MOT _et deux_ IL. Il est
essentiel de remarquer, qu'un mot féminin, employé matériellement,
devient masculin. En voici un exemple pris dans Duvivier; _Rencontre_,
_toujours_ FÉMININ _en quelque sens qu'on l'emploie_, _était autrefois_
MASCULIN.
NOMS PROPRES. Les _noms propres_ ne prennent jamais la marque du
pluriel: _l'Espagne a vu naître les deux_ SENEQUE;--_les_ CORNEILLE _et
les_ RACINE _ont illustré la scène française_; excepté quand ils sont
employés comme noms communs, c.-à-d., pour désigner des individus
semblables à ceux dont on emprunte le nom: _la France a eu ses_ CÉSARS
_et ses_ POMPÉES.
NON PLUS QUE. Quand deux sujets sont unis par _non plus que_, le verbe
s'accorde avec le premier sujet: _la fortune, non plus que les
dignités_, _n'_ASSURE _le bonheur_.
NOUS. Quelquefois l'on emploie le pronom _nous_ au lieu de _je_; alors
l'adjectif et le participe en rapport avec _nous_, se mettent au
singulier; CONVAINCU _comme nous le sommes de notre insuffisance_, et
non pas, CONVAINCUS _comme nous le sommes_...
NOUVEAU employé comme adverbe est invariable: _des enfans_ NOUVEAU
_nés_. Il ne s'emploie jamais adverbialement avec un substantif féminin;
ainsi ne dites pas, _une fille_ NOUVEAU _née_, mais, _une fille
nouvellement née_.
NU. L'adjectif _nu_ ne s'accorde que lorsqu'il suit le substantif;
_tête_ NUE,--_pieds_ NUS. Lorsqu'il précède le substantif il est
invariable; NU _tête_,--NU _pieds_.
NUIRE. _Je nuis_, _tu nuis_, _je nuisais_, _je nuisis_, _je nuirai_, _je
nuirais_, _nuis_, _que je nuise_, _que je nuisisse_, _nuisant_, _nui_.
Le participe _nui_, ainsi que le participe _s'entre-nui_ est invariable:
_ils se sont nui_;--_elles se sont entre-nui_.
NUL. L'adjectif _nul_, signifiant _pas un_, rejette la marque du
pluriel; _nulle proposition_; à moins qu'il n'accompagne un substantif
qui n'a pas de singulier, comme _pleurs_, _ancêtres_; ou qui ou pluriel
a un autre sens qu'au singulier, comme _troupes_, _gages_: _nuls
pleurs_,--_nulles troupes_.
Avec _nul_ on supprime _pas_ et _point_.
NUMÉRO, FOLIO, RECTO, DUO, etc. Les mots empruntés du latin ne prennent
pas d's au pluriel; _factum_ est excepté; on dit des _factums_.
OBÉIR. Quoique verbe neutre, _obéir_ a un passif: _je veux_ ÊTRE OBÉI.
OBLIGER dans le sens _d'imposer l'obligation de_, prend _à_ ou _de_ au
choix de l'oreille: _la religion nous oblige_ À _secourir_, ou, DE
_secourir nos semblables_.
Dans le sens de _rendre service_, ou employé au passif, il prend _de_,
et jamais _à_: _vous m'obligerez_ DE _m'accompagner_;--_nous sommes
obligés_ D'_obéir aux lois_.
_Être obligé_ ne se dit point des _choses_: cette locution, _le mérite
est_ OBLIGÉ _d'être modeste_, est donc vicieuse: dites, _le mérite_ DOIT
ÊTRE _modeste_.
OBSERVER accompagné d'un régime indirect de personne, doit être précédé
du verbe _faire_. Ainsi dites; _je vous_ FAIS _observer que_..:--_il
nous_ FIT _observer que_..:--_je_ FERAI _observer à l'assemblée que_..
et non pas, _je vous observe que_.._il nous observa que_.._j'observerai
à l'assemblée que_...
Il résulte de là que l'on ne peut pas dire; _faire une observation à
quelqu'un_; il faut dire: FAIRE _faire une observation à quelqu'un_.
OCCUPER (s'). On dit s'_occuper à_ et s'_occuper de_: le premier se met
avec les verbes, le second avec les substantifs: _il s'occupe_ À _me
faire avoir une place_;--_il s'occupe_ DE _mon affaire_.
OEIL-DE-BOEUF. Au pluriel, _oeils-de-boeuf_: il en est ainsi
d'_oeil-de-bouc_,--d'_oeil-de-chat_,--d'_oeil-de-chèvre_,
--d'_oeil-de-christ_,--d'_oeil-de-perdrix_,--d'_oeil-de-soleil_.
On dit; YEUX _du frommage_:--YEUX _du pain_.
OFFRIR devant l'infinitif prend _de_, et _s'offrir_ prend _à_; _il
offre_ DE _vous accompagner_:--_il s'offre_ À _vous accompagner_.
OINDRE, _j'oins, tu oins, il oint, nous oignons, vous oignez, ils
oignent, j'oignais, j'oignis, j'ai oint, j'oindrai, j'oindrais, oins,
oignons, oignez, que j'oigne, que nous oignons, que j'oignisse, oignant,
oint, ointe._
Ainsi se conjugue _joindre_.
ON. Quoique masculin et singulier de sa nature, le pronom _on_ devient
_féminin_ quand il s'applique spécialement à une personne du sexe: et
_pluriel_ lorsque le sens indique évidemment qu'il désigne plusieurs
personnes. Alors l'adjectif et le participe qui se rapportent à _on_
prennent la marque du féminin et du pluriel: _quand on est_ MÈRE _on
n'est pas toujours_ MAÎTRESSE _de son temps_:--_quand on s'estime
mutuellement_, _on n'est pas heureux d'être_ SÉPARÉS.
Au lieu de _on_, il faut employer _l'on_, pour éviter certaines
consonnances choquantes qui ont lieu principalement après _et_, _si_,
_ou_:--_et_ L'_on veut_;--_si l'on dit_:--_ou_ L'_on verra_.
Cependant on doit faire usage de _on_ devant _le_, _la_, _les_, _lui_
pour éviter la répétition désagréable de l'articulation _l_:--et dire,
_et on le veut_,--_si on le dit_,--_ou on le verra_, et non pas, _et_
L'_on le veut_,--_si_ L'_on le dit_,--_ou_ L'_on le verra_.
Au commencement d'une phrase, il faut préférer _on_ à _l'on_, parce
qu'alors il n'y a pas de mauvaise consonnance à éviter.
ONZE se prononce avec aspiration: _le_ ONZE _de Juillet_:--_de_ ONZE
_enfans il n'en reste que trois_:--_vous êtes_ ONZE;--_sur les_ ONZE
_heures_:--_ils étaient_ ONZE: prononcez, _vous ête onze_:--_sur lè onze
heures_:--_ils étè onze_.
ONZIÈME _adjectif_. On prononce ce mot avec ou sans aspiration, à
volonté: LE _onzième ou_ L'_onzième de Juillet_:--LA _onzième ou_
L'_onzième page_.
Mais dans _onzième_ substantif l'_o_ est toujours aspiré; ainsi l'on ne
fait pas sentir l'_n_ ni l'_s_ dans cas phrases:--_il est héritier pour_
UN _onzième_:--_pour trois onzièmes_.
ORGUE est _masculin_ au singulier, et _féminin_ au pluriel:--_un_ BEL
_orgue_:--_de_ BELLES _orgues_.
OU. Quand deux ou plusieurs sujets sont unis par la conjonction _ou_, le
verbe s'accorde avec le dernier sujet:--_la faiblesse_ OU
_l'inexpérience nous_ FAIT _commettre bien des fautes_: à moins que les
mots unis par _ou_ ne soient de différentes personnes: alors le verbe se
met au pluriel, et s'accorde avec la personne qui a la priorité: _vous
ou moi_ PARLERONS, et mieux NOUS PARLERONS:--_vous ou votre frère_
PARLEREZ, et mieux, VOUS PARLEREZ.
OUBLIER DE, désigne un manque de mémoire:--_j'ai oublié_ DE _vous
écrire_. _Oublier à_ marque un manque d'usage: _il oublie_ À _danser_--À
_dessiner_.
OUÏR n'est guère usité qu'au prétérit défini, _j'ouis_, _il ouit_: au
présent du subj., _que j'ouïsse_, _qu'il ouït_: à l'infinitif, _ouïr_;
au participe passé, _ouï_, _ouïe_; et aux temps composés.
PAÎTRE. _Je pais_, _tu pais_, _il pait_, _nous paissons_, _vous
paissez_, _ils paissent_, _je paissais_, point de prét. défini, _je
paîtrai_, _je paîtrais_, _paissons_, _paissez_, _que je paisse_, point
d'imparf. du subj., _paissant_, _pu_. Ce dernier mot ne s'emploie que
dans cette phrase familière; _il a pu et repu_.
_Repaître_, qui se conjugue de même, a un prétérit défini;--_je repus_.
PÂLE, _Pâle_, signifie qui est faible de coloris: _blême_, qui est
très-pâle; _livide_, qui est plombé et taché de noir; _hâve_ qui est
défiguré par le décharnement: _blafard_ qui est pâle jusqu'à
l'affadissement.
PÂQUE substantif féminin: fête annuelle des Juifs en mémoire de leur
sortie d'Égypte.
_Pâque_ ou _Pâques_ substantif masculin, singulier: fête des
chrétiens:--_Pâques est passé_.
_Pâques_ subst. fém. pluriel; communion pascale; _faire ses Pâques_.
_Pâques-fleuries_, le Dimanche des Rameaux.
PARDONNER veut un régime direct des choses; _pardonnez quelques vers
faibles_; et non, À _quelques vers faibles_; et un régime indirect de
personnes: _pardonnez_ À _vos enfans_, et non _pardonnez vos enfans_.
PARLER, (se) Le participe passé de _se parler_ est toujours invariable,
parce que _se parler_ n'a pas de régime direct: _ils se sont_
PARLÉ:--_elles se sont_ PARLÉ.
PARMI. _Entre_ se dit de deux objets: _entre Rome et Carthage_: _parmi_
se dit d'un plus grand nombre, et veut après lui, ou un pluriel: _parmi
les hommes_; ou un collectif: _parmi la foule_.
PARTICIPE PRÉSENT. Il est toujours terminé en _ant_, et ne prend ni
genre ni nombre: _un homme_ LISANT:--_des hommes_ LISANT:--_une femme_
LISANT:--_des femmes_ LISANT.
On dit, _des hommes obligeans_:--_une femme surprenante_. Mais ces mots,
_obligeans_, _surprenante_, ne sont point des participes présens: ce
sont des adjectifs _verbaux_, qui s'accordent avec les substantifs
auxquels ils se rapportent.
Pour distinguer les adjectifs verbaux des participes présens, il faut
voir si ces mots ont un régime. Lorsqu'ils ont un régime, ce sont des
participes. Lorsqu'ils n'ont point de régime, ils sont adjectifs: _cette
femme est douce_, _affable_, PRÉVENANT _tout le monde_:--_cette femme
est douce_, _affable_, PRÉVENANTE. Dans la première phrase le mot
_prévenant_ est un participe, parce qu'il est suivi du régime _tout le
monde_: dans la seconde il est adjectif, parce qu'il n'a point de
régime.
Cette règle pour distinguer les adjectifs verbaux des participes présens
souffre quelques rares exceptions.
PARTICIPE PASSÉ des verbes réfléchis. Ce participe s'accorde avec le
régime direct lorsque ce régime est avant le participe: _cette femme
s'est_ PROPOSÉE _pour modèle à ses enfans_: _proposée_ est au féminin et
au singulier, parce qu'il est précédé de son régime direct le pronom
_se_ qui se rapporte à _femme_: c'est comme s'il y avait,--_cette femme
a proposé elle_.
Mais si le régime direct est après le participe, le participe est
invariable: _ma soeur s'est_ COUPÉ _le doigt_. _Coupé_ ici est
invariable parce que le régime direct _doigt_, est après le participe:
et le pronom _se_ n'est que le régime indirect, puisque c'est comme s'il
y avait, _ma soeur a coupé le doigt à elle_.
PARTICIPE PASSÉ suivi d'un verbe à l'infinitif. Quand le _participe
passé_ est suivi d'un verbe à l'infinitif, il faut examiner avec
attention si le régime qui précède le participe est régime de ce
participe, ou régime de l'infinitif qui suit le participe.
S'il est régime du participe passé, ce participe doit s'accorder avec
lui: _voilà les enfans_ QUE _j'ai_ ENTENDUS _lire_. _Que_ est ici régime
du participe _entendus_, et non de l'infinitif _lire_.
Mais si le régime qui précède le participe passé, est celui du verbe à
l'infinitif, le participe passé demeure invariable: _voilà les livres_
QUE _vous avez_ PARU _désirer_: le régime _que_ appartient au second
verbe.
On reconnaît que le régime qui précède le participe passé, est le régime
de ce participe, lorsqu'on peut mettre ce régime immédiatement après le
participe, et changer l'infinitif qui suit en participe présent; ou bien
en un imparfait précédé du pronom relatif _qui_: cela est évident dans
l'exemple ci-dessus: _voilà les enfans_ QUE _j'ai_ ENTENDUS _lire_: on
peut dire, _j'ai entendu les enfans_ LISANT, ou QUI LISAIENT.
Lorsque ce changement ne peut se faire, il faut en conclure que le
régime qui précède le participe, est le régime du verbe qui suit le
participe.
PARTICIPE PASSÉ entre deux _que_. Lorsque le _participe passé_ se trouve
entre deux _que_, le régime direct, c.-à-d., le premier _que_ appartient
toujours au second verbe, et par conséquent le participe est toujours
invariable: _voilà les livres_ QUE _l'on a_ VOULU _que je lusse_:--_les
peines_ QUE _j'ai_ PRÉVU _que cette affaire vous donnerait_.
PARTICIPE PASSÉ du verbe réfléchi, formé d'un verbe neutre. Ce participe
est toujours invariable, parce que son verbe n'ayant pas de régime
direct, ne peut en être précédé: _elles se sont_ NUI:--_ils se sont_
PARLÉ:--_elles se sont_ SUCCÉDÉ.
Les verbes réfléchis ainsi formés d'un verbe neutre, sont au nombre de
neuf, savoir; _se plaire_, _se déplaire_, _se complaire_, _se rire_, _se
sourire_, _se parler_, _se succéder_, _se nuire_, _s'entre-nuire_.
Le participe passé _fait_, suivi d'un infinitif, est toujours
invariable: _la maison_ que j'ai FAIT bâtir:--_les habits que j'ai_ FAIT
_faire_.
Beaucoup de grammairiens veulent que le participe _laissé_ suive la même
règle, et que l'on écrive: _la femme que j'ai_ LAISSÉ _passer_. D'autres
veulent que ce mot suive la règle générale, et que l'on écrive: _la
femme que j'ai_ LAISSÉE _passer_.
PARTICIPE PASSÉ joint au verbe _avoir_ précédé du mot _en_. Ce participe
est invariable, à moins qu'il ne soit précédé d'un autre régime direct:
_vous avez plus de richesses que je ne vous_ EN _ai_ DONNÉ, et non pas
DONNÉES:--_il m'a promis plus de services qu'il ne m'_EN _a_ RENDU, et
non pas RENDUS.
Les participes _donné_ et _rendu_ sont invariables ici parce que le mot
_en_ est un pronom relatif qui signifie _de cela_, et qui par conséquent
représente un régime indirect.
Mais le participe est variable s'il est précédé d'un autre pronom qui en
soit le régime direct: _j'ai écrit à mon frère, et voici la réponse_ QUE
_j'_EN _ai_ REÇUE. _Reçue_ est au féminin et au singulier, parce qu'il
est précédé de son régime direct, le relatif _que_ pronom qui se
rapporte à _réponse_. Le pronom EN est régime indirect et signifie _de
mon frère_.
PARTICIPE PASSÉ joint au verbe _avoir_ précédé du mot _le_. Ce participe
ne varie point, lorsque le relatif _le_ se rapporte à un _adjectif_:
ainsi l'on écrira: _votre soeur n'est pas aussi instruite que je l'avais_
PENSÉ, parce que le pronom _le_ se rapporte à l'adjectif _instruite_.
Mais le participe varie, quand le mot _le_ se rapporte à un
_substantif_, comme dans cette phrase: _ma soeur est toujours la même que
je l'ai_ CONNUE.
PARTICIPE PASSÉ des verbes impersonnels _il a fait_, _il y a eu_. Ce
participe demeure invariable: ainsi on dit, _les chaleurs qu'il a_ FAIT;
et non pas, _qu'il a_ FAITES:--_la disette qu'il y a_ EU _pendant
l'hiver dernier_; et non pas, _qu'il y a_ EUE.
On écrit également sans accord: IL EST ARRIVÉ _de grands
malheurs_:--_quels changemens en_ EST-IL RÉSULTÉ? parce que c'est une
règle sans exception, que le participe conjugué avec _être_ (excepté
dans les verbes réfléchis, où il est pour _avoir_) s'accorde toujours
avec son sujet: or le sujet de, _est arrivé_;--_est résultée_, c'est
_il_ représentant _ceci_, mot invariable, mot neutre, qui ne saurait
exercer aucune influence sur le participe.
Il faut aussi écrire sans accord: IL S'EST RASSEMBLÉ _une foule de gens
armés_:--IL S'EST GLISSÉ _une faute dans votre copie_:--IL S'EST TROUVÉ
_dix personnes chez moi_.
PARTICIPE PASSÉ des verbes neutres. Le verbe neutre n'ayant pas de
régime direct, son participe passé demeure invariable: _les sommes que
ce procès m'a_ COUTÉ:--_les pistoles que ce cheval a_ VALU:--_les jours
que j'ai_ VÉCU.
Cependant lorsque _valoir_ signifie _procurer_, _faire obtenir_, il est
actif, et alors son participe passé doit s'accorder avec le régime
direct qui le précède: _les honneurs que m'a_ VALUS _mon habit_. Il en
est ainsi du participe passé de _couter_, lorsque ce verbe signifie
_causer_, _exiger_: _les peines que cette affaire m'a_ COUTÉES.
PARTICIPER À, c'est avoir part à quelque chose, à quelque action:
_participer_ AUX _faveurs du Prince_. _Participer de_, c'est tenir de la
nature de quelque chose: _l'enthousiasme de cet auteur participe_ DE _la
folie_.
PASSÉ INDÉFINI et DÉFINI. Il ne faut pas confondre le _passé indéfini_
avec le _passé défini_. Le passé indéfini s'emploie indifféremment pour
un temps passé, soit qu'il en reste encore une partie à écouler ou non:
J'AI REÇU _une lettre l'année dernière_,--_le mois passé_,--_la semaine
dernière_,--_hier_:--J'AI REÇU _une lettre cette année_,--_ce
mois_,--_cette semaine_,--_aujourd'hui_.
Le passé défini ne se dit au contraire que d'un temps complètement
écoulé, et éloigné au moins d'un jour de l'instant où l'on parle: ainsi
l'on ne dira pas; JE REÇUS _une lettre cette année_,--_ce mois_,--_cette
semaine_,--_aujourd'hui_, parce que l'on est encore dans le temps dont
il s'agit.
PASSIF. Les verbes passifs demandent pour régimes les prépositions _de_
et _par_: _de_, quand ils expriment un sentiment, une passion, en un mot
un mouvement de l'âme: _par_, lorsqu'ils signifient une action à
laquelle l'esprit ou le corps a seul part: _l'honnête homme est estimé_
DE _tout le monde_;--_une grande partie de la terre a été conquise_ PAR
_les Romains_.
Cependant au lieu de la préposition _de_, l'usage permet d'employer
_par_ pour éviter plusieurs _de_: _votre conduite a été approuvée_
D'_une commune voix_, PAR _toutes les personnes sages et éclairées_.
PATATE, _plante du genre des liserons_. POMME DE TERRE, _plante du genre
des solanums_. Ces définitions sont du Dict. de l'Académie, Édit. de
1835, et elles s'accordent avec celles que les naturalistes donnent de
ces plantes. C'est donc une grave erreur que de désigner notre _pomme de
terre_ par le terme _patate_, plante que nous ne possédons pas, et qui
ne vient guère qu'entre les deux Tropiques.
PAYEMENT, PAIEMENT, PAIMENT. Ce mot, quoique écrit de trois différentes
manières, se prononce _pè-ment_.
PAYER. Ce verbe, et tous ceux qui sont terminés au participe présent par
_yant_, comme _bégayer_, _bayer_, _employer_, _renvoyer_, _aboyer_,
_essayer_, _ployer_, _appuyer_, etc., prennent un _y_ et un _i_ à la
première et à la seconde personne du pluriel de l'imparfait de
l'indicatif, et du présent du subj. _Je paie, tu paies, il paie, nous
payons, vous payez, ils paient,_ (prononcez _je pè_, _tu pè_, _il pè_,
et à la troisième personne du pluriel, _ils pè_) _je payais, tu payais,
il payait, nous payions, vous payiez, ils payaient, je payai, tu payas,
il paya, nous payâmes, vous payâtes, ils payèrent, je paierai, tu
paieras, il paiera, nous paierons, vous paierez, ils paieront,_
(prononcez, _je pè-e-rai_, _tu pè-e-ras_, _il pè-e-ra_, etc.) _je
paierais, tu paierais, il paierait, nous paierions, vous paieriez, ils
paieraient,_ (prononcez _je pè-e-rais_, _tu pè-e-rais_, _nous
pè-e-rions_, etc.) _paie_, (prononcez _pè_,) _payons, payez, que je
paie, que tu paies, qu'il paie, que nous payions, que vous payiez,
qu'ils paient,_ (prononcez, _que je pè_, _que tu pè_, _qu'il pè_,
_qu'ils pè_) _que je payasse, que tu payasses, qu'il payât, que nous
payassions, que vous payassiez, qu'ils payassent, payant, payé, payée._
Les verbes _croire_, _voir_, _fuir_, _asseoir_, etc., ayant leur
participe présent terminé en _yant_, font aussi à l'imparfait de
l'indicatif et au présent du subjonctif, _nous croyions_, _vous
croyiez_; _que nous croyions_, _que vous croyiez_, etc.
Quelques personnes, contrairement aux règles de la prononciation, font
entendre l'_l_ mouillée, ou l'_y_, aux trois personnes du singulier, et
à la troisième personne du pluriel du présent du subjonctif des verbes
dont le participe présent est terminé en _yant_. Ainsi elles prononcent,
_que je pèghe_, (du verbe payer) _que tu pèghes_, _qu'il pèghe_, _qu'ils
pèghe_, au lieu de, _que je pè_, _que tu pè_, _qu'il pè_, _qu'ils
pè_:---- _que j'èghe_, (du verbe avoir) _que tu èghes_, _qu'il èghe_,
_qu'ils èghe_, au lieu de, _que j'è_, _que tu è_, _qu'il è_, _qu'ils
è_:---- _que je croèghe_, (du verbe croire) _que tu croèghes_, _qu'il
croèghe_, _qu'ils croèghe_, au lieu de, _que je croa_, _que tu croa_,
_qu'il croa_, _qu'ils croa_.
Ces exemples prouvent combien l'instituteur doit faire d'efforts pour
rompre de bonne heure dans ses élèves l'habitude de cette prononciation
vicieuse.
PEMINA, que le vulgaire nomme _pinbina_, est l'obier du Canada. Le
peuple appelle aussi _pinbina_ son fruit: c'est à tort, parce que la
baie que porte le _pémina_, n'a pas de nom en français.
PENNY est le mot anglais, et _denier_ le mot français qui représentent
le terme latin _denarius_, quoiqu'ils expriment des monnaies de valeurs
très-différentes. Pourquoi donc employer le mot anglais _penny_, lorsque
le français fournit un équivalent? D'ailleurs _penny_ fait _pence_ au
pluriel, et puis les fractions du _penny_ se nomment _farthings_:
nouvelles difficultés donc pour ceux qui ne savent pas l'anglais; et
nouvelle raison par conséquent de rejeter ces mots étrangers, pour s'en
tenir aux termes faciles et corrects de _denier_;--_demi-denier_;
--_quart de denier_, etc.
Il n'en est pas ainsi du mot _shilling_, dont l'emploi est nécessité par
l'absence d'un terme français qui lui corresponde.
Le mot anglais _dollar_, monnaie des États-Unis, se trouve dans quelques
dictionnaires modernes: et _Boiste_ admet _pound_, mot anglais pour
_livre sterling_.
PÉRIODE est masculin quand il marque le plus haut point, où une chose
puisse arriver: _il est au plus_ HAUT _période de sa gloire_; ou quand
il signifie un espace de temps: _dans un_ COURT _période_:--_dans le_
DERNIER _période de sa vie_: il est féminin dans ses autres acceptions:
LA _période lunaire_:--LA _période julienne_.
PÉRIR. En parlant de personnes qui n'existent plus, on dirait, _elles_
SONT _péries_, parce qu'alors la pensée est occupée de l'état des
personnes qui n'existent plus. Mais si l'on voulait désigner l'époque où
elles ont cessé d'exister, ou la manière dont elles ont perdu la vie, il
faudrait se servir de l'auxiliaire _avoir_, et dire, _elles_ ONT _péri
en 1840_:--_elles_ ONT _péri dans un naufrage_.
Le même principe est applicable au verbe _échouer_. _Le vaisseau_ A
_échoué sur la côte_;--_le vaisseau que montait mon ami_ EST _échoué_.
V. AUXILIAIRES.
PERSONNE _pronom indéfini_, a un sens vague, s'emploie sans article et
sans adjectif déterminatif, et signifie aucune personne, qui que ce
soit: il est toujours du masculin et du singulier: PERSONNE _n'est assez
sot pour le croire_;--_il n'y a_ PERSONNE _qui ne soit fâché_.
_Personne substantif_ a un sens déterminé; il est accompagné de
l'article, ou d'un adjectif déterminatif, et est féminin: _quelle est la
personne assez_ SOTTE _pour le croire?_--_il n'y a pas_ UNE _personne
qui n'en soit_ FACHÉE.
PERSES. On doit appeler _Perses_ les anciens habitans de la Perse, et
_Persans_ ceux d'aujourd'hui.
PERSUADER. La grammaire permet d'écrire,--_les modernes se sont_
PERSUADÉS _qu'ils surpassaient les anciens_--et--_les modernes se sont_
PERSUADÉ _qu'ils surpassaient les anciens_. La raison en est qu'avec le
verbe _se persuader_, le pronom _se_ peut être également régime direct,
ou régime indirect du verbe: en effet, on dit _persuader quelqu'un_, et
_persuader_ À _quelqu'un_.
PEU, suivi d'un pronom relatif, veut le verbe qui suit au subjonctif:
_il y a peu d'hommes, qui_ SACHENT _supporter l'adversité_.
_Un petit peu_ est une faute grossière: dites simplement, _un peu_.
_Pour le peu que_ est un barbarisme, il faut dire, _pour peu que_.
PEUR. La locution conjonctive, _de peur que_, veut toujours _ne_ devant
le verbe suivant: _de peur qu'il_ NE _vienne_.
_Avoir peur_ exige également _ne_ devant _le_ verbe qui suit: _j'ai peur
qu'il_ NE _vous trompe_: à moins qu'_avoir peur_ ne soit accompagné
d'une négation; ou ne soit employé interrogativement: dans ces deux cas
on supprime ne: _je n'ai pas peur qu'il vous trompe?_
PEUT-ÊTRE employé avec le verbe _pouvoir_ forme un pléonasme ridicule:
ne dites pas: _peut-être il pourra venir_, mais, _peut-être il viendra_.
PIRE, adjectif comparatif, se joint toujours à un substantif, et
s'accorde avec lui. _De deux maux il faut éviter le_ PIRE:--_les_ PIRES
_des ennemis ce sont les flatteurs_.
_Pire_, suivi de _que_, veut _ne_ devant le verbe qui suit: _ce vin est
pire que je_ NE _le pensais_: à moins que cet adjectif n'accompagne un
verbe négatif, ou ne soit employé interrogativement: _ce vin n'est pas
pire que je le pensais_:--_ce vin est-il pire que vous le pensiez?_