Je me suis souvent demandé ce qu'il arriverait si, au milieu de la
mollesse des moeurs démocratiques et par suite de l'esprit inquiet de
l'armée, il se fondait jamais, chez quelques-unes des nations de nos
jours, un gouvernement militaire.
Je pense que le gouvernement lui-même ne s'éloignerait pas du tableau
que j'ai tracé dans le chapitre auquel cette note se rapporte, et
qu'il ne reproduirait pas les traits sauvages de l'oligarchie
militaire.
Je suis convaincu que, dans ce cas, il se ferait une sorte de fusion
entre les habitudes du commis et celles du soldat. L'administration
prendrait quelque chose de l'esprit militaire, et le militaire
quelques usages de l'administration civile. Le résultat de ceci serait
un commandement régulier, clair, net, absolu; le peuple devenu une
image de l'armée, et la société tenue comme une caserne.