Il existe environ la valeur de trois volumes de ces notes.
L'aptitude de Gustave Flaubert pour découvrir ce genre de bêtises était
surprenante. Un exemple est caractéristique.
En lisant le discours de réception de Scribe à l'Académie française, il
s'arrêta net devant cette phrase qu'il nota immédiatement:
La comédie de Molière nous instruit-elle des grands événements du
siècle de Louis XIV? Nous dit-elle un mot des erreurs, des faiblesses
ou des fautes du grand roi? Nous parle-t-elle de la révocation de
l'Édit de Nantes?
Il écrivit au-dessous de cette citation:
Révocation de l'Édit de Nantes, 1685.
Mort de Molière, 1673.
Comment se peut-il qu'aucun des académiciens, réunis en comité pour
entendre la lecture de ce discours avant qu'il fût prononcé, ne fît ce
simple rapprochement de dates?
Gustave Flaubert comptait donc former un volume entier de ces documents
justificatifs. Pour rendre moins lourd et fastidieux ce recueil de
sottises, il y aurait intercalé deux ou trois contes, d'un idéalisme
poétique, copié aussi par Bouvard et Pécuchet.
On a trouvé dans ses papiers le plan d'une de ces nouvelles, qui aurait
été intitulée: _Une nuit de Don Juan_.
Ce plan, indiqué en phrases courtes, souvent même par des mots sans
suite, révèle mieux que toute dissertation sa manière de concevoir et
de préparer son travail. A ce point de vue, il peut être intéressant.
Le voici: