26 octobre 1865.

Il existe environ la valeur de trois volumes de ces notes.

L'aptitude de Gustave Flaubert pour découvrir ce genre de bêtises était

surprenante. Un exemple est caractéristique.

En lisant le discours de réception de Scribe à l'Académie française, il

s'arrêta net devant cette phrase qu'il nota immédiatement:

La comédie de Molière nous instruit-elle des grands événements du

siècle de Louis XIV? Nous dit-elle un mot des erreurs, des faiblesses

ou des fautes du grand roi? Nous parle-t-elle de la révocation de

l'Édit de Nantes?

Il écrivit au-dessous de cette citation:

Révocation de l'Édit de Nantes, 1685.

Mort de Molière, 1673.

Comment se peut-il qu'aucun des académiciens, réunis en comité pour

entendre la lecture de ce discours avant qu'il fût prononcé, ne fît ce

simple rapprochement de dates?

Gustave Flaubert comptait donc former un volume entier de ces documents

justificatifs. Pour rendre moins lourd et fastidieux ce recueil de

sottises, il y aurait intercalé deux ou trois contes, d'un idéalisme

poétique, copié aussi par Bouvard et Pécuchet.

On a trouvé dans ses papiers le plan d'une de ces nouvelles, qui aurait

été intitulée: _Une nuit de Don Juan_.

Ce plan, indiqué en phrases courtes, souvent même par des mots sans

suite, révèle mieux que toute dissertation sa manière de concevoir et

de préparer son travail. A ce point de vue, il peut être intéressant.

Le voici:

Œuvres complètes de Gustave Flaubert, tome 7: Bouvard et Pécuchet · 第 57 / 97 题