consentir. A l'heure même, il me mit en présence de ce criminel
fameux, dont la véritable personnalité reste inconnue, dont
les aventures, certaines ou probables, ont déjà fourni tant de
légendes._
«_Avant de m'introduire dans le cabinet où l'on venait d'amener
Almado, M. Treille m'expliqua que cette pièce n'avait pas d'autre
issue que la porte près de laquelle se tenaient deux gardes.
La fenêtre en était grillée. C'est un endroit destiné à ces
sortes d'entrevues, où le prisonnier pourrait risquer un coup
de force contre une femme ou quelqu'un de faible, et tenter de
s'échapper. Le prévenu, en outre, devait avoir les menottes. Ces
renseignements tendaient à me rassurer. Ils étaient superflus. Je
n'avais pas peur._
«_Peut-être allez-vous froncer les sourcils et supposer que je
n'avais pas assez peur, que la curiosité l'emportait chez moi
sur tout autre sentiment...—La curiosité, et aussi je ne sais
quel bigarre orgueil à me trouver dans une situation incroyable,
excessive, prête à converser, moi, Régine de Malboise, avec un
assassin notoire, avec un de ces criminels prestigieux dont les
détraquées du grand monde découpent le portrait dans les journaux,
désespérées si elles n'ont pas leur place aux assises lorsqu'il y
comparait._
«_Eh bien, Hugues, je serai franche. Il y avait un peu de ce
mauvais orgueil dans les battements de mon cœur. Peut-être
allais-je tenir le secret de cette destinée, cette existence même,
entre mes mains... Peut-être le romanesque bandit gardait-il
le dernier mot de la mienne... Dans une conjoncture tellement
extraordinaire, tout se bouleversait dans ma pensée, dans ma
conscience... Et sans doute, étant femme, je ne pus me défendre
tout à fait de goûter la saveur violente d'une si vertigineuse
minute._
«_La porte s'ouvrit. Almado, qui était assis, se leva. Le juge lui
dit:_
—«_Voici madame la marquise de Malboise, qui a désiré vous parler,
Almado. Soyez sensible à un tel honneur. Quoi que madame la
marquise ait à vous demander ou à vous dire, il vous sera tenu
compte de votre confiance et de votre respect envers elle.»_
«_Après ce petit discours, prononcé avec une emphase solennelle,
le magistrat se retira._
«_Avait-il ou non remarqué ce qui venait de me frapper si
étrangement moi-même?... La commotion reçue par Almado en
apprenant qui j'étais. Seul avec moi maintenant, il ne se
rasseyait pas, mais demeurait dans un saisissement visible, d'une
pâleur qui ne pouvait être normale, les yeux dilatés, tandis que
ses lèvres balbutiaient quelque chose, d'un souffle si bas que je
n'aurais rien discerné, si ce n'eût été les mots perçus toujours
par notre oreille, ceux qui forment notre nom:_
_—«Marquise de Malboise... Marquise de Malboise...» balbutiait-il._
_—«Oui... c'est moi,» lui dis-je. «Qui peut vous étonner à ce
point?»_
_«Je dus répéter ma question, ajouter une phrase humaine et
douce—quoique distante, comme vous le pensez bien. Il restait hors
d'état de parler._
_«Je ne vous décrirai pas la physionomie de cet homme, Hugues.
Vous la connaissez par l'imagerie la plus abondante qui fut
jamais. Cela me répugnerait de vous dire qu'il est beau. Ma plume
voudrait, par dédain, éviter ce terme. Cependant, ce serait
presque mentir que de passer sous silence un trait si manifeste,
même de ne pas le souligner en notant des qualités de tenue,
d'expression, d'attitude, une aisance singulière de façons,—et de
bonnes façons,—qui marquent la race dans cet être tombé si bas,
mais vraiment tombé de haut._
_«Miguel Almado—ou plutôt Michel-Armand, tels sont ses véritables
prénoms, qu'il transforma—a du sang bleu dans les veines, du sang
de grande lignée. C'est un enfant naturel, l'enfant d'une faute.
Et cette origine, si volontiers imaginée par les héros de bagne
qui ont de la lecture, est vraie, hélas! en ce qui le concerne._
_«Sans paraître observer son émotion, je lui dis brièvement ce
qui m'avait décidée à lui parler. Il ne pouvait déshonorer une
femme. Quels que fussent ses égarements, je me refusais à l'en
croire capable. Cependant, s'il y voyait un intérêt de défense, je
l'avertissais que peut-être, de mon côté, je connaissais contre
lui des charges assez graves pour que mon silence valût le sien,
et que je venais lui offrir cette transaction._
_«Une espèce de joie parut sur son visage. J'avais à peine terminé
qu'il prit vivement la parole:_
_—«Madame,» dit-il, «j'ignore quelles sont les charges dont vous
parlez, et qui peuvent me perdre. Si graves que je les suppose,
votre silence m'importe peu auprès du grand service que j'oserai
vous demander, que vous seule, parmi les êtres humains avec qui
je converserai encore, êtes à même de me rendre... Consentez à
écouter, à exaucer ma prière, et jamais je ne prononcerai le nom
de votre amie, dussé-je, en me taisant, risquer ma tête.»_
_«Il enchérissait sans doute un peu. Rien dans son intrigue avec
la mondaine dont il s'agit n'était de nature à lui créer un alibi,
à le disculper en quelque mesure. Et pourtant?... Avec un être
intelligent, retors et volontaire comme cet Almado, il fallait
tout prévoir._
_«Je lui demandai, fort surprise, quel service il attendait de
moi, supérieur à la discrétion d'où dépendait son salut. Il eut
un mouvement découragé, comme pour avouer à quel point, de toutes
façons, ce salut était compromis. Puis il reprit:_
_—«Quoi qu'il arrive, madame, et par quelque issue que je sorte de
cette vie infernale, j'ai résolu ceci: c'est que nul au monde ne
connaîtra ma véritable personnalité. Depuis la minute où vous êtes
entrée ici, j'ajoute en moi-même: hormis vous, madame la marquise
de Malboise. Oui, dès que j'ai entendu votre nom...—Et vous allez
comprendre ce qu'il représente pour moi... ce nom...—j'ai songé
à vous confier mon secret. C'est le meilleur moyen de le rendre
inaccessible aux autres... inaccessible à cette société infâme,
qui va me condamner, m'exécuter ignominieusement peut-être, et
dont l'hypocrisie est cause de ma ruine._
_—«Si vous avez commis des crimes, Almado, en quoi la société en
serait-elle cause?..._
_—«Ce sont ses préjugés atroces,» me répondit-il, «qui m'ont
privé du nom et de l'héritage auxquels j'avais droit, qui ont
permis à un misérable de martyriser ma mère et de me supprimer
impunément. Sa tentative pour m'assassiner, moi, pauvre enfant
sans défense, a échoué... par un miracle!... Mais il m'a tué
moralement, il a détruit mon existence normale, il m'a précipité
dans un abîme de misère et de vice. Puis, en faisant croire à ma
mort, il m'a dépouillé des biens immenses que ma mère me léguait
par son testament...»_
_«Almado énumérait avec un accent de vérité extraordinaire
ces circonstances invraisemblables. Déjà je n'échappais plus
à la singulière pénétration de sa parole, à je ne sais quelle
force lumineuse qui ressortait de ses moindres mots et in
enveloppait comme d'une atmosphère de vérité. Mais surtout j'étais
impressionnée par la façon dont ce criminel parlait de sa mère. Sa
voix sombrait sur ce mot, se faisait profonde et attendrie, comme
imprégnée d'une ferveur religieuse. Je ne l'interrompais pas. Il
continua:_
_—«J'ai sur moi, madame, et tellement bien encastrés dans
l'épaisseur d'une doublure qu'on ne m'en a pas dépouillé, le
portrait de ma mère et son testament. Si vous n'aviez pas eu
la pensée sublime de venir me trouver pour vous adresser à ma
générosité, à ce qui me reste d'honneur, j'eusse anéanti ces
reliques, je les eusse déchirées de mes dents, j'en eusse avalé
les miettes, pour sauver d'un scandale infâme le nom de celle qui
me mit au monde pour son humiliation et pour son malheur, et qui
pourtant m'aima... qui m'aima!... qui m'eût reconnu hautement,
noblement, si...»_
_«Almado s'arrêta, la voix brisée. Il cacha sa tête dans ses
mains, qu'alourdissaient les menottes. Je le laissai sécher les
pleurs qu'il essayait de me dérober._
_«Quand il reprit son calme,—un calme farouche,—il n'ajouta
pas un mot. Mais il se mit en devoir de défaire quelque chose
à l'intérieur de sa jaquette. Les menottes le gênaient. Je lui
prêtai un canif en or, qui pendait à ma trousse de ceinture, et
que le juge d'instruction ne m'avait pas enlevé,—par égard, ou par
distraction. Grâce à ce petit instrument, Almado vint assez vite
à bout de sa besogne. Un instant après, il retirait de la couture
ouverte un papier et un médaillon. Ces objets, protégés par la
toile raide du revers, n'avaient pas révélé leur présence quand on
fouilla le prévenu._
_«Almado me dit alors:_
_—«Madame, je vous confie ces reliques, seules choses qui
me soient précieuses au monde, ces reliques que je veux
soustraire aux mains abjectes des policiers et des bourreaux.
Consentirez-vous à en être dépositaire? Un jour peut-être, absous
et libre, je vous prierai de me les rendre. Sinon, vous les
livrerez au néant, où je serai descendu... En mourant, j'aurai la
joie de savoir qu'elles me suivront jusque-là, sous la sauvegarde
de votre loyauté et de votre pitié.»_
_«Il ajouta:_
_—«Voilà le service dont je parlais. J'y tiens par-dessus tout.
Accordez-le moi, et je vais vous jurer sur ce portrait sacré que
jamais le nom de votre amie ne sortira de mes lèvres.»_
_«Quand Almado se tut, mon cher Hugues, je restai pensive,
incertaine. Ce dépôt, qui me créait une entente secrète avec
un tel homme, je répugnais à l'accepter. Des soupçons, des
réflexions, se pressaient dans ma tête... Qu'était-ce que cette
femme dont j'aurais à préserver l'image et la réputation?..._
_«Almado observa mon trouble d'un œil singulier. Tout à coup il me
tendit la miniature._
_—«Regardez, madame la marquise de Malboise,» dit-il. «Voici ma
mère. Savez-vous comment elle s'appelait?...»_
_«Son intonation me fit courir dans les veines le frisson du
pressentiment._
_«Et alors il prononça le nom..._
_«O Hugues!... ce nom..._
_«Si vous saviez!..._
_«C'est celui pour l'honneur duquel nous donnerions l'un et
l'autre notre vie. Et cependant il nous est odieux. Bientôt il
n'existera plus... Nulle autre femme, quand je serai la vôtre, ne
le portera plus. Nous devons tout accomplir pour qu'il demeure
intact. Celle qui le garde dans la tombe a tout souffert pour
qu'il ne fût pas outragé. Ce nom... et son nom de jeune fille,
comme sa mémoire, doivent demeurer très haut... à l'écart de toute
honte._
_«Béni soit le Ciel, qui, dans l'ignominie où son fils est tombé,
fait briller une lueur de conscience, et permet que ce malheureux
respecte et défende ce qui doit être inattaqué!_
_«Ce nom, que je n'écris pas, même pour vous, que j'ai juré de
ne pas révéler, il est sur vos lèvres, qui n'osent le prononcer,
n'est-ce pas?... Que cela suffise!... Ne me questionnez jamais
sur un secret si terrible. Aurais-je seulement le droit de vous
laisser entrevoir la faute et le calvaire d'une femme, d'offenser
la pudeur de cette tombe, si je ne vous devais pas, mon ami
bien-aimé, l'explication du crime dont j'eus le malheur de vous
accuser un instant._
_«Lorsque Almado me présenta le portrait de sa mère, ce ne fut
peut-être pas la révélation du nom de cette infortunée, si
bouleversante que fût cette révélation, dont je restai écrasée
jusqu'à la stupeur. Au médaillon contenant la déchirante figure,
un morceau de chaîne pendait... Vous lisez bien, Hugues... un
morceau de chaîne d'or... Le fragment pareil à celui que vous
m'aviez envoyé, et que j'avais sur moi._
_«Je ne m'arrête pas à vous peindre ce que j'éprouvais. Sans mot
dire, je tirai de ma poche l'autre débris, et les assemblant à la
brisure, qui ne laissait pas de doute, je mis le tout sous les
yeux d'Almado. Cet étrange criminel eut à peine un tressaut de
surprise. D'une voix calme, il me dit:_
_—«C'était donc en votre possession, ce bout de chaîne, que
je suis revenu chercher vainement dans le souterrain?... Tant
mieux! Maintenant que vous savez tout, oserez-vous dénoncer
celui qui vous a délivrée d'un monstre... celui qui vous a sauvé
d'appartenir au tortionnaire d'une femme, à l'assassin d'un
enfant?»_
_«Toute tremblante, je demandai:_
_—«Alors... c'est vous... qui l'avez tué?_
_—«Oui,» répliqua-t-il avec force. «Et j'en suis fier! C'est la
seule action méritoire de ma vie.»_
_«Quelle minute, ô mon Hugues! Quelle minute de délivrance et
d'horreur!... Je ne pouvais prononcer un mot. Ce fut lui qui
reprit:_
_—«Je connais l'homme qui arracha cette chaîne de ma poitrine.
Son nom était sur la bicyclette dont je m'emparai ensuite.
Parlera-t-il, celui-là?...»_
_«Je répondis:_
_—«Non. Mais dites-moi tout. Pourquoi, comment avez-vous frappé
Hugues d'Ambarès, dans la nuit du souterrain?... Vous avez failli
le tuer, lui aussi._
_—«Je ne voulais pourtant que l'étourdir et passer. J'avais
cru lui donner le temps de sortir des galeries, où je l'avais
vu s'engager après sa conversation avec vous. Du taillis où je
me cachais, je m'étais trouvé témoin de votre rencontre. Je le
croyais déjà bien loin, quand, tout à coup, grâce à ma lanterne,
je l'aperçus. Il me barrait le chemin. Ayant voilé la lumière,
je ne pouvais tirer sur lui. D'ailleurs, je vous le répète, mon
intention n'était pas de le tuer. Je pris mon fusil par le canon,
et, quand je le sentis près de moi, je lui assénai un coup de
crosse sur la tête...»_
_«Il me fallut, mon cher Hugues, un effort pour ne pas crier à
ce bandit mon indignation, dans le frémissement que son horrible
aveu m'inspira. Il me vit pâlir et reculer, comprit sans doute,
et haussa légèrement les épaules, avec un air de finesse et de
souriante supériorité. Puis il acheva son récit._
_«Dans la violence du coup qu'il vous porta, Almado fit partir
sa carabine, dont la balle lui laboura l'épaule. De là, sur le
mur, ces taches de sang, et la trace de cette main, qu'il y appuya
après l'avoir portée à sa blessure. Ensuite, il tamponna cette
blessure comme il put. Elle n'était que superficielle, et lui
engourdit à peine le bras. Ayant découvert votre bicyclette, il ne
manqua pas de s'en emparer. Hors du souterrain, il enfouit dans un
trou, sous un amas de feuilles sèches, l'instrument de son crime.
C'était une carabine de fabrication spéciale, rapportée par lui
d'Amérique. Vous vous rappelez combien l'origine de cette arme
déconcerta la justice._
_«Grâce à votre bicyclette, Almado fut rapidement loin du théâtre
du meurtre. Très tard dans la nuit, il entra dans une hôtellerie
de village, et fit soigner sa plaie. Il prétendit avoir été
renversé avec sa machine par une voiture, dont la roue aurait
déchiré sa manche et abîmé son épaule. Aucun médecin n'était à
proximité. Le voyageur assura que son écorchure guérirait bien
sans le secours de la Faculté. Nul observateur compétent ne put
donc reconnaître la marque d'une balle dans le sillon sanglant qui
labourait la chair du meurtrier._
_«Maintenant, mon cher Hugues, vous savez tout de ce lugubre
drame. Vous voyez que nous avons le droit d'en séparer notre vie,
d'en séparer notre amour. C'est ce que j'avais hâte de vous dire,
pour emplir votre cœur de cette clarté libératrice où s'illumine
le mien._
_«Si cette lettre vous paraît incomplète, incohérente peut-être,
n'en accusez que l'émotion dont je palpite depuis hier, et mon
empressement à tout vous dire, à la fois, sur-le-champ. Je vous
donnerai de vive voix les détails que vous souhaiterez connaître
encore._
_«Pour l'instant, la plume tombe de ma main lassée... Il me
tarde de la poser, de me taire, d'oublier toutes ces pensées
d'horreur... pour regarder dans vos yeux..._
_«O mon Hugues! j'y vois renaître, enfin, dégagé de toute ombre,
notre amour d'autrefois, fait d'innocence et d'espérance._
_«Et j'appuie mon front sur ta poitrine, où tout est pur, où tout
est noble, où tout est bon._
_«Je t'aime._
«RÉGINE.»
⁂
Tout commentaire de cette lettre serait inutile.
Chacun se rappelle comment le célèbre Almado échappa à la justice des
hommes par le suicide. Ayant trouvé le moyen d'être laissé seul un
instant, il s'étrangla avec son mouchoir roulé en corde. L'énergie et
la promptitude déployées pour accomplir un tel acte, stupéfièrent ses
gardiens. Mais, surtout, le désappointement fut universel de ne pas
voir se dérouler un procès si impatiemment attendu, et dont on espérait
des révélations si curieuses.
Miguel Almado, dit Michel d'Occana, emportait dans la mort le secret de
sa véritable personnalité.
Bientôt après, le nom qui fut celui de sa mère,—comme l'apprit, dans un
si tragique émoi, celle qui le portait à son tour, disparut de ce monde.
Car il n'y a plus de marquise de Malboise depuis que Régine est la
femme de son cousin Hugues d'Ambarès.
Fin de
_LE MEURTRE D'UNE AME_
Seconde et dernière Partie de
_MORTEL SECRET_
[Illustration]
[Illustration]
[Illustration]
TABLE
I. En l'Année terrible 1
II. Les Baisers tragiques 24
III. L'Arrêt du Destin 43
IV. L'Héritage d'un Héros 79
V. Le Martyre d'une Mère 119
VI. Le Loup et l'Agneau 145
VII. Le Gouffre 172
VIII. Une Ame sans frein 193
IX. Le Fond de la Cassette 224
X. Le Mort vivant 243
XI. La Rencontre 269
XII. Devant l'Énigme 289
XIII. Le Fétiche 308
XIV. Double Masque 340
XV. Hasardeuse Idylle 375
XVI. La Révélation 398
[Illustration]
_Achevé d'imprimer_
le trente avril mil neuf cent deux
PAR
ALPHONSE LEMERRE
6, RUE DES BERGERS, 6
_A PARIS_