_Ipse licet venias Musis comitatus, Homere:_

_Si nil attuleris, ibis, Homere, foràs._

(Ovide, _De Arte amandi_, iib. II, carm. 279.)

[p.545]_Gomers_. M. Francisque Michel remplace ce mot par _deniers_, sur

l'affirmation de Lenglet du Fresnoy, qui dit avoir vu ce mot dans

quelques manuscrits, à la place de _gomers_, que celui-ci conserve

cependant dans son édition. La plupart des glossaires traduisent ce mot

par _chose de petite valeur_, de _gomeria_, sans doute. Mais Méon

affirme que _gomers_ vient de _vomere_ et veut dire _vomissement_. Il

est certain qu'on trouve plusieurs exemples de _gomir_ et _gomissement;

v_ et _g_ se substituaient souvent, l'un à l'autre.

NOTE 78, _pages_ 254-255.

Vers 14229-14379.

_Sed vitate viros culto formamque professos,_

_Quique suas ponunt in statione comas._

(_De Arte amandi_, lib. III, carm. 433.)

NOTE 79, _page_ 266.

Vers 14417.

Nel' garroient armes esmolues.

_Garroient_ comptant pour trois syllabes, fausse ici le vers. Il

faudrait probablement _armes molues_. L'édition de Dupré donne _herbes

moulues._

NOTE 80, _pages_ 266-267.

Vers 14440-14596. Tout ce passage, jusqu'au vers 14798-14956, a été

évidemment ajouté après coup. En effet, nous retrouvons avec étonnement

la fin de la phrase:

Mais ceste a jalousie fainte, etc....

[p.455]absolument incompréhensible à la place qu'elle occupe, et qui ne

devrait être séparée du vers:

Avecques Mars prise provée,

que par un «;». Le passage, selon nous, devrait être restitué ainsi:

Et quant orra ceste parole

Cil qui la pensée aura fole,

Si cuidera tout erraument

Que cele l'aint trop loiaument

Et que plus soit de li jalouse

C'onc ne fu de Venus s'espouse

Vulcanus, quant il l'ot trovée

Avecques Mars prise provée;

Mais ceste a jalousie fainte

Qui faintement fait tel complainte

Et amuse ainsinc le musart.

Quant plus l'amuse, et cil plus art.

NOTE 81, _pages_ 272-273.

Vers 14525-14683. Hélène, fille de Jupiter et de Léda, étoit sœur de

Castor et de Pollux: elle épousa Ménélas, roi des Lacédémoniens. La

grande beauté de cette princesse fut cause que Thésée l'enleva

lorsqu'elle étoit encore fille: elle prétendoit qu'à quelques baisers

près, il l'avoit laissée telle qu'il l'avoit prise, ce qui étoit assez

difficile à croire. En effet, cette retenue dans Thésée est aussi

extraordinaire que ce que l'on conte d'Angélique, qui avoit couru les

quatre coins du monde seule avec Roland, aussi entière après cela que

quand elle étoit sortie de chez son père, ce qui fait dire à l'Arioste:

_Forte era ver, ma non pero credibile._

[p.456]ce qui revient à la pensée d'Œnone dans son épître à Pâris:

_A juvene et Cupido credatur reddita virgo._

Horace n'auroit pas manqué de dire:

_Credat judæus Apella, non ego._

Ménélas, plus crédule, n'y regarda point de si près; et quoique la belle

Hélène eût déjà eu un enfant de Thésée:

Il la prit pour pucelle,

Et dans son erreur par la belle

Apparemment il fut laissé.

(La Fontaine, conte de _La Fiancée du roi de Garbe_.)

Et si l'on doit ajouter quelque foi au témoignage de ce poëte,

lorsqu'elle fut de retour à Sparte, après un séjour de dix ans à la cour

de Priam:

Ménélas rencontra des charmes dans Hélène

Qu'avant qu'être à Pâris la belle n'avoit pas.

(Conte de _La Coupe enchantée_.)

L'auteur du _Roman de la Rose_ soutient que les femmes ont été de tous

temps les causes des guerres et des disputes qui se sont élevées parmi

les hommes: Horace l'avoit dit avant lui.

Ménélas étant mort, Nicostrate et Mégapente chassèrent Hélène, qui crut

trouver un asile à Rhodes, auprès de Polixo, qui commandoit dans cette

isle; mais au lieu d'y recevoir le secours qu'elle devoit attendre de sa

parente, elle fut pendue à un arbre par les ordres de cette reine.

(LANTIN DE DAMEREY.)

[p.457] NOTE 82, _pages_ 278-279.

Vers 14626-14782.

_Naturam expellas furcâ, tamen usque recurret._

(Horat., lib. I, epist. x, carm. 24.)

Ce que La Fontaine a dit depuis dans la fable de _La Chatte

métamorphosée en femme_:

Coups de fourches ni d'étrivières

Ne lui font changer de manières....

Qu'on lui ferme la porte au nez,

Il reviendra par les fenêtres.

(LANTIN DE DAMEREY.)

NOTE 83, _pages_ 282-283.

Vers 14676-14832.

Qu'el n'en ra nules espiées,

Fors que les truisse déliées.

Ces deux vers sont incompréhensibles ici. Evidemment le passage a été

mal restitué. Dans l'édition de Dupré, il est au contraire très-clair.

En effet, ces deux vers se trouvent plus haut, après:

Se frein ou bride nel' retarde;

Qu'il n'en ra nules espiées,

Fors que les treuve desliées,

Ou qu'il puisse sur eus saillir,

Toutes les voudroit assaillir.

Traduction mot à mot:

Si frein ou bride ne l'arrête;

Il n'en a pourtant nulles épiées,

Il suffit qu'il les trouve déliées

Ou qu'il puisse dessus saillir,

Toutes les voudrait assaillir.

[p.458]Puis nous trouvons plus loin:

C'est cis qui ses maris seroit,

Qu'ele n'en a nul espié,

Mais que le treuve deslié.

Ce passage, ainsi restitué, devient on ne peut plus clair. Mais comme

l'a reproduit Méon, les deux derniers vers n'ont aucun sens, car il est

impossible d'expliquer ces deux participes, _desliées, espiées_, au

féminin pluriel.

Inutile d'ajouter que M. Francisque Michel ne nous fournit aucun

éclaircissement.

NOTE 84, _pages_ 282-283.

Vers 14681-14837. Le mot _bélier_ n'existait pas au moyen âge. Il

n'apparaît qu'au XVe siècle pour la première fois, et encore comme nom

propre. _Mouton_ désignait à la fois le bélier et le mouton.

NOTE 85, _pages_ 282-283.

Vers 14684-14840. _Doutes_ n'est-il pas une licence pour la rime? En

effet, la Vieille ne tutoie jamais Bel-Accueil, sauf ici et au vers

14887 (encore avec la même rime), et au vers 15278; mais là cette

familiarité s'explique par une explosion d'admiration. Au reste,

l'impératif ne prit l'_s_ qu'au XVIe siècle.

NOTE 86, _pages_ 284-285.

Vers 14726-14882. Méon et Francisque Michel mettent un point après:

Volentiers tuit me recéussent.

[p.459]La phrase suivante devient alors incompréhensible. En effet,

comment traduire:

Por qu'il fust de poissant aage

Et de religions saillissent...?

Pour rendre le passage intelligible, nous avons mis une virgule après

_recéussent_, et placé les quatre vers suivants entre parenthèses.

_Saillissent_ et _recéussent_ ont alors le même sujet: _ces valés_.

NOTE 87, _pages_ 286-287.

Vers 14763-14921. M. Francisque Michel traduit _mains_ par _moins_.

Assurément il ne s'est pas donné la peine de regarder.

NOTE 88, _pages_ 286-287.

Vers 14767-14924. _Damp, dam_ et _dom_. Lorsque la barbarie se fut

introduite dans la langue latine, on fit de _dominus_ un _domnus,

domnulus, domnula_, et de _domnus_ on fit le mot _dom_.(Pasquier,

_Recherches,_ liv. VIII, chap. v.)

C'est le nom qu'on donne depuis longtemps aux religieux titrés. La Règle

de saint Benoist porte que l'abbé, comme vicaire de Jésus-Christ, doit

être appelé _Dom_.

Anciennement, le nom de _Dominus_ ne se donnoit qu'à Dieu. Saint Martin,

par une prérogative particulière, porta le premier ce titre qui, dans la

suite, passa à tous les autres saints, que les légendaires et les

sermonaires traitèrent longtemps de _Monsieurs_ et même de

_Monseigneurs_.

Il n'y a plus que les prédicateurs de villages qui [p.460]en usent

ainsi, mais à tort, le titre de saint étant au-dessus de toutes nos

qualités les plus relevées. (_Remarques de la langue françoise._)

Saint Hiérome, qui mourut au commencement du Ve siècle, se plaignoit

déjà de ce que les nouveaux religieux de son temps se vouloient

attribuer le même titre que Jésus-Christ avoit donné à son père, quand

il l'avoit appelé _Abba_, c'est-à-dire _Père_.

Ses plaintes auroient été plus vives s'il eût vécu dans un siècle où le

nom d'abbé, qui vient d'_abba,_ terme syriaque, est usurpé par le

moindre petit clerc, sans autre titre qu'un petit collet. Cependant, à

prendre le terme d'abbé dans son véritable sens, il ne devroit convenir

qu'aux évêques, qui sont les pères des fidèles de leur diocèse, et aux

abbés réguliers, tant à cause de leur juridiction qu'à cause qu'ils sont

véritablement les chefs et les pères de leurs moines. Il est vrai que ce

titre a passé sans aucune contradiction aux abbés commendataires,

quoique denués de juridiction ecclésiastique, et renfermés dans les

seuls droits honorifiques de leurs églises, moins étendus toutefois que

ceux des abbés réguliers, en ce qu'ils ne peuvent y officier avec la

mitre et la crosse; mais on ne les nomme abbés qu'à cause de leur

qualité représentative des anciens abbés. (LANTIN DE DAMEREY.)

NOTE 89, _pages_ 294-295.

Vers 14898-15060.

_Ad metam properate simul; tunc plena voluptas,_

_Cum pariter victi femina virque jacent._

(Ovide, _De Arte amandi_, lib. II, carm. 727.)

[p.461] NOTE 90, _pages_ 296-297.

Vers 14907-15069.

_Tu quoque cui Veneris sensum natura negavit,_

_Dulcia mendaci gaudia finge sono._

_Infelix cui torpet hebes locus ille puellæ!_

_Quo pariter debent femina virque frui._

_Tantùm, cùm finges, ne sis manifesta caveto._

(_De Arte amandi_, lib. III, carm. 797.)

NOTE 91, _pages_ 300-301.

Vers 15000-15165. _Charroie_. C'est la danse des sorciers au sabat: on

appeloit ainsi le chariot du diable, qu'on croyoit entendre passer

pendant la nuit en l'air avec un grand bruit; on le prenoit aussi pour

le chariot du roi Artus, qu'on regarde comme un grand magicien, à cause

de sa sœur, la fée Morgain.

_Charroie_ doit s'entendre ici pour tout ce qui est appelé _charmes_ et

_enchantements. Charroieresse_, qui se lit au vers 9666, se prend pour

_enchanteresse, sorcière, magicienne_. (LANTIN DE DAMEREY.)

NOTE 92, _pages_ 300-301.

Vers 15001-15167. _Balenus_. C'est le nom d'un devin: ce pourrait bien

être Helenus, fils de Priam et d'Hécube, qui eut en partage le don de

prévoir l'avenir. Presque tous les noms anciens sont défigurés dans les

manuscrits.

Virgile fait mention de cet Helenus au livre III de l'_Ænéide_.(LANTIN

DE DAMEREY.)

[p.462] NOTE 93, _page_ 306.

Vers 15083.

Li autres tous amis clamoie....

_Li autres tous_ étant régime, il devrait y avoir _les._ En effet, que

la déclinaison fût alors en pleine dissolution, qu'on mît l'_s_ un peu à

tort et à travers, l'article n'en devait pas moins s'accorder avec le

nom. Le pluriel sujet eût dû être: _Li autre tuit_; le pluriel régime:

_les autres tous_. Que le poète adoptât l'une ou l'autre forme, selon sa

fantaisie, cela pouvait être; mais elles ne devaient point se confondre

dans le même membre de phrase.

NOTE 94, _pages_ 308-309.

Vers 15108-15277.

Que de pex ne m'amonestast.

M. Francisque Michel traduit par _pieu, bâton._ Assurément il n'a pas lu

la phrase. Cette traduction serait absurde ici. Le poète dit: «Tant

d'avanies m'eût il fait, il fallait qu'il implorât la paix.» M. Fr.

Michel s'est laissé tromper par l'apparence: _pex_ et _pez_ figurant à

deux vers de distance, il a pu croire que c'étaient deux mots

différents.

NOTE 95, _page_ 318.

Vers 15281. Ce vers est faux; il faudrait _défaillirent._

[p.463] NOTE 96, _pages_ 320-321.

Vers 15296-15468. _As gans_. M. Francisque Michel traduit: _aux gens_.

C'est faute de réflexion. En effet, comment expliquer l'exclamation de

l'Amant: _as gans!_ Elle serait plus que ridicule.

_As gans_ peut se traduire, selon Lantin de Damerey, par: _à propos_.

C'est la version que nous avons adoptée. Toutefois, _à propos_ ne

traduit pas exactement la pensée de l'auteur. En effet, _gans_ signifie

la récompense ou la gratification qu'on donnait à un serviteur quand il

apportait un présent ou une bonne nouvelle: _Je vous doi vos gans_, dit

le roi Perceforest au valet qui lui amène un destrier de la part de sa

maîtresse. _Venir as gans_ veut ici proprement dire: _venir réclamer la

récompense promise_. Aussi l'Amant répond par un feu roulant de

promesses.

NOTE 97, _pages_ 328-329.

Vers 15401-15578. _Balance_ voulait dire à la fois _balance_ et

_incertitude, hasard, danger, situation désespérée._

NOTE 98, _pages_ 336-337.

Vers 15535-15717. _Damoisiaus, damoisel_: seigneur. Dans les _Chroniques

de France_, de Philippe Mouskes, poëte cité par Pasquier, saint Louis

est surnommé _Damoisel de Flandres_. Quelquefois _damoisel_ désignoit un

_homme galant_, qui savoit faire sa cour aux dames.

C'étoit aussi le nom du gentilhomme qui n'étoit pas encore chevalier. Ce

terme étoit exprimé par _domicellus_ dans la basse latinité. (LANTIN DE

DAMEREY.)

[p.464] NOTE 99, _pages_ 342-343.

Vers 15617-15799.

Pour haut et bas (juge) je vous reçois.

On disait _haute, moyenne_ et _basse justice_. La haute justice était

celle d'un seigneur qui pouvait juger de toutes causes civiles et

criminelles, excepté les cas royaux, et appliquer toutes peines, jusques

et y compris la peine de mort. La moyenne justice ne pouvait appliquer

aucune peine au-dessus de 60 sous. La basse justice ne pouvait connaître

que des droits dus au seigneur et des injures; l'amende ne dépassait pas

7 sous et 6 deniers. Bel-Accueil, ici, serait appelé à remplacer la cour

suprême, le parlement.

NOTE 100, _pages_ 344-345.

Vers 15656-15836. Nous avons tenu à reproduire le jeu de mots de

l'original. Danger dit que c'est à Bel-Accueil qu'est due la perte de

toutes les roses. Aucune femme ne devrait être aimable pour les

étrangers. C'est parce qu'on les accueille bien qu'ils se montrent

entreprenants.

NOTE 101, _pages_ 352-353.

Vers 15768-15948. Le lecteur nous pardonnera de ne pas avoir reproduit

le jeu de mots de l'original, intraduisible du reste. _Connin_ a disparu

de la langue. Un instant nous avions songé au mot _gibier,_ mais nous y

avons renoncé.

[p.465] NOTE 102, _page_ 354.

Vers 15802. _Responnez_. Ici la méprise n'est pas possible: il faut

traduire _répondez_. C'est une licence pour la rime, licence qui n'est

pas excusable, car _répondez_ eût donné une rime bien suffisante, maître

Jehan n'étant pas très-difficile sur ce point.

NOTE 103, _pages_ 358-359.

Vers 15853-16033. M. Francisque Michel écrit: _avec qué_, qu'il traduit

par: _avec lesquels_. Il eût bien dû traduire toute la phrase, tant qu'à

faire, car cette version ne signifie absolument rien. La traduction,

pour nous, doit être: «Mais aux auteurs prenez-vous-en qui ont écrit

dans leurs livres les paroles que j'en ai dites et celles encore que

j'en dirai, et qui ne sont pas non plus mensongères, si les hommes

sages, qui firent les livres anciens, n'étaient pas eux-mêmes des

imposteurs.»

NOTE 104, _pages_ 358-359.

Vers 15873-16053.

_Omne tulit punctum, qui miscuit utile dulci._

(Horace, _Art poétique_, vers 343.)

NOTE 105, _page_ 360.

Vers 15901. M. Francisque Michel traduit _fomes_ par _étions_,

probablement pour _fûmes_. C'est une erreur: _fomes_ est ici pour

_faimes, faisons._

[p.466] NOTE 106, _pages_ 364-365.

Vers 15943-16125. _Maçue, mace_. Bâton ayant le bout très-gros; c'est ce

que les Latins appeloient _clava_. Philippe de Dreux, évêque de

Beauvais, pour ne point répandre de sang humain à la bataille de

Bovines, ne voulut combattre qu'avec une masse d'armes, dont il jetoit

les ennemis par terre. Qu'on ne soit point surpris de voir un prélat les

armes à la main. Du Tillet, _Recueil des Rois de France_, nous en

apprend la raison:

«Les prélats pairs de France étoient, pour raison de leur pairie (chose

temporelle), obligez servir et suivre, accompagnez leurs chevaliers les

soldats, les Rois quand ils alloient à la guerre en personne.»

Wulson, dans sa _Science héroïque_, remarque que les ecclésiastiques qui

alloient à la guerre, soit contre les infidèles ou contre les

hérétiques, ne portoient aucuns glaives poignants et taillants; car

l'Église, qui abhorre le sang, le leur défendoît, se contentant de la

masse d'armes sans piquerons, avec laquelle ils assommoient les ennemis.

(LANTIN DE DAMEREY.)

NOTE 107, _pages_ 364-365.

Vers 15965-16147. _Bière_, c'est le nom de la forêt de Fontainebleau,

comme _Lége_ était le nom de la forêt d'Orléans.

Prière de se reporter à la note 50 pour tout ce passage.

[p.467] NOTE 108, _pages_ 366-367.

Vers 15982-16164. Renoart étoit fils d'Amaury de Baulande, comte de

Narbonne, et frère de Guillaume au court nez, prince d'Orange. Il fit de

grandes actions rapportées dans l'histoire de son père. Voyez le

manuscrit 7565 de la Bibliothèque nationale.

Il fut surnommé au Tinel, parce qu'il savoit bien manier un bâton que

l'on appeloit _tinel_, et ce bâton étoit ferré pas les deux bouts.

(LANTIN DE DAMEREY et MÉON.)

NOTE 109, _page_ 369.

Vers 16216. _Aïmant, diamant_ ou _aimant, pierre d'aimant, minerai de

fer_, dont une des propriétés est d'attirer le fer.

NOTE 110, _pages_ 372-373.

Vers 16081-16267. Le _vers bouton_ n'est pas le _bouton vert_, mais

_vermeil_. Nous n'insisterons pas davantage sur cette comparaison. Nous

dirons que _vers_ est mis ici pour _vairs_, bariolé, coloré, vermeil.

NOTE 111, _pages_ 374-375.

Vers 16107-16295. Nous avons traduit _délit_ par _désir_. La véritable

traduction serait _plaisir_; mais comme dans la nomenclature des

champions d'Amours se trouvait déjà _Déduit_ (plaisir d'Amour), que nous

avions traduit _delit_ par _désir_, force nous fut de lui conserver ici

son premier nom. Le lecteur peut, s'il le veut, en faire la

substitution.

[p.468] NOTE 112, _pages_ 374-375.

Vers 16108-16296. _Bacheler_. C'est le nom qu'on donnoit au jeune écuyer

qui recevoit la ceinture militaire et qui marchoit sous les ordres du

chevalier banneret. Le bachelier étoit entre le chevalier et l'écuyer.

Fauchet croit qu'il vient de _bas chevalier,_ dont il est l'abrégé, et

que les jeunes gens qui se sentoient assez de force pour supporter la

fatigue des armes prirent le nom de _bacheliers_, comme étant plus bas

que les anciens hauts chevaliers. C'est ainsi que de Hault-Ber, grand

noble, est dérivé le nom de _ber_, qui signifie _baron_.

On appeloit aussi _bachelier_ celui qui avoit vaincu un homme dans un

tournoi la première fois qu'il s'étoit battu, parce qu'on lui donnoit

une branche de laurier: _bacillus_ signifioit _bâton_, et la branche

étoit regardée comme le bâton.

En Picardie, les jeunes gens à marier étoient nommés _bacheliers_; le

nom des jeunes filles étoit _bachelette._ En Dauphiné, on appeloit les

jeunes gens _bachelards. Bachelier_ ne se dit plus que dans les

universités et dans la Sorbonne. (LANTIN DE DAMEREY.)

Nous tenons à reproduire toutes les notes de M. Lantin de Damerey, mais

nous engageons le lecteur à se reporter au glossaire. Il verra que les

étymologistes modernes ne partagent pas l'avis de M. Fauchet.

NOTE 113, _pages_ 378-379.

Vers 16161-16349. _Béril_. Pierre précieuse d'un vert pâle; c'étoit une

des douze pierres qui ornoient le rational du grand-prêtre chez les

Hébreux.

[p.469]Le Père Monnet, dans son _Dictionnaire_, prétend que le _béril_

n'étoit autre chose que le _diamant._

Pline, _Histoire naturelle_, livre 37, ch. 5, dit qu'on le taille à six

angles, afin qu'il rende plus d'éclat, et il ajoute qu'il y a une pierre

nommée _chrysobéril_, qui a la couleur de l'or: c'est à cette pierre que

Juvénal a fait allusion.

_...................Et inæquales berillos_

_Vitro tenet phialas_

(Satyra V, carm. 38.)

Ce que Farnabe, son commentateur, explique ainsi: _aureas phialas

asperas berillis sexangulâ formâ politis, ad splendoris repercussionem._

Properce a fait mention de cette pierre.

_Et solitum digito berillon addederat ignis._

(Eleg. VII, _ad Cynthiam_, lib. IV, carm. 9.)

NOTE 114, _pages_ 382-383.

Vers 16213-16403. Cacus, fils de Vulcain et, selon d'autres, d'Evandre.

C'étoit un méchant garnement qui, ayant dérobé les bœufs d'Hercule, fut

décelé par sa sœur, et tué ensuite par ce héros sur le mont Aventin.

(LANTIN DE DAMEREY.)

NOTE 115, _pages_ 386-387.

Vers 16294-16488. Ce passage, assez obscur, a besoin de quelques mots

d'explication. Nous prions le lecteur de se reporter à notre analyse

détaillée. Le poète veut dire qu'Amour n'eût jamais accepté d'armistice

si sa mère l'eût soutenu, et que les portiers [p.470]n'eussent jamais

accordé de trève, s'ils avaient pu croire qu'elle fût violée si tôt, et

eussent préféré continuer le combat. Et cependant, en accordant la

trève, ils n'étaient pas sans concevoir un violent dépit. En un mot,

l'Amant n'eût jamais abandonné le combat s'il eût senti son amante

enflammée d'amour. De son côté, celle-ci n'eût jamais accordé de trève

si elle eût pu penser que l'assaut recommençât presque aussitôt. Et

cependant, en voyant son adorateur capituler, elle n'était pas sans en

ressentir un cruel dépit. C'est la même idée développée tout au long

dans les conseils d'Ami à l'Amant, pages 234 et suivantes, vol. II, vers

8003-8004.

Et sachiez que dolent seroient

Si par tel deffense eschapoient, etc....

NOTE 116, _pages_ 388-389.

Vers 16324-16158. Je n'ai trouvé les quatre vers suivans que dans un

manuscrit qui porte la date de 1330.

Mars estoit jà viex devenus,

Et estoit frailes et chenus;

Por ce de soi l'ot estrangié,

Qu'il estoit moult afoibloié.

(MÉON.)

Vénus, elle, ne vieillit jamais. (P.M.)

NOTE 117, _pages_ 396-397.

Vers 16429-16627. _Landon_, billot, bâton que l'on attachait au collier

des chiens pour les empêcher d'entrer dans les vignes, gâter les ceps.

[p.471]Comme _landon_ n'est pris ici que pour signifier un objet de

nulle valeur, le lecteur nous pardonnera d'avoir employé le mot

_lardon_. Nous aurions pu aussi bien traduire _bâton_.

NOTE 118, _pages_ 398-399.

Vers 16469-16667. _Refuséices_. M. Francisque Michel traduit par

_très-serrées_. C'est ce qu'on appelle une traduction libre. Il eût bien

dû signaler l'étymologie. Il ne s'est pas aperçu que cette épithète

était allégorique.

NOTE 119, _page_ 400.

Vers 16510. _Tuit_ était autrefois le sujet, _tous_ le régime. En

conséquence, il faudrait ici _tous_. M. Francisque Michel a été bien

inspiré en écrivant _tous._ Mais, fidèle à notre principe, nous

conservons le texte de Méon, en nous contentant de signaler l'erreur.

NOTE 120, _pages_ 404-405.

Vers 16543-16743. Ce colloque est obscur:

Lors font en l'ost le serement,

se rapporte ici à tous les assistants, Vénus, Amour et les barons, et

cependant les deux derniers vers ne semblent désigner que les deux

premiers personnages. Cette fin, somme toute, est assez mal agencée.

TABLE DES MATIÈRES.

CHAPITRE LVI.--_Du vers_ 10399 _au vers_ 10662. 2

Comment l'Amant trouva Richesce

Gardant le sentier et l'adresse

Par lequel prennent le chastel

Amans qui assez ont chastel.

CHAPITRE LVII.--_Du vers_ 10663 _au vers_ 10764. 20

Cy dit l'Amant d'Amours, comment

Il vint à lui legierement

Pour lui oster sa grant douleur,

Et lui pardonna sa foleur

Qu'il fist quant escouta Raison,

Dont il l'appela Sans-Raison.

CHAPITRE LVIII.--_Du vers_ 10765 _au vers_ 10806. 26

Comment l'Amant, sans plus attendre,

Veult à Amours sa leçon rendre.

CHAPITRE LIX.--_Du vers_ 10807 _au vers_ 10864. 32

Comment Amours le bel et gent

Mande par ses lettres sa gent,

Et les baille à un messagier

Qui les prent sans faire dangier.

CHAPITRE LX.--_Du vers_ 10865 _au vers_ 11312. 36

Comment Amours dist à son ost

Qu'il veult faire ung assault tantost

Au chastel, et que c'est son vueil

Pour hors en mettre Bel-Acueil.

CHAPITRE LXI.--_Du vers_ 11313 _au vers_ 11576. 64

Comment le dieu d'Amours retient

Faulx-Semblant, qui ses homs devient,

Dont ses gens sont joyeulx et baulx,

Quant il le fait roy des Ribaulx.

CHAPITRE LXII.--_Du vers_ 11577 _au vers_ 11984. 82

Comment le traistre Faulx-Semblant

Si va les cuers des gens emblant,

Pour ses vestemens noirs et gris,

Et pour son viz pasle, amaisgris.

CHAPITRE LXIII.--_Du vers_ 11985 _au vers_ 12592. 108

Faulx-Semblant dit cy vérité

De tous cas de mendicité.

CHAPITRE LXIV.--_Du vers_ 12593 _au vers_ 12666. 148

Comment Faulx-Semblant cy sermone

De ses habitz, et puis s'en torne,

Luy et Abstinence-Contrainte,

Vers Male-Bouche, tout par feinte.

CHAPITRE LXV.--_Du vers_ 12667 _au vers_ 12746. 152

Com Faulx-Semblant et Abstinence

Pour l'Amant s'en vont sans doubtance

Saluer le faulx Male-Bouche

Qui des bons souvent dit reprouche.

CHAPITRE LXVI.--_Du vers_ 12747 _au vers_ 12846. 158

Comment Abstinence reprouche

Les paroles à Male-Bouche.

CHAPITRE LXVII.--_Du vers_ 12847 _au vers_ 12932 164

Le roman de la rose - Tome III · 第 19 / 20 段