LA CABINE

Une cabine, c’est l’enfer, si l’on est plusieurs; un paradis, si l’on

est seul. A plusieurs, c’est le chaos en miniature, un capharnaüm de

trois mètres et l’obligation, les nuits de gros temps, de supporter le

mal de mer de son voisin. Mieux vaut n’en point parler.

Mais seul... c’est la couchette blanche, étroite, où l’on dort si bien,

d’un de ces sommeils de l’enfance. Laque blanche, nickel, et le hublot

rond que l’on voit, par clair de lune, luire au-dessus de sa tête, comme

un soleil mort. C’est l’ordre, la netteté, la précision, et cet

ascétisme qui convient au voyage. Peu de choses, mais de bonne qualité,

tenant la moindre place. Les fermoirs des valises brillent sur le cuir

fauve. Les malles sont bien assises, géométriques, massives. Un peu

d’eau de Cologne dans l’air. Une spirale de «capstan»!

Et des embruns sur la vitre.

Le pot au noir · 第 12 / 90 题