190. 1666. Duguet, Sr Marie de Ste-Thérèse 1677. Chaumont.

191. 1667. Sancier, Sr Marie de Barthélemy 1679. Paris.

192. 1667. Richard, Sr Françoise des

Anges 1694. Paris.

193. 1667. Dandreau, Sr Marie des

Anges 1708. Paris.

194. 1669. D'Achée, la mère Marie de

Jésus Saintes.

195. 1669. Du Merle-Blanc-Buisson, la

mère Marguerite Thérèse

de Jésus 1709. Paris.

196. 1669. Piron, Sr Marie de St-Jean-Baptiste 1721. Paris.

197. 1671. Poncet, Sr Antoinette de

Jésus 1716. Paris.

198. 1671. Potière, Sr Catherine de Jésus 1696.

199. 1671. Des Lois, Sr Anne de Jésus 1676. Paris.

200. 1672. Cadat de Sebville[509], Sr Charlotte

de St-Jean 1686. Paris.

201. 1673. Charpentier, Sr Madeleine

de St-Joseph 1718. Paris.

202. 1673. Des Bordes, Sr Thérèse de

Jésus-Maria 1679. Paris.

203. 1673. Gagny, Sr Françoise de Ste-Thérèse 1710. Paris.

204. 1673. Pallu, Sr Anne de Jésus-Christ 1719. Paris.

205. 1674. D'Aumont[510], Sr Radegonde

de St-Joseph 1675. Paris.

206. 1675. La Beaume le Blanc de La

Vallière, Sr Louise de la

Miséricorde 1710. Paris.

207. 1675. Faverolles, Sr Geneviève de

Jésus-Maria 1720. Verdun.

208. 1675. Lasgure, Sr Geneviève de

la Passion 1718. Paris.

209. 1676. Lainée, Sr Marie de Jésus 1711. Paris.

210. 1676. Landry, Sr Françoise du St-Sacrement 1718. Paris.

211. 1678. Chauvin, Sr Madeleine de

Jésus 1700. Paris.

212. 1678. De Bellefonds, Sr Marie de

St-Gabriel 1733. Paris.

213. 1679. De la Planche, Sr Anne de

St-Pierre 1690. Paris.

214. 1679. Bourdin d'Assy, Sr Geneviève

des Anges 1745. Paris.

215. 1679. Faverolles, Sr Marguerite

de Jésus-Christ 1713. Paris.

216. 1680. La Tour de Gouvernet[511], Sr

Agnès de Jésus-Maria 1682. Paris.

217. 1680. De Stuart[512], Sr Marguerite

de St-Augustin. 1722. Paris.

218. 1681. Petit, Sr Marguerite de Jésus. 1734. Paris.

219. 1681. De Cousin, Sr Henriette de Jésus. 1699. Paris.

220. 1681. Autheaume, Sr Geneviève

de Ste-Thérèse. 1733. Paris.

221. 1681. Messin, Sr Jeanne de la

Passion. 1729. Chaumont.

222. 1681. Pré de Seigle, Sr Marie de

St-Michel. 1726. Paris.

223. 1681. Ursot, Sr Françoise de Jésus-Christ 1710. Paris.

224. 1682. Le Nain, Sr Marie Anne de

Jésus. 1733. Paris.

225. 1682. De Bechamel, Sr Thérèse

de St-Joseph. 1717. Paris.

226. 1682. Champy, Sr Marguerite de

St-Joseph. 1717. Paris.

227. 1682. Bailly, Sr Marie Anne de

St-François. 1706. Paris.

228. 1683. Fruchon, Sr Marie de la

Passion. 1736. Paris.

229. 1683. Baillet, Sr Suzanne des Anges. 1701. Paris.

230. 1684. Charost de Béthune[513], Sr

Thérèse de Jésus-Maria 1709. Paris.

231. 1684. Le Vayer, Sr Marie de Ste-Victoire 1702. Paris.

232. 1686. De Gille, Sr Marie de la Nativité 1705. Paris.

233. 1686. Bacquet, Sr Agnès de Jésus-Maria 1644. Paris.

234. 1686. Du Tillet, Sr Anne de Jésus-Christ 1704. Paris.

235. 1686. De Segur[514], Sr Cécile de

Jésus-Maria 1721. Paris.

236. 1687. Quinquet[515], Sr Marguerite de

Jésus-Maria. 1691. Paris.

237. 1687. De Coëtantem, Sr Thérèse

du St-Esprit. 1726. Paris.

238. 1688. Duru, Sr Marie de St-Barthélemy. 1749. Troyes.

239. 1688. Chenault, Sr Marguerite de

St-Laurent. 1731. Paris.

240. 1689. Guichard, Sr Charlotte de

St-Cyprien. 1747. Pont-Audemer.

241. 1689. Bacquet, Sr Geneviève de

l'Assomption. 1735. Paris.

242. 1690. Fouquet[516], Sr Charlotte de

la Miséricorde. 1705. Paris.

243. 1690. Isminiane[517], Sr Adélaïde de

Jésus. 1698. Paris.

244. 1692. Mathieu, Sr Thérèse du St-Sacrement 1701. Paris.

245. 1692. Gravé, Sr Jeanne de St-Joseph 1728. Paris.

246. 1692. De Bellefonds[518], la mère

Thérèse de St-Michel 1734. Paris.

247. 1693. Grouin, Sr Anne Christine 1699. Paris.

248. 1694. Tisier, Sr Catherine de

Ste-Geneviève 1721. Paris.

249. 1694. De Cuzy, Sr Marie de St-Jean 1709. Paris.

250. 1695. Robert, Sr Angélique de St-Joseph 1743. Paris.

251. 1695. De Maulevrier, la mère

Anne Thérèse de St-Augustin 1742. Paris.

252. 1696. D'Arrères, Sr Françoise

de la Miséricorde 1738. Paris.

253. 1696. De Bouflers[519], Sr Élisabeth

de St-Joseph 1745. Paris.

254. 1698. De St-Aubert, Sr Élisabeth

de la Croix ..... Narbonne.

255. 1698. De La Rochefoucault[520], Sr

Marguerite de la Miséricorde 1743. Paris.

256. 1699. De Chauffour, Sr Marie de

St-Joseph. 1705. Paris.

257. 1700. Roland, Sr Suzanne de la

Nativité. 1750. Paris.

258. 1700. La Tour d'Auvergne de

Bouillon[521], Sr Marie Anne

de St-Augustin. 1752. Maubuisson.

259. 1702. Gronin de Valgrand, Sr Marie

Madeleine de Jésus. 1730. Paris.

260. 1703. Bade, Sr Claude de Jésus-Maria. 1744. Paris.

261. 1703. Benard, Sr Madeleine de

Jésus-Maria. 1746. Paris.

262. 1703. Langlois, Sr Marie-Louise

de Jésus. 1748. Paris.

263. 1704. Des Touches, Sr Madeleine

de Jésus. 1726. Paris.

264. 1704. Thomassin de Fredo[522], Sr

Madeleine de St-Augustin. 1752. Paris.

265. 1705. Pesché, Sr Marie Anne de

Ste-Thérèse. 1749. Paris.

266. 1706. Adam, Sr Marguerite Suzanne

de Jésus. 1742. Paris.

267. 1707. Le Scellier, Sr Anne de

Ste-Madeleine. 1748. Paris.

268. 1707. Du Chalard, Sr Angélique

de Jésus. 1755. Paris.

269. 1707. Desquois, Sr Nicole de Jésus. ..... Soissons.

270. 1708. Boyer, Sr Anne de Jésus-Maria. 1737. Paris.

271. 1710. Du Meni d'Osmond. ..... .....

272. 1710. ............... ..... .....

273. 1710. D'Alichamp, Sr Thérèse de

Jésus-Maria. 1714. Paris.

274. 1714. Bechamel de Nointel[523], Sr

Rosalie de Jésus. 1772. Paris.

275. 1714. Bernard, Sr Marie de St-Joseph. 1758. Paris.

276. 1714. De Vienne, Sr Marie de St-Jean. 1720. Paris.

277. 1714. De Merisy[524], Sr Marie Angélique

du St-Sacrement. 1719. Paris.

[472] Mlle Marie d'Hannivel était fille du grand audiencier de

France. Elle était belle, instruite, et aima d'abord le monde; puis

elle se convertit à vingt ans à l'occasion de la mort subite d'une

de ses amies, par le ministère du fameux père capucin Ange de

Joyeuse. Le duc de Villars la demanda en mariage pour son neveu.

Elle refusa. M. de Bretigny, son cousin, et Mme Acarie l'engagèrent

à entrer aux Carmélites; elle y reçut le nom de Marie de la

Trinité. Elle fut fort utile au commencement de l'institution,

parce qu'elle savait l'espagnol, et elle servit à accomplir le

passage du Carmel espagnol au Carmel français. Elle eut pour amis

saint Vincent de Paul et Mme de Chantal. Son principal caractère

était l'humilité. Elle fut prieure à Pontoise et dans d'autres

maisons, et mourut dans celle de Troyes.

[473] Mlle de Fontaines était la propre sœur de la mère Madeleine

de Saint-Joseph. Elle entra au couvent un peu après sa sœur, à

l'âge de vingt-trois ans et y mourut à l'âge de soixante et onze.

[474] Fille de M. le duc de Brissac.

[475] Elle était fille de Pierre Seguier, Ier du nom, président à

mortier du Parlement de Paris, femme de Claude de Bérulle,

conseiller au Parlement de Paris, et mère de Pierre de Bérulle, le

cardinal. Après la mort de son mari, elle entra aux Carmélites à

l'âge de cinquante-cinq ans, et devint la fille spirituelle de son

fils. Elle fut assistée par lui à sa mort. La reine Marie de

Médicis, suivie de plusieurs princesses et grandes dames de sa

cour, assista à ses obsèques.

[476] Marguerite Acarie, la seconde fille de Mme Acarie. Elle

devint prieure au couvent de la rue Chapon.

[477] On ne dit pas son nom de famille. Henri IV donna Gratienne à

la reine Marie de Médicis pour sa première femme de chambre et une

de ses filles d'honneur. Elle entra au couvent à près de soixante

ans.

[478] La fille aînée de Mme Acarie.

[479] La troisième fille de Mme Acarie.

[480] Sur Mlle Nicolas, sœur Catherine de Jésus, voyez chap. I, p.

100 et la note 3.

[481] Mlle Deschamps, née en 1583 à Paris d'une famille bourgeoise;

à huit ans est confiée à Mme Acarie, entre au couvent à seize ans,

fait profession en 1610. D'abord maîtresse des novices, puis

prieure à Dieppe. Le père Bourgoing de l'Oratoire la consultait sur

ses ouvrages. Successivement prieure à Bordeaux, à Toulouse, à

Riom, à Poitiers. Morte à Bordeaux à l'âge de soixante et onze ans,

cinquante-cinq de religion.

[482] Elle était sœur du cardinal de La Rochefoucauld. Élevée à la

cour de la reine Marie de Médicis, elle épousa M. de Chandenier,

et, quoique sa vie fût irréprochable, elle aimait le monde et

toutes les délicatesses de la vie. Devenue veuve quelques années

après son mariage, la mort d'une de ses filles et les exhortations

de Mme Acarie la convertirent; elle entra au couvent à l'âge de

quarante-huit ans, et y décéda à soixante-quatorze ans, en ayant

passé vingt-sept en religion.

[483] Mlle Le Bouthillier fit profession à vingt-six ans. «Dieu,

dit sa circulaire, lui avoit donné un attrait particulier pour

assister de ses prières les agonisants.»

[484] Cette religieuse d'une grande naissance, n'ayant fait que

passer au couvent de la rue Saint-Jacques, n'y a point laissé de

traces.

[485] Marie Tudert avait épousé Jean Seguier d'Autry, lieutenant

civil au Parlement de Paris: elle était belle-sœur de Mme de

Bérulle, et mère du chancelier Pierre Seguier, de Dominique

Seguier, évêque de Meaux, de plusieurs filles, entre autres de

Jeanne Seguier, Carmélite à Pontoise, sous le nom de Jeanne de

Jésus, successivement prieure à Pontoise, à Gisors, à Saint-Denis,

si respectée dans son ordre, dans sa famille, dans le monde, que

son frère consultait, qu'Anne d'Autriche honorait beaucoup, et qui

mourut à Pontoise en 1675, à quatre-vingts ans. Sa mère, dont il

est ici question, Marie Tudert, Mme d'Autry, était fort belle, et

Henri IV lui fit une cour aussi vive qu'inutile. Un jour, la voyant

dans une église qui priait sans livre à la main, il lui envoya ses

Heures couvertes de pierreries. Elle les refusa. Il vint chez elle;

elle le reçut les mains sales, et lui demanda la permission d'aller

les laver. Elle sortit et ne revint point. Veuve à vingt-neuf ans,

elle resta dans le monde pour élever et établir ses enfants, mais

en faisant vœu de chasteté perpétuelle et en se remettant sous la

direction de son neveu de Bérulle. Elle entra aux Carmélites de

Paris un an après que sa fille Jeanne était entrée aux Carmélites

de Pontoise. Elle avait quarante-huit ans. Elle fut envoyée quelque

temps au couvent de Bordeaux, fondé par une de ses filles qui avait

épousé le président de Gourgues. Une de ses petites-filles entra

aussi aux Carmélites de Paris. Marie de Jésus-Christ mourut à

soixante et onze ans. On a conservé d'elle une belle lettre qu'elle

écrivit à ses enfants avant de mourir.

[486] Entrée à vingt-quatre ans, morte à soixante. Fille de M.

Poille, seigneur de Saint-Gratien, conseiller au Parlement de

Paris, dont on a des _OEuvres de Jacques Poille, sieur de

Saint-Gratien_, etc., Paris, 1621, 1 vol. in-8º.

[487] Nièce du pape Urbain VIII. En 1639, elle fut envoyée au

couvent de Verdun, où elle mourut à l'âge de soixante et onze ans.

Charles-François d'Anglure de Bourlemont et Louis d'Anglure de

Bourlemont ont été, l'un archevêque de Toulouse, mort en 1669, et

l'autre archevêque de Bordeaux, mort en 1697.

[488] Petite-fille du garde des sceaux de Marillac, reçue au

couvent par un privilége unique à l'âge de treize ans, morte à

vingt-sept.

[489] Elle s'appelait Marie, était fille de Raymond Phelypeaux,

seigneur d'Herbault et de la Vrillière, secrétaire d'État, et resta

veuve, à dix-neuf ans, de Henri de Neuville de Villeroy, comte de

Bury. Elle était de la cour de Marie de Médicis, qui l'aimait

beaucoup et fit bâtir pour elle un hermitage à la Vierge. Morte à

cinquante-huit ans.

[490] Mlle de La Haye fit ses vœux au couvent de Tours, mais le

cardinal de Bérulle la fit venir à la rue Saint-Jacques. Elle fut

envoyée successivement pour gouverner cinq maisons de carmélites.

Elle a eu la principale part dans l'affaire de la béatification de

la mère Madeleine de Saint-Joseph.

[491] Fille du baron d'Anglure, premier gentilhomme de la chambre

du duc de Lorraine.

[492] Fille du marquis de Lenoncourt.

[493] Prieure dans divers couvents de l'ordre, revint mourir au

couvent de la rue Saint-Jacques.

[494] Autre petite-fille du garde des sceaux de Marillac.

[495] Mlle de Chateignier devait être riche ou belle ou de grande

naissance si on en juge par ce début de la lettre circulaire écrite

par la mère Agnès: «Notre-Seigneur l'avoit appelée à la religion

d'une manière pressante, lui ayant fait quitter ce que le monde

estime davantage et qui est le plus agréable aux sens, et résister

avec force à la tendresse d'un père qui n'oublia rien pour la

retirer de l'état qu'elle avoit choisi.» Était-elle de la famille

des Chateignier de La Roche-Posay? Alors elle eût été parente de

Mme de Saint-Loup, si fort aimée du duc de Candale, le frère de

Mlle d'Épernon. Morte à soixante-sept ans, après quarante-trois

passés en religion.

[496] Extrait de sa circulaire: «Elle fut appelée à notre saint

ordre d'une manière peu commune. Sa famille qui l'aimoit tendrement

l'avoit élevée pour le monde, pour lequel elle avoit beaucoup de

goût, et le monde en avoit beaucoup pour elle. Mais Dieu, jaloux de

son cœur, brisa tout à coup ses liens, et la toucha si vivement

que, ne pouvant résister à cette grâce, elle entra en ce monastère,

âgée de vingt ans, sans le consentement de M. son père, qui fit

tout ce qu'il put pour la faire sortir. Elle demeura également

ferme à ses caresses et à ses menaces.» Morte à quatre-vingt-trois

ans.

[497] C'est la seule religieuse du grand couvent qui ait porté le

nom de Louise de la Miséricorde avant Mlle de La Vallière.

[498] Voyez chap. II, p. 180, etc., et plus bas les notes du chap.

II.

[499] Elle a été sous-prieure six ans, on ne sait à quelle époque

précise.

[500] Voyez chap. I, p. 102, etc.

[501] Était-elle de la famille de Colbert? Entrée à dix-huit ans,

morte à vingt-huit. «C'étoit, dit la circulaire, une âme de grande

vertu et des plus silencieuses. Son attrait particulier étoit

l'humanité sainte de Notre-Seigneur Jésus-Christ.»

[502] Elle avait été de la cour de Monsieur, Gaston, duc d'Orléans,

et avait beaucoup d'esprit. Nous en possédons plusieurs lettres

fort agréables adressées à la marquise d'Huxelles.

[503] Son père, M. de Liverdy, était doyen des conseillers de la

grand'chambre du Parlement de Paris.

[504] Ce n'était pas moins qu'Émilie Éléonore, une des filles du

duc de Bouillon, le frère aîné de Turenne, dont Émilie était la

nièce. Elle était donc sœur du cardinal de Bouillon, du duc de

Bouillon, grand chambellan de France, et des duchesses d'Elbeuf et

de Bavière. Extrait de sa circulaire: «Sa vocation a été des plus

fortes, ce qui a bien paru par toutes les circonstances qui l'ont

accompagnée. Ses grandes qualités la rendoient aimable, et lui

attachoient son illustre famille, qu'elle quitta dans un temps où

elle connoissoit tous ses avantages, les sacrifiant à l'unique

désir de son salut. Les paroles de l'Évangile furent le premier

mobile de sa vocation, et l'ont soutenue dans tout le cours de sa

vie. Elle trouvoit dans ce livre sa force et sa consolation, et

c'étoit une de ses pratiques de ne point passer de jour sans en

lire quelques chapitres. Elle fut heureuse d'y puiser la force qui

lui étoit nécessaire pour accomplir son dessein, et vaincre les

difficultés que l'autorité de messieurs ses parents y opposoit.

Elle les quitta même sans leur dire adieu, ne pouvant autrement

surmonter leur tendresse et la sienne. Elle embrassa dès son entrée

la règle dans toute son étendue, y joignant même plusieurs autres

austérités... Elle désira d'être employée aux offices les plus bas,

comme de balayer les lieux les plus pénibles, porter le bois, laver

la lessive, et autres choses de cette nature qui se pratiquent dans

nos maisons... Elle tomba dans des infirmités qu'aucun remède ne

put guérir, de sorte qu'on peut dire que sa vie n'a été qu'une

souffrance perpétuelle portée avec le plus grand courage... Son

affection pour nos maisons lui a fait obtenir bien des aumônes du

Roi pour les secourir dans leurs besoins. Ce n'est qu'en tremblant

que nous osons dire quelque chose de cette chère sœur, m'ayant

demandé avec instance et fait demander par le révérend Père,

général de l'Oratoire, son confesseur, de ne rien mettre que son

âge et sa mort dans la circulaire, me priant même que je ne fisse

pas connoître que j'en usois de la sorte à sa réquisition, afin que

mon silence fît paroître à tout l'ordre qu'il n'y avoit rien de bon

à en dire.» Morte à cinquante-sept ans, dont trente-sept en

religion.

[505] Jacqueline d'Arpajon était la fille du duc d'Arpajon et de

Gloriande, fille du marquis de Thémines, maréchal de France,

belle-fille de cette belle Catherine Henriette d'Harcourt que son

père épousa depuis, qui fut dame d'honneur de la dauphine, et dont

il y a un très beau portrait à Versailles dans l'attique du nord.

Extrait de la circulaire de la mère Marie du Saint-Sacrement: «Dès

ses plus tendres années elle désira se consacrer à Dieu dans notre

ordre, mais la tendresse qu'elle avoit pour Mme sa grand'mère

(Jacqueline de Castelnau), qui l'avoit élevée, lui en fit différer

l'exécution. M. son père, qui l'aimoit tendrement et qui vouloit

l'établir selon sa qualité et les grands biens qu'il lui vouloit

donner, la fit venir à Paris. Le séjour qu'elle y fit ne diminua

pas ses premiers désirs; au contraire ils s'augmentèrent dans une

grande maladie qu'elle eut où Dieu lui fit connoitre l'instabilité

des choses humaines. Elle se détermina à suivre son appel.

L'opposition que M. son père avoit à son dessein et la délicatesse

de sa complexion étoient deux obstacles invincibles pour

l'exécuter. Cependant elle témoigna tant de ferveur et de courage

que nos mères ne purent résister à ses empressements, ce qui fit

qu'on la reçut avant d'avoir le consentement de M. son père. Elle

soutint avec fermeté tous les efforts qu'il fit pour la retirer du

monastère, et elle demanda et prit l'habit le 7 juillet 1655.»

Morte à soixante-dix ans, dont quarante en religion.

[506] C'est la sœur puînée d'Émilie Éléonore. Elle entra aux

Carmélites à quinze ans. Elle s'appelait Hippolyte. Extrait de la

circulaire de la mère Marie du Saint-Sacrement: «Quoique notre très

honorée sœur Hippolyte eût été élevée après la mort de Mme sa mère

dans un couvent d'une régularité parfaite, Dieu qui avoit des

desseins sur cette âme à laquelle il avoit donné des désirs

particuliers de pénitence, lui inspira celui de se consacrer à lui

dans notre saint ordre. Quoique très jeune, la mère Marie Madeleine

fut si touchée de sa ferveur et de la fermeté de sa résolution,

jointe au respect qu'elle avoit pour son illustre maison, qu'elle

ne lui put refuser l'entrée de la nôtre... Sa famille et ses

tuteurs firent pendant son noviciat toutes les tentatives propres à

éprouver sa vocation... Dieu l'avoit douée de beaucoup d'esprit, de

pénétration et d'élévation; mais son humilité l'a toujours portée à

rechercher les travaux les plus bas et les plus humiliants du

monastère; elle demanda avec tant d'avidité de laver le linge et

d'aider à la cuisine qu'on n'a pu lui refuser pendant plusieurs

années cette consolation...» Morte âgée de soixante ans, et de

religion quarante-cinq.

[507] Elle s'appelait Marguerite et était une des filles de

François de Crussol, duc d'Usez, chevalier d'honneur de la reine

Anne, mort en 1680, et de Marguerite d'Apchier. Son frère, Emmanuel

de Crussol, épousa la fille de Montausier et de Julie d'Angennes.

Voici l'extrait de sa circulaire par la mère Anne Thérèse de

Saint-Augustin: «La puissance de la grâce s'est manifestée dans sa

vocation à notre saint ordre. Élevée auprès d'une de ses sœurs,

religieuse à la Ville-l'Évêque (Anne-Louise), et lui étant plus

unie par les liens de l'amitié que par ceux de la nature, elle ne

pouvoit se résoudre à s'en séparer. Cependant la voix de Dieu qui

l'appeloit ailleurs ne lui permettoit pas de jouir de la douceur

qu'elle cherchoit dans une si tendre union. Un jour qu'elle se

sentoit plus pressée d'obéir à Dieu, elle lui dit dans l'amertume

de son âme: Seigneur, si c'est votre volonté que je sois carmélite,

envoyez-moi une maladie afin que je puisse quitter ma sœur. Sa

prière fut exaucée; elle tomba si dangereusement malade que ses

parents furent obligés de la retirer du cloître. A peine fut-elle

guérie qu'elle eut à livrer de nouveaux combats pour l'exécution de

son dessein. M. son père et Mme sa mère, à la première proposition

qu'elle leur en fit, lui représentèrent la délicatesse de sa

complexion, la tendresse qu'ils avoient pour elle, et les grands

établissements qu'ils lui préparoient. Mais celui qui l'avoit

choisie pour son épouse la rendit victorieuse de toutes les

tentations. La Reine mère, dont elle avoit l'honneur d'être

filleule, lui avoit promis une abbaye si elle étoit jamais

religieuse. Cette princesse ayant appris son entrée dans notre

maison voulut la voir. Je vous avois promis de vous faire abbesse,

lui dit la Reine avec amitié, pourquoi me mettez-vous hors d'état

de tenir ma parole? Je ne souhaite rien, Madame, lui répondit ma

sœur Anne des Anges, que d'être la dernière dans la maison de

Dieu. Sa joie de se voir parmi nous fut si grande qu'elle ne

pouvoit assez remercier Dieu de l'avoir retirée de la corruption du

siècle. Nos mères ayant moins compté sur ses forces que sur son

courage, la délicatesse de son tempérament ne fut point un obstacle

à sa réception. Elles ne furent pas trompées dans leur préjugé sur

sa ferveur. C'est ce qui l'a soutenue dans les longues infirmités

qui pendant sa vie ont exercé sa patience...» Morte à

soixante-quinze ans, et cinquante-cinq de religion.

[508] Il paraît qu'elle avait assez longtemps vécu dans le monde.

Extrait de la circulaire de la mère Agnès: «Elle se donna à Dieu

avec beaucoup de courage, quittant dans le siècle une grande

famille dans laquelle elle étoit fort aimée et respectée, et

sacrifiant à Dieu toute sa tendresse pour le servir plus

parfaitement. Il seroit difficile d'exprimer avec quelle humilité

elle a vécu dans ce monastère, et combien elle a été éloignée de ce

que l'on craint des personnes qui ont passé plusieurs années dans

le monde avec autorité... Elle avoit l'esprit de pauvreté en un

très haut degré, ne trouvant jamais rien de trop vil ni de trop

chétif pour son usage, étant bien aise de pouvoir par cette

pratique réparer les superfluités où la vanité fait tomber les

personnes qui tiennent rang dans le monde...» Morte à

soixante-quinze ans, dont dix-sept de religion.

[509] Extrait de la circulaire de la mère Agnès: «Quoiqu'elle eût

beaucoup d'avantages naturels, jamais elle ne parut les connoître,

se tenant toujours au-dessous de toutes intérieurement et

extérieurement.» Morte à trente ans, quatorze en religion.

[510] Nul détail, sinon que pour entrer aux Carmélites elle eut à

vaincre les plus grands obstacles pendant quatre ans, qu'elle y

entra à vingt-cinq ans et mourut un an après. Était-elle de la

famille d'Aumont?

[511] Extrait de la circulaire de la mère Agnès: «Cette aimable

enfant a passé son noviciat dans une ferveur angélique, pratiquant

toutes les vertus avec autant de perfection qu'on en eût pu

attendre d'une religieuse très avancée, surtout la douceur et

l'humilité... Trois ou quatre jours après sa consécration à Dieu,

elle a été saisie d'une fluxion de poitrine à laquelle tout remède

a été inutile... elle est expirée à l'âge de vingt ans, dont elle a

vécu vingt-deux mois parmi nous.»

[512] Certainement celle dont parle Mme de Sévigné, lettre du 5

janvier 1680: «Mme Stuart, belle et contente.» Qui était-elle? M.

de Montmerqué n'en dit rien. Voici toute sa circulaire: «Cette très

honorée sœur est décédée le 20 juin 1722 dans ce monastère où elle

avoit fait profession le 30 mai 1680.» Une lettre de la célèbre

Marguerite Périer, nièce de Pascal, nous apprend la naissance, le

pays, les aventures et la conversion de Mlle Stuart. Voyez p. 379.

Madame de Longueville: La Jeunesse de Madame de Longueville · 第 27 / 51 段