FONCÉ, ÉE, adj. Entièrement plein. _Un cuvier foncé._

FOND, s. m. Nous disons: _Un fond d'artichaut_. Dans quelques

provinces de France on dit: _Un portefeuille d'artichaut_. Les

dictionnaires disent: «Un cul d'artichaut.»

FOND, s. m. Ampleur. _Cette culotte manque de fond. Ce caleçon a

trop de fond._ Terme méridional, etc.

FOND, s. m. Terme de baigneur. Endroit où l'eau arrive au-dessus

des épaules du baigneur. _Prendre son fond. Avoir son fond.

Nager plus loin que son fond._

FONDRAILLONS, s. m. pl. Fondrilles, effondrilles, résidu, dépôt,

sédiment. Terme suisse-roman.

FONFONNER, v. a. Remplir à tel point une tasse, une écuelle, un

pot plein, que le liquide s'en répand par les bords.

FORT, adv. _La voiture allait très-fort._ Dites: La voiture allait

très-vite, très-rapidement.

FORT, adv. _Je sais fort_, signifie: Qu'en sais-je? Le sais-je

moi-même? Comment le pourrais-je savoir? _Sais-tu, Nicolette, si

tu auras la permission de sortir dimanche?--Je sais fort: notre

bourgeoise est si quinteuse._ Cette expression, _Je sais fort_,

marque le plus souvent un doute désagréable, et s'emploie quand

on est de mauvaise humeur.

FORTUNE (LA BONNE). _Se faire dire la bonne fortune_, signifie: Se

faire dire la bonne aventure.

FORTUNÉ, NÉE, adj. Beaucoup de personnes, dans tous les pays où

l'on parle français, croient que l'adjectif _fortuné_ signifie:

Riche, opulent. _Vous pouvez faire cette dépense, vous autres

qui êtes fortunés. Si j'étais fortuné, je m'achèterais une

campagne et j'y vivrais._ Ce sens du mot _fortuné_ n'est pas

français. Ouvrez les dictionnaires, et vous verrez que

«fortuné» signifie: Heureux, qui a du bonheur. On peut être

fortuné et n'être pas riche.

FOSSOYEUR, s. m. Ouvrier qui fossoie. En français «fossoyeur» ne

se dit que de celui qui creuse les fosses pour les morts.

FOU (DE). Nous disons: _Un mal de tête de fou. Le nouveau roman de

George Sand a obtenu un succès de fou. Ce petit volume nous a

coûté un argent de fou_, etc. Il faut dire: Un mal de tête fou;

un succès fou; un argent fou, c'est-à-dire: Excessif,

prodigieux. Cette faute, si fréquente à Genève, n'est signalée

nulle part.

FOUDRES, s. m. pl. _Faire les foudres._ Se mettre dans une extrême

colère, s'emporter jusqu'à la rage. _Tu es bien agitée,

Janneton?--On le serait à moins. J'ai eu le malheur de payer une

tomme 20 centimes au lieu de 18, et voilà que notre maîtresse

m'agonise et fait les foudres._

FOUETTE, s. f. Terme de pêcheur. Sorte de ligne. _Pêcher à la

fouette._

FOUETTE ou FOUATTE, s. f. Terme de tir. Sorte de baguette dont le

_cibarre_ (ou marqueur) se sert pour signaler et montrer les

coups au fur et à mesure qu'ils se font.

FOUETTÉE (UNE). _Mériter la fouettée. Donner, appliquer une

fouettée à un enfant. Recevoir la fouettée._ L'Académie dit:

«Une fessée.»

FOUETTER, v. a. (fig.) Terme de tir. Se dit du marqueur ou

_cibarre_, et signifie: Indiquer par un signe convenu que le

coup du tireur n'a pas touché la cible. _Un coup fouetté_, est

un coup perdu, un coup qui n'a pas touché la cible. _Sur six

coups, Walter en a eu quatre de fouettés._

FOUGNER, v. a. Fouiller. _Les gabeloux négligèrent de nous

fougner._

FOUINE, s. f. Coïncidence de rayons du soleil avec la pluie.

FOUINER, v. n. et act. Fouiller, fureter comme une _fouine_. _Il

va fouinant partout. Que fouines-tu là? Quand cesseras-tu de

fouiner dans cette dépense?_ Terme valaisan, savoisien et

limousin. Dans les dialectes de la France septentrionale,

_fouiner_ signifie: Fuir comme une fouine.

FOUINET ou FOUINEUR, s. m. Furet, fureteur. _C'est un fouinet, qui

fourre son nez où il n'a que faire._

FOUR, s. m. Nous disons: _Faire au four_. On dit en français:

Cuire au four. _Les boulangers ne font pas au four le jour de

Noël._ Expression suisse-romane et gasconne.

FOUR, s. m. _Commander au four._ Retenir place au four.

FOUR, s. m. Le proverbe: _On ne peut pas être à la fois au four et

au moulin_, proverbe si connu chez nous, n'est pas dans les

dictionnaires usuels; mais le vieux _Dictionnaire

français-anglais_ de COTGRAVE en fait mention.

FOURCHU, CHUE, adj. _Pied fourchu._ Pied fourché, pied fendu.

FOURGOUNER, v. a. Fourgonner, remuer la braise, tisonner.

† FOURMI (UN). Une fourmi. Dans le Berry et ailleurs, les

campagnards font aussi ce mot masculin.

FOURNEAU, s. m. _Se chauffer à un fourneau. Plusieurs personnes

préfèrent les fourneaux aux cheminées._ Ce que nous appelons

_fourneau_ s'appelle en France «Poêle.» Le mot «Fourneau» est

français dans un autre sens.

FOURRE, s. f. Fourreau, taie, têt. _Une fourre d'oreiller. Une

fourre de parapluie. La fourre du canapé._ Terme suisse-roman.

Dans le patois du Faucigny, _fó-ră_ (_fourre_) signifie:

Bogue, enveloppe épineuse de la châtaigne.

FOUSSOIR, s. m. Fossoir, houe.

FOUSSOYER, s. m. Fossoyer, labourer au hoyau.

FRACTION, s. f. Effraction. _Un vol avec fraction._ Terme

languedocien.

FRAIDIEU, s. f. Nom que les bateliers du lac de Genève donnent au

vent quand il fraîchit ou qu'il devient plus fort. [P. G.]

FRANC, CHE, adj. _Être franc comme l'or. Il est franc comme l'or_,

se dit de quelqu'un d'honnête, de probe, de loyal. Expression

languedocienne, etc.

FRANC DE COLLIER. _Cheval franc de collier._ Dites: Cheval franc

DU collier. Au sens figuré: «Être franc DU collier,» signifie:

Suivre toujours la ligne du devoir et de l'honneur. [ACAD.]

FRANCHIPANE, s. f. Frangipane.

FRANCHIR, v. a. Affranchir, couper, tailler. _Franchir l'extrémité

d'une branche; franchir les racines d'un arbuste avant de le

replanter._ Terme des campagnards et des ouvriers.

FRANCILLON (UN). Un Français. Terme de dénigrement, créé vers la

fin du dix-septième siècle, lorsque, à la révocation de l'Édit

de Nantes, un très-grand nombre de familles françaises se

réfugièrent dans notre ville et y exercèrent leur industrie, aux

dépens et au grand déplaisir de quelques artisans nationaux. Une

chanson composée à cette époque, et que nous avons sous les

yeux, témoigne de cette mauvaise disposition des fabricants

genevois.

FRAUDÉ, DÉE, part. _Du vin fraudé; de l'eau-de-vie fraudée._ Ce

sens très-répandu du verbe «Frauder» n'est pas dans les

dictionnaires. L'expression française est: «Frelater.» Vin

frelaté. Eau-de-vie frelatée.

FREGALE, s. f. Rondin de bois à brûler.

FREGALON, s. m. Grosse bûche ronde.

FRELOQUE, s. f. Caprice, boutade, lubie. _Il lui prit une

freloque, et il nous planta là._

FRELORE, adj. Perdu. _Voilà mon argent frelore. Me voilà frelore._

R. allem. _verloren_.

Nouveau Glossaire Genevois, tome 1/2 · 第 58 / 74 题