CAMELOTTE, s. f. Contrebande. _Faire la camelotte._

CAMOMILE, s. f. Écrivez et prononcez «Camomille,» en mouillant les

_ll_ comme dans _Famille_.

CAMOUFLET, s. m. Soufflet, mornifle. _Donner un camouflet._ Terme

français populaire du nord.

CAMPAGNE (EN). À la campagne. _Tous les étés ils vont en campagne.

Notre cousin Bernard a un cercle en ville et un cercle en

campagne. Mme N*** demeure toute l'année en campagne._

CAMPAN-NE, s. f. Terme patois. Sonnette en fonte que l'on suspend

au cou des bœufs et des vaches. Terme suisse-roman, savoisien,

franc-comtois, méridional et vieux français. R. _campana_,

cloche.

CAMPE, s. f. Voyez EN CAMPE.

CAMPÈNE, s. f. Plante nommée en français Aïault, ou Campane jaune,

ou Narcisse sauvage.

CAMPHRER (SE), v. pron. Faire abus de vin, ou de liqueurs.

CAMUE, adj. f. _Une petite camue._ L'adjectif «Camus» fait au

féminin «Camuse.»

ÇAN, pron. rel. Terme patois, qui signifie: Ceci, cela. _Y é çan_

(c'est cela). Ce mot _çan_, qui appartient au vieux français, se

retrouve dans les expressions suivantes, que chacun de nous a pu

entendre: _Çan mien, çan tien, çan nôtre, çan leur_, et qui

signifient: Le mien, le tien, le nôtre, le leur. Dans le Jura on

dit exactement de même. Dans le dialecte populaire du Limousin

on dit: _Ça mien, ça tien_, etc.

CANARD, s. m. Bourde, fausse nouvelle politique. Dans le français

populaire, _donner des canards à quelqu'un_, signifie: Lui en

faire accroire. [Voyez le _Dictionnaire du Bas langage_, t. I,

p. 151.]

CANARDER, v. n. Nager au fond de l'eau; plonger.

CANARDIÈRE, s. f. Bateau destiné surtout à la chasse des canards

sur notre lac.

CANDI, CANDIE, adj. S'emploie figurément dans le sens de: Penaud,

interdit, stupéfait, immobile d'étonnement. _Elle demeura muette

et candie; ils restèrent candis et confondus._

CANFARER ou CAFARER, v. a. Brûler, enflammer. _Ces épices m'ont

canfaré la bouche. Se cafarer_, se brûler. _Quel cafarô de

chauffe-pied tu me donnes là!_ c'est-à-dire, quel chauffe-pied

brûlant, etc. _Être rouge comme un cafarô_, signifie: Être rouge

écarlate. Voyez CAFARD.

CANIULE, s. f. Canule.

CANONNER (SE), v. pron. Boire avec excès. En français, «Canon»

signifie: Petite mesure de boisson spiritueuse.

CANOTER et CANIOTER, v. n. Marcher comme les canes, c'est-à-dire,

en se balançant, en se tortillant, en jetant son corps

successivement à droite et à gauche, _Elle canote; elle marche

en canotant._ Dans le vieux français, _caneter_ avait la même

signification.

CANTALOUPE (UNE). Sorte de melon. Ce mot est masculin; il s'écrit

«Cantaloup,» et le _p_ final est muet.

CANTINE, s. f. Dame-jeanne, grosse bouteille de verre. Terme

méridional.

CAOUET, CAOUETTE, ou COUET, COUETTE, adj. et s. Se dit d'un animal

qui n'a point de queue, ou qui a eu la queue coupée. On dit en

français: «Écoué.» Le premier mot (_caouet_) est employé sur la

rive gauche du Rhône et en Savoie; le second (_couet_) est en

usage sur la rive droite et en France. [P. G.]

CAPÉ, CAPÉE, adj. Huppé, qui a une huppe (une cape) sur la tête.

_Alouette capée, canari capé._

CAPELLADE, s. f. Coup de chapeau, salut qu'on fait en ôtant son

chapeau. Terme méridional, fort ancien chez nous, puisqu'on le

trouve déjà dans la chanson de l'Escalade:

_Y vou leu fit on-na grant capellade._

On dit à Neuchâtel: _Une chapelade_. R. _capel_, chapeau.

CÂPITE, s. f. Cabane, hutte dans les jardins ou au centre des

vignes, maisonnette rustiquement construite et isolée dans la

campagne. _Les câpites de Plainpalais; la câpite de

Grange-Canal; la câpite de Vésenaz._ Terme connu dans le canton

de Vaud, et qui existait déjà dans le vieux français. L'ancien

_Glossaire_ pense que ce terme vient du mot latin _capitatio_,

qui signifie: «Taxe.» Il viendrait plutôt du mot latin _caput_,

tête, sommité, parce que ces cabanes sont ordinairement placées

de manière à dominer toute la campagne environnante.

CAPO ou CAPOT, s. m. (_o_ bref.) Capote, sorte de chapeau ou de

capuchon que nos dames mettent quelquefois par-dessus leur

coiffure pour la préserver. Terme berrichon. Dans la plupart des

dialectes de France, _capo_ a le sens de «Manteau.»

CAPONNERIE, s. f. Poltronnerie, lâcheté.

CAPOTE, adj. fém. Confuse, déconcertée. _Elle se retira toute

capote. Combien elle fut capote, quand elle trouva la porte

fermée!_ «Capot» est un adjectif des deux genres. On doit donc,

en parlant d'une femme, dire: Elle est capot; elle s'en alla

bien capot.

CAPOTISANT, ANTE, adj. Qui rend capot. _Une mésaventure

capotisante. Cette pluie est bien capotisante._

CAPOTISER, v. a. Rendre capot, déconcerter. _Ce contre-temps nous

capotisa. Le bal fut renvoyé à huitaine, et la jeune fille en

fut bien capotisée. Ma réponse l'a capotisé_, écrivait De Sonnaz

à Grenus, en 1794. Terme connu en Savoie et dans la Suisse

romane.

CAQUEGRAISSE, s. m. Avare, ladre, taquin.

CAQUEUX, EUSE, adj. et s. Misérable, chétif. Se dit surtout des

choses, et s'emploie principalement dans cette expression: _Un

air caqueux._

CARABASSE, s. f. Terme des campagnards. Sarments de _hutins_ avec

lesquels on lie les haies.

CARABASSE, s. f. Frasque, équipée, tour malin, espièglerie,

mystère. _Faire des carabasses._ L'expression _Vendre la

carabasse_, revient à celle-ci: Découvrir le pot aux roses. [P.

G.]

CARAMELLE (UNE). _De bonnes caramelles._ Ce mot s'écrit «Caramel,»

et il est du genre masculin.

CARCAGNOU, s. m. Se dit principalement de la petite armoire qui

est pratiquée à l'extrémité des barques. Par extension, ce mot

signifie: Petit réduit dans une cuisine; petite chambre borgne,

bouge à peine éclairé. _Ils occupaient au cinquième étage deux

mansardes et un carcagnou._

CARCAN, s. m. _Sonner le carcan_, se dit: 1º Du son que rend un

vase fêlé; 2º D'une personne atteinte de marasme et dont

l'existence est compromise. Quelques-uns disent: _Sonner le

carquet_.

CARCASSE, s. f. Terme d'écolier. Sabot, sorte de toupie qu'on fait

tourner avec un fouet.

CARDE, s. f. Cardon, plante potagère. _Accommoder des cardes._

Terme méridional.

CARAMBOLER, v. a. (fig.) Meurtrir, contusionner. _Il tomba et se

carambola le nez._ Ne se dit qu'en plaisantant.

CARON, s. m. Voyez CARRON.

CAROTTE, s. f. Betterave.

CAROTTIER, s. m. Carotteur, celui qui tire des carottes, dupeur,

escroc.

CARPIÈRE, s. f. En français, ce mot ne se dit que d'un étang où

l'on nourrit des carpes; il se dit chez nous de toute espèce

d'étang. M. PAUTEX, dans son _Vocabulaire_, pense que notre mot

de _carpière_ doit être rendu par celui de «Mare.»

CARQUEVELLE, s. f. Plante. Crête de coq des prés.

CARQUILLON, s. m. Insecte de l'espèce des charançons. _Les

lentilles sèches sont continuellement envahies par les

carquillons._ Dans les dialectes vaudois et neuchâtelois on dit:

_Gorgolion_; dans le Jura, _gargouillon_; en Languedoc,

_gourgoul_; en latin, _curculio_.

CARRE, s. f. Ondée, averse, pluie subite et de peu de durée. _Une

carre de pluie. Une grosse carre; recevoir une carre._ Terme de

la Suisse romane. En Savoie, et même dans quelques villages de

notre canton, on dit aussi bien _carre de soleil, carre de

neige, carre de grêle_, que l'on dit _carre de pluie_. Et quand

je demandais à un paysan savoisien le sens véritable de ce mot,

il me répondit: Une _carre_, Monsieur, c'est un _bocon_

(c'est-à-dire: Une petite quantité).

CARREAU DE JARDIN, s. m. Planche de jardin, carré de jardin. _Nous

cultivions deux carreaux de chicorée et un carreau d'asperges._

Terme vieux français, etc.

CARRELET, s. m. Voyez CARROLET.

CARRÉMENT, adv. (fig.) Fermement, nettement, crânement. _Répondre

carrément._

CARRIEUR, s. m. Carrier, celui qui exploite une carrière,

l'ouvrier qui y travaille. Terme vieux français. A Bordeaux on

dit: _Carréyeur_.

CARRIÔLER (SE), v. pron. Aller en voiture, se faire traîner en

voiture, se faire charrier en voiture. _On les voit chaque

dimanche se carriôler, se brelinguer._ Terme dérisoire.

CARROLET ou CARRELET, s. m. Petit carré, petit objet coupé en

carré. _Des carrolets de papier. Écrivez les noms sur des

carrolets de carton et tirons au sort._ Je trouve dans une

lettre écrite au _Journal de Genève_, le 8 décembre 1846: «Il

faut faire bouillir les bulbes de dahlias et les couper par

tranches et par _carrolets_.» En Normandie, _carrelet_ se dit

d'un petit carré de papier. [Voyez DUMÉRIL, _Dictionnaire du

patois normand_, p. 59.]

CARRON, s. m. (_a_ bref.) Carreau de terre cuite, brique. _Les

carrons d'une cuisine. Rougir les carrons. Carrons déjoints.

Tomber sur les carrons._ Terme suisse-roman, savoisien et

franc-comtois.

CARRONNAGE, s. m. Carrelage.

CARTE ou QUARTE, s. f. Mesure de capacité pour les solides,

laquelle contient la sixième partie d'une coupe. _Une carte de

châtaignes. Une carte de gros blé._

CAS, s. m. _Faire du cas._ Faire cas, estimer. _Que penses-tu de

Pierre Des Mouilles?--Pierre Des Mouilles? C'est un homme

certainement dont je fais du cas._

CASSANT, ANTE, adj. Nous disons figurément d'un homme qui, dans

les discussions, tranche durement et contredit avec roideur:

_C'est un homme cassant_. Expression remarquable.

CASSE, s. f. (_a_ bref.) Poêle à frire. _Le manche d'une casse.

Poissons à la casse; œufs à la casse._ Terme suisse-roman,

savoisien, jurassien, lyonnais, etc. Dans le patois bourguignon

on dit: _Caisse_. En Normandie et en Picardie on appelle _casse_

une Lèchefrite.

CÂSSE, s. fém. Se dit des objets cassés. _Le voiturier ne répond

pas de la câsse._

CÂSSE, s. f. Altération sensible dans la santé d'une personne qui

n'est plus jeune. _Avoir une câsse. Prendre une câsse._

Expression connue aussi dans le canton de Vaud.

CASSÉ, adj. masc. Se dit du sang et signifie: Coagulé, figé.

CASSÉS, adj. m. pl. Se dit des yeux et signifie: Cernés, battus.

_Avoir les yeux cassés._

CASSÉ, ÉE, adj. Se dit des fruits tombés de l'arbre et meurtris.

_Poires cassées, pommes cassées. On fit avec ces fruits cassés

une excellente marmelade._

CASSÉ, adj. masc. Se dit du papier. Ce que nous appelons _papier

cassé_ s'appelle en France: «Papier brouillard, papier gris.»

CASSE-MUSEAU, s. m. Sorte de massepain très-dur et de nature à

_casser_ les dents. En français, «Casse-museau» a une

signification différente.

CASSE-NOISETTES, s. m. Muscardin, sorte de mulot ou petite souris

rousse. Les campagnards l'appellent: _Maragnou_ ou

_casse-alagnes_.

CASSER, v. a. (fig.) Dans le langage des cuisinières, _on casse le

lait_, c'est-à-dire, on le dispose à s'aigrir et à tourner,

lorsque, en été, l'on touche à un pot plein de lait, où la crême

commence à se former, et dont l'emploi n'est pas immédiat.

CASSEROLE D'UNE CHAUFFERETTE, s. f. Brasier.

CASSETTE, s. f. Sorte de poêlon dans lequel on fait cuire le lait.

_Le manche d'une cassette._

CASSEUR, s. m. (fig.) Homme tranchant, hâbleur, fanfaron. Terme

français populaire.

CASSIBRAILLE, s. f. Voyez CACIBRAILLE.

CASSIN, s. m. Ecchymose, épanchement du sang entre la peau et la

chair, causé par une contusion. Voyez CASSÉ, no 1.

CASSOTON, s. m. Poêlon, ustensile de cuisine.

CASTONADE, s. f. Cassonade.

CATAPLÂME, s. m. Écrivez et prononcez «Cataplasme,» en faisant

sonner l'_s_.

† CATAPLASSE, s. m. Cataplasme.

CATARATE ou CATARAQUE, s. f. Cataracte. Terme de médecine.

CATÉCHIME, s. m. Écrivez et prononcez «Catéchisme,» en faisant

sonner l'_s_, comme dans le mot Gargarisme.

CATELER, v. a. Terme rural. Élever, faire monter les gerbes au

moyen d'une _catelle_. Le verbe français est «Poulier.»

CATELET, CATET ou CHÂTELET, s. m. Terme des campagnards. Trochet

de noisettes, c'est-à-dire: Noisettes qui ont crû attachées

ensemble.

CATELLE, s. f. Terme rural par lequel on désigne la poulie et la

corde dont on se sert dans les granges pour élever les gerbes

qu'on place sur le _soli_. Terme dauphinois.

CATELLE, s. f. Brique vernissée, carreau de poterie. _Catelle

fendue; remettre des catelles. Poêle de catelles; fourneau de

catelles._ Terme suisse-roman. L'expression française est

«Faïence.» Poêle de faïence.

CÂTIULE, s. f. Ce terme, qui nous vient des campagnards, signifie:

Femme maladive et chétive, femme qui se plaint toujours de ses

maux et ennuie par cela même ses alentours. _Ayez un peu de

patience avec notre pauvre câtiule._ En languedocien, _câitiou_,

et en vieux français, _caitiu_, veulent dire: Chétif, misérable.

CATOLION ou GATOLION, s. m. Grumeau, caillot. _Des gatolions de

sang. Une soupe en gatolions._ On dit à Lyon: _Des catons_. Dans

le Jura on donne le nom de _catons_ à une bouillie très-épaisse

de farine de maïs.

CATTE, s. f. Boucle de cheveux, mèche de cheveux. _Se prendre aux

cattes; tirer les cattes. Fais-toi donc couper les cattes, John,

tu as l'air d'un ours._

CAUQUE, s. f. Terme de dérision, de compassion et d'amitié. Il se

dit: 1º D'une vieille femme en général; 2º D'une vieille femme

maladive; 3º D'une vieille femme grognon et commère. _Qu'as-tu,

cousin, que tu sembles triste?--J'ai... que ma cauque est

toujours malade et qu'elle me gongonne toujours. Toutes nos

cauques sont en émoi à cause que le café a renchéri._

CAUSER À QUELQU'UN. Cette expression n'est pas française. Il faut

donc éviter les phrases suivantes, et phrases analogues: _Je lui

ai causé après le sermon. Finis, Jules, et ne me cause plus. Sur

les bateaux à vapeur on trouve toujours à qui causer._ J.-J.

Rousseau a dit dans ses _Confessions_, livre VII: «La première

fois que je la vis, elle était à la veille de son mariage. _Elle

me causa_ longtemps avec cette familiarité charmante qui lui est

naturelle.» Faute fréquente en Suisse, en Dauphiné, en Lorraine,

en Franche-Comté, en Normandie, en Provence et en Languedoc,

c'est-à-dire, faute universelle.

CAUSETTE, s. f. Causerie, entretien qui a de l'abandon et de la

bonhomie, conversation nourrie et animée, mais douce et facile.

_Faire la causette._ Terme très-connu en France. «J'aime le feu,

les criscris, une salade de homards, une bouteille de Champagne

et la _causette_.» [_Don Juan_, chant Ier, § 134, traduction

d'A. PICHOT.] Expression heureuse, qui n'a point d'équivalent

dans la langue des dictionnaires et dont ils feraient bien de

s'enrichir.

CAVAGNE, s. f. Grande corbeille carrée qui se fabrique dans le

Jura, et dont on se sert pour emballer. _Une paire de cavagnes._

Terme qui nous vient de la Provence et du Piémont.

CAVALAIRE (À), loc. adv. À califourchon, à chevauchons, jambes de

çà, jambes de là. _Se mettre à cavalaire. Mets-toi à cavalaire

sur moi et je te porterai._ En vieux français, _cavalart_ veut

dire: Cavalier.

CAVALCADER, v. n. Se dit des promenades que plusieurs personnes

réunies font à cheval. _Nos trois étourdis s'échappèrent du

pensionnat dès le matin, et on les aperçut dans l'après-midi

cavalcadant près du château de Fernex._ Excellente expression,

qui n'a pas été négligée par Töpffer.

CAVALE, s. f. Se dit figurément d'une jeune fille qui se réjouit

avec excès en dansant, en sautant, en gambadant. [P. G.]

CAVALER, v. n. Prendre ses ébats, se réjouir avec excès en

dansant, en sautant, en gambadant. [P. G.]

CAVALIER MAL MONTÉ, s. m. Jeu d'écoliers.

CAVALIÈRE, s. f. Terme de tailleur. Petit pont. _Cavalière_ n'est

pas dans les dictionnaires, mais il se dit à Marseille et sans

doute ailleurs.

CAVALIERS (LES). Nous appelons de la sorte trois jours regardés

comme funestes, à cause des pluies, des gelées ou des ouragans

qui les accompagnent d'ordinaire. Ces jours sont: le 25 avril,

fête de saint Marc; le 28 avril, fête de saint Georges, et le

1er mai, fête de saint Philippe. Cette croyance populaire se

retrouve en Franche-Comté, en Languedoc et ailleurs. Dans le

Chablais (Savoie) on donne le nom de _Cavaliers_ aux trois

derniers jours d'avril et aux trois premiers jours de mai.

CAVETTE, s. f. Petite cave ou caverne pratiquée au dedans d'un

poêle pour y tenir chauds les mets qu'on va servir. Terme connu

aussi à Neuchâtel.

CAVILLE, s. f. (_ll_ mouillés.) Bévue, erreur, sottise, méprise,

manque-à-toucher. _Mme N** a voulu prendre en main la direction

de sa grande campagne, et elle n'y a fait que des cavilles. Tu

ne fais donc que des cavilles, Alexis! tu vas demander à Mme

Bouvard des nouvelles de son mari, et tu sais très-bien qu'elle

a divorcé depuis deux ans._ Cette expression, _Faire des

cavilles_, est si usitée chez nous, que la plupart de mes

lecteurs genevois, la croyant française, seront étonnés de la

rencontrer ici.

CAVOT, s. m. (_o_ bref.) C'est ainsi qu'on prononce, dans toute la

Suisse romane, le mot de «Caveau» (petite cave). _La clef du

cavōt._ «Caveau» rime avec _nouveau_.

† CELUI-LÀ, CEUX-LÀ, pron. dém. Celui, ceux. _Que ceux-là qui

veulent venir baigner lèvent la main! À qui est ce mâpis?--C'est

celui-là à Jean Renaud. À qui est cette ronfle?--C'est cette-là

à Dufournet._ Quelques-uns vont plus loin encore, et disent:

_Cettui-là-là, cette-là-là, ceux-là-là. Bandits, vauriens!

lequel de vous trois a jeté cette pierre?--Eh! Monsieur, ce

n'est pas nous deusse_ (nous deux), _c'est cettui-là-là qui s'en

sauve_.

CENAISE, s. f. Vase d'étain destiné au transport du vin dans nos

temples, lorsque l'on y communie. _Les cenaises sont la

propriété de l'Hôpital._ R. _cæna_, Cène, sainte Cène.

CENSÉMENT, adv. Cet adverbe (qui du reste n'est pas français) a

une signification vague et bien difficile à saisir. _Le_

_voisin Jean-François est parti censément pour un voyage; mais

c'est pour échapper à ses créanciers. Vous voudriez savoir la

signification du mot_ niâniou? _Eh! pardine, Monsieur, c'est

comme qui dirait censément Louis Guillerot ou Jean Treboulioux._

CENTIME (UNE). Un centime.

CERCEAU, s. m. Trouble, sorte de filet rond.

† CERCHER, v. a. Chercher. _Jean-Pierre, va-t'en voir me cercher

ma veste._ Terme vieux français.

CERCLE, s. m. Cerceau, jouet d'enfant.

CÉRÉMONIEL, ELLE, adj. Cérémonieux, qui fait trop de cérémonies.

_Ce jeune Mr B** est fort aimable, mais trop cérémoniel._

CERUSE, s. f. _Blanc de ceruse. Blanchir à la ceruse._ Écrivez et

prononcez, avec un accent aigu sur l' _é_, «Céruse.»

† CÉRUSIEN et CÉRUGIEN, s. m. Chirurgien. _La voisine courut

appeler le cérusien._ Barbarisme qui n'est pas inconnu en

France.

CERVELAS, s. m. Terme de charcutier. Tête marbrée, fromage de

cochon. «Cervelas» est français dans une acception différente.

† C'EST MOI QUE J'AI... Dites: C'est moi qui ai... _C'est moi

que j'ai paillé vos chaises, Monsieur le Receveur, et c'est moi

que j'ai ployé votre tante Livache._

CET AUTRE ou S'TAUTRE! Sorte d'exclamation, qui exprime une

surprise mêlée de doute. _Attache-moi le bras gauche, et je te

parie de nager tout de même.--Oh! s'tautre!_

† CETTUI-CI, CETTUI-LÀ, CETTE-CI, etc. Celui-ci, celui-là,

celle-ci, etc. Termes vieux français.

CHÂCHAUD ou CHÂCHÔ, s. m. Terme de boulangerie. Galette, gâteau

plat. _Châchô au beurre, châchô à la drâchée._ Pris figurément,

ce mot désigne: 1º Un enfant mou et paresseux, un enfant choyé

outre mesure; 2º Toute personne flasque, lâche, qui se meut

difficilement, ou qui se soigne, s'écoute et se dorlote à

l'excès. _Votre jeune dame se plaint toujours de quelque

malaise: c'est un vrai châchô._ Nos paysans disent d'un enfant

gâté: _Y et on châchô mâ cuë_ (c'est un châchô mal cuit). Au

milieu du dix-huitième siècle, un de nos malins citoyens, qui

voulait blâmer certaines élections faites au Conseil des

Deux-Cents, disait: «Ne voyez-vous pas que dans chaque fournée

on met un _châchô_» [_Lettre de_ TREMBLEY, _avocat_.]

CHÂCHOLER, v. a. Dorloter, choyer à l'excès. _Sa mère le châchole

et le pourrit._ Au réfléchi, _se châcholer_, se dorloter. _Quoi,

Fanny, il est onze heures, et tu n'es pas levée!--Que veux-tu,

ma chère? il fait mauvais temps, j'ai un commencement de rhume,

et je me châchole._

CHADE, adv. Terme d'écolier. Vigoureusement, fortement, dru,

serré. _Allons, chade, chade! donne-lui-en, tape-le-moi._ Par un

rapprochement fortuit, mais curieux, le mot arabe _chadd_ a le

même sens. Dans le patois lorrain, _dchâde_ veut dire chaud.

_L'air a dchâde_ (l'air est chaud).

CHADANCE ou CHADENCE, s. f. Force, vigueur, énergie. _Regarde cet

agoûtion! Regarde avec quelle chadance je vais y aller!_

CHAFOUILLER, v. n. Pignocher, manger salement et sans appétit.

† CHAFTAL ou CHAFTANE, s. f. Chaptal, sorte de cafetière. _Son

câfé et sa chaftal: c'est le parfait bonheur de la Joséphine._

CHAGRIN, s. m. Nous disons: _Cette nouvelle me fait chagrin. J'ai

bien chagrin que Philippe soit parti_, etc. Ce retranchement de

l'article est vicieux.

CHAÎNE D'OIGNONS. s. f. Glane d'oignons.

CHAIRCUITIER ou CHAIRCUTIER, s. m. Charcutier.

CHÂLÉE, s. f. Traînée d'une chose qui s'est répandue goutte à

goutte, ou grain à grain, ou brin à brin. _Une châlée d'huile;

une châlée de blé; une châlée de cendre; une châlée de poudre.

Faire une châlée._

CHALENDE. Noël, le jour de Noël. _Quel âge as-tu, Bastien?--Oh là,

Monsieur, j'ai quatorze ans contre Chalende._ R. _calendæ_.

CHALOUREUX, EUSE, adj. Chaleureux. _Chaloureux_ appartient au

vieux français.

CHAMBRE À LESSIVE, s. f. Buanderie. Rien ne ressemble moins à une

chambre que nos _chambres à lessive_.

CHAMBRE À MANGER, s. f. Salle à manger.

CHAMBRE À RESSERRER, s. f. Galetas dépendant d'un appartement, et

où l'on dépose le linge sale qui attend la grande lessive.

CHAMEAU, s. m. (fig.) Terme grossier, qui répond à: Butor, sot

achevé, homme stupide. _Va-t'en, chameau, et ne nous impatiente

plus._

CHAMEAUDER, v. a. Vexer, ennuyer, être à charge.

CHAMPER, v. a. Jeter, jeter là, laisser tout de suite.

CHAMPILLERIE, s. f. Se dit d'une chose qui ne vaut rien ou dont on

ne peut tirer aucun parti. _C'est de la champillerie; tâchez de

vous défaire de cette champillerie._ [P. G.]

CHANGE, s. m. Terme de Cercle. _Faire le change_, signifie: Boire

bouteille au Cercle. _Faire un change banal_, boire bouteille en

commun. _Change de la Compagnie_, réunion militaire au cabaret.

CHANGER, v. neutre. Tourner. Se dit des raisins qui commencent à

prendre de la couleur.

CHANGER (SE), v. pron. Changer de linge, changer de vêtement,

changer. _Ils durent se changer de pied en cap. Tu es tout

trempe, Frédéric, va te changer._ Français populaire.

CHANTEPLEURE ou CHANTAPLEUR, s. m. Se dit d'une personne qui passe

rapidement de la tristesse à la joie, et, _vice versâ_, de la

joie à la tristesse. [P. G.]

CHANTE-POULET, s. m. Œillet des Chartreux, sorte de fleur.

CHANTER, v. n. Frémir. Se dit de l'eau qui commence à bouillir et

à faire entendre ce frémissement des bulles qui arrivent à la

surface. A Besançon on dit: _Crier_; en Normandie,

_gourgousser_.

CHANTOLEMENT, s. m. Fredonnement, chant à demi-voix.

CHANTOLER, v. n. Chantonner, fredonner, chanter tant bien que mal,

chanter entre ses dents. _N** avait une telle habitude de

murmurer toujours un refrain, qu'il chantolait même aux

enterrements._

CHAPITOLAGE, s. m. Action de marchander, de taquiner en

marchandant. _Finissons-en avec tous ces chapitolages. Vos

chapitolages, ma chère Dame, n'aboutiront à rien._

CHAPITOLER, v. n. Marchander, disputer sur le prix d'une

marchandise, taquiner, batailler. _Vaut-il donc la peine de

chapitoler pour si peu de chose?_ Terme très-familier, qui se

retrouve dans l'argot des enfants au jeu des _mâpis_.

_Chapitoler_ est probablement une corruption du mot «Capituler.»

CHAPITOLEUR, s. m. Celui qui _chapitole_, celui qui a l'habitude

de _chapitoler_.

CHAPLE, s. m. Signifie: 1º Massacre, tuerie, carnage; 2º Ravage,

dégât. _Ils en vinrent à la fin aux bâtons et aux cailloux, et

ce fut un véritable chaple. La grêle nous a fait cette nuit un

beau chaple._ Terme méridional et vieux français. On trouve déjà

ce mot dans le _Roman de la Rose_, c'est-à-dire, au treizième

siècle.

CHAPLE-COUTEAUX (À), loc. invar. _Être à chaple-couteaux_,

signifie: Être à couteaux tirés. _Sais-tu que nos deux

sous-lieutenants sont à chaple-couteaux?_

CHAPLER, v. a. Gâter, endommager un objet en le coupant, ou en

l'entaillant avec maladresse ou avec malice. _Les écoliers se

plaisent à chapler les tables et les pupitres. En coupant une

gaule, il s'est chaplé le doigt. La couturière m'a chaplé cette

robe. Voilà un manteau chaplé, abîmé._ Terme suisse-roman,

savoisien, jurassien et méridional. «Chapeler,» en français,

signifie: Ôter avec un couteau le dessus de la croûte du pain.

CHAPLOTAGE, s. m. Action de _chapler_.

CHAPLOTER, v. a. Diminutif de _chapler_. Voyez ce mot. Dans les

patois savoisiens et dauphinois on dit: _Chapota_ ou _çapotà_;

dans le Berry, _chapoter_.

CHAPLOTON, s. m. Rognures, mauvais restes d'objets coupés. _Le

tailleur avait promis de me rendre des morceaux, et il ne

m'envoie là que des chaplotons. Le travail fini, les couturières

laissèrent la chambre toute jonchée de chaplotons._

CHAQUE, pron. ind. On ne dit pas: _Ces volumes coûtent six francs

chaque_; on dit: Coûtent six francs chacun.

CHAR, s. m. Cabriolet. _Aller en char; faire une partie de char;

verser de char. Il faisait beau temps, nous prîmes un char. Elle

acheta à bon marché un char d'enfant._ Dans tous ces exemples,

_char_ n'est pas français. «Char» se dit: 1º D'une sorte de

voiture à deux roues, dont les anciens se servaient dans les

triomphes, dans les jeux, dans les combats. Il se dit, 2º en

poésie et dans le style oratoire, de toute espèce de voitures,

de chariots, et principalement d'une voiture remarquable par son

élégance ou sa richesse. Voilà les seuls cas où le mot de _char_

se puisse employer seul. Mais on dira très-bien: Un char de

côté, un char à banc, un char en face, parce que ces sortes de

voitures, propres à notre pays et aux pays qui nous avoisinent,

n'ont point en français de terme correspondant.

CHAR, s. m. Chariot. Nous appelons _char à échelles_ ce qu'on

appelle en français: «Chariot à ridelles.» Nous disons aussi:

_Acheter un char de fascines, marchander un char de bois, peser

un char de foin, conduire un char de fumier_, etc.; «Chariot»

est le véritable terme.

CHAR, s. m. Ne dites pas: _Char de roulier, char de Provence_;

dites: Charrette de roulier, charrette de Provence.

CHAR, s. m. Mesure de capacité pour les liquides, et

principalement pour le vin. _Le char contient douze setiers._

CHARAVOÛTE, s. f. Se dit d'une femme, et quelquefois d'un homme

sale, fainéant et de mœurs crapuleuses. _Cette charavoûte de

femme a été rapportée chez elle ivre morte. Il n'est pas

étonnant que le mari et la femme en soient venus à mendier: ce

sont deux charavoûtes._ Terme ignoble.

CHARBEUILLE ou CHARBOUILLE, s. f. Petit goûter ou repas que les

jeunes bergers et bergères font en commun dans les champs le

jour de la Toussaint, époque à laquelle ils cessent

ordinairement de mener le bétail aux pâturages. [P. G.]

CHARBONNIÈRE, s. f. Charbonnier, endroit de l'appartement où l'on

serre le charbon. _Remplir la charbonnière; nettoyer la

charbonnière._ Terme méridional. On appelle en français

«Charbonnière» le lieu où l'on fait le charbon dans les bois.

CHARCUITIER, s. m. Charcutier.

† CHARDINOLET, s. m. Chardonneret.

CHARGE, adj. Plaisant, drôle, jovial, amusant, singulier, bizarre.

_N'est-ce pas charge de le voir saluer? Quel charge d'accent il

a! Ne trouves-tu pas, femme, que notre Antoine a été bien charge

hier soir?_ Terme français populaire.

CHARITÉ, s. f. Nous disons proverbialement: _Première charité

commence par soi-même_. Les dictionnaires disent: «Charité bien

ordonnée commence par soi-même.»

CHARLON. Voyez POIRE CHARLON.

CHARMEUR DE SERPENT, s. m. Ce terme, que les dictionnaires donnent

comme hors d'usage, est usité encore dans plusieurs communes de

notre canton.

CHAROGNE, s. f. (fig.) Terme ignoble et injurieux.

CHAROTON, s. m. Charretier. En vieux français: _Charton_.

Nouveau Glossaire Genevois, tome 1/2 · 第 37 / 74 题