[791] _Catalogue_ de la bibliothèque de M. de Soleinne, 1843,

in-8º, p. 271, no 121.--_Histoire de la vie et des ouvrages de

Molière, par_ TASCHEREAU; 3e édition, p. 8. Dans ces deux

ouvrages, le titre de la pièce de Magnon est ainsi: _Artaxerce_,

tragédie (5 a. v.), par Magnon, représentée sur _l'Illustre

théâtre_; Paris, Cardin-Besongne, 1645. C'est l'éditeur des

OEuvres de Molière de 1734 qui, le premier a dit que cette pièce

de Magnon avait été représentée sur _l'Illustre théâtre_ mais il

ne dit pas qu'il tire ce fait du titre; ce qu'il dit à cet égard

a été accepté par les frères Parfaict (_Histoire du Théâtre

françois_, t. VI, p. 376); et il n'y a pas d'autre objection à ce

fait. Cependant ce qui m'oblige à ne l'admettre qu'avec

précaution, c'est que Beauchamps seul a donné le titre entier de

cette tragédie; que ce titre ne porte pas qu'elle a été

représentée sur _l'Illustre théâtre_, et que Beauchamps ne le dit

pas. (_Recherches sur les théâtres de France_, 1735, in-8º, p. 217.)

Voilà tout ce qu'on sait de certain pour les premières années de la vie

de Molière. Résumons. En 1632 il avait perdu sa mère; et lorsque la

Béjart l'emmena en province, majeur, maître de ses actions et de sa part

de bien maternel, il n'est plus Poquelin, il est Molière; il n'appartient

plus à sa famille, et sa famille ne lui appartient plus; il appartient

tout entier à sa troupe: sa troupe, c'est sa famille; sa troupe, c'est

l'instrument de sa gloire; en elle est la source de ses jouissances, les

objets de ses plus chères affections: c'est par elle enfin qu'il

satisfait sa triple passion de comédien, de poëte et d'amant; car il fut

tout cela toute sa vie. Si vous voulez la connaître, cette vie; si vous

voulez savoir quels sont les labeurs, les succès, les jouissances, les

tristesses qu'elle a accumulés dans le court espace de quinze ans, lisez

cette _Préface_, dont je ne vous ai rapporté que ce qui concerne

Poquelin, et non Molière; relisez ses œuvres; relisez les _OEuvres de

madame de Sévigné_ et les _OEuvres de Boileau_, annotées par Brossette de

Saint-Marc; surtout n'oubliez pas que Molière n'est plus Poquelin, et que

tout ce qui se trouve rapporté dans les biographies sur ses relations

avec son père et avec sa famille est faux et controuvé. Son père et sa

famille, dès qu'il eut pris le nom de Molière, dès qu'il fut comédien,

n'eurent plus rien de commun avec lui; et cela dura jusqu'à sa mort, et

après sa mort.

Mais le mot de Belloc, et le voyage de Narbonne, et cette assistance que

Molière prêtait à son père dans ses fonctions de valet de chambre du roi;

mais cette cession que Poquelin le père fit à son fils de sa charge de

valet de chambre, qu'il ne pouvait plus exercer à cause de son grand âge,

et tant d'autres faits si singuliers, si amusants, qui nous montrent

Molière s'élevant des occupations manuelles de simple ouvrier jusque sur

les hauteurs où son génie l'a placé; qu'en faites-vous?--Tout cela est

faux, controuvé; ce sont des contes populaires inventés pour l'amusement

des oisifs et dont tous ceux qui étaient bien instruits de la vie de

Molière, la Grange et Vinot, de Visé, Tallemant, n'ont pas dit un mot. Ce

qu'ils ont dit prouve que tout cela ne pouvait être vrai. Tout cela a été

dit seulement par les collecteurs d'_ana_, par les Grimarest, les de Bret

et autres, et répété ensuite par tous les biographes, qui n'ont voulu

rien laisser échapper de ce qui avait été imprimé avant eux.

En voulez-vous la preuve? c'est que ce père de notre grand comique, ce

Jean Poquelin, mort le 27 février 1669, se trouve porté sur tous les

_états de la France_ comme exerçant la charge de tapissier valet de

chambre du roi, depuis celui qui a été rédigé par de la Marinière,

d'après les _Mémoires de M. de Saintot, maître des cérémonies_, le 16

août 1657 (p. 84, lig. 11), jusqu'à celui de M. N. de Besongne, _dressé

suivant les états portés à la cour des aides_, qui parut au commencement

de l'année 1669, c'est-à-dire un mois avant la mort de Jean Poquelin,

père de Molière (p. 86). Jean Poquelin est inscrit dans le livre de

Besongne non-seulement comme possesseur du titre et de la charge, mais

comme étant encore en exercice pour le quartier de janvier en avril 1669,

concurremment avec Nauroy, son collègue: ils servaient à deux par

quartier.

Jean Poquelin, comme «sa défunte honorable femme, Marie Cressé (mère de

Molière),» fut enterré avec pompe, ainsi que le constate son acte de

décès inscrit dans les registres de la paroisse Saint-Eustache[792]:

«Convoi de 42, service complet.--Assistance de M. le curé, quatre

prêtres-porteurs, pour défunt Jean Poquelin, tapissier du roy, bourgeois

de Paris, demeurant sous les piliers des Halles, devant la fontaine.»

[792] _Dissertation sur Molière_, par BEFFARA, p. 25 et

26.--TASCHEREAU, _Hist. de la vie et des ouvrages de Molière_, p.

203 à 211.

Ceux qui voudraient faire une objection contre la preuve ici donnée de

l'époque où Molière a pu commencer à exercer la charge de valet de

chambre du roi et du peu de temps qu'il a exercé cette charge diront

qu'il est prouvé que le titre lui en a été donné dans l'acte de baptême

de Madeleine Grésinde, dont il fut le parrain le 29 novembre 1661[793].

Mais ces critiques oublient avec quelle facilité on prenait alors

d'avance les titres dont on devait hériter. Depuis les ordonnances de

Charles IX et de ses successeurs[794], ceux qui se trouvaient attachés à

la maison du roi étaient, comme les nobles, exempts de certaines charges,

et avaient de certains priviléges dont ne jouissait pas la bourgeoisie.

Il en était de même de ceux qui possédaient le premier degré de noblesse

et avaient le titre d'écuyer. Ce titre est donné à Molière par sa femme,

dans un acte de baptême où elle figure comme marraine (23 juin 1663); et

cependant Molière n'avait assurément aucun droit de le prendre. Pour

s'être laissé ainsi titrer indûment dans des actes authentiques, la

Fontaine fut condamné à 4,000 francs d'amende. Comme lui, Boileau prit

aussi ce titre, et fut également poursuivi par le fisc; mais il gagna son

procès, et prouva qu'il possédait ce premier degré de noblesse. L'acte du

29 novembre 1661 ne prouve donc rien contre ce que nous avons avancé.

[793] BAZIN, _les Dernières années de la vie de Molière_, extrait

de la _Revue des Deux Mondes_, 15 Janvier 1848, p. 7 et 9.

[794] Elles sont rapportées à la fin de l'_État général des

officiers, domestiques et commensaux de la maison du Roy_; mis en

ordre par M. de la Marinière, 1660, in-8º.

Jean Poquelin avait eu dix enfants de deux mariages différents: de ces

neuf frères et sœurs de Molière, plusieurs, au moment de son décès,

étaient mariés, et ils eurent tous un grand nombre d'enfants: son second

frère en eut seize; Robert Poquelin, son proche parent, en eut vingt; et,

de cette nombreuse famille, pas un seul ne parut lorsqu'il fallut

réclamer pour Molière une sépulture décente et les prières de l'Église,

ni pour protéger son domicile contre les égarements fanatiques d'une

populace hostile[795]. C'est que tous voulaient être bien avec leurs

curés, et enterrés honorablement. Aucun Poquelin ne signa ni n'appuya la

requête que la veuve de Molière adressa au roi; et dans cette requête on

ne parle ni de son père ni de sa parenté avec les Poquelin. Personne,

dans les Poquelin ni dans leurs descendants, ne voulut alors, ni après,

être beau-frère, belle-sœur, nièce ou neveu, parent ou allié des Béjart,

ni même de M. de Molière. On n'a pas trouvé un seul acte, une seule

lettre, un seul écrit qui établissent quelque rapport entre Jean Poquelin

et Jean-Baptiste Poquelin dès que celui-ci eut pris le nom de Molière; et

aucun de ceux qui ont parlé de lui, et dont le témoignage doit compter,

ne constate qu'il y eut de leur temps aucune liaison entre le père et le

fils, ou entre ce fils et ses frères, ses sœurs et ses parents. Pas un

seul Poquelin ne contribua à grossir le cortége nombreux qui, à la lueur

des flambeaux, conduisit à leur dernier asile les restes de l'immortel

auteur du _Misanthrope_. Molière ne paraît avoir eu d'autre part à

l'héritage paternel que la survivance de la charge de tapissier valet de

chambre du roi, que son père ne pouvait lui ôter et que notre poëte, aux

termes où il en était avec Louis XIV, se serait bien gardé de dédaigner.

Il exerça donc cette charge; la Grange et Vinot n'ont pas manqué de

constater ce fait, page 2 de la _Préface_.

[795] TASCHEREAU, _Hist. de la vie et des ouvrages de Molière_,

3e édit., p. 181 et 260, 208 et 211.--BEFFARA, _Dissertation sur

Molière_, p. 25 et 26.

«Son nom fut Jean-Baptiste Poquelin; il était Parisien, fils d'un valet

de chambre tapissier du roi, et avait été reçu dès son bas âge en

survivance de cette charge, qu'il a depuis exercée dans son quartier

jusqu'à sa mort.»

Il ne l'exerça pas longtemps. Entré en fonctions après la mort de son

père, en février 1669, avec Nauroy, son collègue pour le premier

quartier, il dut n'exercer que pendant un mois. Dans les trois années qui

suivirent, il exerça chaque année pendant six semaines seulement, car ils

étaient huit tapissiers valets de chambre, servant à deux par quartier.

Ainsi, Molière n'a pu exercer que par intervalle (en tout dix mois) sa

charge de valet de chambre du roi, en supposant qu'il n'en fût jamais

dispensé. Ce service, dans ce qui avait rapport à aider à faire le lit du

roi, était pour la forme[796]: c'était plutôt un privilége qu'un emploi,

car il y avait, outre les huit tapissiers valets de chambre, huit valets

de chambre et barbiers, qui étaient appointés au double des

tapissiers[797]. Mais Louis XIV avait accordé à Molière une pension de

mille francs en 1663, c'est-à-dire six ans avant que son père, en

mourant, lui eût transmis la survivance de la charge de valet de chambre,

ce qui a fait croire à tort que ce fut en 1663 que Molière eut cette

charge.

[796] Voyez sur ce sujet l'_État de la France en 1749_, t. I, p.

255.

[797] L'_État de la France_, etc.; dédié au roy, par M. N.

Besongne, C. et A. du roy, B. en théologie et clerc de chapelle

et d'oratoire de Sa Majesté; 1669, p. a5.

Aucun Poquelin ne prétendit à la survivance de Molière comme tapissier

valet de chambre du roi; Jean Poquelin, et après lui Jean-Baptiste

Poquelin, son fils, furent successivement inscrits en tête de la liste

des tapissiers valets de chambre dans leur quartier; mais, après eux,

c'est le sieur Nauroy qu'on trouve inscrit le premier[798].

[798] Voyez, l'_État de la France en 1677_, t. I, p. 100.

J'ajouterai à cette longue note sur Molière une dernière observation qui

concerne ses éditeurs. J'ai dit ailleurs que lorsqu'un auteur avait

lui-même donné une édition de ses _OEuvres_, il était du devoir des

éditeurs de conserver l'ordre que l'auteur a établi, parce que cet ordre

fait partie de ses pensées, et repose toujours sur une idée principale.

La Grange et Vinot ont manqué à cette règle dans leur édition de 1682, et

ils ont été à tort imités par tous les éditeurs subséquents. Molière a

donné, en 1666, une édition de ses _OEuvres_; il en avait commencé une

autre lorsqu'il mourut en 1673, puisque le privilége est daté du 16 mars

1671, et la continuation du 20 avril 1673[799]. Dans ces deux éditions

(1666 et 1673), Molière s'est écarté, pour une seule pièce, de l'ordre

qu'il a suivi pour toutes les autres, qui est de les ranger selon les

dates de leur représentation. D'après cet ordre, la comédie des

_Précieuses_ doit être placée après _l'Étourdi_ et _le Dépit amoureux_,

comme elle se trouve en effet dans l'édition de 1682. Mais Molière, dans

les deux éditions qu'il a données, a placé cette pièce la première; et

cette dérogation à l'ordre chronologique qu'il avait adopté est assez

significative pour qu'elle fût respectée par ses éditeurs. Il est évident

qu'il a voulu montrer que de cette pièce des _Précieuses_ dataient pour

lui les faveurs du public et cette espèce d'alliance qui s'était

contractée entre lui et tous ceux qui fréquentaient son spectacle. Ce

n'est pas tout: en 1663 il avait été gratifié d'une pension du roi, et il

saisit l'occasion de la représentation des _Plaisirs de l'Ile enchantée_,

le 16 mai 1664, pour lui adresser un remercîment en vers. Cette pièce,

qui n'a rien de fade comme toutes celles de cette nature, mais qui est,

au contraire, à elle seule une excellente scène de comédie, est, dans

l'édition de 1682, placée à sa date et avant la pièce des _Plaisirs de

l'Ile enchantée_ (t. II, p. 289 à 292 de l'édit.), tandis que, dans les

deux éditions données par Molière (1666 et 1673), elle commence le

premier volume, et se trouve avant la Préface. Évidemment Molière avait

eu l'intention de convertir ce remercîment en une réjouissante et joviale

dédicace de toutes ses _OEuvres_, une dédicace à Louis XIV. En replaçant

cette pièce à sa date, les éditeurs lui ont ôté la plus grande partie de

sa valeur, et ont ainsi frustré les intentions de l'auteur.

[799] Les volumes premiers de cette édition portant tantôt la

date de 1673, tantôt celle de 1674; et les derniers celles de

1675 et 1676.

Page 295, ligne 7: Les attaques contre Molière et la comédie, que Nicole,

Bourdaloue et Bossuet, etc.

Les reproches de Bossuet contre la comédie et Molière sont sévères, mais

d'une vérité incontestable:

«... On répond que, pour prévenir le péché, le théâtre purifie l'amour...

Ce n'est, après tout, qu'une innocente inclination pour la beauté, qui se

termine au nœud conjugal. Du moins donc, selon ces principes, il faudra

bannir du milieu des chrétiens les prostitutions dont les comédies

italiennes ont été remplies, même de nos jours, et que l'on voit encore

toutes crues dans les pièces de Molière; on réprouvera les discours où ce

rigoureux censeur des grands canons, ce grave réformateur des mines et

des expressions de nos précieuses étale cependant au plus grand jour les

avantages d'une infâme tolérance dans les maris, et sollicite les femmes

à de honteuses vengeances contre leurs jaloux. Il a fait voir à notre

siècle le fruit qu'on peut espérer de la morale du théâtre, qui n'attaque

que le ridicule du monde, en lui laissant cependant toute sa corruption.»

CHAPITRE IX.

Page 300, ligne 19: Le temps de ses métamorphoses en jeune et jolie fille

était passé.

Dans l'_Histoire de la comtesse des Barres_, Choisy nous apprend que ce

fut madame de la Fayette qui lui donna l'idée de se déguiser en femme (p.

12-14).

«Je n'étais donc contraint par personne, et je m'abandonnai à mon

penchant. Il arriva même que madame de la Fayette, que je voyais fort

souvent, me voyant toujours fort ajusté avec des pendants d'oreille et

des mouches, me dit, en bonne amie, que ce n'était point la mode pour les

hommes, et que je ferais bien mieux de m'habiller tout à fait en femme.

Sur une si grande autorité, je me fis couper les cheveux, pour être mieux

coiffé. J'en avais prodigieusement; il en fallait beaucoup en ce

temps-là, quand on ne voulait rien emprunter. On portait sur le front de

petites boucles, de grosses aux deux côtés du visage, et tout autour de

la tête un gros bourrelet de cheveux cordonné avec des rubans ou des

perles, qui en avait. J'avais assez d'habits de femme: je pris le plus

beau, et j'allai rendre visite à madame de la Fayette avec mes pendants

d'oreille, ma croix de diamants et mes bagues, et dix ou douze mouches.

Elle s'écria en me voyant: «Ah! la belle femme! Vous avez donc suivi mon

avis? et vous avez bien fait. Demandez plutôt à M. de la Rochefoucauld.»

Il était alors dans sa chambre. Ils me tournèrent et retournèrent, et

furent contents. Les femmes aiment qu'on suive leur avis; et madame de la

Fayette se crut engagée à faire approuver dans le monde ce qu'elle

m'avait conseillé peut-être un peu légèrement. Cela me donna courage, et

je continuai, pendant deux mois, à m'habiller tous les jours en femme.

J'allai partout faire des visites, à l'église, au sermon, à l'Opéra, à la

Comédie, et il me semblait qu'on s'y était accoutumé. Je me faisais

nommer, par mes laquais, _madame de Sanzy_. Je me fis peindre par

Ferdinand, fameux peintre italien, qui fit de moi un portrait qu'on

allait voir. Enfin, je contentai pleinement mon goût. J'allais à la cour

d'un grand prince.... Il eût bien souhaité s'habiller aussi en femme.» Ce

grand prince était le duc d'Orléans, le frère de Louis XIV, alors fort

jeune.

Page 312, ligne dernière: L'avis de l'abbé de Coulanges, et la note 6.

Outre la date, qui est différente dans le manuscrit de l'Institut et dans

les imprimés, et la généalogie des Rabutin, qui ne se trouve pas dans ces

imprimés, je remarque aussi une différence dans la rédaction entre ce

manuscrit et les imprimés, pour les premières phrases de cette lettre. Ce

texte, dans le manuscrit, est plus semblable à l'édition de 1735, et

doit, je crois, être préféré à celui des éditions modernes, comme étant

conforme à ce qu'avait écrit Bussy.

Page 325, ligne 15: Ma grand'mère.

Comme Jean de la Croix, Françoise Fremyot de Chantal fut seulement

béatifiée du vivant de madame de Sévigné, et ne fut canonisée que

longtemps après la mort de sa petite-fille.

Page 328, ligne 23: Sa jeunesse, les plus belles années de sa vie.

J'ai essayé, dans les chapitres III à XVI de la première partie de cet

ouvrage, de retracer ces temps de la brillante jeunesse de madame de

Sévigné. Malgré la disette de renseignements historiques pour ce qui la

concerne, on a pu voir, par les extraits de la _Gazette de Loret_, du

_Dictionnaire des Précieuses_, des _Miscellanea_ de Ménage (1652, p.

105), que sa réputation de femme d'esprit, belle, aimable, gracieuse

était grande et bien établie, non-seulement dans la société, mais dans le

public, puisqu'elle était l'objet des éloges donnés par les écrivains de

ce temps dans des ouvrages imprimés et alors fort répandus. Il en est un

de ce genre que je n'ai pas cité, parce qu'alors je ne le connaissais

pas. C'est celui d'un sieur DE SAINT-GABRIEL, conseiller du roi et

ci-devant avocat à la cour des aides de Normandie, qui, dans un livre

bizarre destiné, comme le _Dictionnaire des Précieuses_, à célébrer

toutes les beautés de l'époque (LE MÉRITE DES DAMES; Paris, 1660, in-12),

surpasse tous les autres auteurs par l'excès de son admiration pour

madame de Sévigné. Voici la transcription du court article qu'il lui a

consacré:

Page 310 de la 3e édition, article 85: «MADAME DE SÉVIGNY LA SUBLIME, UNE

ANGE EN TERRE, LA GLOIRE DU MONDE.»

D'après une note manuscrite mise à un exemplaire de ce livre de

Saint-Gabriel, la seconde édition porterait la date de 1657. Je n'ai

aucun renseignement sur la date de la première; lors de la seconde,

madame de Sévigné avait vingt-huit à vingt-neuf ans.

FIN.

TABLE DES MATIÈRES SOMMAIRE DES CHAPITRES DE CE VOLUME.

CHAPITRE PREMIER.--1671.

Pages

Voyage de madame de Sévigné à sa terre des Rochers.--Son

séjour.--Ses occupations dans ce lieu.--Visites qu'elle y

reçoit.--Détails sur Pomenars, Tonquedec, Montigny, etc. 1

CHAPITRE II.--1671.

Détails sur madame de Grignan et la famille de Grignan pendant

le séjour de madame de Sévigné aux Rochers.--La

Bohémienne. 43

CHAPITRE III.--1671-1672.

Madame de Sévigné retourne à Paris.--Louis XIV se prépare

à la guerre.--Publications littéraires.--_Les Femmes savantes_

de Molière.--Détails sur madame Scarron et madame

de Montespan. 66

CHAPITRE IV.--1671-1672.

Inclinations du marquis de Sévigné.--Ses intrigues amoureuses

avec la Champmeslé, avec Ninon.--La guerre contre la

Hollande est déclarée.--Sévigné part pour l'armée. 97

CHAPITRE V.--1672.

Des commencements et de la fin de la guerre de Louis XIV contre

la Hollande.--Préparatifs de Louvois.--Passage du

Rhin.--Mort du comte de Saint-Paul.--De la société que

fréquentait alors madame de Sévigné.--Détails sur la Vallière

et Montespan.--Nécessité de faire connaître les dangers

qui assiégeaient alors les femmes jeunes et belles de

la cour. 120

CHAPITRE VI.--1672.

Histoire de la marquise de Courcelles (1651-1685). 146

CHAPITRE VII.--1672.

Madame de Sévigné part pour aller en Provence.--Détails

sur son voyage.--Sur Jeannin de Castille,--sur Bussy,--sur

la famille de Dugué-Bagnols. 188

CHAPITRE VIII.--1672.

Séjour de madame de Sévigné à Lyon.--Lettres que lui adresse

madame de Coulanges.--Détails qu'elle donne sur les intrigues

amoureuses de Villeroi.--Quelle était la personne

qu'elle désigne sous le nom d'_Alcine_.--Détails sur Vardes,

Barillon, etc. 202

CHAPITRE IX.--1673.

Madame de Sévigné en Provence.--Histoire des états de

Provence.--Assemblée des communautés.--Rivalité de M. de

Grignan et de l'archevêque de Marseille.--Madame de Sévigné

va à Lambesc et à Marseille. 226

CHAPITRE X.--1673.

Continuation du séjour de madame de Sévigné en Provence.--Nouvelles

qu'elle reçoit de Paris et de l'armée.--Prise de

Charleroi.--L'abbé de Choisy en Bourgogne.--Prise de

Maëstricht.--Détails sur les cours de Louis XIV et de Charles

II.--Sur le marquis d'Ambres et le titre de _monseigneur_.--Sur

madame de la Fayette et la Rochefoucauld.--Sur

Corneille et Racine.--Mort de Molière. 264

CHAPITRE XI.--1673.

Séjour de madame de Sévigné au château de Grignan.--Liaison

de l'abbé de Choisy et de Bussy avec madame Bossuet.--Détails

sur le comte de Limoges.--Des études sur la philosophie

de Descartes et sur le traité de Louis de la Forge.--De

l'influence de ces études sur Corbinelli, sur madame de

Sévigné, sur madame de Grignan. 296

FIN DE LA TABLE DES CHAPITRES.

TABLE SOMMAIRE

DES

MATIÈRES PRINCIPALES DES NOTES ET ECLAIRCISSEMENTS CONTENUS DANS CE

VOLUME.

Pages

Sur les voyages de madame de Sévigné. 331

Sur la Tour de Sévigné. 333

Sur le changement de domicile de madame de Sévigné. 334

Sur Cotin. 335

Sur la représentation des _Femmes savantes_. 337

Extrait des Mémoires de Fr. de Maucroix. 338

Sur madame de Brancas et sur Ninon. 339

Sur le printemps d'hôtellerie. 340

Sur Barillon et la duchesse de Verneuil. 341

Sur le château nommé _le Genitoy_. 343

Sur le recueil qui contient le sonnet sur la marquise

de Courcelles. 345

Portrait du comte d'Hona. 346

Chanson de Guilleragues sur la famille de Coulanges et sur la

Trousse. 349

Sur les éditions du libelle de Bussy. 351

Sur la maison de M. Cazes à Lyon et sur madame Deshoulières. 354

Sur les divers ballets dans lesquels Louis XIV a figuré. 357

Sur les éditions des libelles de Bussy et d'autres libelles du

même genre. 360

Sur la dame du nom de du Plessis, connue de madame de Sévigné. 362

Lettre de Louis XIV sur la duchesse de Portsmouth. 364

Comparaison de Corneille et de Racine. 366

Dissertation sur cette question: _Que sait-on sur la vie de

Molière?_ 367

Sur Choisy, comtesse des Barres. 380

Louange de madame de Sévigné par Saint-Gabriel. 382

FIN DE LA TABLE DES NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS.

Mémoires touchant la vie et les ecrits de Marie de Rabutin-Chantal, (4/6) · 第 28 / 28 段