la population, le commerce, l'agriculture, l'industrie avaient fait
d'immenses progrès dans le pays. La population que nous avons estimée à
125,000 âmes à peu prés lors de l'introduction de la constitution de 91,
s'était redoublée cinq fois depuis. Les dissensions politiques n'avaient
pas empêché chacun de remplir sa tâche avec son activité ordinaire. En
Amérique le mouvement des choses entraîne toutes les théories avec lui,
tous les systèmes des métropoles. Tout n'y assied sur des bases immenses
qui n'ont pour ainsi dire de limites que les limites du continent
lui-même. En Europe le propriétaire est au sommet de la pyramide
sociale; en Amérique il est où il doit être pour le bonheur et la paix
de ceux qui la composent, à la base. En 1844, où s'est fait le
recensement le plus rapproché de l'union, la population du Bas-Canada
était de 691,000 âmes, dont 524,000 Canadiens-français, 156,000 Anglais
et étrangers, et 673,000 catholiques. Il y avait 76,000 propriétaires et
113,000 maisons, d'où l'on peut conclure que chaque famille a sa maison
et que presque toutes les familles sont propriétaires.
Les productions agricoles s'élevèrent à 925,000 minots de blé, à
1,195,000 minots d'orge, à 333,000 minots de seigle, à 7,239,000 minots
d'avoine, à 1,219,000 minots de pois, à 141,000 minots de blé-d'inde, à
375,000 minots de blé sarrasin, à 9,918,000, de pommes de terre. Les
érablières produisirent 2,272,000 livres de sucre. On comptait 7,898
ruches d'abeilles, 470,000 têtes de bétail, 147,000 chevaux, 198,000
cochons et 603,000 moutons dont la toison donnait 1,211,000 livres de
laine. Les animaux devaient être en proportion de l'agriculture, mais
cette proportion est plus petite dans les pays froids que dans les pays
chauds. L'hiver sera toujours un grand obstacle à l'élévation des
bestiaux dans le Bas-Canada, parce qu'il faut les nourrir à l'étable
près de six mois de l'année.
Il sortit des métiers domestiques 747,000 verges de drap du pays,
858,000 verges de toile de fil et de coton, 655,000 verges de flanelle
et de droguet.
L'industrie faisait rouler 422 moulins à farine, 153 à gruau, 911 à
scie, 14 à l'huile de lin, 153 à fouler, 169 à carder, 469 à battre, 8 à
papier et 24 à cloux, etc. 69 fonderies mêlaient leurs noires vapeurs au
bruit de ces grands élémens de progrès et de richesses. Il y avait
encore 36 distilleries, 30 brasseries, 540 manufactures de potasse et 86
autres de différens genres, que faisaient marcher le vent, l'eau, la
vapeur ou la force animale.
Maintenant au dessus de ces puissances physiques et matérielles il y
avait 64 collèges ou écoles supérieures et 1569 écoles élémentaires, qui
répandaient les lumières sur 57,000 enfans au bruit des forêts qu'on
abattait et des chantiers qu'on ouvrait partout pour agrandir le champ
des nouvelles Sidons modernes, dans ce continent sorti à peine du sein
des ondes et des mains de Christophe Colomb et de Jacques Cartier. La
rigueur du climat de Québec ne peut rien pour dompter l'énergie
productive des enfans du St.-Laurent. C'est au milieu des frimats qui
emprisonnent les ondes qu'ils construisent ces nombreux vaisseaux qui
doivent sillonner les mers du globe, et qu'ils préparent ces bois qui
doivent servir à abriter les peuples de l'Europe et des tropiques. 2090
ouvriers construisirent à Québec seul dans l'hiver de 1840, 33 navires
jaugeant ensemble 18,000 tonneaux; et 1175 navires jaugeant 384,000
tonneaux venant d'Europe et d'ailleurs, étaient arrivés dans le cours de
l'été précédent dans le port de cette ville commerçante.
Enfin en 1840, la totalité du revenu du Bas-Canada monta à £184,000, et
la dépense à £143,000. Aujourd'hui à l'aide de quelques modifications
dans nos lois fiscales, le revenu des deux Canadas unis a presque
triplé; il excède £800,000.
Nous allons terminer ici notre récit. L'union des deux Canadas doit
former une des grandes époques de nos annales coloniales. Nous l'avons
peut-être amené trop près des temps présens; mais nous y avons été forcé
par l'enchaînement des événemens, qui seraient restés sans signification
bien précise sans la conclusion qui nous les explique en expliquant la
pensée de la métropole. Si en retraçant ces événemens, nous avons pu
blesser les susceptibilités des hommes, des races, du pouvoir ou des
partis qui ont exercé de l'influence sur notre patrie, nous dirons comme
M. Thiers, nous l'avons fait sans haine, plaignant l'erreur, révérant la
vertu, admirant la grandeur, tâchant de saisir les profonds desseins de
la providence dans le sort qu'elle nous réserve, et les respectant dès
que nous croyons les avoir saisis.
CONCLUSION.
Nous avons donné l'histoire de quelques émigrans français venus pour
fixer les destinées de leur postérité à l'extrémité septentrionale de
l'Amérique du Nord. Détachés comme quelques feuilles d'un arbre, le vent
les a jetés dans un monde nouveau pour être battus de mille tempêtes,
tempêtes de la barbarie, tempêtes de l'avidité du négoce, tempêtes de la
décadence d'une ancienne monarchie, tempêtes de la conquête étrangère. A
peine quelques milles âmes lorsque ce dernier désastre leur est arrivé,
ils ne doivent pas en vouloir trop à leur ancienne mère-patrie, car la
perte de la noble colonie du Canada fut une des causes déterminantes de
la révolution, et l'univers sait quelle vengeance cette nation polie et
fière a exercé sur tous ceux qui avaient la main de près ou de loin au
timon de l'état qui nous abandonnait au moment du danger.
Malgré toutes les tourmentes passées déjà sur le Canada, quelques
centaines de colons français; car nous craindrions d'exagérer en disant
quelques milliers, avaient atteint le chiffre fort peu important en
Europe de 60,000 âmes environ au jour de la conquête. Aujourd'hui après
90 ans, ce chiffre atteint 700,000,[43] et cet arbre s'est accru de
lui-même, sans secours étranger, dans sa propre foi religieuse, dans sa
propre nationalité. Pendant 150 ans il a lutté contre les colonies
anglaises trente à quarante fois plus nombreuses sans broncher d'un pas,
et le contenu de cette histoire nous dit comment il s'acquittait de son
devoir sur le champ de bataille.
[Note 43: Le recensement de cette année porte la population canadienne
française à 695,943 âmes.]
Quoique peu riche et peu opulent, ce peuple a montré qu'il avait
conservé quelque chose de la grande nation dont il tire son origine.
Depuis la conquête sans se laisser distraire par les philosophes ou les
rhéteurs sur les droits de l'homme et autres thèses qui amusent le
peuple des grandes villes, il a fondé sa politique sur sa propre
conservation, la seule base d'une politique recevable par un peuple. Il
n'était pas assez nombreux pour prétendre ouvrir une voie nouvelle aux
sociétés, ou se mettre à la tête d'un mouvement quelconque à travers le
monde. Il s'est resserré en lui-même, il a rallié tous ses enfans autour
de lui, et a toujours craint de perdre un usage, une pensée, un préjugé
de ses pères malgré les sarcasmes de ses voisins. Le résultat c'est que
jusqu'à ce jour, il a conservé sa religion, sa langue, et bien plus un
pied à terre à l'Angleterre dans l'Amérique du Nord en 1775 et en 1812.
Ce résultat quoique funeste à la république des Etats-Unis, à ce qu'il
aurait paru au premier abord, n'a peut-être pas eu les mauvaises suites
qu'on aurait pu en appréhender. Le drapeau royal anglais flottant sur la
citadelle de Québec a obligé la jeune république d'être grave, de se
conduire avec prudence, de ne marcher en avant que graduellement, et non
pas de s'élancer comme une cavale sauvage dans le désert. La
conséquence, disons-nous, c'est que la république des Etats-Unis est
devenue grande, puissante et un exemple pour le monde.
Les Canadiens sont aujourd'hui un peuple de cultivateurs dans un climat
rude et sévère. Il n'a point en cette qualité les manières élégantes et
fastueuses des populations méridionales, et ce langage qui semble sortir
de cette nature légère et intarissable qu'on ne connaît point dans les
hautes latitudes de notre globe. Mais il a de la gravité, du caractère
et de la persévérance. Il l'a montré depuis qu'il est en Amérique, et
nous sommes convaincu que ceux qui liront son histoire avec justice et
bonne foi, avoueront qu'il s'est montré digne des deux grandes nations
aux destinées desquelles son sort s'est trouvé ou se trouve encore lié.
Au reste, il n'aurait pu être autrement sans démentir son origine.
Normand, Breton, Tourangeau, Poitevin, il descend de cette noble race
qui marchait à la suite de Guillaume le conquérant, et dont l'esprit
enraciné ensuite en Angleterre, a fait de cette petite île une des
premières nations du monde; il vient de cette France qui marche à la
tête de la civilisation européenne depuis la chute de l'empire romain,
et qui dans la bonne comme dans la mauvaise fortune, se fait toujours
respecter; qui sous ses Charlemagne comme sous ses Napoléon ose appeler
toutes les nations coalisées dans des combats de géans; il vient surtout
de cette vendée normande, bretonne, angevine dont le monde respectera
toujours le dévouement sans bornes pour les objets de ses sympathies
royales et religieuses, et dont le courage admirable couvrira
éternellement de gloire le drapeau qu'il avait levé au milieu de la
révolution française.
Que les Canadiens soient fidèles à eux mêmes; qu'ils soient sages et
persévérans, qu'ils ne se laissent point emporter par le brillant des
nouveautés sociales ou politiques. Ils ne sont pas assez forts pour se
donner carrière sur ce point. C'est aux grands peuples à essayer les
nouvelles théories. Ils peuvent se donner des libertés dans leurs
orbites assez spacieuses. Pour nous, une partie de notre force vient de
nos traditions; ne nous en éloignons ou ne les changeons que
graduellement. Nous trouverons dans l'histoire de notre métropole, dans
l'histoire de l'Angleterre elle-même de bons exemples à suivre. Si
l'Angleterre est grande aujourd'hui, elle a eu de terribles tempêtes à
passer, la conquête étrangère à maîtriser, les guerres religieuses à
apaiser et bien d'autres traverses. Sans vouloir prétendre à une
pareille destinée, notre sagesse et notre ferme union adouciront
beaucoup les difficultés de notre situation, et en excitant leur intérêt
rendront notre cause plus sainte aux yeux des nations.
SOMMAIRES.
LIVRE TREIZIEME.
CHAPITRE I.
CONSTITUTION DE 91.--1792-1800.
Etablissement d'un gouvernement représentatif.--Réunion de la
législature.--Le parti anglais veut abolir l'usage de la langue
française; vives discussions à ce sujet.--Les Canadiens l'emportent.--La
discussion est renouvelée lors de la considération des règles pour la
régie intérieure de la chambre.--Violens débats; discours de M. Bédard
et autres.--Les anglificateurs sont encore défaits.--Travaux de la
session; projets de loi pour les pauvres, les chemins et les
écoles.--Biens des Jésuites.--Subsides--Justice--Prorogation des
chambres; discours de sir Alured Clarke.--Lord Dorchester.--Il convoque
les chambres.--Organisation de la milice.--Comptes
publics.--Judicature.--Suspension de la loi de l'habeas
corpus.--Association générale pour le soutien du gouvernement. Troisième
session.--Revenus et dépenses.--Fixation des charges; rentes
seigneuriales.--Voies publiques.--Monnaies.--Lord Dorchester remplacé
par le général Prescott.--Session de 97.--Défection de MM. De Bonne et
de Lotbinière.--Traité de commerce avec les Etats-Unis.--Emissaires
français.--Les pouvoirs de l'exécutif sont rendus presque absolus; ses
terreurs.--Exécution de M. Law.--Sessions de 98 et 99.--Amélioration du
régime des prisons.--Impôts, revenus publics.--Querelles entre le
gouverneur et son conseil au sujet de la régie des terres.--Il est
rappelé avec le juge Osgoode.--Sir Robert Shore Milnes convoque les
chambres en 1800.--Nouvelle allusion aux principes de la révolution
française; motif de cette politique.--Proposition d'exclure le nommé
Bouc de l'assemblée.--Le gouvernement s'empare des biens des Jésuites.
CHAPITRE II.
ADMINISTRATION DE SIR JAMES CRAIG.--1801-1811.
Elections de 1800.--Institution royale.--Principe de la taxation.--La
nationalité canadienne.--Etablissement du Canadien.--Affaire de la
Chesapeake.--Situation de nos relations avec les Etats-Unis.--Premières
difficultés avec cette république.--Arrivée de sir James Craig en
Canada.--Ordre militaire.--Proclamation politique.--Ouverture des
chambres.--Projet de loi pour exclure les juges de l'assemblée.--M.
Bedard et autres officiers de milice cassés.--Ministère
responsable--Dissolution du Parlement.--Discours insultant de
Craig.--Les idées du Canadien sur la constitution et la responsabilité
ministérielle.--Subsides.--Agent à Londres.--Exclusion des juges de la
chambre.--Dissolution subite du parlement.--Saisie du Canadien et
emprisonnement de M. Bedard, Taschereau et Blanchet.--Proclamation du
gouverneur.--Election.--Ouverture des chambres.--Elargissement des
prisonniers.--Affaires religieuses.--Entrevues de sir James Craig et de
M. Plessis au sujet de l'église catholique.--Nomination des curés par le
gouvernement.--Fin de l'administration de Craig.
LIVRE QUATORZIÈME.
CHAPITRE I.
GUERRE DE 1812.
Sir George Prévost; sa politique.--Situation des rapports entre
l'Angleterre et les Etats-Unis.--Premières hostilités sur mer.--Le parti
de la guerre l'emporte à Washington--La guerre est
déclarée.--L'Angleterre adopte un système défense.--Forces des
Etats-Unis.--Organisation de la défense du Canada.--Zèle du clergé
catholique.--M. Plessis travaille à faire reconnaître officiellement le
catholicisme par le gouvernement.--Mission secrète de John Henry aux
Etats-Unis et son résultat.--Mouvement des forces américaines.--La
général Hull envahit le Canada et puis se retire.--Divers escarmouches
et combats.--Le général Brock fait prisonnier le général Hull avec ses
soldats.--Van Rensalaer envahit le Canada.--Combat de Queenston; mort du
général Brock.--Défaite de l'ennemi.--Nouvelle et inutile invasion du
Canada par le général Smith.--Le général Dearborn fait mine d'attaquer
le Bas-Canada, puisse retire.--Evénemens sur mer.--Session du
parlement.--Il élève les droits de douane pour faire face aux dépenses
de la guerre.
CHAPITRE II.
CONTINUATION DE LA GUERRE.--PAIX DE 1815.
CAMPAGNES DE 1813-1814.
Campagne de 1813--Opérations sur les lacs Erié, Ontario et
Champlain.--Combats de French town et du fort Meigs.--Attaque de
Sandusky.--Combat naval de Put-in-Bay.--Bataille de Thames.--Destruction
des Criques.--Prise de Toronto.--Le colonel Harvey surprend les
Américains à Burlington.--Black Rock est brûlé--Batailles de Chrystlers
Farm et de Châteauguay.--Retraite des armées américaines.--Surprise du
fort Niagara. Lewiston, Manchester brûlés.--Opérations sur mer.--Travaux
du parlement à Québec.--Le juge Sewell accusé va se justifier à
Londres.--Il suggère l'union de toutes les colonies.--Campagne de
1814.--Combats de Lacolle, Chippawa, Lundy's Lane.--Attaque du fort
Erié.--Défaite de Drummond.--Expédition de Plattsburgh.--Attaque des
côtes des Etats-Unis.--Washington pris et le capitole brûlé.--Bataille
de la Nouvelle-Orléans.--Cessation des hostilités.--Traité de
Gand.--Réunion des chambres.--Sir G. Prévost accusé pour sa conduite à
Plattsburgh, remet les rênes du gouvernement et passe en Angleterre,--Sa
mort.--Réhabilitation de sa mémoire.
LIVRE QUINZIÈME.
CHAPITRE I.
QUESTION DES SUBSIDES.--1816-1822.
Les dissensions entre la chambre et l'exécutif recommencent après la
guerre.--Union des colonies anglaises.--Le général Drummond.--Abus dans
le bureau des terres et des postes.--Rejet des accusations contre les
juges Sewell et Monk.--Dissolution du parlement.--Sir John Coape
Sherbrooke gouverneur.--Il transmet aux ministres un tableau de l'état
des esprits en Canada.--Instructions qu'il reçoit.--Le clergé
catholique: M. Plessis.--Le juge Sewell.--MM. Uniacke et
Marshall.--Situation des finances.--Leur confusion.--Dépenses faites
sans appropriation.--Instructions de lord Bathurst.--Droit de voter les
subsides.--Le juge Toucher accusé.--Le duc de Richmond remplace
Sherbrooke.--Reprise de la question des finances.--Liste civile
augmentée demandée pour la vie du roi--Elle est refusée.--Le juge Bedard
accusé.--Mort soudaine du duc de Richmond--Dissolution du parlement.--Le
comte de Dalhousie gouverneur.--M. Plessis à Londres.--Ses entrevues
avec lord Bathurst.--Les discussions sur la question des finances
continuent.--M. Papineau nommé au conseil exécutif.--Refus des
subsides.--Division dans le conseil législatif.--Partage des droits de
douane avec le Haut-Canada.
CHAPITRE II
PREMIER PROJET D'UNION.--- 1823-1827.
L'union des deux Canadas désirée par les Anglais de Montréal.--Ellice
est leur agent.--Histoire de la fortune de ce marchand--Le bill d'union
amené secrètement devant le parlement impérial.--Parker donne
l'alarme.--Sir James Macintosh et sir Francis Burdett avertis arrêtent
le bill dans la chambre des communes.--Nature de ce bill.--Il est
ajourné.--Sensation que la nouvelle de son introduction dans le
parlement fait dans les deux Canadas.--Pétitions contre: MM. Papineau et
Neilson députés à Londres. Habile mémoire qu'ils présentent au
gouvernement.--Les ministres abandonnent la mesure.--Paroles d'Ellice à
M. Papineau.--Appréciation d'Ellice par sir James Macintosh.--Opinion de
sir Francis Burdett sur l'union.--Entrevues de M. Papineau avec lord
Bathurst.--Opinion des hommes d'état sur la durée de l'union des
Etats-Unis.--Montant de la défalcation de Caldwell.--Affaires
religieuses.--Lord Dalhousie passe en Angleterre et revient à
Québec.--Refus des subsides.--Discours insultant de ce gouverneur en
prorogeant le parlement.
CHAPITRE III.
Crise de 1827.--1827-1828.
Nouvelle crise.--Adresse de M. Papineau et d'une partie des membres de
la chambre à leurs commettans en réponse au discours prononcé par le
gouverneur en ajournant la session.--Assemblées publiques.--Destitutions
dans la milice.--La presse.--Elections.--Réunion du parlement.--Le
gouverneur désapprouve le choix de M. Papineau comme président de
l'assemblée.--Le parlement est prorogé.--Adresses des partisans de lord
Dalhousie au roi.--Assemblées publiques dans toutes les parties du
pays.--Adresses au roi et aux deux chambres du parlement impérial.--M.
Waller rédacteur du Spectateur arrêté deux fois.--MM. Neilson, Viger et
Cuvillier députés à Londres avec les adresses des Canadiens.--M. Gale
avec celles du parti opposé.--Affaires du Canada devant le parlement
impérial. Discours de MM. Huskisson, Labouchère, sir James Macintosh,
Hume, Wilmot, Stanley dans les communes.--Les adresses sont renvoyées à
un comité.--Rapport du comité.--M. Huskisson est remplacé dans le
ministère des colonies par sir George Murray.--Le rapport du comité
n'est ni rejeté ni adopté--Sir George Murray annonce aux députés
canadiens qu'on va prendre des mesures pour faire cesser les
difficultés.--Sir James Kempt remplace lord Dalhousie eu Canada.
LIVRE SEIZIÈME.
CHAPITRE I.
LES 92 RÉSOLUTIONS.--1829-1834.
Espoir trompeur que le rapport du comité de la chambre des communes fait
naître en Canada.--Instructions de sir James Kempt.--La presse
canadienne devient plus modérée.--Ouverture des chambres.--Décision des
ministres sur la question des subsides et autres points mineurs.--Les
espérances de l'assemblée s'évanouissent.--Résolutions qu'elle
adopte.--Nouvelles adresses à l'Angleterre.--Travaux de la
session.--Session de 1830.--Réponse des ministres aux dernières
adresses.--Résolutions sur les ordonnances de milice et les
subsides.--Conseils législatif et exécutif.--Opinion de sir James Kempt
à leur sujet.--Sensation qu'elle produit.--Assemblée de
St.-Charles.--Sir James Kempt, qui a demandé son rappel, est remplacé
par lord Aylmer.--Le procureur-général Stuart suspendu.--Concessions et
réformes proposées par lord Goderich.--Appel nominal de la
chambre.--Elles sont refusées.--Faute de l'assemblée en cette
occasion.--Lord Aylmer très affecté.--Les juges Kerr et Fletcher
accusés.--Le Parlement impérial change l'acte constitutionnel pour
abandonner tous les revenus du Canada au contrôle de sa
législature.--Session de 1831-2.--Nouvelles dépêches de lord
Goderich.--Indépendance des juges.--Terres de la couronne et réserves du
clergé.--Bureau des postes.--Fin de la session.--Regret de lord Aylmer
de voir les concessions de lord Goderich si mal accueillies.--Emeute du
21 mai à Montréal.--Le choléra en Canada: ses terribles
ravages.--Assemblée des Canadiens à St.-Charles, des Anglais à
Montréal.--Réponse des ministres touchant le juge Kerr et l'indépendance
des juges.--Retour des ministres à une politique rétrograde.--Adresse au
roi pour le prier de rendre le conseil législatif électif.--Résolutions
contre l'annexion de Montréal au Haut-Canada.--Le procureur-général
Stuart et le juge Kerr destitués.--Adresse du conseil législatif au
roi.--Double vote de son président.--Townships de l'est.--Session de
1834.--Dépêches de lord Stanley sur divers sujets.--Considération de
l'état de la province.--Les 92 résolutions.--Lord Aylmer
accusé.--Adresse du conseil législatif.--Prorogation.
CHAPITRE II
LES TROUBLES DE 1837.--1835-1837.
Effet des 92 résolutions en Angleterre.--Une partie des townships de
l'est se rallie à la chambre d'assemblée.--Comité nommé dans les
communes sur nos affaires.--Débats.--Une partie du ministère anglais
résigne.--M. Stanley est remplacé aux colonies par M. Rice et plus tard
par lord Aberdeen.--Comités de district en Canada.--Nouvelles
pétitions--Lettre de M. Roebuck.--Nouveaux débats dans la chambre des
communes--Dissolution du parlement canadien.--Associations
constitutionnelles.--Rapprochement entre les libéraux du Haut et du
Bas-Canada.--Le parlement s'assemble à Québec.--Nouvelle adresse à
l'Angleterre.--Une nouvelle section de la majorité se détache de M.
Papineau.--Dépêches de lord Aberdeen.--Ministère de sir Robert
Peel.--Trois commissaires envoyés en Canada.--Lord Gosford remplace lord
Aylmer.--Chambre des lords. Ouverture du parlement canadien.--Discours
de lord Gosford.--La chambre persiste dans la voie qu'elle a prise, en
votant 6 mois de subsides qui sont refusés.--Le parlement est prorogé et
convoqué de nouveau.--Les autres colonies qui devaient faire cause
commune avec le Bas-Canada l'abandonnent et acceptent les propositions
de l'Angleterre.--Rapport des commissaires.--La conduite du ministère
approuvée.--Les assemblées continuent en Canada.--Langage des
journaux.--Agitation dans les campagnes.--Bandes d'hommes armés.--M.
Papineau descend jusqu'à Kamouraska.--Opinion réelle de la masse des
habitans.--Nouvelle session du parlement aussi inutile que les
autres.--Nouvelle adresse au parlement impérial.--Magistrats et
officiers de milice destitués.--Associations secrètes à Québec et à
Montréal, où l'on résoud de prendre les armes.--Démonstrations en faveur
du gouvernement.--Assemblée des six comtés.--Mandement de l'évêque de
Montréal.--Le gouvernement fait des armemens.--Troubles à
Montréal.--Mandats d'arrestation lancés.--Les troupes battues à
St.-Denis; victorieuses à St.-Charles.--La loi martiale
proclamée.--Plusieurs membres invitent inutilement le gouverneur à
réunir immédiatement les chambres.--Affaire de
St.-Eustache,--L'insurrection supprimée.--Troubles dans le
Haut-Canada.--Résignation de lord Gosford.--Débats dans les
communes.--Les ministres promettent de soumettre l'insurrection par les
armes.