A l'époque où se consommait ce grand acte d'injustice à notre préjudice,

la population, le commerce, l'agriculture, l'industrie avaient fait

d'immenses progrès dans le pays. La population que nous avons estimée à

125,000 âmes à peu prés lors de l'introduction de la constitution de 91,

s'était redoublée cinq fois depuis. Les dissensions politiques n'avaient

pas empêché chacun de remplir sa tâche avec son activité ordinaire. En

Amérique le mouvement des choses entraîne toutes les théories avec lui,

tous les systèmes des métropoles. Tout n'y assied sur des bases immenses

qui n'ont pour ainsi dire de limites que les limites du continent

lui-même. En Europe le propriétaire est au sommet de la pyramide

sociale; en Amérique il est où il doit être pour le bonheur et la paix

de ceux qui la composent, à la base. En 1844, où s'est fait le

recensement le plus rapproché de l'union, la population du Bas-Canada

était de 691,000 âmes, dont 524,000 Canadiens-français, 156,000 Anglais

et étrangers, et 673,000 catholiques. Il y avait 76,000 propriétaires et

113,000 maisons, d'où l'on peut conclure que chaque famille a sa maison

et que presque toutes les familles sont propriétaires.

Les productions agricoles s'élevèrent à 925,000 minots de blé, à

1,195,000 minots d'orge, à 333,000 minots de seigle, à 7,239,000 minots

d'avoine, à 1,219,000 minots de pois, à 141,000 minots de blé-d'inde, à

375,000 minots de blé sarrasin, à 9,918,000, de pommes de terre. Les

érablières produisirent 2,272,000 livres de sucre. On comptait 7,898

ruches d'abeilles, 470,000 têtes de bétail, 147,000 chevaux, 198,000

cochons et 603,000 moutons dont la toison donnait 1,211,000 livres de

laine. Les animaux devaient être en proportion de l'agriculture, mais

cette proportion est plus petite dans les pays froids que dans les pays

chauds. L'hiver sera toujours un grand obstacle à l'élévation des

bestiaux dans le Bas-Canada, parce qu'il faut les nourrir à l'étable

près de six mois de l'année.

Il sortit des métiers domestiques 747,000 verges de drap du pays,

858,000 verges de toile de fil et de coton, 655,000 verges de flanelle

et de droguet.

L'industrie faisait rouler 422 moulins à farine, 153 à gruau, 911 à

scie, 14 à l'huile de lin, 153 à fouler, 169 à carder, 469 à battre, 8 à

papier et 24 à cloux, etc. 69 fonderies mêlaient leurs noires vapeurs au

bruit de ces grands élémens de progrès et de richesses. Il y avait

encore 36 distilleries, 30 brasseries, 540 manufactures de potasse et 86

autres de différens genres, que faisaient marcher le vent, l'eau, la

vapeur ou la force animale.

Maintenant au dessus de ces puissances physiques et matérielles il y

avait 64 collèges ou écoles supérieures et 1569 écoles élémentaires, qui

répandaient les lumières sur 57,000 enfans au bruit des forêts qu'on

abattait et des chantiers qu'on ouvrait partout pour agrandir le champ

des nouvelles Sidons modernes, dans ce continent sorti à peine du sein

des ondes et des mains de Christophe Colomb et de Jacques Cartier. La

rigueur du climat de Québec ne peut rien pour dompter l'énergie

productive des enfans du St.-Laurent. C'est au milieu des frimats qui

emprisonnent les ondes qu'ils construisent ces nombreux vaisseaux qui

doivent sillonner les mers du globe, et qu'ils préparent ces bois qui

doivent servir à abriter les peuples de l'Europe et des tropiques. 2090

ouvriers construisirent à Québec seul dans l'hiver de 1840, 33 navires

jaugeant ensemble 18,000 tonneaux; et 1175 navires jaugeant 384,000

tonneaux venant d'Europe et d'ailleurs, étaient arrivés dans le cours de

l'été précédent dans le port de cette ville commerçante.

Enfin en 1840, la totalité du revenu du Bas-Canada monta à £184,000, et

la dépense à £143,000. Aujourd'hui à l'aide de quelques modifications

dans nos lois fiscales, le revenu des deux Canadas unis a presque

triplé; il excède £800,000.

Nous allons terminer ici notre récit. L'union des deux Canadas doit

former une des grandes époques de nos annales coloniales. Nous l'avons

peut-être amené trop près des temps présens; mais nous y avons été forcé

par l'enchaînement des événemens, qui seraient restés sans signification

bien précise sans la conclusion qui nous les explique en expliquant la

pensée de la métropole. Si en retraçant ces événemens, nous avons pu

blesser les susceptibilités des hommes, des races, du pouvoir ou des

partis qui ont exercé de l'influence sur notre patrie, nous dirons comme

M. Thiers, nous l'avons fait sans haine, plaignant l'erreur, révérant la

vertu, admirant la grandeur, tâchant de saisir les profonds desseins de

la providence dans le sort qu'elle nous réserve, et les respectant dès

que nous croyons les avoir saisis.

CONCLUSION.

Nous avons donné l'histoire de quelques émigrans français venus pour

fixer les destinées de leur postérité à l'extrémité septentrionale de

l'Amérique du Nord. Détachés comme quelques feuilles d'un arbre, le vent

les a jetés dans un monde nouveau pour être battus de mille tempêtes,

tempêtes de la barbarie, tempêtes de l'avidité du négoce, tempêtes de la

décadence d'une ancienne monarchie, tempêtes de la conquête étrangère. A

peine quelques milles âmes lorsque ce dernier désastre leur est arrivé,

ils ne doivent pas en vouloir trop à leur ancienne mère-patrie, car la

perte de la noble colonie du Canada fut une des causes déterminantes de

la révolution, et l'univers sait quelle vengeance cette nation polie et

fière a exercé sur tous ceux qui avaient la main de près ou de loin au

timon de l'état qui nous abandonnait au moment du danger.

Malgré toutes les tourmentes passées déjà sur le Canada, quelques

centaines de colons français; car nous craindrions d'exagérer en disant

quelques milliers, avaient atteint le chiffre fort peu important en

Europe de 60,000 âmes environ au jour de la conquête. Aujourd'hui après

90 ans, ce chiffre atteint 700,000,[43] et cet arbre s'est accru de

lui-même, sans secours étranger, dans sa propre foi religieuse, dans sa

propre nationalité. Pendant 150 ans il a lutté contre les colonies

anglaises trente à quarante fois plus nombreuses sans broncher d'un pas,

et le contenu de cette histoire nous dit comment il s'acquittait de son

devoir sur le champ de bataille.

[Note 43: Le recensement de cette année porte la population canadienne

française à 695,943 âmes.]

Quoique peu riche et peu opulent, ce peuple a montré qu'il avait

conservé quelque chose de la grande nation dont il tire son origine.

Depuis la conquête sans se laisser distraire par les philosophes ou les

rhéteurs sur les droits de l'homme et autres thèses qui amusent le

peuple des grandes villes, il a fondé sa politique sur sa propre

conservation, la seule base d'une politique recevable par un peuple. Il

n'était pas assez nombreux pour prétendre ouvrir une voie nouvelle aux

sociétés, ou se mettre à la tête d'un mouvement quelconque à travers le

monde. Il s'est resserré en lui-même, il a rallié tous ses enfans autour

de lui, et a toujours craint de perdre un usage, une pensée, un préjugé

de ses pères malgré les sarcasmes de ses voisins. Le résultat c'est que

jusqu'à ce jour, il a conservé sa religion, sa langue, et bien plus un

pied à terre à l'Angleterre dans l'Amérique du Nord en 1775 et en 1812.

Ce résultat quoique funeste à la république des Etats-Unis, à ce qu'il

aurait paru au premier abord, n'a peut-être pas eu les mauvaises suites

qu'on aurait pu en appréhender. Le drapeau royal anglais flottant sur la

citadelle de Québec a obligé la jeune république d'être grave, de se

conduire avec prudence, de ne marcher en avant que graduellement, et non

pas de s'élancer comme une cavale sauvage dans le désert. La

conséquence, disons-nous, c'est que la république des Etats-Unis est

devenue grande, puissante et un exemple pour le monde.

Les Canadiens sont aujourd'hui un peuple de cultivateurs dans un climat

rude et sévère. Il n'a point en cette qualité les manières élégantes et

fastueuses des populations méridionales, et ce langage qui semble sortir

de cette nature légère et intarissable qu'on ne connaît point dans les

hautes latitudes de notre globe. Mais il a de la gravité, du caractère

et de la persévérance. Il l'a montré depuis qu'il est en Amérique, et

nous sommes convaincu que ceux qui liront son histoire avec justice et

bonne foi, avoueront qu'il s'est montré digne des deux grandes nations

aux destinées desquelles son sort s'est trouvé ou se trouve encore lié.

Au reste, il n'aurait pu être autrement sans démentir son origine.

Normand, Breton, Tourangeau, Poitevin, il descend de cette noble race

qui marchait à la suite de Guillaume le conquérant, et dont l'esprit

enraciné ensuite en Angleterre, a fait de cette petite île une des

premières nations du monde; il vient de cette France qui marche à la

tête de la civilisation européenne depuis la chute de l'empire romain,

et qui dans la bonne comme dans la mauvaise fortune, se fait toujours

respecter; qui sous ses Charlemagne comme sous ses Napoléon ose appeler

toutes les nations coalisées dans des combats de géans; il vient surtout

de cette vendée normande, bretonne, angevine dont le monde respectera

toujours le dévouement sans bornes pour les objets de ses sympathies

royales et religieuses, et dont le courage admirable couvrira

éternellement de gloire le drapeau qu'il avait levé au milieu de la

révolution française.

Que les Canadiens soient fidèles à eux mêmes; qu'ils soient sages et

persévérans, qu'ils ne se laissent point emporter par le brillant des

nouveautés sociales ou politiques. Ils ne sont pas assez forts pour se

donner carrière sur ce point. C'est aux grands peuples à essayer les

nouvelles théories. Ils peuvent se donner des libertés dans leurs

orbites assez spacieuses. Pour nous, une partie de notre force vient de

nos traditions; ne nous en éloignons ou ne les changeons que

graduellement. Nous trouverons dans l'histoire de notre métropole, dans

l'histoire de l'Angleterre elle-même de bons exemples à suivre. Si

l'Angleterre est grande aujourd'hui, elle a eu de terribles tempêtes à

passer, la conquête étrangère à maîtriser, les guerres religieuses à

apaiser et bien d'autres traverses. Sans vouloir prétendre à une

pareille destinée, notre sagesse et notre ferme union adouciront

beaucoup les difficultés de notre situation, et en excitant leur intérêt

rendront notre cause plus sainte aux yeux des nations.

SOMMAIRES.

LIVRE TREIZIEME.

CHAPITRE I.

CONSTITUTION DE 91.--1792-1800.

Etablissement d'un gouvernement représentatif.--Réunion de la

législature.--Le parti anglais veut abolir l'usage de la langue

française; vives discussions à ce sujet.--Les Canadiens l'emportent.--La

discussion est renouvelée lors de la considération des règles pour la

régie intérieure de la chambre.--Violens débats; discours de M. Bédard

et autres.--Les anglificateurs sont encore défaits.--Travaux de la

session; projets de loi pour les pauvres, les chemins et les

écoles.--Biens des Jésuites.--Subsides--Justice--Prorogation des

chambres; discours de sir Alured Clarke.--Lord Dorchester.--Il convoque

les chambres.--Organisation de la milice.--Comptes

publics.--Judicature.--Suspension de la loi de l'habeas

corpus.--Association générale pour le soutien du gouvernement. Troisième

session.--Revenus et dépenses.--Fixation des charges; rentes

seigneuriales.--Voies publiques.--Monnaies.--Lord Dorchester remplacé

par le général Prescott.--Session de 97.--Défection de MM. De Bonne et

de Lotbinière.--Traité de commerce avec les Etats-Unis.--Emissaires

français.--Les pouvoirs de l'exécutif sont rendus presque absolus; ses

terreurs.--Exécution de M. Law.--Sessions de 98 et 99.--Amélioration du

régime des prisons.--Impôts, revenus publics.--Querelles entre le

gouverneur et son conseil au sujet de la régie des terres.--Il est

rappelé avec le juge Osgoode.--Sir Robert Shore Milnes convoque les

chambres en 1800.--Nouvelle allusion aux principes de la révolution

française; motif de cette politique.--Proposition d'exclure le nommé

Bouc de l'assemblée.--Le gouvernement s'empare des biens des Jésuites.

CHAPITRE II.

ADMINISTRATION DE SIR JAMES CRAIG.--1801-1811.

Elections de 1800.--Institution royale.--Principe de la taxation.--La

nationalité canadienne.--Etablissement du Canadien.--Affaire de la

Chesapeake.--Situation de nos relations avec les Etats-Unis.--Premières

difficultés avec cette république.--Arrivée de sir James Craig en

Canada.--Ordre militaire.--Proclamation politique.--Ouverture des

chambres.--Projet de loi pour exclure les juges de l'assemblée.--M.

Bedard et autres officiers de milice cassés.--Ministère

responsable--Dissolution du Parlement.--Discours insultant de

Craig.--Les idées du Canadien sur la constitution et la responsabilité

ministérielle.--Subsides.--Agent à Londres.--Exclusion des juges de la

chambre.--Dissolution subite du parlement.--Saisie du Canadien et

emprisonnement de M. Bedard, Taschereau et Blanchet.--Proclamation du

gouverneur.--Election.--Ouverture des chambres.--Elargissement des

prisonniers.--Affaires religieuses.--Entrevues de sir James Craig et de

M. Plessis au sujet de l'église catholique.--Nomination des curés par le

gouvernement.--Fin de l'administration de Craig.

LIVRE QUATORZIÈME.

CHAPITRE I.

GUERRE DE 1812.

Sir George Prévost; sa politique.--Situation des rapports entre

l'Angleterre et les Etats-Unis.--Premières hostilités sur mer.--Le parti

de la guerre l'emporte à Washington--La guerre est

déclarée.--L'Angleterre adopte un système défense.--Forces des

Etats-Unis.--Organisation de la défense du Canada.--Zèle du clergé

catholique.--M. Plessis travaille à faire reconnaître officiellement le

catholicisme par le gouvernement.--Mission secrète de John Henry aux

Etats-Unis et son résultat.--Mouvement des forces américaines.--La

général Hull envahit le Canada et puis se retire.--Divers escarmouches

et combats.--Le général Brock fait prisonnier le général Hull avec ses

soldats.--Van Rensalaer envahit le Canada.--Combat de Queenston; mort du

général Brock.--Défaite de l'ennemi.--Nouvelle et inutile invasion du

Canada par le général Smith.--Le général Dearborn fait mine d'attaquer

le Bas-Canada, puisse retire.--Evénemens sur mer.--Session du

parlement.--Il élève les droits de douane pour faire face aux dépenses

de la guerre.

CHAPITRE II.

CONTINUATION DE LA GUERRE.--PAIX DE 1815.

CAMPAGNES DE 1813-1814.

Campagne de 1813--Opérations sur les lacs Erié, Ontario et

Champlain.--Combats de French town et du fort Meigs.--Attaque de

Sandusky.--Combat naval de Put-in-Bay.--Bataille de Thames.--Destruction

des Criques.--Prise de Toronto.--Le colonel Harvey surprend les

Américains à Burlington.--Black Rock est brûlé--Batailles de Chrystlers

Farm et de Châteauguay.--Retraite des armées américaines.--Surprise du

fort Niagara. Lewiston, Manchester brûlés.--Opérations sur mer.--Travaux

du parlement à Québec.--Le juge Sewell accusé va se justifier à

Londres.--Il suggère l'union de toutes les colonies.--Campagne de

1814.--Combats de Lacolle, Chippawa, Lundy's Lane.--Attaque du fort

Erié.--Défaite de Drummond.--Expédition de Plattsburgh.--Attaque des

côtes des Etats-Unis.--Washington pris et le capitole brûlé.--Bataille

de la Nouvelle-Orléans.--Cessation des hostilités.--Traité de

Gand.--Réunion des chambres.--Sir G. Prévost accusé pour sa conduite à

Plattsburgh, remet les rênes du gouvernement et passe en Angleterre,--Sa

mort.--Réhabilitation de sa mémoire.

LIVRE QUINZIÈME.

CHAPITRE I.

QUESTION DES SUBSIDES.--1816-1822.

Les dissensions entre la chambre et l'exécutif recommencent après la

guerre.--Union des colonies anglaises.--Le général Drummond.--Abus dans

le bureau des terres et des postes.--Rejet des accusations contre les

juges Sewell et Monk.--Dissolution du parlement.--Sir John Coape

Sherbrooke gouverneur.--Il transmet aux ministres un tableau de l'état

des esprits en Canada.--Instructions qu'il reçoit.--Le clergé

catholique: M. Plessis.--Le juge Sewell.--MM. Uniacke et

Marshall.--Situation des finances.--Leur confusion.--Dépenses faites

sans appropriation.--Instructions de lord Bathurst.--Droit de voter les

subsides.--Le juge Toucher accusé.--Le duc de Richmond remplace

Sherbrooke.--Reprise de la question des finances.--Liste civile

augmentée demandée pour la vie du roi--Elle est refusée.--Le juge Bedard

accusé.--Mort soudaine du duc de Richmond--Dissolution du parlement.--Le

comte de Dalhousie gouverneur.--M. Plessis à Londres.--Ses entrevues

avec lord Bathurst.--Les discussions sur la question des finances

continuent.--M. Papineau nommé au conseil exécutif.--Refus des

subsides.--Division dans le conseil législatif.--Partage des droits de

douane avec le Haut-Canada.

CHAPITRE II

PREMIER PROJET D'UNION.--- 1823-1827.

L'union des deux Canadas désirée par les Anglais de Montréal.--Ellice

est leur agent.--Histoire de la fortune de ce marchand--Le bill d'union

amené secrètement devant le parlement impérial.--Parker donne

l'alarme.--Sir James Macintosh et sir Francis Burdett avertis arrêtent

le bill dans la chambre des communes.--Nature de ce bill.--Il est

ajourné.--Sensation que la nouvelle de son introduction dans le

parlement fait dans les deux Canadas.--Pétitions contre: MM. Papineau et

Neilson députés à Londres. Habile mémoire qu'ils présentent au

gouvernement.--Les ministres abandonnent la mesure.--Paroles d'Ellice à

M. Papineau.--Appréciation d'Ellice par sir James Macintosh.--Opinion de

sir Francis Burdett sur l'union.--Entrevues de M. Papineau avec lord

Bathurst.--Opinion des hommes d'état sur la durée de l'union des

Etats-Unis.--Montant de la défalcation de Caldwell.--Affaires

religieuses.--Lord Dalhousie passe en Angleterre et revient à

Québec.--Refus des subsides.--Discours insultant de ce gouverneur en

prorogeant le parlement.

CHAPITRE III.

Crise de 1827.--1827-1828.

Nouvelle crise.--Adresse de M. Papineau et d'une partie des membres de

la chambre à leurs commettans en réponse au discours prononcé par le

gouverneur en ajournant la session.--Assemblées publiques.--Destitutions

dans la milice.--La presse.--Elections.--Réunion du parlement.--Le

gouverneur désapprouve le choix de M. Papineau comme président de

l'assemblée.--Le parlement est prorogé.--Adresses des partisans de lord

Dalhousie au roi.--Assemblées publiques dans toutes les parties du

pays.--Adresses au roi et aux deux chambres du parlement impérial.--M.

Waller rédacteur du Spectateur arrêté deux fois.--MM. Neilson, Viger et

Cuvillier députés à Londres avec les adresses des Canadiens.--M. Gale

avec celles du parti opposé.--Affaires du Canada devant le parlement

impérial. Discours de MM. Huskisson, Labouchère, sir James Macintosh,

Hume, Wilmot, Stanley dans les communes.--Les adresses sont renvoyées à

un comité.--Rapport du comité.--M. Huskisson est remplacé dans le

ministère des colonies par sir George Murray.--Le rapport du comité

n'est ni rejeté ni adopté--Sir George Murray annonce aux députés

canadiens qu'on va prendre des mesures pour faire cesser les

difficultés.--Sir James Kempt remplace lord Dalhousie eu Canada.

LIVRE SEIZIÈME.

CHAPITRE I.

LES 92 RÉSOLUTIONS.--1829-1834.

Espoir trompeur que le rapport du comité de la chambre des communes fait

naître en Canada.--Instructions de sir James Kempt.--La presse

canadienne devient plus modérée.--Ouverture des chambres.--Décision des

ministres sur la question des subsides et autres points mineurs.--Les

espérances de l'assemblée s'évanouissent.--Résolutions qu'elle

adopte.--Nouvelles adresses à l'Angleterre.--Travaux de la

session.--Session de 1830.--Réponse des ministres aux dernières

adresses.--Résolutions sur les ordonnances de milice et les

subsides.--Conseils législatif et exécutif.--Opinion de sir James Kempt

à leur sujet.--Sensation qu'elle produit.--Assemblée de

St.-Charles.--Sir James Kempt, qui a demandé son rappel, est remplacé

par lord Aylmer.--Le procureur-général Stuart suspendu.--Concessions et

réformes proposées par lord Goderich.--Appel nominal de la

chambre.--Elles sont refusées.--Faute de l'assemblée en cette

occasion.--Lord Aylmer très affecté.--Les juges Kerr et Fletcher

accusés.--Le Parlement impérial change l'acte constitutionnel pour

abandonner tous les revenus du Canada au contrôle de sa

législature.--Session de 1831-2.--Nouvelles dépêches de lord

Goderich.--Indépendance des juges.--Terres de la couronne et réserves du

clergé.--Bureau des postes.--Fin de la session.--Regret de lord Aylmer

de voir les concessions de lord Goderich si mal accueillies.--Emeute du

21 mai à Montréal.--Le choléra en Canada: ses terribles

ravages.--Assemblée des Canadiens à St.-Charles, des Anglais à

Montréal.--Réponse des ministres touchant le juge Kerr et l'indépendance

des juges.--Retour des ministres à une politique rétrograde.--Adresse au

roi pour le prier de rendre le conseil législatif électif.--Résolutions

contre l'annexion de Montréal au Haut-Canada.--Le procureur-général

Stuart et le juge Kerr destitués.--Adresse du conseil législatif au

roi.--Double vote de son président.--Townships de l'est.--Session de

1834.--Dépêches de lord Stanley sur divers sujets.--Considération de

l'état de la province.--Les 92 résolutions.--Lord Aylmer

accusé.--Adresse du conseil législatif.--Prorogation.

CHAPITRE II

LES TROUBLES DE 1837.--1835-1837.

Effet des 92 résolutions en Angleterre.--Une partie des townships de

l'est se rallie à la chambre d'assemblée.--Comité nommé dans les

communes sur nos affaires.--Débats.--Une partie du ministère anglais

résigne.--M. Stanley est remplacé aux colonies par M. Rice et plus tard

par lord Aberdeen.--Comités de district en Canada.--Nouvelles

pétitions--Lettre de M. Roebuck.--Nouveaux débats dans la chambre des

communes--Dissolution du parlement canadien.--Associations

constitutionnelles.--Rapprochement entre les libéraux du Haut et du

Bas-Canada.--Le parlement s'assemble à Québec.--Nouvelle adresse à

l'Angleterre.--Une nouvelle section de la majorité se détache de M.

Papineau.--Dépêches de lord Aberdeen.--Ministère de sir Robert

Peel.--Trois commissaires envoyés en Canada.--Lord Gosford remplace lord

Aylmer.--Chambre des lords. Ouverture du parlement canadien.--Discours

de lord Gosford.--La chambre persiste dans la voie qu'elle a prise, en

votant 6 mois de subsides qui sont refusés.--Le parlement est prorogé et

convoqué de nouveau.--Les autres colonies qui devaient faire cause

commune avec le Bas-Canada l'abandonnent et acceptent les propositions

de l'Angleterre.--Rapport des commissaires.--La conduite du ministère

approuvée.--Les assemblées continuent en Canada.--Langage des

journaux.--Agitation dans les campagnes.--Bandes d'hommes armés.--M.

Papineau descend jusqu'à Kamouraska.--Opinion réelle de la masse des

habitans.--Nouvelle session du parlement aussi inutile que les

autres.--Nouvelle adresse au parlement impérial.--Magistrats et

officiers de milice destitués.--Associations secrètes à Québec et à

Montréal, où l'on résoud de prendre les armes.--Démonstrations en faveur

du gouvernement.--Assemblée des six comtés.--Mandement de l'évêque de

Montréal.--Le gouvernement fait des armemens.--Troubles à

Montréal.--Mandats d'arrestation lancés.--Les troupes battues à

St.-Denis; victorieuses à St.-Charles.--La loi martiale

proclamée.--Plusieurs membres invitent inutilement le gouverneur à

réunir immédiatement les chambres.--Affaire de

St.-Eustache,--L'insurrection supprimée.--Troubles dans le

Haut-Canada.--Résignation de lord Gosford.--Débats dans les

communes.--Les ministres promettent de soumettre l'insurrection par les

armes.

Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à nos jours. Tome IV · 第 30 / 31 段