Tu le vois, ma fille: c'est ton petit faon chéri, ton enfant adoptif,
dont si souvent tu as guéri les blessures avec l'huile d'ingoudi,
lorsqu'il accourait vers toi, les lèvres ensanglantées par les pointes
acérées du cousa. Se souvenant avec quel soin tu lui faisais manger
dans ta propre main les grains savoureux du syamoca, il ne peut
abandonner les traces de sa bienfaitrice.
(Sacountala le baise, les yeux humides de larmes.)
Pauvre petit, pourquoi t'attacher encore à une ingrate qui se résout
ainsi à abandonner le compagnon de ses jeux? Va, de même que je t'ai
recueilli lorsque, au moment de ta naissance, tu vins à perdre ta
mère, à présent que tu souffres de ma part un second abandon, notre
bon père va te prodiguer les soins les plus tendres.
(Elle pleure sans pouvoir avancer.)