«Tel avait été le récit de l'ermite _Canoua_. Ce récit redouble la
passion de _Douchmanta_ pour la jeune fille issue d'une race divine.
Il la conjure de consentir à l'épouser sans attendre l'aveu de
l'ermite, son père adoptif. Elle résiste longtemps; mais enfin,
entraînée vers le héros par le même attrait qui entraîne le héros vers
elle:--«Eh bien!» dit-elle, les joues colorées par la divine pudeur,
«s'il est vrai qu'en consentant à être ton épouse sans le consentement
de mon père adoptif, je ne pèche pas contre la sainte voix du devoir;
s'il est vrai que je puisse, ainsi que tu me le dis, ô mon roi, (et
voudrais-tu me tromper?) disposer seule de mon coeur, écoute, ô roi,
les conditions qu'une fille timide ose apporter à son mariage avec
toi. Si un fils vient à naître de notre union, engage ta parole royale
de lui donner le titre de _jeune roi_, et à le faire reconnaître par
tes peuples comme ton légitime successeur!»
Le héros fait le serment; il prend les deux mains de Sacountala dans
les siennes, et ce signe les unit à jamais comme deux époux.