XI.

«Tel avait été le récit de l'ermite _Canoua_. Ce récit redouble la

passion de _Douchmanta_ pour la jeune fille issue d'une race divine.

Il la conjure de consentir à l'épouser sans attendre l'aveu de

l'ermite, son père adoptif. Elle résiste longtemps; mais enfin,

entraînée vers le héros par le même attrait qui entraîne le héros vers

elle:--«Eh bien!» dit-elle, les joues colorées par la divine pudeur,

«s'il est vrai qu'en consentant à être ton épouse sans le consentement

de mon père adoptif, je ne pèche pas contre la sainte voix du devoir;

s'il est vrai que je puisse, ainsi que tu me le dis, ô mon roi, (et

voudrais-tu me tromper?) disposer seule de mon coeur, écoute, ô roi,

les conditions qu'une fille timide ose apporter à son mariage avec

toi. Si un fils vient à naître de notre union, engage ta parole royale

de lui donner le titre de _jeune roi_, et à le faire reconnaître par

tes peuples comme ton légitime successeur!»

Le héros fait le serment; il prend les deux mains de Sacountala dans

les siennes, et ce signe les unit à jamais comme deux époux.

Cours familier de Littérature - Volume 01 · 第 184 / 339 题