XXXIII.

Damayanti, restée seule, s'égara en remplissant la solitude de

roucoulements semblables à ceux de la colombe.

Ici le poëte devient le plus sublime des peintres; la palette humaine

n'a en Europe ni dessins ni couleurs comparables à la description du

monde végétal au milieu duquel erre Damayanti sur les pentes de

l'Himalaya, au milieu des glaciers, des torrents, des volcans, des

rochers, des arbres d'une nature vierge et primitive. C'est la

jeunesse de la création, coulant avec une sève de vie qu'on voit et

qu'on entend sourdre aux rayons des premiers soleils. La beauté

pudique de l'amante abandonnée resplendit dans ce tableau au-dessus du

soleil lui-même; c'est l'Ève d'un autre jardin. Un tigre féroce

s'approche pour la dévorer; vaincu par sa beauté et la sainteté de

l'épouse, il se couche à ses pieds et il l'adore.

Cours familier de Littérature - Volume 01 · 第 167 / 339 题