XXXVIII.

«Où va l'homme après sa mort?» demande le disciple. «Le bien va au

bien, et le mal au mal,» répond le maître; «mais l'homme ne cesse pas

d'exister sous d'autres formes jusqu'à ce qu'il soit régénéré tout

entier dans le bien.»

Puis le dieu se définit lui-même par la voix inspirée et extatique du

maître surnaturel.

«Des hommes d'une vie rigide et laborieuse,» dit-il, «viennent devant

moi humblement prosternés, sans cesse glorifiant mon nom, et

constamment occupés à mon service. D'autres me servent en m'adorant,

moi dont la face est tournée de tous côtés: ils m'adorent avec le

culte de la sagesse, uniquement, distinctement, sous diverses formes.

Je suis le sacrifice; je suis le culte; je suis l'encens; je suis

l'invocation; je suis les cérémonies qu'on fait aux mânes des

ancêtres; je suis les offrandes; je suis le père et la mère de ce

monde, l'aïeul et le conservateur. Je suis le seul saint digne d'être

connu. Je suis le consolateur, le créateur, le témoin, l'immuable,

l'asile et l'ami. Je suis la génération et la dissolution, le lieu où

résident toutes choses, et l'inépuisable semence de toute la nature.

Je suis la clarté du soleil, et je suis la pluie. Je suis Celui qui

tire les êtres du néant et qui les y fait rentrer. Je suis la mort et

l'immortalité. Je suis _l'être!_

«Regarde ce monde comme un lieu de passage triste et court, et

sers-moi uniquement; le reste est néant! Je pardonne au pécheur quand

il revient à moi, et je purifie le souillé! Je suis dans ceux qui me

servent et m'adorent en vérité, et ils sont dans moi... Si celui qui a

mal agi revient à moi et me sert, il est aussi justifié que le

juste!... Unis ton âme à moi, et regarde-moi comme ton asile, et tu

entreras en moi!...»

Cours familier de Littérature - Volume 01 · 第 130 / 339 题