«Où va l'homme après sa mort?» demande le disciple. «Le bien va au
bien, et le mal au mal,» répond le maître; «mais l'homme ne cesse pas
d'exister sous d'autres formes jusqu'à ce qu'il soit régénéré tout
entier dans le bien.»
Puis le dieu se définit lui-même par la voix inspirée et extatique du
maître surnaturel.
«Des hommes d'une vie rigide et laborieuse,» dit-il, «viennent devant
moi humblement prosternés, sans cesse glorifiant mon nom, et
constamment occupés à mon service. D'autres me servent en m'adorant,
moi dont la face est tournée de tous côtés: ils m'adorent avec le
culte de la sagesse, uniquement, distinctement, sous diverses formes.
Je suis le sacrifice; je suis le culte; je suis l'encens; je suis
l'invocation; je suis les cérémonies qu'on fait aux mânes des
ancêtres; je suis les offrandes; je suis le père et la mère de ce
monde, l'aïeul et le conservateur. Je suis le seul saint digne d'être
connu. Je suis le consolateur, le créateur, le témoin, l'immuable,
l'asile et l'ami. Je suis la génération et la dissolution, le lieu où
résident toutes choses, et l'inépuisable semence de toute la nature.
Je suis la clarté du soleil, et je suis la pluie. Je suis Celui qui
tire les êtres du néant et qui les y fait rentrer. Je suis la mort et
l'immortalité. Je suis _l'être!_
«Regarde ce monde comme un lieu de passage triste et court, et
sers-moi uniquement; le reste est néant! Je pardonne au pécheur quand
il revient à moi, et je purifie le souillé! Je suis dans ceux qui me
servent et m'adorent en vérité, et ils sont dans moi... Si celui qui a
mal agi revient à moi et me sert, il est aussi justifié que le
juste!... Unis ton âme à moi, et regarde-moi comme ton asile, et tu
entreras en moi!...»