XI.

Elle se leva enfin au bruit de mes pas.

Je saluai la mère, qui me présenta à sa fille. Le son de sa voix

complétait son charme: c'était le timbre de l'inspiration. Son

entretien avait la soudaineté, l'émotion, l'accent des poëtes, avec la

bienséance de la jeune fille; elle n'avait, à mon goût, qu'une

imperfection, elle riait trop; hélas!... beau défaut de la jeunesse

qui ignore la destinée; à cela près, elle était accomplie. Sa tête et

le port de sa tête rappelaient trait pour trait en femme celle de

l'Apollon du Belvédère en homme; on voyait que sa mère, en la portant

dans ses flancs, avait trop regardé les dieux de marbre.

La Sibylle a un temple admirable situé au-dessus de la cascade de

Tivoli; s'il y avait eu un de ces temples au-dessus de la chute de

Terni, on n'aurait pas pu y rêver une Sibylle plus inspirée que cette

jeune fille.

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Cours familier de Littérature - Volume 01 · 第 65 / 339 题