Je compris ainsi à demi qu'il existait par ces livres, sans cesse
feuilletés sous ses mains pieuses le matin et le soir, je ne sais
quelle littérature sacrée, par laquelle, au moyen de certaines pages
qui contenaient sans doute des secrets au-dessus de mon âge, celui
qu'on me nommait le bon Dieu s'entretenait avec les mères, et les
mères s'entretenaient avec le bon Dieu. Ce fut mon premier sentiment
littéraire; il se confondit dans ma pensée avec ce je ne sais quoi de
saint qui respirait sur le front de la sainte femme, quand elle
ouvrait ou qu'elle refermait ces mystérieux volumes.