Le Lait desséché

Pourquoi dessécher le lait? N'est-ce pas une complication? Et ne

modifie-t-on pas définitivement, par là, ses éléments constitutifs? Tels

sont les arguments des adversaires du lait desséché.

Après de longues et très complètes études sur la question, M. Porcher a

voulu en faire connaître les résultats et, il les a réunis dans un

ouvrage très documenté, d'un réel et puissant intérêt, intitulé «Le lait

desséché», que «Cosmos» analyse en ces termes:

C'est dans un but économique qu'on a d'abord songé à dessécher le lait;

ce n'est qu'après un temps assez long qu'on a compris toute la valeur

hygiénique du procédé.

En effet, le lait frais contient des microbes, entre autres, celui de la

tuberculose, capables d'infecter les êtres vivants qui le boivent. Le

lait en poudre n'est pas complètement aseptique, il est vrai, _mais il

est absolument dépourvu de germes pathogènes_. A cet avantage, il joint

celui d'une très grande digestibilité. _Le dessèchement ne lui fait rien

perdre de ses qualités nutritives_, tandis qu'il le met à l'abri de la

fraude, écrémage et mouillage, si pratiquée un peu partout. Suivant une

expression pittoresque, «_le lait desséché, c'est une vache dans un

placard_». Et de fait, dans les villes, le lait, sous cette forme, se

conserve et se trouve toujours sous la main en cas de besoin urgent.

C'est surtout dans l'alimentation des jeunes enfants et même des adultes

souffrant de certaines maladies, que le lait en poudre montre toute sa

supériorité. Suivant qu'on a affaire à un bébé sain ou mal portant, on

peut, grâce à lui, modifier l'alimentation. Les poudres peuvent être en

effet, mi-grasses, grasses ou maigres. On suit aussi, beaucoup mieux,

les indications données par l'état général de l'enfant qu'on élève.

Aussi, partout où il a été employé avec méthode et discernement,

constate-t-on une diminution considérable dans la mortalité infantile. A

Gand, par exemple, le taux était de 350 décès sur 1000 enfants. Le lait

bouilli, appliqué dans une crèche de cette ville, ne donnait plus que

260 décès pour 1000. Le lait stérilisé a abaissé ce chiffre à 140.

Enfin, l'emploi du lait desséché, en 1908, l'a fait tomber à 34 pour

1000, où il se maintient depuis.

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Bulletin de Lille, 1916.05 publié sous le contrôle de l'autorité allemande · 第 101 / 126 题