Vertu curative de l'odeur des fleurs

Les fleurs n'ont pas encore livré tous leurs secrets. Parmi ceux-ci,

faut-il leur prêter une vertu curative résidant uniquement dans l'odeur

qu'elles exhalent généralement? Voici, à ce sujet, un fait intéressant

emprunté à un livre de la fin du dix-huitième siècle, l'_Essai

Météorologique_ de Toaldo. Mais est-il bien probant?

Voici, en tous cas, l'histoire:

Un homme fortuné et passionné pour les fleurs tombe dans une maladie de

langueur, étant à la campagne, et dépérit peu à peu.

Son médecin, Antoine Petit, a l'idée de faire porter le malade, alité,

dans son parterre, espérant que son amour des fleurs et de leur parfum

le rétablira. C'est bien ce qui a lieu. Après trois ou quatre heures

déjà, cela va mieux, et après quelques jours de plein air dans les mêmes

conditions, la guérison est complète.

C'est parfait, et on serait très aisé d'avoir dans les odeurs en général

un agent thérapeutique. Elles ont une action psycho-physiologique: elles

pourraient bien avoir une action sur les mouvements, non plus normaux,

mais troublés de l'âme ou du corps. Mais le cas qui précède ne prouve

pas grand chose. L'amélioration peut avoir été due au grand air et au

soleil tout simplement, au fait d'avoir soustrait le malade à quelque

influence nuisible de l'habitation; peut-être encore devait-elle se

produire sans la cure d'odeurs.

Il ne faut pas tirer de conclusions; mais continuer à réunir des faits,

en préférant ceux qui ne sont pas trop manifestement susceptibles d'une

interprétation autre que celle qui est proposée.

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Bulletin de Lille, 1916.05 publié sous le contrôle de l'autorité allemande · 第 12 / 126 题