Varsovie et à Dresde, et seulement des ministres de France. --
Arrivée subite à Paris le 18 décembre à minuit. -- Réception le
19 des ministres et des grands dignitaires de l'Empire. --
Napoléon prend l'attitude d'un souverain offensé, qui a des
reproches à faire au lieu d'en mériter, et affecte d'attacher une
grande importance à la conspiration du général Malet. --
Réception solennelle du Sénat et du Conseil d'État. -- Violente
invective contre l'idéologie. -- Afin d'attirer l'attention
publique sur l'affaire Malet, et de la détourner des événements
de Russie, on défère au Conseil d'État M. Frochot, préfet de la
Seine, accusé d'avoir manqué de présence d'esprit le jour de la
conspiration. -- Ce magistrat est condamné, et privé de ses
fonctions. -- Napoléon, frappé du danger que courrait sa
dynastie, s'il venait à être tué, songe à instituer d'avance la
régence de Marie-Louise. -- L'archichancelier Cambacérès chargé
de préparer un sénatus-consulte sur cet objet. -- Soins plus
importants qui absorbent Napoléon. -- Activité et génie
administratif qu'il déploie pour réorganiser ses forces
militaires. -- Ses projets pour la levée de nouvelles troupes et
pour la réorganisation des corps presque entièrement détruits en
Russie. -- Il reçoit des bords de la Vistule des nouvelles qui le
détrompent sur la situation de la grande armée, et qui lui
prouvent que le mal depuis son départ a dépassé toutes les
prévisions. -- Joie des Prussiens lorsqu'ils acquièrent la
connaissance entière de nos désastres. -- À leur joie succède une
violence de passion inouïe contre nous. -- Arrivée de l'empereur
Alexandre à Wilna, et son projet de se présenter comme le
libérateur de l'Allemagne. -- Actives menées des réfugiés
allemands réunis autour de sa personne. -- Efforts tentés auprès
du général d'York, commandant le corps prussien auxiliaire. -- Ce
corps en retraite de Riga sur Tilsit abandonne le maréchal
Macdonald, et se livre aux Russes. -- Dangers du maréchal
Macdonald resté avec quelques mille Polonais au milieu des armées
ennemies. -- Il parvient à se retirer sain et sauf sur Tilsit et
Lobiau. -- Le quartier général français évacue Koenigsberg, et se
replie du Niémen sur la Vistule. -- Macdonald et Ney, l'un avec
la division polonaise Grandjean, l'autre avec la division
Heudelet, couvrent comme ils peuvent cette évacuation précipitée.
-- Officiers, généraux et cadres vides courant sur Dantzig et
Thorn. -- Il ne reste au quartier général que neuf à dix mille
hommes de toutes nations et de toutes armes, pour résister à la
poursuite des Russes. -- Murat démoralisé se retire à Posen, et
finit par quitter l'armée en laissant le commandement au prince
Eugène. -- Effet que produit dans toute l'Allemagne la défection
du général d'York. -- Mouvement extraordinaire d'opinion secondé
par les sociétés secrètes, et voeu unanime de se réunir à la
Russie contre la France. -- Immense popularité de l'empereur
Alexandre. -- Premières impressions du roi de Prusse, et son
empressement à désavouer le général d'York. -- Son embarras entre
les engagements contractés envers la France, et la contrainte
qu'exerce sur lui l'opinion publique de l'Allemagne. -- Il se
retire en Silésie, et prend une sorte de position intermédiaire,
d'où il propose certaines conditions à Napoléon. -- Contre-coup
produit à Vienne par le mouvement général des esprits. --
Situation de l'empereur François qui a marié sa fille à Napoléon,
et de M. de Metternich qui a conseillé ce mariage. -- Leur
crainte de s'être trompés en adoptant trop tard la politique
d'alliance avec la France. -- Désir de modifier cette politique,
et de s'entremettre entre la France et la Russie, afin d'amener
la paix, et de profiter des circonstances pour rétablir
l'indépendance de l'Allemagne. -- Sages conseils de l'empereur
François et de M. de Metternich à Napoléon, et offre de la
médiation autrichienne. -- Comment Napoléon reçoit ces nouvelles
arrivant coup sur coup à Paris. -- Il donne un nouveau
développement à ses plans pour la reconstitution des forces de la
France. -- Emploi des cohortes. -- Levée de cinq cent mille
hommes. -- Napoléon convoque un conseil d'affaires étrangères
pour lui soumettre ces mesures, et le consulter sur l'attitude à
prendre à l'égard de l'Europe. -- Sans repousser la paix,
Napoléon veut en parler, en laisser parler, mais ne la conclure
qu'après des victoires qui lui rendent la situation qu'il a
perdue. -- Diversité des opinions qui se produisent autour de
lui. -- La majorité se prononce pour de grands armements, et en
même temps pour de promptes négociations par l'entremise de
l'Autriche. -- Napoléon, à qui il convient de négocier pendant
qu'il se prépare à combattre, accepte la médiation de l'Autriche,
mais en indiquant des bases de pacification qui ne sont pas de
nature à lui concilier cette puissance. -- Réponse peu
encourageante adressée à la Prusse. -- Immense activité
administrative déployée pendant ces négociations. -- État de
l'opinion publique en France. -- On déplore les fautes de
Napoléon, mais on est d'avis de faire un grand et dernier effort
pour repousser l'ennemi, et de conclure ensuite la paix. -- Aux
levées ordonnées se joignent des dons volontaires. -- Emploi que
fait Napoléon des 500 mille hommes mis à sa disposition. --
Réorganisation des corps de l'ancienne armée sous les maréchaux
Davout et Victor. -- Création, au moyen des cohortes et des
régiments provisoires, de quatre corps nouveaux, un sur l'Elbe,
sous le général Lauriston, deux sur le Rhin, sous les maréchaux
Ney et Marmont, un en Italie, sous le général Bertrand. --
Réorganisation de l'artillerie et de la cavalerie. -- Moyens
financiers imaginés pour suffire à ces vastes armements. --
Napoléon, tandis qu'il s'occupe de ces préparatifs, veut faire
quelque chose pour ramener les esprits, et songe à terminer ses
démêlés avec le Pape. -- Translation du Pape de Savone à
Fontainebleau. -- Napoléon y envoie les cardinaux de Bayane et
Maury, l'archevêque de Tours et l'évêque de Nantes, pour préparer
Pie VII à une transaction. -- Le Pape déjà d'accord avec Napoléon
sur l'institution canonique, est disposé à accepter un
établissement à Avignon, pourvu qu'on ne le force pas à résider à
Paris. -- Lorsqu'on est près de s'entendre, Napoléon se
transporte à Fontainebleau, et par l'ascendant de sa présence et
de ses entretiens décide le Pape à signer le Concordat de
Fontainebleau, qui consacre l'abandon de la puissance temporelle
du Saint-Siége. -- Fêtes à Fontainebleau. -- Grâces prodiguées au
clergé. -- Rappel des cardinaux exilés. -- Les cardinaux revenus
auprès du Pape lui inspirent le regret de ce qu'il a fait, et le
disposent à ne pas exécuter le Concordat de Fontainebleau. --
Napoléon feint de ne pas s'en apercevoir. -- Content de ce qu'il
a obtenu, il convoque le Corps législatif, et lui annonce ses
résolutions. -- Marche des événements en Allemagne. --
Enthousiasme croissant des Allemands. -- Le roi de Prusse, dominé
par ses sujets, se montre fort irrité des refus de Napoléon, et
s'éloigne de plus en plus de notre alliance. -- Les Russes,
quoique partagés sur la convenance militaire d'une nouvelle
marche en avant, s'y décident par le désir d'entraîner le roi de
Prusse. -- Ils s'avancent sur l'Oder, et obligent le prince
Eugène à évacuer successivement Posen et Berlin. -- Nouveau
mouvement rétrograde des armées françaises, et leur établissement
définitif sur la ligne de l'Elbe. -- Le roi de Prusse séparé des
Français, et entouré des Russes, se livre à ceux-ci, et rompt son
alliance avec la France. -- Traité de Kalisch. -- Arrivée
d'Alexandre à Breslau, et son entrevue avec Frédéric-Guillaume.
-- Effet produit en Allemagne par la défection de la Prusse. --
Insurrection de Hambourg. -- Demi-défection de la cour de Saxe,
et retraite de cette cour à Ratisbonne. -- Influence de ces
nouvelles à Vienne. -- Le peuple autrichien fort ému commence
lui-même à demander la guerre contre la France. -- La cour
d'Autriche, ferme dans sa résolution de rétablir sa situation et
celle de l'Allemagne sans s'exposer à la guerre, s'efforce de
résister à l'entraînement des esprits, et d'amener la France à
une transaction. -- Conseils de M. de Metternich. -- Napoléon,
peu troublé par ces événements, profite de l'occasion pour
demander de nouvelles levées. -- Sa manière de répondre aux vues
de l'Autriche. -- Ne tenant aucun compte des désirs de cette
puissance, il lui propose de détruire la Prusse, et d'en prendre
les dépouilles. -- Choix de M. de Narbonne pour remplacer à
Vienne M. Otto, et y faire goûter la politique de Napoléon. --
Napoléon avant de quitter Paris se décide à confier la régence à
Marie-Louise, et à lui déléguer le gouvernement intérieur de la
France. -- Ses entretiens avec l'archichancelier Cambacérès sur
ce sujet, et ses pensées sur sa famille et l'avenir de son fils.
-- Cérémonie solennelle dans laquelle il investit Marie-Louise du
titre de régente. -- Avant de partir il a le temps de voir le
prince de Schwarzenberg, dont il écoute à peine les
communications. -- Confiance dont il est plein. -- Chagrin de
l'Impératrice. -- Départ pour l'armée. 151 à 391
LIVRE QUARANTE-HUITIÈME.
LUTZEN ET BAUTZEN.
Suite de la mission du prince de Schwarzenberg. -- Ce prince
quitte Paris après avoir essayé de dire à l'Impératrice et à M.
de Bassano ce qu'il n'a osé dire à Napoléon. -- Ce qui s'est
passé à Vienne depuis la défection de la Prusse. -- La cour
d'Autriche persévère plus que jamais dans son projet de médiation
armée, et veut imposer aux puissances belligérantes une paix
toute favorable à l'Allemagne. -- Efforts de cette cour pour
ménager des adhérents à sa politique. -- Ce qu'elle a fait auprès
du roi de Saxe, retiré à Ratisbonne, pour en obtenir la
disposition des troupes saxonnes et des places fortes de l'Elbe,
et la renonciation au grand-duché de Varsovie. -- L'Autriche
ayant obtenu du roi Frédéric-Auguste la faculté de disposer de
ses forces militaires, en profite pour se débarrasser de la
présence du corps polonais à Cracovie. -- Ne voulant pas rentrer
en lutte avec les Russes, elle conclut un arrangement secret avec
eux, par lequel elle doit retirer sans combattre le corps
auxiliaire, et ramener le prince Poniatowski dans les États
autrichiens. -- Négociations de l'Autriche avec la Bavière. -- M.
de Narbonne arrive à Vienne sur ces entrefaites. -- Accueil
empressé qu'il reçoit de l'empereur et de M. de Metternich. -- M.
de Metternich cherche à lui persuader qu'il faut faire la paix,
et lui laisse entendre qu'on ne pourra obtenir qu'à ce prix
l'appui sérieux de l'Autriche. -- Il lui insinue de nouveau
quelles pourront être les conditions de cette paix. -- M. de
Narbonne ayant reçu de Paris ses dernières instructions, transmet
à la cour de Vienne les importantes communications dont il est
chargé. -- D'après ces communications, l'Autriche doit sommer la
Russie, la Prusse et l'Angleterre de poser les armes, leur offrir
ensuite la paix aux conditions indiquées par Napoléon, et si
elles s'y refusent, entrer avec cent mille hommes en Silésie,
afin d'en opérer la conquête pour elle-même. -- Manière dont M.
de Metternich écoute ces propositions. -- Il paraît les accepter,
déclare que l'Autriche prendra le rôle actif qu'on lui
conseille, offrira la paix aux nations belligérantes, mais à des
conditions qu'elle se réserve de fixer, et pèsera de tout son
poids sur la puissance qui refuserait d'y souscrire. -- M. de
Narbonne, s'apercevant bientôt d'un sous-entendu, veut
s'expliquer avec M. de Metternich, et lui demande si, dans le cas
où la France n'accepterait pas les conditions autrichiennes,
l'Autriche tournerait ses armes contre elle. -- M. de Metternich
cherche d'abord à éluder cette question, puis répond nettement
qu'on agira contre quiconque se refuserait à une paix équitable,
en ayant du reste toute partialité pour la France. -- Évidence de
la faute qu'on a commise, en poussant soi-même l'Autriche à
devenir médiatrice, d'alliée qu'elle était. -- Tout à coup on
apprend que le corps d'armée du prince de Schwarzenberg rentre en
Bohême, au lieu de se préparer à reprendre les hostilités, que le
corps polonais doit traverser sans armes le territoire
autrichien, que le roi de Saxe se retire de Ratisbonne à Prague
pour se jeter définitivement dans les bras de l'Autriche. --
Nouvelles réclamations de M. de Narbonne. -- Il insiste pour que
le corps autrichien, conformément au traité d'alliance, reste aux
ordres de la France, et demande formellement si ce traité existe
encore. -- M. de Metternich refuse de répondre à cette question.
-- M. de Narbonne attend, pour insister davantage, de nouveaux
ordres de sa cour. -- Surprise et irritation de Napoléon, arrivé
à Mayence, en apprenant la retraite du corps autrichien, et
surtout le projet de désarmer le corps polonais. -- Il ordonne au
prince Poniatowski de ne déposer les armes à aucun prix, et
enjoint à M. de Narbonne, sans toutefois provoquer un éclat, de
faire expliquer la cour d'Autriche, et de tâcher de pénétrer le
secret de la conduite du roi de Saxe. -- Napoléon, au surplus, se
promet de mettre bientôt un terme à ces complications par sa
prochaine entrée en campagne. -- Ses dispositions militaires à
Mayence. -- Bien qu'il ait préparé les éléments d'une armée
active de 300 mille hommes, et d'une réserve de près de 200
mille, Napoléon n'en peut réunir que 190 ou 200 mille au début
des hostilités. -- Son plan de campagne. -- Situation des
coalisés. -- Forces dont ils disposent pour les premières
opérations. -- L'Autriche ne voulant pas se joindre à eux avant
d'avoir épuisé tous les moyens de négociation, ils sont réduits à
100 ou 110 mille hommes pour un jour de bataille. -- Composition
de leur état-major. -- Mort du prince Kutusof, le 28 avril, à
Bunzlau. -- Marche des coalisés sur l'Elster, et de Napoléon sur
la Saale. -- Habiles combinaisons de Napoléon pour se joindre au
prince Eugène. -- Arrivée de Ney à Naumbourg, du prince Eugène à
Mersebourg. -- Beau combat de Ney à Weissenfels le 29 avril, et
jonction des deux armées françaises. -- Vaillante conduite de nos
jeunes conscrits devant les masses de la cavalerie russe et
prussienne. -- Arrivée de Napoléon à Weissenfels, et marche sur
Lutzen le 1er mai. -- Mort de Bessières, duc d'Istrie. -- Projets
de Napoléon en présence de l'ennemi. -- Il médite de marcher sur
Leipzig, d'y passer l'Elster, et de se rabattre ensuite dans le
flanc des coalisés. -- Position assignée au maréchal Ney, près du
village de Kaja, pour couvrir l'armée pendant le mouvement sur
Leipzig. -- Tandis que Napoléon veut tourner les coalisés,
ceux-ci songent à exécuter contre lui la même manoeuvre, et se
préparent à l'attaquer à Kaja. -- Plan de bataille proposé par le
général Diebitch, et adopté par les souverains alliés. -- Le
corps de Ney subitement attaqué. -- Merveilleuse promptitude de
Napoléon à changer ses dispositions, et à se rabattre sur Lutzen.
-- Mémorable bataille de Lutzen. -- Importance et conséquences de
cette bataille. -- Napoléon poursuit les coalisés vers Dresde, et
dirige Ney sur Berlin. -- Marche vers l'Elbe. -- Entrée à Dresde.
-- Passage de l'Elbe. -- Maître de la capitale de la Saxe,
Napoléon somme le roi Frédéric-Auguste d'y revenir sous peine de
déchéance. -- Ce qui s'était passé à Vienne pendant que Napoléon
livrait la bataille de Lutzen. -- M. de Narbonne recevant l'ordre
de faire expliquer l'Autriche relativement au corps auxiliaire et
au corps polonais, insiste auprès de M. de Metternich, et lui
remet une note catégorique. -- Prières de M. de Metternich pour
détourner M. de Narbonne de cette démarche. -- M. de Narbonne
ayant persisté, le cabinet de Vienne répond que le traité
d'alliance du 14 mars 1812 n'est plus applicable aux
circonstances actuelles. -- On reçoit à Vienne les nouvelles du
théâtre de la guerre. -- Bien que les coalisés se vantent d'être
vainqueurs, les résultats démontrent bientôt qu'ils sont vaincus.
-- Satisfaction apparente de M. de Metternich. -- Empressement du
cabinet de Vienne à se saisir maintenant de son rôle de
médiateur, et envoi de M. de Bubna à Dresde pour communiquer les
conditions qu'on croirait pouvoir faire accepter aux puissances
belligérantes, ou pour lesquelles du moins on serait prêt à
s'unir à la France. -- Napoléon, en apprenant ce qu'a fait M. de
Narbonne, regrette qu'on ait poussé l'Autriche aussi vivement,
mais la connaissance précise des conditions de cette puissance
l'irrite au dernier point. -- Il prend la résolution de
s'aboucher directement avec la Russie et l'Angleterre, d'annuler
ainsi le rôle de l'Autriche après avoir voulu le rendre trop
considérable, et de faire contre elle des préparatifs militaires
qui la réduisent à subir la loi, au lieu de l'imposer. -- En
attendant, ordre à M. de Narbonne de cesser toute insistance, et
de s'enfermer dans la plus extrême réserve. -- Napoléon envoie le
prince Eugène à Milan pour y organiser l'armée d'Italie, et
prépare de nouveaux armements dans la supposition d'une guerre
avec l'Europe entière. -- Réception du roi de Saxe à Dresde. --
Napoléon se dispose à partir de Dresde, afin de pousser les
coalisés de l'Elbe à l'Oder, en leur livrant une seconde
bataille. -- Leur plan de s'arrêter à Bautzen, et d'y combattre à
outrance étant bien connu, Napoléon, au lieu d'envoyer le
maréchal Ney sur Berlin, le dirige sur Bautzen. -- Arrivée de M.
de Bubna à Dresde au moment ou Napoléon allait en partir. --
Habileté de M. de Bubna à supporter la première irritation de
Napoléon, et à l'adoucir. -- Explication qu'il donne des
conditions de l'Autriche. -- Modifications avec lesquelles
Napoléon les accepterait peut-être. -- Napoléon feint de se
laisser adoucir, pour gagner du temps et pouvoir achever ses
nouveaux armements. -- Il consent à un congrès où seront appelés
même les Espagnols, et à un armistice dont il se propose de
profiter pour s'aboucher directement avec la Russie. -- Départ de
M. de Bubna avec la réponse de Napoléon pour son beau-père. -- À
peine M. de Bubna est-il parti que Napoléon, conformément à ce
qui a été convenu, envoie M. de Caulaincourt au quartier général
russe, sous le prétexte de négocier un armistice. -- Départ de
Napoléon pour Bautzen. -- Distribution de ses corps d'armée, et
marche du maréchal Ney, avec soixante mille hommes, sur les
derrières de Bautzen. -- Description de la position de Bautzen,
propre à livrer deux batailles. -- Bataille du 20 mai. -- Seconde
bataille du 21, dans laquelle les formidables positions des
Prussiens et des Russes sont emportées après avoir été
vaillamment défendues. -- Le lendemain 22, Napoléon pousse,
l'épée dans les reins, les coalisés sur l'Oder. -- Combat de
Reichenbach et mort de Duroc. -- Arrivée sur les bords de l'Oder
et occupation de Breslau. -- Détresse des souverains coalisés, et
nécessité pour eux de conclure un armistice. -- Après avoir
refusé de recevoir M. de Caulaincourt de peur d'inspirer des
défiances à l'Autriche, ils envoient des commissaires aux
avant-postes afin de négocier un armistice. -- Ces commissaires
s'abouchent avec M. de Caulaincourt. -- Leurs prétentions. --
Refus péremptoire de Napoléon. -- Pendant les derniers événements
militaires, M. de Bubna se rend à Vienne. -- Il y fait naître une
sorte de joie par l'espérance de vaincre la résistance de
Napoléon aux conditions de paix proposées, moyennant certaines
modifications auxquelles on consent, et il revient au quartier
général français. -- Napoléon, se sentant serré de près par
l'Autriche, allègue ses occupations militaires pour ne pas
recevoir immédiatement M. de Bubna, et le renvoie à M. de
Bassano. -- S'apercevant toutefois qu'il sera obligé de se
prononcer sous quelques jours, et qu'il aura, s'il refuse leurs
conditions, les Autrichiens sur les bras, il consent à un
armistice qui sauve les coalisés de leur perte totale, et signe
cet armistice funeste, non dans la pensée de négocier, mais dans
celle de gagner deux mois pour achever ses armements. --
Conditions de cet armistice, et fin de la première campagne de
Saxe, dite campagne du printemps. 392 à 603
FIN DE LA TABLE DU QUINZIÈME VOLUME.
[Notes au lecteur de ce fichier numérique:
Seules les erreurs clairement introduites par le typographe ont été
corrigées. L'orthographe de l'auteur a été conservée.
Les lettres supérieures inhabituelles ont été entourées de
parenthèses.
Le titre de l'illustration page 460 ("Scène de bataille") a été
rajouté lors de la création de ce fichier; le titre original étant
illisible.]