[1] M. de Royer, aujourd'hui premier vice-président du Sénat, a aussi
traité du procès de Fouquet dans un savant discours de rentrée à la Cour
de cassation. M. Sainte-Beuve, dans une de ses ingénieuses _Causeries du
Lundi_ t. V, a touché tous les points importants de la biographie de
Fouquet avec sa sagacité ordinaire; mais il n'a pu que les effleurer. M.
Feuillet de Conches dans un ouvrage récent (_Causeries d'un curieux_,
etc.) ne parle que de la cassette du surintendant. J'ai trouvé dans ce
livre de précieux documents, et, quoique mon travail fût presque terminé
lorsque M. Feuillet de Conches a publié le sien, j'en ai profité en
indiquant toujours la source où je puisais.
[2] Les lettres et autres pièces publiées dans le corps de l'ouvrage ont
subi quelques modifications pour l'orthographe, afin d'éviter des
irrégularités qui auraient paru choquantes. Il n'en est pas de même des
textes cités en note ou à l'Appendice: ils ont été reproduits avec le
caractère de l'époque et d'après le texte même de l'écrivain.
[3] _B. Prioli, ab excessu Ludovici XIII, de rebus Gallicis historiarum
libri XII_, 1669.--Priolo raconte, entre autres aventures où il a
figuré, ses négociations avec le duc de Longueville et son voyage en
Normandie, où il accompagna Mazarin, qui allait délivrer les Princes.
[4] Il est conservé à la Bibl. Mazarine, nº 1765.
[5] Voy. _Mémoires sur Fouquet_, t. I, p. 65 et 156
[6] Ces papiers, qui forment la véritable cassette de Fouquet, ont été
conservés par Baluze, bibliothécaire de Colbert.
[7] Ce sont les termes dont se sert le conseiller d'État de la Fosse en
parlant de Fouquet dans le Mémoire qu'il adresse au chancelier Séguier.
Voy. ce Mémoire à l'Appendice du tome Ier.
[8] Ce mot signifie, dit-on, _écureuil_ dans la langue bretonne.
[9] Ces détails sont tirés de l'épitaphe gravée sur le tombeau de
François Fouquet. Ce tombeau était placé dans la chapelle des Dames de
la Visitation, rue Saint-Antoine. Nicolas Fouquet fut enterré dans la
même chapelle.
[10] J'insiste sur ce point parce que l'erreur se trouve dans l'ouvrage
justement estimé de M. P. Clément (_Histoire de Colbert_).
[11] Le père Griffet a donné dans son _Histoire de Louis XIII_ (t. II,
p. 224;) le nom des juges du maréchal de Marillac. Il existe d'ailleurs
dans les papiers de la famille d'Argenson (_Bibl. imp. du Louvre, ms.
F._ 325, t. XVIII, fol. 100 et sq.), une relation de ce procès rédigée
par un d'Argenson qui était procureur général de la commission. Il n'y
est pas question de François Fouquet.
[12] Ce fait est constaté par les papiers des d'Argenson, cités plus
haut.
[13] Barbeau, Barbel ou Barbeaux (département de Seine-et-Marne), était
une abbaye d'hommes de l'ordre de Citeaux, qui valait 20,000 livres de
rente.
[14] On trouvera dans mon _Histoire de l'administration monarchique en
France_, (t. I, p. 291 et suiv.), les détails relatifs à l'organisation
des intendants par Richelieu.
[15] Ce fait est établi par une lettre de Mazarin à Fouquet en date du
15 janvier 1643.
[16] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. I, p. 199, 200 et 201. Cet
ouvrage fait partie de la collection des _Documents inédits relatifs à
l'histoire de France_.
[17] Voy. ce rapport a l'Appendice.
[18] Voy. la réponse de Mazarin à Nicolas Fouquet en date du 30
septembre 1647.
[19] Carnet XI, fol. 85. Les carnets de Mazarin font partie des
manuscrits de la Bib. imp. F. Baluze.
[20] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. I, p. 680, 681.--Voy. aussi les
lettres de Fouquet à Mazarin conservées aux archives des affaires
étrangères, FRANCE t. CXXII.
[21] _Journal d'Olivier d'Ormesson_. _Ibidem._
[22] Ces pièces se trouvent dans le _Choix de Mazarinades_, publié par
M. Moreau pour la _Société d'hist. de France_, t. I, p. 208.
[23] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. 1, p. 681.
[24] _Ibidem._ p. 801.
[25] Les sieurs Fouquet et de la Marguerie, tous deux maistres des
requestes, vont à la suite de la cour.» _Journal de Dubuisson-Aubenay_,
à la date du 1er février 1650. Voy. sur ce journal, qui fait partie
des manuscrits de la bibliothèque Mazarine, mon Introduction en tête du
premier volume du _Journal d'Olivier d'Ormesson_.
[26] Même journal, à la date du 1er décembre 1650.
[27] «M. de Mesmes a dit que les parlements tenoiont un rang au-dessus
des états généraux, étant comme médiateurs entre le peuple et le roi.»
_Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. I, p. 698. Le _Journal de
Dubuisson-Aubenay_ confirme ce fait: «Le président de Mesmes a dit que
le parlement ne députe et n'assiste jamais aux états généraux, _qui lui
sont inférieurs_.»
[28] On peut consulter sur le parlement de Paris les _Mémoires d'Omer
Talon_ et de _Mathieu Molé_, le _Journal d'Olivier d'Ormesson_, le
_Journal du parlement_, l'_Histoire du temps_, les _Treize Parlements de
France_, par la Roche Flavin, les _Éloges des premiers présidents du
parlement de Paris_, par l'Hermite, les _Présidents à mortier du
parlement de Paris_, par Blanchard, etc.
[29] Gustave-Adolphe, roi de Suède, et Louis de Bourbon, prince de
Condé.
[30] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. I, p. 563, 566.
[31] _Ibidem._ p. 433.
[32] _Ibidem._ p. 430, 440.
[33] _Ibidem._ p. 673 et 676, texte et notes.
[34] _Ibidem._ p. 708, 709 et 710.
[35] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. I, p. 660.
[36] _Ibidem._ p. 719 et 720.
[37] Voici le titre complet: _Histoire du temps, ou véritable récit de
ce qui s'est passé dans le parlement depuis le mois d'août 1647 jusques
au mois de novembre 1648_ (Paris, 1649). Cet ouvrage a été attribué à un
conseiller au Parlement nommé Portail.
[38] Il y avait à Paris trois cours souveraines, outre le parlement,
savoir: la Chambre des comptes, la Cour des aides et le Grand Conseil.
[39] _Histoire du temps_, p. 81-82.
[40] _Histoire du temps_, p. 83.
[41] _Négociations relatives à la succession d'Espagne_ par M. Mignet,
t. I, p. 178.
[42] Voy. les preuves de ce dernier projet à l'Appendice.
[43] Voy. le _Catalogue des partisans_ dans le _Choix des Mazarinades_,
publié par la _Société d'histoire de France_, 1. I, p. 113.
[44] On trouvera la preuve de toutes ces assertions dans la
correspondance du cardinal Mazarin, qui doit faire partie de la
collection des _Documents inédits relatifs à l'Histoire de France_.
[45] Lettre du cardinal Mazarin à l'abbé Fouquet, en date du 16 mai
1651.
[46] Hugues de Lyonne était secrétaire du cardinal. Il fut, après sa
mort, secrétaire d'État chargé des affaires étrangères de 1661 à 1671,
époque de sa mort.
[47] Lettre de Mazarin à Hugues de Lyonne (mai 1651) dans le recueil des
_Lettres du cardinal Mazarin_, publié par M. Ravenel pour la _Société
d'histoire de France_, p. 69.
[48] François-Christophe de Lévis, duc de Damville.
[49] Lettre de Mazarin à de Lyonne, ibid., p. 70.
[50] Lettre de Mazarin à de Lyonne. _ibid._, p. 81.
[51] On sait que l'on désignait sous ce nom les Bouteville, les Chabot,
les Jarzé, etc., en un mot toute la jeunesse brillante et insolente qui
faisait cortége au prince de Condé et imitait ses vices plus encore que
son courage.
[52] Lettre de Mazarin à l'abbé Fouquet en date du 18 juin 1651.
[53] Lettre du 4 juillet 1651.
[54] Lettre de Mazarin à l'abbé Fouquet en date du 15 août 1651.
[55] Charlotte Saumaise de Chazan, mariée à Léonor de Flesselles, comte
de Brégy. Elle était femme de chambre de la reine.
[56] Lettre de Mazarin à l'abbé Fouquet, en date du 13 décembre 1651.
[57] _Ibidem._
[58] Lettre du 11 janvier 1652.
[59] Voy. les _Mémoires du cardinal de Retz_, édit. Charpentier, t. III,
p. 309.--Les assertions de Retz sont confirmées par les lettres de
Mazarin à l'abbé Fouquet.
[60] Cet ouvrage, publié par la _Société de l'histoire de France_, a été
édité et annoté par MM. Leroux de Lincy et Douët d'Arcq.
[61] _Registres de l'Hôtel de Ville_, t. I, p. 98. _Le Journal d'Olivier
d'Ormesson_ (t. I, p. 616) confirme les détails donnés par les
_Registres de l'Hôtel de Ville_, et trop souvent oubliés par les
historiens de la Fronde.
[62] Lettre de Mazarin à l'abbé Fouquet, en date du 31 janvier 1652.
[63] _Mémoires de Retz_, édit. Charpentier, t. IV, p. 12.
[64] Voy. les _Mémoires du cardinal de Retz_, même édit., t. III, p.
322, 336, 338.
[65] Voy. _Mémoires du cardinal de Retz_, _Ibidem._ p. 330.
[66] On trouve dans les lettres de Mazarin des détails sur les missions
de Ruvigny et de Damville, envoyés par la cour près du duc d'Orléans. Le
cardinal de Retz parle longuement, dans ses Mémoires, des efforts du duc
de Damville pour entraîner Gaston.
[67] Lettres de Mazarin à l'abbé Fouquet, des mois de janvier et février
1652.
[68] Voy. les _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, édit.
Charpentier, t. I, p. 345 et suiv.
[69] Voy. la _Correspondance de Richelieu_ dans les _Documents inédits
relatifs à l'histoire de France_. Un grand nombre de lettres de
Richelieu sont adressées à Chavigny.
[70] Mazarin l'en accusa formellement dans ses Carnets.
[71] Voy. sur la conduite de Chavigny en août et septembre 1648, la note
de la page 584 du t. I du _Journal d'Olivier d'Ormesson_.
[72] Claude de Saint-Simon, dont il s'agit ici, est le père de l'auteur
des Mémoires.
[73] Cette lettre est autographe comme toutes celles de Claude de
Saint-Simon qui sont citées dans ce chapitre.
[74] _Mémoires de Saint-Simon_ (édit. Hachette, in-8º), t. I, p. 63.
[75] Si l'on voulait rechercher une explication à ces graves erreurs de
Saint-Simon, il faudrait d'abord reconnaître que l'auteur des Mémoires
n'a pas connu Chavigny, mort près de vingt ans avant sa naissance, et
qu'écrivant longtemps après ces événements, il ne les a racontés que
d'après les conversations de son père. Ce dernier, qui se vantait
d'avoir rendu de grands services à Anne d'Autriche pendant la Fronde
(Voy. _Mémoires de Saint-Simon_, _ibid._, p. 74 et 75), fut cependant
tenu jusqu'à la fin de sa vie dans une sorte de disgrâce: on avait saisi
à la mort de Chavigny les lettres que Saint-Simon lui adressait, et
elles furent mises sous les yeux de Mazarin, qui y était fort maltraité.
De là la disgrâce de Claude de Saint-Simon; de là aussi probablement son
ressentiment contre Chavigny, qu'il accusa d'avoir livré ses lettres et
qu'il traita comme un traître devant son fils. L'auteur des Mémoires,
infidèle en cela aux règles de critique historique qu'il proclame bien
haut, accepta sans discussion toutes les accusations de son père et les
a consignées dans ses écrits. Cet exemple seul suffirait pour prouver
qu'on ne doit consulter qu'avec beaucoup de circonspection les _Mémoires
de Saint-Simon_.
[76] La cour rentra à Paris le 18 août 1649.
[77] Mademoiselle de Chevreuse, dont il est souvent question dans les
_Mémoires du cardinal de Retz_.
[78] Claire-Clémence de Maillé-Brézé, femme du prince de Condé.
[79] Dans cette lettre tous les noms sont indiqués par des chiffres;
mais, comme le chiffre est traduit, je me suis borné à donner la
traduction.
[80] On a déjà parlé de la modération philosophique qu'affectait
Chavigny.
[81] Ces lettres de Claude Saint-Simon tombèrent, comme je l'ai déjà
dit, entre les mains de Mazarin, et c'est dans les papiers du cardinal
que je les ai trouvées.
[82] Hugues du Lyonne, dont on a déjà parlé plus haut, était neveu
d'Abel Servien.
[83] Il est inutile de relever la partialité de pareilles appréciations.
J'ai signalé plus haut (p. 15 et 16) les services rendus par Mazarin
dans la politique extérieure.
[84] On peut consulter sur ce sujet l'_Histoire de la paix de Wesphalie_
par le père Bougeant. On y trouvera de curieux détails sur la lutte de
d'Avaux et de Servien.
[85] On a vu plus haut que Claude d'Avaux était frère du président Henri
de Mesmes.
[86] Cette déclaration a été publiée dans les _Mémoires_ de Pierre Lenet
p. 204 et 205 (édit. Michaud et Poujoulat)
[87] Carnet XIII, p. 77.
[88] Carnet XIII, p. 76.
[89] _Mémoires_ de Pierre Lenet, édit. cit., p. 198.
[90] C'est-à-dire du côté du prince de Condé, qui avait son hôtel au
faubourg Saint-Germain.
[91] Carnet XIII, p. 41.
[92] Carnet XIII, p. 16, 17.
[93] _Ibidem._ p. 18.
[94] _Ibidem._ p. 45
[95] Carnet XIII, p. 93.
[96] Il s'agit probablement, dans ce passage, de Paul de Gondi.
[97] Carnet XIII, p. 95, et _Mémoires de madame de Motteville_, à
l'année 1649.
[98] Carnet XIV. p. 1.
[99] _Ibid._, p. 79
[100] Le duc de Saint-Simon, auteur des Mémoires, présente son père
comme un modèle de fidélité pendant la Fronde (édit. Hachette, t. I. p.
73). Il ignore complètement, ou du moins passe sous silence les
intrigues que nous venons de retracer d'après les documents les plus
authentiques. Quant à la conduite de Claude de Saint-Simon à Blaye, il
n'est pas de notre sujet de la raconter; mais on trouvera dans les
Mémoires de Pierre Lenet et du duc de La Rochefoucauld des détails
précis et circonstanciés qui permettront de contrôler les assertions de
Saint-Simon.
[101] Voy. les Mémoires de Montglat. Pierre Lenet, Retz, etc., à la date
d'avril 1651.
[102] Ce pamphlet a été réimprimé à la fin du t. III des _Mémoires du
cardinal de Retz_ (édit. Charpentier).
[103] Bernardin de Bourqueville, baron de Clinchamp
[104] T. III, p. 342, édit. Charpentier.
[105] Pierre Séguier, dont le gendre, duc de Sully, avait livré le
passage de la Seine, près de Mantes, à l'armée espagnole. C'est un fait
que douze ans plus tard Nicolas Fouquet rappellera à Séguier, devenu son
juge.
[106] Jacques Tubeuf, président de la chambre des comptes.
[107] Lettre par laquelle le roi annonçait la prise d'Angers au maréchal
de l'Hôpital, gouverneur de Paris.
[108] Conseiller au parlement, connu sous le nom de Fouquet-Croissy.
[109] _Mémoires d'Omer-Talon et du cardinal de Retz_, à la date du 25
mars.--Les détails que nous donnons sont tirés du _Journal de
Dubuisson-Aubenay_, qui est beaucoup plus circonstancié que les mémoires
Comme Dubuisson-Aubenay était attaché à l'hôtel de Nevers et y habitait,
son récit inspire la plus grande confiance. Il place cette émeute au 2
avril
[110] L'hôtel de Nevers était situé sur l'emplacement qu'occupent
maintenant la Monnaie et la rue Guénégaud. Il était habité à cette
époque par a femme du secrétaire d'État, Duplessis-Guénégaud.
[111] Bibl. imp., mss. f. Gaignières, nº 2799, fol. 50.
[112] Voy. les _Mémoires de Gourville_, à la date d'avril 1652. Le récit
de Gourville est d'autant plus curieux qu'il fut dans cette expédition
le compagnon et le guide de Condé.
[113] _Mémoires d'Omer-Talon_ (édit. Michaud et Poujoulat), p. 479.
[114] Mathieu Molé accompagnait le roi on qualité de garde des sceaux.
[115] _Mémoires d'Omer-Talon_, ibidem, p. 475.
[116] _Mémoires d'Omer-Talon_, p. 476,
[117] _Ibidem._ p. 477.
[118] _Ibidem._ Le discours du premier président Amelot a été publié
dans les _Mémoires de Conrart_ (édit. Michaud et Poujoulat), p. 541.
[119] _Mémoires d'Omer-Talon_, p. 478.
[120] On donnait ce nom aux juridictions sans appel, comme celle du
parlement, de la chambre des comptes et de la cour des aides.
[121] Cet hôtel était situé sur l'emplacement qu'occupe maintenant
l'Odéon. Les rues de Condé et de Monsieur-le-Prince en indiquent les
limites et en rappellent le souvenir.
[122] _Mémoires d'Omer-Talon_ (25 avril 1652); le fait de l'arrestation
de Fouquet y est mentionné sans détails, et placé à la date du 25.--Les
circonstances que je viens de rappeler sont tirées du journal inédit de
Dubuisson-Aubenay, qui donne la date du 24 avril. M. Walckenaer, dans
ses Mémoires si intéressants sur madame de Sévigné, a eu tort de placer
l'arrestation de l'abbé Fouquet après la mort de mademoiselle de
Chevreuse, qui n'a eu lieu qu'en novembre 1652.
[123] Mémoires d'Omer-Talon, p. 478
[124] _L'Esprit de paix_, dans le _Choix des Mazarinades_, t. II, p.
376.
[125] C'est-à-dire des titulaires d'offices; on désignait surtout par ce
nom les magistrats.
[126] Marchin, ou Marsin, était un des généraux dévoués à Condé.
[127] _Mémoires de la Rochefoucauld, de madame de Motteville_ et _de
Retz_, etc. à la date d'avril 1652.
[128] _Mémoires de madame de Motteville_, à l'année 1652 (avril).
[129] Voy. les _Mémoires d'Omer-Talon_, à la date de mai 1652.
[130] _Mémoires du cardinal de Retz_, à l'année 1652; voy., parmi ces
pamphlets, les _Intrigues de la paix_, écrit attribué à Gui Joli, un des
partisans dévoués de Paul de Gondi; le _Vraisemblable sur la conduite de
Mgr le cardinal de Retz; le vrai et le faux du prince de Condé et du
cardinal de Retz_.
[131] Voy., sur la négociation de Gourville, les _Mémoires de la
Rochefoucauld_ et _de madame de Motteville_. Gourville lui-même n'en dit
que quelques mots dans ses Mémoires.
[132] _Mémoires_, éd t. Michaud et Poujoulat, p. 478.
[133] Voy. sur cet enlèvement les _Mémoires de madame de Motteville_.
[134] _Mémoires de madame de Motteville_, à l'année 1649.
[135] Voy. les _Mémoires de madame de Motteville_ et _de la
Rochefoucauld_, à l'année 1652.
[136] Le bourg de Merlou, Marlou ou Mello, est situé sur le Therain, à
peu de distance de Clermont-en-Beauvaisis (Oise). Loret parle de ce don
dans sa _Gazette_ ou _Muse historique_, du 12 mai 1652:
Monsieur le prince...
A donné d'un cÅ“ur magnanime.
A cette beauté rarissime
Sa riche maison de Merlou,
Terre propre à chasser le lou,
Et qui vaut de valeur présente
Plus de dix mille écus de rente.
[137] _Mémoires d'Omer-Talon, ibid._, p. 479.--Voy. aussi les _Mémoires
de Gui Joli, ibid._, p. 73. et surtout ceux de Conrart, p. 544, 599.
[138] Omer-Talon, _Ibid._, p. 480.
[139] La minute écrite de sa main se trouve dans un manuscrit de la Bib.
imp., F. Gaignières, nº 2799, fol. 296 sq.
[140] Omer-Talon, qui se faisait de l'éloquence parlementaire une idée
qu'il nous serait difficile d'adopter, dit dans ses Mémoires (_Ibid._,
p. 485), «que le talent du procureur général (Nicolas Fouquet) n'était
pas d'être élégant; mais, ajoute-t-il, il était fort bon négociateur, et
capable des habitudes du cabinet dans lesquelles il avait été nourri.»
[141] La majorité de Louis XIV avait été proclamée au parlement le 7
septembre 1651.
[142] _Mémoires d'Omer-Talon_, édit. Michaud et Poujoulat, p. 480.
[143] Elle se trouve dans les manuscrits de la Bibl. Imp., F.
Gaignières, nº 2799, fol. 289, 301. Ou voit par les _Mémoires
d'Omer-Talon, ibid._, p. 485, que Fouquet, fit cette relation le 16 mai.
[144] Mathieu Molé, qui cumulait cette charge avec celle de premier
président du parlement de Paris.
[145] Ces mots sont soulignés dans le manuscrit
[146] Duplessis-Guénégaud, un des quatre secrétaires d'État.
[147] Le duc d'Anjou était Philippe de France, frère du roi. Il porta
dans la suite le nom de duc d'Orléans.
[148] Le prince Thomas de Savoie-Carignan
[149] Duc de la Vieuville.
[150] Les quatre secrétaires d'État étaient alors Michel le Tellier,
Loménie de Brienne, Duplessis-Guénégaud et Phélypeaux de la Vrillière.
[151] Voy. dans les _Mémoires de Conrart_ (p. 548, édit. Michaud et
Poujoulat), les insultes auxquelles la duchesse de Bouillon avait été
exposée.
[152] Mémoires d'Omer-Talon, ibid., p. 484.
[153] Charlotte de Valençay, marquise de Puisieux ou Pisieux. Elle était
veuve depuis 1640 et mourut en 1677, à quatre-vingts ans. Saint-Simon
l'a caractérisée en quelques lignes: «C'était une femme souverainement
glorieuse, que la disgrâce n'avait pu abattre, et qui n'appelait jamais
son frère le conseiller d'État que: _mon frère le bâtard_. On ne peut
avoir plus d'esprit qu'elle en avait, et, quoique impérieux, plus tourné
à l'intrigue.»
[154] _Mémoires d'Omer-Talon, ibid._, p. 484, 485.
[155] _Mémoires de Conrart_ (édit. Michaud et Poujoulat), p. 551.
[156] Journal de Dubuisson-Aubenay, à la date du 13 mai 1652.
[157] _Mémoires du cardinal de Retz_, à l'année 1652.
[158] _Journal de Dubuisson-Aubenay_, à la date du 1er juin.
[159] _Mémoires de Conrart_, p. 557 (édit. Michaud et Poujoulat).
[160] Voy. les _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, à l'année
1652. Les _Mémoires de Conrart_ (p. 557) parlent du cynisme du duc de
Lorraine.
[161] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, édit. Charpentier, 1,
II. p. 75.
[162] _Ibidem._ p. 76.--Voy. aussi les _Mémoires de Conrart_ (édit.
Michaud et Poujoulat), p. 557.
[163] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, p. 76,77.
[164] Le jeune Brienne (_Mémoires_ publiés par M. Barrière, t. II, p.
178) dit que Laigues était le mari de conscience de madame de Chevreuse.
Voy. aussi l'ouvrage de M. Cousin, intitule: _Madame de Chevreuse_
[165] Retz, qui ne connaissait que trop les mystères de l'hôtel de
Chevreuse, le dit positivement (_Mémoires_, édit. Charpentier, t. IV, p.
11 et 14): «Elle devint amoureuse de l'abbé Fouquet au point de
l'épouser s'il eût voulu.» Comme nous l'avons déjà dit, l'abbé Fouquet
n'était pas prêtre, et les portraits de Nanteuil lui donnent une
physionomie vive et spirituelle, qui explique ses succès auprès des
dames du plus haut rang.
[166] _Mémoires du cardinal de Retz_, t. IV, p. 20 et 30 (édit.
Charpentier).
[167] _Ibidem._ p. 30
[168] Le lundi était le 10 juin.
[169] _Mémoires_, t. II, p. 82 (Édit. Charpentier).--Voy. _Mémoires de
Conrart_. p. 560 (édit. Michaud et Poujoulat)
[170] Charles II qui s'était retiré en France. On voit par les _Mémoires
de mademoiselle de Montpensier et de madame de Motteville_, que le roi
d'Angleterre fut employé dans les négociations avec le duc de Lorraine
[171] Voy. entre autres dans le _Choix des Mazarinades_ (t. II, p. 367)
la pièce intitulée: _L'ordre et la cérémonie qui se doit observer, tant
en la descente de la châsse, de sainte Geneviève qu'en la procession
d'icelle_, etc.
[172] Ces quatre magistrats étaient officiers du Châtelet, c'est-à-dire
qu'ils remplissaient des offices de judicature au tribunal de ce nom.
[173] _Mémoires_, à l'année 1652.
[174] Voy. les _Mémoires d'Omer-Talon_, à la date du 18 juin 1652
[175] Omer-Talon, _Ibid._, p. 491. édit. Michaud et
Poujoulat.--_Mémoires de Conrart, ibid._, p. 561.
[176] Omer-Talon, _Mémoires_, à la date du 18 juin 1652.
[177] Omer-Talon, _Ibid._; Conrart, _Mémoires_, p. 561.
[178] Les _Mémoires de Conrart_ donnent les détails les plus curieux et
les plus circonstanciés sur l'anarchie qui régnait alors dans Paris.
[179] Omer-Talon, _Ibid._, p. 492.
[180] _Mémoires, ibid._, p. 492.--Comparer les _Mémoires de Conrart_, p.
564.
[181] _La guerre des Ménardeaux, ou la fameuse bataille de la rue
Neuve-Saint-Louis, donnée entre quelques brigades de la compagnie de la
milice_ _de Paris, le 25 juin 1652, avec l'apologie des vainqueurs et
l'oraison funèbre des morts, en vers façon de burlesque, par un disciple
de Scarron._
[182] Voy. p. 71-72.
[183] Le couvent des Récollets, qui est devenu un hôpital, avait donné
son nom à la _rue des Récollets_, qui s'appelle maintenant _rue Bichat_.
[184] L'avis n'est pas signé; mais il est écrit de la main de Nicolas
Fouquet. On voit par les _Mémoires de Turenne_ que ce fut par suite de
l'avis donné à la cour que ce général fit avancer son armée.
[185] Ces détails sont tirés du récit d'un partisan de Mazarin, conservé
dans les papiers du cardinal.
[186] Voy. _Mémoires de Turenne_ à l'année 1652.
[187] _Mémoires de Turenne, ibid._, p. 444 (édit. Michaud et Poujoulat).
On voit par les _Mémoires de Conrart_ (Ibid., p. 566) que le maréchal de
Turenne, ancien général de la Fronde, n'était pas à l'abri des soupçons
de la cour.
[188] Mémoires de mademoiselle de Montpensier (édit. Charpentier), t.
II, p. 99.
[189] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier, ibid._, p. 109.
[190] Dubuisson-Aubenay, _Journal_, à la date du 2 juillet.
[191] _Journal de Dubuisson-Aubenay_, à la date du 4 juillet. Cet usage
vint, dit-on, de ce que les soldats de l'armée des princes avaient
porté, pendant le combat de la porte Saint-Martin, de la paille à leurs
chapeaux pour se distinguer des troupes royales.
[192] Voy. sur ces élections les _Mémoires de Conrart. (Ibid._, p. 567.)
[193] _Registres des délibérations de l'Hôtel de Ville_, pendant la
Fronde.--_Mémoires de Conrart. (Ibid._, p. 568.)--_Récit véritable de
tout ce gui s'est passé à l'Hôtel de Ville touchant l'union de Messieurs
de ville et du parlement avec Messieurs les princes pour la destruction
du cardinal Mazarin_, dans le _Choix des Mazarinades_, t. II, p. 379.
[194] Conrart, _Ibid._, p. 567.
[195] _Ibid._, p. 569.
[196] Conrart, _Ibid._ «Ces gens-là, dit Conrart, avaient défoncé plus
de cinquante muids de vin dont ils s'étoient enivrés.»
[197] Conrart, _Ibid._, p. 574.--Voy., dans le _Choix des Mazarinades_
(t. II, p. 383), _la liste générale de tous les morts et blessés, tant
Mazarins que bourgeois de Paris, à la généreuse résolution faite à
l'Hôtel de Ville pour la destruction entière des Mazarins_, etc.
[198] Rue actuelle de la Monnaie, à l'extrémité septentrionale du pont
Neuf.
[199] _Journal de Dubuisson-Aubenay_, à la date du 4 juillet 1652.
[200] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_ (édit. Charpentier), t.
II, p. 121 et suiv.
[201] _Ibidem._ p. 128.
[202] _Journal de Dubuisson-Aubenay_, à la date du 4 juillet 1652.
[203] Dubuisson-Aubenay, _Ibid._--Conrart, rappelant le même fait
(_Mémoires_, p. 577), dit que c'étaient des soldats du régiment de
Valois.
[204] Dubuisson-Aubenay, _Ibid._
[205] Voy. les _Mémoires d'Omer-Talon_, p. 501. «Quant à moi, je n'ai
participé ni de mon suffrage ni de ma présence à tout ce qui s'est fait
depuis le 1er juillet, m'étant dispensé d'aller au Palais, sachant
bien que toute sorte de résistance et de contradiction était inutile;
que la force était supérieure, et que l'on pouvait intimider, violenter
et contraindre les suffrages à faire toutes choses sans rien excepter...
M. le procureur général n'a pas été non plus au Palais parce qu'il était
sorti de Paris, ni M. Bignon, lequel était incommodé aussi bien que
moi.»
[206] Il s'agissait probablement de livrer au roi une des portes de
Paris.
[207] Voy., pour les détails, le _Journal de Dubuisson-Aubenay_ (juillet
1652).
[208] _Ibid._, à la date du 11 juillet.--Voy. aussi les _Mémoires
d'Omer-Talon_, à la même date.
[209] Omer-Talon, _ibid._, à la date du 11 juillet.
[210] _Ibidem._
[211] _Ibidem._ à la date du 13 juillet.
[212] Voy. plus haut, p. 79
[213] _Mémoires d'Omer-Talon, ibid._
[214] _Ibidem._
[215] Voy. plus haut, p. 79-80.
[216] Voy. plus haut. p. 125.
[217] On a vu plus haut que ce prévôt était Pierre Broussel.
[218] Il s'agit ici du retour du cardinal Mazarin. Ce passage confirme
ce que nous savons aussi par les Mémoires contemporains, que Condé
négociait avec la cour et songeait à conclure avec elle un traité
particulier.
[219] Le parlement devait se réunir le mardi 16 juillet, et on craignait
que l'union avec les princes n'y fût proclamée.
[220] C'est-à-dire que l'on considère toujours le parlement et le corps
de ville comme légalement constitués tant qu'il n'a paru aucune
ordonnance du roi annulant leurs actes.
[221] Les Mémoires contemporains prouvent, en effet, qu'à cette époque
même les princes traitaient avec les Espagnols et les appelaient à leur
secours. On lit dans le _Journal de Dubuisson-Aubenay_, à la date du 11
juillet 1652: «Grand bruit de par les partisans des princes que
l'avant-garde de l'archiduc, venant pour les secourir, est à Beauvais.
Courrier pour cela aposté au palais d'Orléans (au Luxembourg), et
lettres supposées de toutes parts. Autres du sieur de la Roque,
capitaine des gardes du prince de Condé, portant qu'il y a vingt mille
hommes près d'entrer des Pays-Bas en France. Autres des gens des
Pays-Bas à leurs correspondants à Paris que le comte de Fuensaldagne est
à Valenciennes avec grosses troupes, et grand attirail comme pour faire
un siège ou de la Bassée ou de Dunkerque.»
[222] L'administration municipale avait été changée à Paris le 6
juillet, comme on l'a vu plus haut, à la suite des scènes de violence du
4 juillet.
[223] Fouquet parle des députés du parlement qui s'étaient rendus à
Saint-Denis pour traiter avec la cour.
[224] Le président de Nesmond était chef de cette députation. On a vu
plus haut que les autres présidents à mortier avaient quitté Paris.
[225] Le garde des sceaux était alors Mathieu Molé, qui était en même
temps premier président du parlement.
[226] Jean-Édouard Molé, appelé ordinairement le président de
Champlâtreux.
[227] La fille aînée de Mathieu Molé avait épousé Jean Molé, son cousin,
qui était président dans la cinquième chambre des enquêtes du parlement.
[228] Conseiller de la grand'chambre du parlement de Paris. Il avait un
frère lieutenant général du présidial de Lyon, ville dont le maréchal de
Villeroy était gouverneur.
[229] Conseiller de la première chambre des enquêtes. Il est ainsi
caractérisé dans le _Tableau du parlement_: «Bon homme, un peu patelin,
bien intentionné, appliqué au métier; est capable d'ouverture; un peu
faible et vacillant; sans intérêt. Son frère le jésuite et les dévots
ont crédit auprès de lui; est fort ami de M. le président de Bailleul.»
[230] Conseiller de la quatrième chambre des enquêtes.
[231] Il y avait un Bragelonne président de la deuxième chambre des
enquêtes; son beau-frère se nommait de Marle.
[232] Ce Bonneau était un des fermiers des gabelles. Voyez le _Catalogue
des partisans_ dans le _Choix des Mazarinades_, t. I, p. 118.
[233] Bonneau fils était conseiller de la cinquième chambre des
enquêtes.
[234] Ménardeau-Champré est mentionné dans le _Tableau du parlement_
comme conseiller de la grand'chambre, avec l'appréciation suivante
«Très-capable, ferme, opiniâtre, sûr, intéressé et dévoué à la cour.» Il
ne faudrait pas attacher au mot _intéressé_ le sens qu'on lui donnerait
aujourd'hui et qui ferait accuser ce conseiller d'avarice. Il indique
une disposition opposée à celle qui a été marquée plus haut, pour le
conseiller Fraguier, par ces mots: _sans intérêt_, c'est-à-dire
n'obéissant pas à un autre sentiment que celui de la justice.
[235] Sévin était également conseiller de la grand'chambre: «Habile
homme, sûr quand il promet, intéressé, de nul crédit et de nulle estime
dans sa compagnie, aime la débauche,» etc. (_Tableau du parlement_.)
[236] Également conseiller de la grand'chambre: «A une grande déférence
à M. Sévin, qui le peut engager à tout; est intéressé comme lui.»
(_Ibid._)
[237] Conseiller-clerc de la grand'chambre: «Très-habile, très-fier,»
etc. (_Ibid._)
[238] Conseiller de la grand'chambre: «A de l'extérieur et est peu de
chose au fond; faible, timide, dévoué entièrement à la cour, intéressé,»
etc. (_Ibid._)
[239] François de Verthamont, conseiller d'État. Il est l'auteur du
_Diaire_ ou _Journal du voyage du chancelier Séguier en Normandie_,
publié par M. Floquet. (Rouen, 1842. 1 vol. in-8e).
[240] Rohan-Chabot, un des partisans du prince de Condé, demandait que
le parlement enregistrât ses lettres de duc et pair.
[241] Le substitut du procureur général se nommait Beschefer. Il en est
souvent question dans les _Mémoires d'Omer-Talon_.
[242] Les lettres patentes pour l'érection de Château-Thierry en duché
n'avaient pas encore été enregistrées par le parlement.
[243] Le duc de Rohan fut reçu le 15 juillet. Ainsi le Mémoire de
Nicolas Fouquet est bien du 14 juillet, comme nous l'avons indiqué plus
haut.
[244] Le duc de Lorraine se préparait à rentrer en France pour soutenir
le parti des princes.
[245] Paul Mancini, neveu du cardinal Mazarin, avait été blessé au
combat de la porte Saint-Antoine et mourut des suites de cette blessure.
[246] Cette lettre est autographe.
[247] Il s'agit toujours des membres du parlement qui négociaient avec
la cour.
[248] Le nom du cardinal de Mazarin est désigné par un chiffre dans
l'original.
[249] L'abbé Fouquet était toujours, comme on le voit, l'agent le plus
actif du parti, l'intermédiaire entre le cardinal et ses partisans.
[250] Les maîtres des requêtes servaient par quartier de trois mois au
Conseil d'État, où ils faisaient rapport des affaires litigieuses
[251] Les requêtes de l'Hôtel du roi étaient un tribunal particulier, où
les maîtres des requêtes prononçaient souverainement, avec le grand
prévôt, sur les causes qui concernaient les officiers de l'hôtel du roi
et autres affaires qui ressortissaient à cette juridiction
[252] Saintot, ou Sainctot, était attaché à la cour comme maître des
cérémonies. Il avait un frère conseiller-clerc de la grand'chambre
[253] Jeannin de Castille, trésorier des parties casuelles
[254] Il y avait plusieurs membres de cette famille attachés au
parlement ou à la cour: Henri de Guénégaud, seigneur du Plessis et de
Plancy, comte de Montbrison, etc., était secrétaire d'État depuis 1643.
Son frère, Claude de Guénégaud, était trésorier de l'épargne. Il s'agit
ici du second
[255] Saint-Martin était conseiller de la troisième chambre des
enquêtes. Il est ainsi caractérisé dans le _Tableau du parlement_: «Bel
esprit, savant, fort en jurisprudence, fort en belles-lettres, retient
néanmoins un peu de l'école; est estimé dans sa chambre; est de la
religion prétendue réformée; est attaché à M. de Turenne.»
[256] François de Comminges, capitaine des gardes de la reine
[257] Conseiller de la grand'chambre: «Homme d'honneur, très-capable,
hors d'intérêts, a une grande probité et une grande créance dans la
grand'chambre.» (_Tableau du parlement de Paris_.)
[258] Conseiller de la seconde chambre des enquêtes, beau-frère du
président de Bragelonne.
[259] Conseiller de la cinquième chambre des enquêtes.
[260] Conseiller de la seconde chambre des enquêtes et neveu du
secrétaire d'État Phélypeaux de la Vrillière.
[261] Godart Petit-Marais était conseiller de la quatrième chambre des
enquêtes: «Bel esprit, intelligent; a beau débit; prenant néanmoins des
avis tout particuliers; fort intéressé; donnant à la cour,» etc.
(_Tableau du parlement_.)
[262] Pomponne de Bellièvre, qui succéda à Mathieu Molé dans la charge
de premier président du parlement de Paris. Ce président se tenait alors
à l'écart sous prétexte de maladie et était suspect à la cour.
[263] Conseiller de la première chambre des enquêtes.
[264] Conseiller de la cinquième chambre des enquêtes.
[265] Un des financiers de cette époque; il est mentionné dans le
_Catalogue des partisans_.
[266] Conseiller de la première chambre des requêtes: «De génie médiocre
et de peu de vigueur; n'a pas de crédit dans sa chambre; a épousé une
Gargan.» (_Tableau du Parlement_.)
[267] Trésorier de l'Épargne.
[268] Foucaut, ou Foucault, était conseiller de la première chambre des
requêtes du Palais. Il est ainsi caractérisé dans le _Tableau du
parlement_: «Honnête homme, de bon esprit, hardi, capable de service,
s'appliquant à sa charge et la faisant bien, ne laisse pas d'aimer le
plaisir et le divertissement.»
[269] Hiérosme Lemaistre, sieur de Bellejambe ou Bellejame, était
conseiller d'État.
[270] Fils de l'ancien prévôt des marchands.
[271] Conseiller de la quatrième chambre des enquêtes
[272] Conseiller de la même chambre.
[273] Fils du duc de la Vieuville, surintendant des finances.
[274] Conseiller de la cinquième chambre des enquêtes.
[275] Le grand prévôt était alors le marquis de Sourches, dont le fils a
laissé des Mémoires.
[276] De la cinquième chambre des enquêtes: «Prêche la justice, parlant
toujours de règle et de discipline, affectant de la politesse, ne
faisant nullement sa charge,» etc. (_Tableau du parlement_.)
[277] On trouve dans le _Catalogue des partisans_ un Bordier, sieur du
Raincy, qui s'était fait bâtir en ce lieu un magnifique château. Il est
attaqué avec violence dans les _Mazarinades_; on lit dans un de ces
pamphlets: «Un Bordier, tirant son illustre naissance d'un chandelier de
Paris, a dépensé plus de trois cent mille écus à bâtir sa maison du
Raincy, par une insolence sans exemple, mais qui mériterait, pour
l'exemple, qu'on le logeât à Montfaucon, qui en est tout proche.» On
sait qu'à Montfaucon s'élevait le gibet principal de Paris. Ce fut le
fils de ce Bordier qui se rendit au parlement de Pontoise, comme le
prouve la Mazarinade intitulée le _Parlement burlesque de Pontoise_:
Ce douzième au nez boutonné,
Et de rubis damasquiné,
Est de Bordier la géniture,
Et d'un chandelier la facture.
Son père fut de tous métiers
Et parmi les maletôtiers
A tenu la première place.
[278] Comparez les _Mémoires d'Omer-Talon_, à l'année 1652.
[279] _Mss._ B. I., f. Gaignières, nº 2799, fº 293.
[280] _Mémoires d'Omer-Talon_, en date du 8 août 1652.
[281] _Mémoires d'Omer-Talon_, p. 500 édit. Michaud et Poujoulat.
[282] Voy. sur ce duel les Mémoires du temps et particulièrement ceux de
mademoiselle de Montpensier (édit. Charpentier, t. II, p. 132 et suiv.)
[283] Voy. le _Journal de Dubuisson-Aubernay_ et les Mémoires du temps
qui racontent tous les détails de cette scène.
[284] Ces soldats étaient _cousus d'or et d'argent de leurs pillages_,
dit Dubuisson-Aubenay, à la date du 29 juillet.
[285] _Ibid._, à la date du 30 août. On peut comparer les _Mémoires de
mademoiselle de Montpensier_ (_Ibid._, p. 149 et suivants.)
[286] _Journal de Dubuisson-Aubenay_, à la date du 20 août.
[287] Abel Servien et Michel le Tellier étaient, en l'absence de
Mazarin, les deux ministres qui avaient la principale influence; mais
les _Mémoires_ du cardinal de Retz prouvent que Mazarin ne cessait de
faire surveiller ces _sous-ministres_, comme il les appelle, par ses
affidés, et entre autres par Zongo Ondedei et par l'abbé Fouquet.
[288] _Journal de Dubuisson-Aubenay_, à la date du 27 août.
[289] Dubuisson-Aubenay, à la date du 30 août. Aucun autre contemporain
ne donne des détails aussi complets sur l'état déplorable de Paris à
cette époque. Je ne fais que reproduire presque textuellement ce journal
d'un témoin oculaire.
[290] Il s'agit toujours du parlement de Pontoise.
[291] Demandés par les princes pour leurs députes. Voyez ci-dessus, p.
155
[292] Il s'agissait du mariage du duc de Candale, fils du duc d'Épernon,
avec une nièce du cardinal Mazarin.
[293] César-Phébus, comte de Miossens, qui devint dans la suite maréchal
de France et fut désigné sous le nom de maréchal d'Albret.
[294] Voy. _Mémoires du cardinal de Retz_, t. IV, p. 72 et suiv. (édit.
Charpentier). Retz met sur le compte de la Providence les inspirations
de son ambition: «La Providence de Dieu, qui, par de secrets ressorts,
inconnus à ceux mêmes qu'il fait agir, dispose les moyens pour leur fin,
se servit des exhortations de ces messieurs pour me porter ma conduite,»
etc.
[295] _Mémoires du cardinal de Retz_, ibid., p. 82.
[296] _Ibid._, p. 83.
[297] _Journal de Dubuisson-Aubenay_, à la date du 9 septembre.
[298] _Mémoires de Retz_, ibid., p. 84-91.
[299] _Ibid._, p. 93.
[300] _Ibid._, p. 109.
[301] Voy. plus haut, p. 76. les négociations de Rohan, Chavigny et
Goulas à Saint-Germain-en-Laye.
[302] Anne de Gonzague, princesse palatine. Ce passage prouve combien
Retz se trompe, dans ses _Mémoires_, lorsqu'il cite à la date de
septembre 1652 la princesse palatine comme dévouée à ses intérêts.
[303] Voy. le _Journal de Dubuisson-Aubenay_, à la date du 24 septembre;
et les _Mémoires de mademoiselle de Montpensier, du père Berthod, de
Retz,_ etc.,. à la même date.
[304] _Journal de Dubuisson-Aubenay_, ibid.
[305] Le duc d'Orléans, comme on l'a déjà vu, habitait à Luxembourg.
[306] C'est-à-dire sur la conservation des troupes dont se composait
l'armée des princes.
[307] Il s'agissait de réunir on un seul corps les deux parlements
siégeant à Paris et à Pontoise.
[308] Cette forteresse, qui appartenait au prince de Tarente, avait été
rasée par ordre de la cour.
[309] René du Plessis de la Roche-Pichemer, un des petits-maîtres
attachés à Condé.
[310] Retz se garde bien de parler de cette circonstance dans ses
_Mémoires_. Il prétend (t. IV, p. 117, édit. Charpentier), que cette
assemblée n'eut aucune importance et que ces «_têtes de papier_ furent
huées comme on hue les masques.»
[311] Dubuisson-Aubenay. _Journal_, à la date du 26 septembre.
[312] Voy. _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, t. II. p. 179-180
édit. Charpentier.
[313] _Ibid._, p. 173.
[314] M. de Choisy était chancelier du duc d'Orléans. Son fils, l'abbé
de Choisy, a laissé des Mémoires sur le règne de Louis XIV.
[315] Mazarin était alors dans la petite ville de Bouillon.
[316] C'était un des agents de Condé dans ses négociations avec
l'Espagne, comme on le voit par les _Mémoires_ de Pierre Lenet.
[317] Le président Viole et Croissy-Fouquet étaient membres du parlement
et dévoués au parti des princes.
[318] Il s'agissait ici des conditions que le parti des princes
réclamait en faveur du prince de Tarente, comme on l'a vu plus haut, p.
169.
[319] On peut comparer sur la mort de Chavigny les _Mémoires de Conrart,
de Monglat_ et _du cardinal de Retz._.
[320] Voy. plus haut, p. 36 et suiv.
[321] _Mémoires de Saint Simon_, édit. Hachette, in-8°, t. I, p. 64-65.
[322] Henri de Bourbon, prince de Condé, et Louis de Bourbon, duc
d'Enghien, qui, après la mort de son père, prit le nom de prince de
Condé, ou simplement de M. le Prince. C'est ce dernier qui est connu
dans l'histoire sous le nom de grand Condé.
[323] J'ai déjà indiqué plus haut, p. 30, note 3, la cause de la haine
de Saint-Simon, ou plutôt de son père, contre Chavigny.
[324] Cette lettre autographe se trouve dans les Mss. de la B.I.F.
Gaignières nº 2799, fº 298 et suiv.
[325] Il avait été question de la suppression de cette cour.
[326] Le parlement qui était divisé, partie à Pontoise, partie à Paris.
[327] Le gouverneur de la Bastille était, comme on l'a vu plus haut, un
frondeur, la Louvière, fils du conseiller Pierre Broussel.
[328] Nom que l'on donnait d'ordinaire aux membres du parlement.
[329] Voy. _Mémoires de Retz_ (édit. Charpentier), t. IV, p. 148.
[330] _Mémoires de Saint-Simon_, (édit. Hachette), in-8, t. III. p. 58
suiv. On trouvera dans ses Mémoires beaucoup de détails sur Roze.
[331] Il s'agit probablement du coup du main qui devait livrer Paris au
roi. On a vu, au contraire (p. 170), que l'abbé Fouquet en était un des
principaux instigateurs.
[332] Mazarin a déjà manifesté son désir presque dans les mêmes termes.
Je n'ai pas supprimé la répétition, parce qu'elle me semble
caractéristique.
[333] Je suppose que le _fidèle_ est l'abbé Fouquet lui-même. Toutes ces
lettres sont en grande partie chiffrées, et les noms déguisés de manière
à dérouter ceux qui les auraient interceptées.
[334] Il est probablement question ici des relations de l'abbé Fouquet
avec mademoiselle de Chevreuse, dont on a parlé plus haut, p. 99.
[335] Nouvelle preuve que le cardinal de Retz était joué par Anne de
Gonzague, dans laquelle il mettait la plus grande confiance.
[336] _Mémoires du cardinal de Retz_, t. IV. p. 134 et suiv. édit.
Charpentier
[337] «Ils en firent presque autant dernièrement pour M. de Lorraine.»
disait Turenne le jour même de l'entrée du roi à Paris. (_Mémoires de
Retz_, t. IV. p. 131-132.)
[338] Cet officier, qui servait dans les gardes-françaises, avait été,
dès la fin de septembre, un des principaux émissaires de Mazarin et de
l'abbé Fouquet.
[339] A cette époque le duc d'Orléans avait déjà quitté Paris. Mazarin
n'en avait pas encore reçu la nouvelle.
[340] Retz prétend que les offres vinrent de la cour, et que ce fut
Servien qui les lui fit au nom de la reine. (_Mémoires_, t. IV, p.
155-156, édit. Charpentier.)
[341] Voy. plus haut, p. 170.
[342] Déclaration royale reconnaissant l'innocence de Mazarin et cassant
tous les arrêts rendus contre lui.
[343] Nicolas Fouquet, qui était, dès cette époque, ami particulier
d'Hugues de Lyonne, insistait pour qu'il fût rappelé à la cour et
redevint secrétaire de la reine.
[344] La lettre de Mazarin est du 25 octobre, et il se préparait à aller
rejoindre Turenne, qui commandait l'armée royale dans le nord de la
France.
[345] Près de Mézières, dans le département des Ardennes.
[346] Le prince de Condé s'était dirigé d'abord vers Soissons, et avait
pris ensuite Château-Porcieu et Rethel.
[347] Retz disait «qu'il était la troisième tour de l'Église de Paris,
et si chéri du peuple que si l'on vouloit entreprendre contre lui, il
prendroit les armes pour le mettre en liberté.» Lettre de Mazarin au
pape pour expliquer les motifs de l'arrestation de Retz. (_Mémoires de
Retz_, I. IV. p. 149, édit. Charpentier.)
[348] _Mémoires de Retz_, ibid., p. 156.
[349] Voy. plus haut, p. 207.
[350] Ce sont les termes mêmes qu'emploie Gourville en parlant des
satellites de l'abbé Fouquet.
[351] _Mémoires_, ibid., p. 156, 159 et 161.
[352] _Mémoires_, ibid., p. 149.
[353] Une lettre de Mazarin, en date du 2 décembre, prouve qu'il en fut
sérieusement question. Voy. plus loin, p. 219.
[354] Voy. ci-dessus, p. 203.
[355] Voy. le texte de cet ordre dans les _Mémoires de Retz_, ibid., p.
160.
[356] _Mémoires de Retz_, t. IV. p. 164
[357] _Mémoires de Retz_, t. IV. p. 167.
[358] _Ibid._, p. 168.
[359] _Ibid._
[360] Les _Mémoires de Saint-Simon_ attestent que la noblesse voyait
avec indignation des parvenus porter les insignes de l'ordre du
Saint-Esprit.
[361] Voy. plus haut, p. 199.
[362] Voy, ci-dessus, p. 209
[363] Cette lettre, datée du 2 janvier 1653, est autographe et en partie
chiffrée.
[364] La charge de procureur général que Nicolas Fouquet avait achetée
en 1650.
[365] A la suite de cette lettre, il s'en trouve une, également
autographe, de l'abbé Fouquet, qui se porte caution pour son frère.
[366] Bibl. imp. Ms. S. F. nº 1238, C (_bis_), fº 321.
[367] Lettre autographe en partie chiffrée.
[368] Servir et non agréer.
[369] Il s'agit d'offres pécuniaires; à cette époque, les charges de
finances s'achetaient comme les charges de judicature.
[370] Le maréchal d'Effiat, aussi bien que M. de Bullion, avait été
surintendant des finances sous le règne de Louis XIII.
[371] Les directeurs des finances étaient alors MM. d'Aligre et de
Morangis.
[372] Zongo Ondedei, évêque de Fréjus, était un des parents de Mazarin.
[373] Colbert veut parler de la nomination à la place de surintendant.
[374] Allusion au parlement de Pontoise.
[375] Un des partisans du cardinal de Retz.
[376] Le Guitaut dont il s'agit était attaché au parti du prince de
Condé.
[377] Loret annonce ainsi cette nomination dans sa _Muse historique_ du
8 février 1650:
On étoit encor attendant
Qui seroit le surintendant,
Cette charge, autant que pas une,
Étant une rare fortune;
Mais il faut beaucoup endurer
Pour y pouvoir longtemps durer;
Et quoiqu'elle soit épineuse,
Presque autant que pécunieuse,
Plusieurs pour elle s'intriguans,
Elle n'est jamais sans briguans.
La brigue est pourtant terminée,
Car j'ai su cette matinée
(Et toute la cour en convient)
Qu'elle est pour monsieur de Servient
Qu'on peut nommer, sans flatterie
Un ornement de la patrie.
Tant il possède abondamment
De lumière et de jugement;
Mais, comme la charge est pesante
Pour le moins autant qu'importante,
Afin de soulager ses soins,
On lui donne quelques adjoints,
Savoir messieurs Fouquet, d'Aligre,
Dont l'esprit est doux et non tigre,
Morangis, Ménardeau, Bordeaux,
Tous gens qu'on tient assez loyaux,
Et serviteurs du roi leur maître,
Autant qu'on le sauroit être.
[378] Bibl. imp. Mss. S. F. nº 1238 C (_bis_). fº 332.
[379] Journal ms. _Ibidem._
[380] _Histoire de la France pendant le ministère de Mazarin_, par M.
Bazin, t. IV, p. 309 (édit. in-18). On trouve le texte de la commission
royale dans un manus. de la Bibl. imp., des 500 de Colbert, nº 233.
Comme il s'est élevé quelque doute sur ce point, je publierai ici en
note le texte même de la commission: «Louis, par la grâce de Dieu, roy
de France et de Navarre, à nos amez et féaux les sieurs comte Servien,
marquis de Boisdauphin et de Sablé, commandeur et surintendant des
finances de nos ordres, l'un de nos ministres d'Estat, et Foucquet,
conseiller en nostre conseil d'Estat et nostre procureur général en
nostre cour de parlement de Paris, salut: Si la probité et la science
sont les vertus nécessaires pour parvenir à la promotion des grandes
charges, et si elles demandent de longues expériences pour s'en
acquitter avec la fidélité et le bon ordre que les affaires requièrent,
il nous a semblé ne pouvoir faire un meilleur choix que de vos personnes
pour exercer celle de surintendant de nos finances, qui est à présent
vacante par la mort du sieur duc de la Vieuville; les grands emplois qui
vous ont incessamment occupés dedans et dehors le royaulme pour le bien
de cet Estat, les preuves que vous avez tousjours données de vostre zèle
et expérience pour en soustenir les intérêts et la grandeur, nous
confirment dans cette créance, et nous font espérer que vous vous
acquitterez si dignement de cette importante administration, que le
public n'aura pas moins de sujet d'en estre satisfaict que nous. Nous,
pour ces causes et autres grandes considérations à ce nous mouvant, nous
vous avons constitués, ordonnés et établis, constituons, ordonnons et
établissons par ces présentes, signées de nostre main, pour faire et
exercer la charge de surintendants de nos finances, avec un plein et
entier pouvoir d'en ordonner et de les administrer ainsy qu'en vos
consciences vous jugerez estre nécessaire pour le bien de nostre
service, comme aussy pour jouir de ladicte charge aux mesmes honneurs,
autorités, prérogatives, prééminences, fonctions, estats et
appointements tels et semblables qu'en a joui ledict feu sieur de la
Vieuville, et les autres qui l'ont précédé en cette charge, sans que de
ladicte administration vous soyez tenus d'en rendre raison à nostre
Chambre des comptes, ni ailleurs qu'à nostre personne; nous vous avons,
de nostre grâce spéciale, pleine puissance et autorité royale, relevés
et dispenses, relevons et dispensons par ces dictes présentes, de ce
faire, et vous avons donné et donnons plein pouvoir, autorité et
mandement spécial. MANDONS et ordonnons aux trésoriers de nostre
espargne présens et à venir et autres nos officiers des finances et
comptables généralement quelconques qu'il appartiendra, qu'en ce faisant
ils vous obéissent et entendent diligemment aux choses concernant
lesdictes charges; deffendons aux susdicts comptables d'acquitter
aucunes parties de dons ou autrement quelsconques acquits qui leur en
soient expédiés, s'ils ne sont visés et accompagnés de vos ordonnances
particulières, ainsy qu'il a tousjours esté practiqué et observé.
Mandons auxdicts trésoriers de nostre espargne de vous payer, chacun en
l'année de son exercice, les estats, pensions et appointemens qui vous
seront ordonnés, et que nous voulons estre passés et alloués en la
despense de leurs comptes par nos amez et féaux les gens de nos comptes
à Paris, auxquels nous mandons ainsy le faire sans difficulté; car tel
est nostre plaisir. Donné à Paris, le huitième jour de février, l'an de
grâce 1653, et de nostre règne le dixième, signé LOUIS, et plus bas: PAR
LE ROY, DE GUÉNÉGAUD, et scellé du grand sceau de cire jaune.»
[381] Terre qui appartenait à madame de Châtillon.
[382] Il y a beaucoup de lieux désignés sous ce nom; il s'agit ici de
Pierrefitte dans le département de l'Oise (arrondissement de Beauvais).
[383] Mylord d'Igby ou Digby passait pour être à cette époque l'amant de
madame de Châtillon.
[384] Il est désigné ailleurs sous le nom _d'abbé de Cambiac_.
[385] Il est remarquable que dix uns plus tard une autre chambre de
justice, siégeant à l'Arsenal, procéda de même contre Nicolas Fouquet,
qui refusait de répondre.
[386] Le prince de Condé ne pouvait être jugé, que par le parlement et
les ducs et pairs. S'il avait été impliqué dans cette affaire, il eût
fallu la porter au parlement.
[387] Le garde des sceaux était toujours Mathieu Molé.
[388] C'était un des espions que l'abbé Fouquet entretenait auprès du
prince de Condé.
[389] Gouverneur de la Bastille.
[390] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, t. II. p. 255-250
(édit. Charpentier).
[391] Mademoiselle ne parle pas de ce fait dans ses _Mémoires_; mais il
parait bien constaté; c'était par le duc d'Épernon lui-même que l'abbé.
Fouquet était instruit des desseins de la princesse.
[392] Lettre de Colbert à Mazarin en date du 20 juillet 1653.
[393] Lettre du 23 septembre 1653.
[394] Pomponne de Bellièvre venait de remplacer Matthieu Molé, comme
premier président du parlement de Paris.
[395] Un des quatre membres du parlement qui avaient été exilés en
octobre 1652.
[396] Il a été question plusieurs fois de Mouchet ou du Mouchet, qui
était un chevau-léger, dont l'abbé Fouquet se servait pour les coups de
main.
[397] Je me servirai de l'édition de 1665 à la Sphère (14 vol. in-18).
[397a] _Défenses_, t. II. p. 61 et suiv.
[398] C'est-à-dire sans attribution spéciale.
[399] _Défenses_, ibidem, p. 63 et suiv.
[400] _Défenses_, t. II. p, 71.
[401] L'évêque de Fréjus était Zongo Ondedei, parent du cardinal
Mazarin.
[401a] _Défenses_, t. II, p. 72-73.
[402] Mazarin écrivait à Colbert le 16 octobre 1653. «J'ai cinquante
ans; j'ai eu plus de nécessités que je n'en ai à cette heure, et il n'a
pas été en mon pouvoir de mettre mes affaires en bon état. Il faut que
vous suppléiez où je manque, et que vous ne prétendiez pas exiger de moi
certains soins qu'il ne m'est pas possible de donner à mes intérêts
particuliers, que je suis en possession, il y a longtemps, et par mon
naturel et par l'habitude, de négliger pour les affaires publiques.»
[403] Colbert reprochait surtout à Mazarin sa facilité à faire des
promesses d'argent: «La campagne dernière, lui écrivait-il le 7 juin
1654, Votre Éminence a fait deux promesses de 22,000 livres chacune (je
la conjure, s'il se peut, de n'en point faire celle-ci): l'une à M. le
maréchal d'Estrées pour M. de Manicamp, l'autre à M. de Bordeaux. Pour
celle-ci, j'espère que Votre Eminence la retirera.»
[404] C'est-à-dire _dépensé, employé à d'autres usages._
[405] B.I. MSS. F. Baluze.
[406] B.I.F. Gaignières, nº 2709. fº 107.
[407] Voy plus haut, p. 236.
[408] Journal inédit de 1648 à 1657 Bibl. imp. ms. nº 1238, D _bis_,
n^os 170-171.
[409] _Mémoires du cardinal de Retz_. l. IV. p. 173.
[410] _Ibid._: p. 186
[411] Voy. plus haut, p. 254.
[412] _Mémoires de Retz_, ibid., p. 177 et suiv.
[413] _Ibid._, p. 195.
[414] _Ibidem._
[415] _Mémoires de Retz_. t. IV. p. 196-200.
[416] On trouvera tous les détails de cette fuite dans le tome IV des
_Mémoires de Retz_.
[417] Pierre de Marca, auteur du traité _De concordia sacerdotii et
imperii._
[418] On l'avait consulté probablement sur le moyen d'annuler l'autorité
archiépiscopale de Retz.
[419] Cette église était située dans la _rue des Cordeliers_, qui porte
maintenant le nom de _rue de l'École de Médecine_. Il y avait près de
l'église Saint-Côme _l'école de Chirurgie_.
[420] Chanoine de la cathédrale de Paris, que l'on accusait d'avoir
composé un libelle contre le cardinal Mazarin sous le titre de:
_L'éducation du roi_.
[421] _Mémoires du cardinal de Retz, ibid._, I. IV, p. 349.
[422] Voy. plus haut, p. 219.
[423] Journal inédit de 1648 à 1657. ms. Bibl., imp., nº 1238 _bis_ D
f^os 210-211
[424] _Mémoires de Gourville_ édit. Michaud et Poujoulat p. 517.
[425] _Mémoires de Gourville_ (édit. Michaud et Poujoulat, à l'année
1654.)
[426] _Ibidem._
[427] Journal ms de 1648 à 1657, cité plus haut. fº 313
[428] Voy. _Mémoires de Monglat_, à l'année 1635. Montglat, maître de la
garde-robe, décrit avec exactitude le costume du roi.
[429] Voy. le Journal ms. de 1648 à 1657, cité plus haut, 1º 326 et
suiv.
[430] La date de ces notes peut se déterminer approximativement par les
personnages qui y figurent. Elles sont postérieures à la nomination du
premier président Guillaume de Lamoignon, qui eut lieu en 1657, et
antérieures à la disgrâce de Fouquet, qui est de 1661. C'est dans cet
intervalle, à l'époque où Fouquet était encore procureur général,
qu'elles ont été rédigées. On en trouve une partie dans le t. II de la
_Correspondance administrative sous Louis XIV_.
[431] Il faudrait peut-être lire _de Loing_.
[432] Voy. une lettre de Colbert à Mazarin en date du 16 mai 1657.
[433] _Anc. lois franç._, t. XVII, p. 370.
[434] Ce Mémoire, manuscrit, se trouve dans les papiers de Fouquet
conservés à la Bibl. imp., F. Baluze
[435] Ce Mémoire a été publié par M. Guizot dans son _Histoire de la
République d'Angleterre_, t. I, p. 451-457. Il pense que ce Mémoire est
de 1650; mais il est évident, d'après la manière dont l'auteur parle des
troubles de la Fronde, qu'il s'agit d'événements déjà anciens
[436] Il s'agissait surtout, dans ce Mémoire, d'établir des relations de
commerce entre la France et l'Angleterre
[437] Colbert veut parler des gouvernements d'Aunis et de Saintonge, qui
appartenaient à Mazarin.
[438] Le duc de Vendôme était grand amiral de France et avait sous ses
ordres l'amiral de Neuchèse.
[439] T. III, p. 349 et suiv.
[440] Fouquet parle ici des temps qui ont suivi la Fronde, et surtout
des années 1657 à 1661.
[441] _Anc. lois franç._, t. XVII, p. 349. Forbonnais, _Recherches sur
les finances_, t. I, p. 269-270.
[442] _Mémoires de Jean Witt_, deuxième partie, chap. VI.
[443] Forbonnais, _ibid._, t. I, p. 270.
[444] _Anc. lois franç._, t. XVII, p. 319.
[445] _Ibid._, p. 328.
[445a] Villacerf était un des intendants du cardinal, comme nous
l'apprennent les _Mémoires de Gourville_.
[446] _Ibid._.
[447] _Ibid._, p. 369.
[448] _Ibid._
[448a] _Défenses_, t. III, p. 20-21.
[448b] _Ibid._, t. IV, p. 53.
[449] T. III, p. 29.
[450] C'est-à-dire pour entretenir pendant une année, la garnison de
Brisach, dont le gouvernement appartenait à Mazarin.
[451] Dans le langage de cette époque, on appelait _biens sur le roi_,
les aliénations de domaines royaux ou participation aux fermes d'impôts
que certains particuliers obtenaient. Telles étaient les rentes sur les
entrées ou octrois, dont il est question dans ce passage.
[452] Il y a dans le texte _pain de munion_; mais c'est sans doute une
abréviation pour _munition_.
[453] Banquiers italiens auxquels Mazarin avait confié une partie de sa
fortune.
[454] C'est ce que l'on appelle vulgairement un pot-de-vin. Le cardinal
en prélevait sur les marchés passés avec les traitants. Sa
correspondance ne laisse aucun doute à cet égard.
[455] Michel le Tellier était secrétaire d'État et chargé du département
de la guerre.
[456] Un des commis de Colbert.
[457] _Idem._
[458] T. II, p. 25.
[459] _Mémoire de Colbert à Louis XIV_. manus. de la Bibl. imp., S. F.,
nº 3995. fº 3. Ce Mémoire a été publié en partie par M. Pierre Clément
dans son _Histoire de Colbert_, et plus complètement par M. Joubleau.
[460] Conseil de finances.
[461] On appelait _aides_ les impôts établis sur le vin, les boissons et
en général sur les denrées.
[462] Le _convoi de Bordeaux_ était un impôt spécial qu'on levait, à
Bordeaux, sur les boissons transportées par mer. Il tirait son nom de ce
que primitivement les négociants de Bordeaux étaient obligés de faire
escorter les navires de commerce par des bâtiments armés en guerre, et
payaient une taxe pour les frais de ce _convoi_ ou escorte. Dans la
suite, les rois se chargèrent de faire escorter les navires de commerce,
et pour subvenir aux dépenses, établirent une ferme spéciale de cet
impôt, qui conserva le nom de _convoi de Bordeaux_.
[463] Journal inédit de 1648 à 1657. ms. de la Bibl. imp., nº 1238 E
_bis_, fº 231.
[464] _Ibid._ fº 232.
[465] _Mémoires de Gourville_, édit. Michaud et Poujoulat, p. 518.
[466] Voy. ci-dessus, p. 99.
[467] Voy. p. 81.
[468] Voy. p. 81-82.
[469] _Portrait de madame la duchesse de Châtillon peint par elle-même_.
Cette manie de portraits était si généralement répandue, qu'un savant
évêque, Huet, fit celui de quelques religieuses de son diocèse. On les
trouve dans la collection de portraits de mademoiselle de Montpensier.
[470] Bussy-Rabutin dit également dans l'_Histoire amoureuse des
Gaules_: «Elle avait les yeux noirs et vifs.» Mais il ajoute, ce qui
n'est plus d'accord avec le portrait, _le front petit_.
[471] «Le nez bien, la bouche rouge, petite et relevée, le teint comme
il lui plaisait, mais d'ordinaire elle le voulait avoir blanc et rouge.»
Bussy-Rabutin, _ibid._
[472] Nous avons vu que l'indulgente madame de Motteville dit
précisément le contraire.
[473] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, édit. Charpentier, t.
II, p. 437-438.
[474] T. II, _ibid._
[475] Voy. plus haut, p. 173. M. Walckenaer, dans son intéressant
ouvrage sur madame de Sévigné (t. I, p. 43), fait remonter les relations
de l'abbé Fouquet et de madame de Châtillon jusqu'à l'époque où l'abbé
fut prisonnier dans l'hôtel de Condé (avril 1652; voy. p. 71) et il
ajoute que la prison de l'abbé Fouquet fut postérieure à la mort de
mademoiselle de Chevreuse, qui n'eut lieu qu'en novembre 1652. Je ne
m'arrêterais pas à relever ces contradictions si l'ouvrage de M.
Walckenaer ne jouissait d'une réputation méritée de science et
d'exactitude.
[476] Les _Mémoires de M^{***}_, qui font partie des collections de
mémoires sur l'histoire de France, donnent beaucoup de détails sur les
amours de la duchesse de Châtillon; mais cette compilation informe
mérite peu de confiance. On ne saurait non plus ajouter foi aux _Amours
des Gaules_ de Bussy-Rabutin. Mais les mémoires véridiques, tels que
ceux de mademoiselle de Montpensier et de madame de Motteville,
suffisent pour faire connaître la duchesse de Châtillon. Les lettres de
l'abbé Fouquet et celles de Mazarin servent à compléter les
renseignements authentiques sur une partie de la vie de cette dame. Je
ne parle pas des _Mémoires de madame de Châtillon_; c'est une Å“uvre
apocryphe composée par Senac de Meilhan.
[477] Voy. plus haut, p. 83.
[478] Journal inédit de 1648 à 1657, ms. de la Bibl., imp. 1238 (_bis_),
E. L'auteur anonyme, qui est loin d'être un Frondeur, s'indigne de voir
l'abbé Fouquet s'élever aussi haut: «Il fut malaisé de ne pas s'étonner
que ledit sieur abbé Fouquet eut voulu porter son ambition si haut que
de donner 400,000 livres d'urgent comptant de la charge de chancelier et
garde des sceaux des ordres du roi, dont M. Servien était pourvu. Il
n'en fit pourtant aucun scrupule et en prêta le serment entre les mains
de Sa Majesté, le 11 de ce mois de décembre 1656, se souciant fort peu
de toutes les conséquences que ses ennemis en pourraient tirer.» Cet
auteur anonyme exprime probablement la véritable opinion des
contemporains.
[479] Mademoiselle de Montpensier l'en accuse dans ses Mémoires (t. II,
p. 438 de l'édition Charpentier). «On disait que c'était elle (la
duchesse de Châtillon) qui avait tout découvert à l'abbé Fouquet dans
l'affaire de ces deux hommes roués.»
[480] Entre autres M. Walckenaer dans l'ouvrage sur madame de Sévigné
cité plus haut.
[481] Cette lettre se trouve dans un manus. de la Bibl. imp. F.
Gaignières, nº 2799, fos 306 et 307, au milieu de lettres et de
billets des deux Fouquet. Elle est en partie chiffrée, et on y trouve
certaines indications ajoutées uniquement pour dérouter le lecteur. Je
les ai supprimées.
[482] Ce Bouteville, frère de la duchesse de Châtillon, devint le
maréchal duc de Luxembourg.
[483] Henri de Montmorency-Bouteville, dont il été question à la page
précédente. Il avait suivi pendant la Fronde la fortune de Condé et
partageait alors sa vie d'exil et d'aventures.
[484] Lettre de madame de Sévigné à Bussy-Rabutin, en date du 25
novembre 1655: «On dit que madame de Châtillon est chez l'abbé Fouquet.
Cela paraît plaisant à tout le monde.»
[485] Nous ne suivrons pas Bussy-Rabutin dans tous les détails qu'il
donne sur les ruses de la duchesse de Châtillon et les infortunes trop
méritées de l'abbé Fouquet. C'est du roman ou tout au moins de la
chronique scandaleuse; nous nous en tenons aux faits authentiques.
[486] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, édit. Charpentier, t.
III. p. 225-226.
[487] La duchesse de Châtillon était de la branche de
Montmorency-Bouteville. Son père était François de
Montmorency-Bouteville, qui fut arrêté et exécuté sous Louis XIII, pour
s'être battu en duel sur la place Royale, en plein jour.
[488] Le couvent des Filles de la Miséricorde était situé rue du
Vieux-Colombier.
[489] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, t. III, p. 226-227
[490] Cette foire se tenait alors rue de Tournon.
[491] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, t. III, p. 225.
[492] Cette lettre a été publiée dans le _Bulletin de la Société de
l'Histoire de France_, t. I, deuxième partie, p. 163.
[493] Lettre du 12 octobre 1678
[494] _Mémoires de Saint-Simon_, édit. Hachette, in-8, t. I p. 233.
[495] Lettre du 3 février 1695.
[496] Ce mémoire du conseiller d'État de la Fosse est adresse au
chancelier Séguier et se trouve dans les papiers de ce dernier, t.
XXXII, fº 145 et suiv. Bibl. imp., ms. Saint-Germain fr., nº 709.
[497] _Ibid._
[498] Les _Négociations du président Jeannin_ font partie de toutes les
collections de mémoires relatifs à l'histoire de France.
[499] On trouve la preuve de ces faits dans le tome II du _Journal
d'Olivier d'Ormesson_, où sont racontés les principaux événements du
procès de Fouquet.
[500] _Mémoires_. édit. Hachette, in-8, t. XIV, p. 112.
[501] Journal inédit de 1648 à 1657. Bibl. imp., ms., nº 1238 (_bis_),
E. fos 231-232.
[502] _Défenses_, t. III, p. 317-318, et 362-363.
[503] Journal ms. cité plus haut, _ibid._, fº 259.
[504] _Ibidem._
[505] On prononçait ainsi le nom de Charost.
[506] L'abbé Fouquet.
[507] On trouvera à l'Appendice le texte même du projet. Il a été publié
en grande partie par M. P. Clément dans son _Histoire de Colbert_, p. 41
et suiv.
[508] _Défenses_, t. III, p. 347. Le nom de Foucquet, comme nous l'avons
remarqué plus haut, signifie _écureuil_. Cet animal figurait dans les
armes des Fouquet.
[509] Voy. plus haut, p. 349.
[510] L'authenticité de ce projet est incontestable, et Fouquet lui-même
n'a jamais élevé aucun doute sur ce point.
[511] Cette lettre a été publiée dans les _Mémoires de Conrart_, p. 614,
édit, Michaud et Poujoulat.
[512] Voy. entre autres les lettres du 9 décembre 1664 et du 29 avril
1672.
[513] On trouve dans les papiers de Fouquet (ms. de la Bibl. imp. F.
Baluze) une lettre autographe de madame de Motteville à madame du
Plessis-Bellière. Elle lui demande un service auprès de Fouquet: «Dans
la confiance que j'ai en vostre bonté, Madame, je vous supplie
très-humblement de me faire la grâce de dire de ma part à M. le
surintendant que je le conjure de ne rien accorder aux habitants de
Montereau, que premièrement je ne lui fasse voir ce que j'ai à lui
demander et ce que je puis prétendre de sa protection avec justice et
sans que personne s'en puisse plaindre. Je vous supplie, Madame, de lui
dire cela le plus tost que vous pourrez, et que cette grâce que je lui
demande, quoiqu'elle soit dans l'ordre, sera pourtant comptée par moi
pour fort grande et je lui en serai infiniment redevable.»
[514] _Mémoires_, édit. Hachette, in-8, t. IV, p. 435. Annonçant sa
mort, arrivée en 1705, il ajoute: «Madame du Plessis-Bellière, la
meilleure et la plus fidèle amie de M. Fouquet, qui souffrit la prison
pour lui et beaucoup de traitements fâcheux, à l'épreuve desquels son
esprit et sa fidélité furent toujours. Elle conserva sa tête, sa santé,
de la réputation, des amis jusqu'à la dernière vieillesse, et mourut à
Paris chez la maréchale de Créqui, sa fille, avec laquelle elle
demeuroit à Paris.»
[515] Ces faits sont constatés par le procès de Fouquet.
[516] On en trouva la preuve dans les papiers de Fouquet.
[517] Ces lettres sont autographes et conservées dans les manuscrits de
la Bibl. imp. F. Baluze.
[518] Voici le texte de cette lettre:
«Monsieur.
«Du moment où j'ai vu par votre lettre que mes signes n'étoient bons à
rien, j'envoyai une chaloupe trouver M. d'Asserac pour avoir de lui ce
que vous souhaitez. Je vous enverrai un courrier exprès porter ce qui en
viendra, et je crois que je le suivrai d'assez près, n'ayant plus qu'à
vendre pour cent mille francs de terre pour faire la somme qu'il faut
que je porte. Cependant, monsieur, je vous supplie de croire que j'ai
toute la reconnoissance que je dois des bontés que vous avez pour moi.
Je suis persuadée que vous me les continuerez jusqu'au bout, vous
connoissant aussi généreux que vous êtes et étant fort sure que jamais
ma conduite ne m'en rendra indigne, et que je serai toute ma vie
très-sincèrement,
«Monsieur,
«Votre très-humble et obéissante servante,
«PÉLAGIE DE RIEUX.»
Au dos on lit:
_Monsieur_,
_Monsieur le Procureur général._
[518a] Au dos:
_Monsieur_,
_Monsieur le Surintendant._
[519] Voy. pour la preuve de ces faits un Mémoire du conseiller d'État
de la Fosse, à l'Appendice.
[520] Ce sont les termes mêmes du Mémoire du conseiller d'État.
[521] Voy. le portrait de la Rochefoucauld peint par lui-même, dans la
galerie des _Portraits de Mademoiselle_. Ce portrait est de 1659
[522] _Mémoires_, édit. Hachette, in-8, t. XI, p. 37.
[523] _Mémoires de Saint-Simon_, édit. Hachette, in-8, t. I, p. 141 et
suiv.
[524] La partialité du portrait tracé par Saint-Simon est trop frappante
pour qu'il soit nécessaire d'insister sur ce point. On sait d'ailleurs
que le duc de Saint-Simon avait eu contre lui Achille de Harlay dans un
procès qu'il soutenait contre le maréchal de Luxembourg; cette
circonstance suffit pour expliquer son ressentiment.
[525] Il est appelé _Guinan_ dans les _Défenses_. On trouve ailleurs la
forme _Guinaut_ ou _Quinaut_.
[526] Voy. plus haut, p. 307.
[527] _Défenses_, t. II, p. 19 et suiv.
[527a] _Mémoires de Bussy-Rabutin_ (édit. Charpentier), t. II, p. 49-50,
et 84-86.
[527b] Ce fait ne se trouve pas dans les _Mémoires de Henri-Louis de
Loménie de Brienne_, publiés par M. F. Barrière; mais dans des Mémoires
inédits où le jeune Brienne raconte ses voyages en Allemagne, en
Hollande, en Danemark, Suède, Laponie, Prusse, Pologne, Italie. Voici le
passage où il est question de l'offre de Fouquet. Brienne était alors en
Courlande, on lui offre la fille du duc, et la princesse elle-même agrée
le projet de mariage. «Enfin, dit l'auteur, pour rompre le discours, qui
toutefois ne pouvoit me déplaire, mais qui m'embarrassoit pour m'être
trop avantageux, je m'avisai de dire en souriant: _Ma foi, je perdrois
trop à ce marché. Je serois prince, il est vrai, sans principauté; mais
je ne serois plus aussi secrétaire d'État de Sa Majesté très-chrétienne,
le roi mon maître. Et savez-vous, belle et généreuse infante, que ma
charge vaut mieux que toute la Courlande, en y joignant la Samogitie?_
Et je crois que cela étoit vrai à la lettre, puisqu'en ce temps j'aurois
pu en avoir deux millions quatre cent mille livres de M. Fouquet.» Les
Mémoires, d'où ce passage est extrait sont autographes.
[527c] Il faudrait lire, je crois, Villesavin.
[527d] Cité par M. Pierre Clément, _Hist. de Colbert_, p. 30.
[528] Loret a mis en note: _M. Fouquet, surintendant des finances et
procureur général au parlement_.
[529] _Mémoires de Gourville_, édit. Michaud et Poujoulat, p. 588.
[530] _Mémoires de Gourville_, p. 524 et suiv., édit. Michaud et
Poujoulat.
[530a] Voy. plus haut, p. 330.
[530b] _Mémoires de Gourville_, p. 524.
[531] _Mémoires de Bussy-Rabutin_, édit. Charpentier, t. II, p. 86-87.
[532] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, éd. Charpentier, t. II,
p. 163.
[533] Voy. plus haut, p. 252-253.
[534] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, t. III, p. 19.
[535] _Ibid._, p. 86.
[536] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, t. III, p. 87.
[537] _Ibidem._
[538] _Ibid._, p. 88-91.
[539] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_. p. 91.
[540] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, t. III, p. 357.
[541] _Ibid._, p. 358.
[542] Jeanne-Françoise du Plessis-Liancourt fut mariée à François de la
Rochefoucauld, le 13 novembre 1659.
[543] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, ibid., p. 365.
[544] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, t. III, p. 265.
[544a] Défenses, t. III. p. 327.
[545] _Défenses_, p. 331.
[546] _Ibid._, t. III. p. 338.
[547] _Défenses_ 1. III. p. 200.--M. P. Clément a publié de nouveau le
texte de ce billet dans son _Hist. de Colbert_, p. 30.
[548] _Défenses_, _Ibid._, p. 314 et 315.
[549] P. 364-367.
[550] _Défenses_, _ibid._, p. 315-316.
[551] _Défenses_, t. III, p. 343.
[552] _Ibid._, p. 347.
[553] Voy. p. 373-374.
[554] Ces lettres autographes sont conservées à la Bibl. imp. dans les
papiers de Fouquet. F. Baluze.
[555] _Défenses_, _ibid._, p. 357.
[556] _Défenses_, t. III, p. 358.
[557] _Ibid._, p. 354.
[558] Les lettres de mademoiselle de Treseson sont conservées à la
Bibliothèque impériale. L'interprétation présente des difficultés qui
tiennent à un système alors fort usité pour déguiser les noms des
personnages et des villes; Fouquet s'appelle _M. le Baron_; mademoiselle
de Treseson, _mademoiselle de Bel-Air_; madame du Plessis-Bellière,
_madame du Ryer_; le roi Louis XIV, _M. le Président_; la duchesse de
Savoie, _madame Aubert_; le cardinal Mazarin, _M. le Conseiller_; le duc
de Savoie, _M. Duclos_; sa sœur Marguerite, _mademoiselle le Roy_, etc.
J'ai fait disparaître ces pseudonymes dans les lettres que je publie;
ils ne serviraient qu'à dérouter et fatiguer le lecteur.
[559] Édit. Charpentier, t. III. p. 306.
[560] C'est ce qu'en dit mademoiselle de Montpensier: «Je lui trouvai de
l'esprit plus que de la beauté.» (_Ibid._, p. 317.)
[561] «Elle montra à la reine une de ses filles, nommée Treseson, qui
est Françoise, de la province de Bretagne, dont M. de Savoie étoit
amoureux.» (_Ibid._, p. 311.)
[562] Marguerite de Savoie devant (on le supposait du moins) devenir
reine de France, mademoiselle de Treseson l'aurait accompagnée en
France, comme fille d'honneur.
[563] Il s'agit du voyage de Lyon, où les cours de France et de Savoie
devaient se rencontrer
[564] Mademoiselle de Montpensier attribue les mêmes pressentiments à
Marguerite de Savoie: «L'on disoit que Madame Royale avoit fait ce
voyage contre l'avis de sa fille, qui la pria, à Chambéry, de la
laisser, et de ne l'exposer point à un refus.» (_Mémoires. ibid._, p.
318.)
[565] Mademoiselle de Montpensier parle aussi des présents que la
duchesse de Savoie avait faits à mademoiselle de Treseson: «Elle
(mademoiselle de Treseson) me conta que Madame Royale lui avait donné
des perles, des pendants d'oreilles qu'elle avoit, assez raisonnables.»
(_Ibid._, p 317.)
[566] Vieille tournure, pour _si je ne m'imaginais que_...
[567] _Mémoires, ibid._, p. 313 et suiv.
[568] _Mémoires, ibid._, p. 307.
[569] _Ibid._, p. 313.
[570] Christine de France, duchesse douairière de Savoie.
[571] Le mariage de Louis XIV avec l'infante Marie-Thérèse, fille de
Philippe IV.
[572] _Mémoires, ibid._, p. 323.
[573] On sait quelle était au dix-septième siècle la force des mots
_ennui_ et _ennuyeuse_.
[574] Françoise de France, fille de Gaston d'Orléans et de Marguerite de
Lorraine, fut en effet mariée, le 4 mais 1663, avec le duc de Savoie
Charles-Emmanuel.
[575] Mademoiselle dit dans ses _Mémoires_ (_ibid._, p. 366) que
mademoiselle de Treseson fut la principale cause du mariage de sa sœur
avec le duc de Savoie. Elle parle avec un ressentiment assez visible de
la jeune Bretonne, qu'elle traite de «_maîtresse de M. de Savoie_.»
[576] La paix des Pyrénées se négociait à cette époque, et fut signée le
7 novembre 1659.
[577] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, _ibid._, III, 566.
[578] _Ibid._, p. 452.
[579] Ces vers n'ont été imprimés qu'en tête de la tragédie d'_Å’dipe_,
publiée en 1659; mais ils paraissent antérieurs. Le poëte demande au
surintendant de lui désigner les noms qu'il veut immortaliser, et ce fut
alors que Fouquet lui proposa trois sujets de tragédie.
[580] On voit également, par un passage des poésies de la Fontaine, que
nous citerons au chapitre suivant, que c'était dans la bibliothèque de
Saint-Mandé qu'il attendait une audience de Fouquet, et que cette
bibliothèque était remplie de curiosités réunies à grands frais de
toutes les parties du monde.
[581] L'Å’dipe de Corneille eut, en effet, un succès qui ne s'est pas
soutenu. Voici ce qu'en dit Loret dans sa lettre du 25 janvier 1659:
Monsieur de Corneille l'ainé
Depuis peu de temps a donné
A ceux de l'hôtel de Bourgogne
Son dernier ouvrage, ou besogne.
Ouvrage grand et signalé,
Qui l'Oedipe est intitulé;
Ouvrage, dis-je, dramatique,
Mais si tendre et si pathétique.
Que, sans se sentir émouvoir,
On ne peut l'entendre ou le voir.
Jamais pièce de cette sorte
N'eut l'élocution si forte:
Jamais, dit-on, dans l'univers,
On n'entendit de si beaux vers.
Je n'y fus point, mais on m'a dit
Qu'incessamment on entendit
Exalter cette tragédie,
Si merveilleuse et si hardie,
Et que les gens d'entendement
Lui donnoient, par un jugement
Fort sincère et fort équitable,
Le beau titre d'inimitable.
[582] Corneille répète les mêmes choses, presque dans les mêmes termes,
dans son _Examen d'Å’dipe._
[583] _Sertorius_ parut en 1662 et _Othon_ en 1664. Il est curieux de
voir à quel point la haine altéra dans la suite les actes les plus
honorables de Fouquet et chercha à s'en faire des armes contre lui.
L'abbé d'Aubignac accuse le surintendant d'avoir prodigué les trésors de
l'État pour ramener Corneille aux «jeux de la scène, et celui-ci de
n'avoir répondu à de si folles prodigalités que par un ouvrage composé
uniquement pour diminuer «les tendresses et le respect que nous devons à
nos rois.»
[584] Fontenelle indique dans la _Vie de Corneille_ deux des sujets
proposés par le surintendant (_Å’dipe_ et _Camma_); mais il ne cite pas
le troisième.
[585] Je dois les indications sur les relations de Thomas Corneille avec
Fouquet à un de mes amis, M. Delzons, professeur de l'Université, qui
joint à un goût délicat une connaissance approfondie de la poésie du
dix-septième siècle.
[586] Voy. _l'Étude sur Pellisson_, par M. Marcou, 1 vol. in-8 (Paris.
1859, chez Didier et Durand).
[587] Voy. sur ces personnes les _Historiettes de Tallemant des Réaux_,
et la _Société franç. au dix-septième siècle_, par M. Cousin, t. II, p.
244 et suiv.
[588] Cette lettre est citée dans la _Société franç. au dix-septième
siècle_, etc. t. II, p. 475. Elle prouve que ce ne fut pas chez
mademoiselle de Scudéry que Pellisson fit la connaissance de madame du
Plessis-Bellière, comme on l'a répété dans plusieurs ouvrages. C'est
lui, au contraire, qui mène son amie chez la parente du surintendant.
[589] Mademoiselle de Scudéry.
[590] Nicolas Fouquet avait alors son hôtel rue du Temple.
[591] Tallemant, _Historiettes_, 413-414; Marcou, _Étude sur Pellisson_,
p. 171 et suiv.
[592] Armand du Plessis, cardinal de Richelieu.
[593] On trouve dans les mss. Conrart, in-fº, t. XI. p. 153, un billet
attribué à Fouquet avec cette indication: _Lettre du sieur Fouquet à une
dame, corrigée de la main de Pellisson_. Mais ces prétendues lettres de
Fouquet sont pour la plupart apocryphes. Ce billet, que les
contemporains prétendent adressé à mademoiselle de la Vallière, n'a rien
de remarquable. En voici le texte d'après Conrart: «Puisque je fais mon
unique plaisir de vous aimer, vous ne devez pas douter que je ne fasse
toute ma joie de vous satisfaire. J'aurais pourtant souhaité que
l'affaire que vous avez désirée fût venue purement de moi; mais je vois
bien qu'il faut qu'il y ait toujours quelque chose qui trouble ma
félicité, et j'avoue, ma chère demoiselle, qu'elle serait trop grande,
si la fortune ne l'accompagnait quelquefois de quelque traverse. Vous
m'avez aujourd'hui causé mille tentations en parlant au roi; mais je me
soucie fort peu de ses affaires, pourvu que les nôtres aillent bien.»
[594] La carte du _pays de Tendre_, telle que mademoiselle de Scudéry
l'a donnée dans la _Clélie_, mérite d'être citée. Elle suffit pour
donner une idée de cette littérature des _précieuses_: «La première
ville située au bas de la carte du _pays de Tendre_ est
_Nouvelle-Amitié_. Comme on peut avoir de la tendresse par trois causes
différentes, ou par une grande estime, ou par reconnoissance, ou par
inclination, on y a établi trois villes de Tendre sur trois rivières,
qui portent trois noms, et on a fait aussi trois routes différentes pour
y aller, si bien que comme on dit Cumes sur la mer d'Ionie et Cumes sur
la mer Tyrrhène, on dit aussi _Tendre-sur-Inclination,
Tendre-sur-Estime_ et _Tendre-sur-Reconnoissance_. Cependant comme
Clélie a présupposé que la tendresse qui naît par inclination n'a besoin
de rien autre chose pour être ce qu'elle est, elle n'a mis nul village
le long de ses rives pour aller de _Nouvelle-Amitié_ à _Tendre_. Mais
pour aller à _Tendre-sur-Estime_, il n'en est pas de même; car Clélie a
ingénieusement mis autant de villages qu'il y a de petites et de grandes
choses qui peuvent contribuer à faire naître par estime cette tendresse
dont elle entend parler. En effet, vous voyez que de _Nouvelle-Amitié_
on passe à un lieu qu'on appelle _Grand-Esprit_, parce que c'est ce qui
commence ordinairement l'estime. Ensuite, vous voyez ces agréables
villages de _Jolis-Vers_, de _Billet-Galant_ et de _Billet-Doux_, qui
sont les opérations les plus ordinaires du grand esprit dans le
commencement d'une amitié. Ensuite, pour faire un plus grand progrès
dans cette amitié, vous voyez _Sincérité, Grand-CÅ“ur, Probité,
Générosité, Respect, Exactitude et Bonté_, qui est tout comme _Tendre_.
Après cela il faut retourner à _Nouvelle-Amitié_, pour voir par quelle
route on va de là à _Tendre-sur-Reconnaissance_. Voyez donc, je vous
prie, comment il faut aller de _Nouvelle-Amitié_ à _Complaisance_,
ensuite à ce petit village qui se nomme _Soumission_, et qui en touche
un autre fort agréable qui se nomme _Petits-Soins_. De là il faut passer
par _Assiduité_, et à un autre village qui s'appelle _Empressement_,
puis à _Grands-Services_, et pour marquer qu'il y a peu de gens qui en
rendent de tels, ce village est plus petit que les autres. Ensuite il
faut passer à _Sensibilité_. Après, il faut, pour arriver à _Tendre_,
passer par _Tendresse_. Ensuite il faut aller à _Obéissance_, et pour
arriver enfin où l'on veut aller, il faut passer à _Constante-Amitié_.
Mais comme il n'y a pas de chemin où l'on ne puisse s'égarer, Clélie a
fait que si ceux qui vont à _Nouvelle-Amitié_ prenaient un peu plus à
droite ou un peu plus à gauche, ils s'égareroient aussi. Car, si au
partir de _Grand-Esprit_ on alloit à _Négligence_, qu'ensuite,
continuant cet égarement, on allât à _Inégalité_, de là à _Tiédeur_, à
_légèreté_ et à _Oubli_, au lieu de se trouver à _Tendre-sur-Estime_, on
se trouveroit au lac d'_Indifférence_, qui, par ses eaux tranquilles,
représente sans doute fort juste la chose dont il porte le nom en cet
endroit. De l'autre côté, si, au partir de _Nouvelle-Amitié_, on prenoit
un peu trop à gauche, et qu'on allât à _Indiscrétion_, à _Perfidie_, à
_Orgueil_, à _Médisance_ ou à _Méchanceté_, au lieu de se trouver à
_Tendre-sur-Reconnoissance_, on se trouveroit à la _Mer-d'Inimitié_, où
tous les vaisseaux font naufrage. La rivière d'_Inclination_ se jette
dans une mer qu'on appelle la _mer Dangereuse_, et ensuite au delà de
cette mer, c'est ce que nous appelons _terres inconnues_, parce qu'en
effet nous ne savons point ce qu'il y a. _Clélie_, (édit. de 1660, in-8
t. I, p. 399 et suiv.)
[595] Mss. de la Bibl. imp., F. Baluze. Ces lettres ont été publiées,
mais incomplètement, par M. Marcou, dans son _Étude sur Pellisson_.
[596] Cette lettre est probablement des premiers jours de septembre
1661.
[597] Il est question dans les _Mémoires de Huet_ d'un Jacques
Graindorge de Prémont, qui se faisait remarquer par ses études sur les
antiquités romaines et la numismatique. Je ne sais si c'est celui dont
parle mademoiselle de Scudéry.
[598] Le comte Tott ou du Tot était ambassadeur de Suède en France. Il
était arrivé à Fontainebleau au mois de juillet. Loret en parle ainsi
dans sa _Gazette_ ou _Muse historique_, du 31 juillet 1661:
Le grand comte Tot, qui ne cède
A pas un des grands de Suède
En ce que doit avoir d'honneur
Tout brave et généreux seigneur,
C'est-à-dire en esprit, courage.
Grâce, politesse et lignage.
Lundi dernier, jour assez beau,
Arriva dans Fontainebleau,
Suivi d'une nombreuse presse
De gens de cour et de noblesse,
Desquels tous il fut escorté
Par ordre de Sa Majesté.
[599] Marie-Éléonore de Rohan, abbesse de la Sainte-Trinité de Caen.
Elle figure parmi les _précieuses_ de cette époque. Voyez son portrait
peint par elle-même dans la galerie des _Portraits de Mademoiselle_.
[600] Il est question d'une demoiselle Boquet et de sa sœur dans le
_Dictionnaire des Précieuses_ de Somaize: «Bélise (mademoiselle Boquet
et sa sÅ“ur sont deux précieuses âgées qui jouent fort bien du luth, et
qui ont une grande habitude à toucher les instruments. Elles logent
aussi au quartier de l'Éolie au Marais), qui est le lieu où les
précieuses font le plus de bruit.»
[601] Il m'est impossible de déterminer avec précision la position de
cette maison de campagne. Elle parait avoir été située sur les bords de
la Seine et à peu de distance de Fontainebleau.
[602] Il s'agit ici de mademoiselle de la Motte d'Argencourt, qui venait
d'être expulsée de la cour. Voy. les _Mémoires de madame de Motteville_,
à l'année 1661, ainsi que les _Mémoires de la Fare_ et ceux du jeune
Brienne. On a souvent confondu cette fille d'honneur de la reine avec
mademoiselle de la Mothe-Houdancourt, qui fut un instant recherchée par
Louis XIV.
[603] Femme d'un des commis du surintendant.
[604] On trouve dans les papiers de Conrart à la bibliothèque de
l'Arsenal (t. XI, in-fº, p. 187) un portrait de M. Méringat ou Mérignat,
écrit par lui-même.
[605] Nicolas de Nicolaï fut premier président de la chambre des
comptes, de mars 1656 à février 1686.
[606] Philippe de France, frère de Louis XIV.
[607] Henriette de Coligni, comtesse de la Suze, née en 1618, morte en
1671. Mademoiselle de Scudéry en a fait un éloge pompeux dans la
_Clélie_. Hésiode, endormi sur le Parnasse, voit en songe les Muses, et
Calliope lui montre les poëtes qui naîtront dans la suite des âges. A
l'occasion d'Henriette de Coligni, la Muse s'exprime ainsi: «Regarde
cette femme qui t'apparoît: elle a, comme tu vois, la taille de Pallas
et sa beauté, et je ne sais quoi de doux, de languissant et de
passionné, qui ressemble assez à cet air charmant que les peintres
donnent à Vénus. Cette illustre personne sera d'une si grande naissance,
qu'elle ne verra presque que les maisons royales au-dessus de la sienne.
Sache qu'elle naîtra encore avec plus d'esprit que de beauté,
quoiqu'elle doive, comme tu vois, posséder mille charmes. Elle aura même
une bonté généreuse qui la rendra digne de toutes les louanges, sans te
parler de tant d'autres admirables qualités que le ciel lui prodiguera.
Apprends seulement qu'elle te fera des élégies si belles, si pleines de
passion, et si précisément du caractère qu'elles doivent avoir, qu'elle
surpassera tous ceux qui l'auront précédée et tous ceux qui la voudront
suivre.» Henriette de Coligni fut mariée, en 1643, à Thomas Hamilton,
comte d'Hadington ou Adington, et devint veuve peu de temps après. Elle
épousa en secondes noces le comte de la Suze, qui était calviniste.
Henriette de Coligni, petite-tille de l'amiral de Coligni, était de la
même religion; mais, en 1655, elle se fit catholique, «afin, disait la
reine Christine, de ne voir son mari ni dans ce monde ni dans l'autre.»
Elle demanda, en effet, la rupture de son mariage avec le comte de la
Suze, et l'obtint en 1661. C'est à cet événement que mademoiselle de
Scudéry fait allusion dans la lettre à Pellisson. On a sous le nom de
madame de la Suze, des recueils de vers qui ne justifient pas les éloges
des contemporains.
[608] Catherine Belier, femme de chambre de la reine Anne d'Autriche.
[609] Il était l'amant de mademoiselle de la Motte d'Argencourt, comme
on le voit par les Mémoires du jeune Brienne.
[610] Rémond du Mas était, comme la Bastide, un des commis de Fouquet.
[611] Paris, 1659.
[612] Cette pièce se trouve dans les mss. de Conrart à la Bibl. de
l'Arsenal (t. XI, in-fº, p. 151), avec d'autres billets dont nous
examinerons l'authenticité lorsqu'il sera question de la cassette de
Fouquet. La transcription est de l'époque de Conrart, mais c'est une
main plus moderne qui, en haine de madame de Maintenon, a attribué ce
billet à madame Scarron: «Je hais le péché, mais je hais encore plus la
pauvreté. J'ai reçu de vous dix mille ecus; si vous voulez encore en
apporter dix mille dans deux jours, je verrai ce que j'aurai à faire; je
ne vous défends pas d'espérer.» Conrart dit, dans une note, qu'il croit
ce billet écrit par madame de la Baulme. Les ennemis mêmes de madame de
Maintenon ne lui ont jamais refusé une certaine pruderie de style qui
contraste avec le ton de ce billet.
[613] Je regrette de ne pas pouvoir donner le texte des lettres de
madame Scarron d'après l'édition que prépare H. Lavallée. Je n'ai à ma
disposition que celle de la Beaumelle.
[614] Cette lettre porte la date du 18 janvier 1660.
[615] Voy. l'_Histoire de la vie et des ouvrages de J. de la Fontaine_,
par M. Walckenaer (1 vol. in-8, Paris, 1854.)
[616] On donnait le titre de _Monseigneur_ au surintendant. Voy. la
_Dédicace_ en tête de l'_Å’dipe_ de P. Corneille.
[617] C'était le nom que l'on donnait alors au trésor public.
[618] Pour assignée. On appelait alors _assignations_ les mandats sur le
trésor.
[619] Me servira de garant, de caution.
[620] Quelle est la personne désignée sous le nom d'Iris? Il n'est pas
facile de suivre les volages amours de la Fontaine. Il est probable
cependant qu'il s'agit ici de Claudine Colletet, qui se piquait
elle-même de poésie. Voy. l'_Histoire de la vie et des ouvrages de J. de
la Fontaine_, par M. Walckenaer.
[621] Jules Mazarin, qui venait de conclure la paix des Pyrénées.
[622] Ce mot s'employait alors dans le sens de débat et querelle.
[623] Marie-Thérèse d'Autriche, que Louis XIV épousa à Saint-Jean de
Luz, le 9 juin 1660.
[624] Voy. plus haut.
[625] C'est-à-dire assignée sur un bon fonds. On a vu plus haut que les
surintendants donnaient quelquefois des assignations, ou mandats du
payement, sur des fonds déjà épuisés.
[626] Il s'agit toujours de la paix des Pyrénées, qui fut suivie du
mariage du roi avec l'infante d'Espagne.
[627] Vieux mot qui signifiait l'abondance et l'impétuosité. On disait
que le sang coulait d'une blessure à _gros randons_.
[628] Je renvoie le lecteur à ces pièces qui se trouvent dans toutes les
éditions complètes de la Fontaine.
[629] Ces manuscrits sont conservés à la Bibl. de l'Arsenal. Il y a deux
collections, l'une in-4º, l'autre in-fº. Il est question ici de la
collection in-fº.
[630] Ce rapport autographe se trouve à la Bibl. imp., ms. F.
Gaignières, nº 2799, fº 302, rº.
[631] Manusc. de la Bibl. Mazarine, n° 1719, t. III, f° 403. recto.
[632] Il s'agit ici des Pays-Bas espagnols, qui correspondent, à peu
près, au royaume actuel de Belgique.
[633] Voy. les _Négociations relatives à la succession d'Espagne_, par
M. Mignet t. I, p. 178.
[634] _Histoire de France_, 4e édit., t. XII, p. 252 et suiv.
[635] La correspondance de cet ambassadeur fait partie des manuscrits de
la Bibl. imp.
[636] «Ils ont éprouvé, dit l'auteur du Mémoire, que les François ne
peuvent oublier leur nature libre et leur familiarité trop grande dans
la pratique de leurs femmes, et la conversation qu'on ne leur peut ôter,
point si sensible aux régnicoles et à toute l'Italie, que la moindre
chose en cela les offense en honneur et la réputation.»
[637] L'intention de tenir le traité secret était si formelle, qu'il
était recommandé à l'intendant de l'armée, auquel on remit le document
chiffré, «de le déchiffrer lui-même sans la participation de qui que ce
soit.»
[638] La princesse de Carignan, femme du prince Thomas de Savoie, était
sÅ“ur du comte Louis de Soissons, tué à la bataille de la Marfée, en
1641.
[639] Bibl. imp., mss. F. Saint-Germain fr., nº 709, t. XXXII, fº 145.
Autographe. Le conseiller de la Fosse était un des commissaires chargés
de faire l'inventaire des papiers de Saint-Mandé.
[640] Le mariage n'eut lieu qu'en 1657. Voy. p. 357.
[641] Il semble qu'il y a ici erreur. La marquise d'Asserac était de la
maison de Rieux, et signait PÉLAGIE DE RIEUX. Voy. p. 364-365.
[642] Abel Servien était mort au mois de février 1659.
[643] L'inventaire était fait à Saint-Mandé par les conseillers d'État
de Lauzon et de la Fosse, et le maître des requêtes Poncet.
[644] Fº 85 du même manuscrit.
[645] C'est-à-dire avec des corrections en interligne. Ces corrections
ont été mises en note dans notre reproduction du projet.
[646] Fouquet a ajouté en interligne dans la rédaction de 1658: _à mon
frère l'Abbé, qui s'est engagé peut-estre trop légèrement, puisqu'il n'a
pas de titre pour cela, contre M. le Prince_.
[647] Addition de 1658 en interligne: _qui confondent toute la famille
et attendent_, etc.
[648] Fouquet a effacé, en 1658, ces mots _en mon frère l'abbé_ et y a
substitué _en mes frères_.
[649] Le mot _proches_ a été effacé en 1658 et remplacé par _amis_.
[650] Fouquet a effacé toute cette phrase, depuis: _et que mon frère
l'abbé n'y fust pas_, et y a substitué la suivante en 1658: _et que mon
frère l'abbé, qui s'est divisé dans les derniers temps d'avec moy mal à
propos, n'y fust pas et qu'on le laissent en liberté, il foudroit
doubter qu'il eust esté gagné contre moy, et il seroit plus à craindre
en cela qu'aucun autre. C'est pourquoi le premier ordre seroit d'en
advertir un chacun, estre sur ses gardes et observer sa conduite_.
[651] Cette phrase a été remplacée par la suivante: _Si j'estois donc
prisonnier et que l'on eust la liberté de me parler, je donneray les
ordres se là_, etc.
[652] Note ajoutée par les commissaires: _Ce la Vallée est le valet de
chambre_ qui sert M. Fouquet à Vincennes.
[653] Bruant des Carrières, un des principaux commis de Fouquet.
[654] Le sieur Pecquet, médecin, est auprès de Fouquet depuis sa
détention. (_Note des commissaires_.)
[655] Cette phrase, _qu'il m'a dit avoir sur M. de Bellebrune,
gouverneur de Hesdin_, été rayée et remplacée par celle-ci: _qu'il a sur
le commandant du Havre_.
[656] Cette phrase a été modifiée dans la seconde rédaction, depuis
_comme du Fresne_ jusqu'à _dans Ham_, et remplacée par la suivante:
_dans Bellisle, M. de Brancas, auquel je me confie entièrement, auroit
la principale conduite de tout avec madame du Plessis_.
[657] Les derniers mots de la phrase, depuis _tant de sa compagnie_, ont
été supprimés.
[658] La seconde rédaction porte en interligne: _Bellisle et Concarnau_,
au lieu de _Ham_ qui a été effacé.
[659] Cette phrase, depuis: _et que M. le marquis d'Hocquincourt_, a été
biffée et remplacée par celle-ci: _et que M. le mareschal de la
Meilleraye, quoiqu'il m'ait donné parole d'estre dans mes intérests
envers et contre tous en présence de M. de Brancas et de madame du
Plessis, n'en useroit peut-estre par trop bien, il faudrait advertir
Deslandes de prendre des hommes le plus qu'il pourroit, sans faire
néantmoins rien de mal à propos_. On doit se rappeler que le marquis
d'Hocquincourt avait remplacé le maréchal, son père, comme gouverneur de
l'éronne, que le maréchal de la Meilleraye était gouverneur de Bretagne,
et Deslandes, gouverneur de Concarneau. La substitution de Belle-Isle à
Ham a rendu ces changements nécessaires dans la suite du projet.
[660] Ce paragraphe a été complètement supprimé.
[661] Il y avait, dans la première rédaction, _au Croisil_ (auj.
Croisic).
[662] Tombelaine est une petite île située près du mont Saint-Michel.
Dans la seconde rédaction, Fouquet a remplacé _à Concarnau et
Tombelaine_ par ces mots: _faire accommoder Saint-Michel et Tombelaine_.
[663] Fouquet a remplacé ce membre de phrase par le suivant: _Il serait
important que ceux qui commandent dans Saint-Michel et Tombelaine soient
advertis de s'y tenir_.
[664] Dans la seconde rédaction ces mots, _dans l'abbaye du
Pont-aux-Dames_, ont été biffés et remplacés par cette phrase: _qu'elle
allait s'enfermer quelque temps dans la citadelle d'Amiens ou de
Verdun_.
[665] Cette phrase a été ainsi modifiée: _n'a pas de luy-mesme toute la
circonspection nécessaire_.
[666] Fouquet a changé ainsi cette phrase: _M. de Brancas, MM. de
Langlade et de Gourville m'ont beaucoup d'obligation_.
[667] Ce mot a été effacé dans la seconde rédaction et remplacé par
_Bellisle_.
[668] Ici commence la partie du projet écrite en 1658, après
l'acquisition de Belle-Isle, et où le nom de cette place se trouve dans
le corps même de l'écrit.
[669] On écrit ordinairement _Neuchèse_.
[670] Fouquet avait ajouté: _ou au Havre_; mais il a effacé ces mots.
[671] Ce nom a été ajouté en interligne.
[672] Louis Fouquet, alors coadjuteur de l'évêque d'Agde, était en même
temps conseiller du parlement de Paris.
[673] François Fouquet, qui n'était encore en 1658 que coadjuteur de
l'archevêque de Narbonne.
[674] Fouquet a remplacé _ses cinq_ par _quelques_.
[675] Fouquet a ajouté en interligne _et chez M. de Bournonville_.
[676] C'est-à-dire _de la première chambre des enquêtes_.
[677] La phrase a été copiée textuellement. Fouquet veut dire sans doute
que M. Amproux connait bien les usages du parlement et y peut servir
pour toutes choses.
[678] Les protestants.
[679] Fº 94 du même volume.
[680] Papiers de Fouquet, Bibl. imp., F. Baluze, t. II, p. 249. Au dos:
_Monsieur le Procureur général_.
[681] _Å’uvres de la Fontaine_, édit. Walckenaer, t. VI, p. 350 et suiv.
Paris. Lefèvre, 1828.
[682] L'ordonnance qui nomme Nicolas Fouquet seul surintendant des
finances se trouve dans le journal de Foucault, déjà cité, t. VIII.
[683] Probablement _preuve de capacité_. On dit encore _faire ses
preuves_.
[684] Cette maison, située rue Saint-Antoine, est aujourd'hui le lycée
Charlemagne.
[685] L'archevêque de Rouen était, à cette époque, Harlay de Chanvalon,
qui devint, dans la suite, archevêque de Paris.
[686] Prince de Conti, frère du prince de Condé.
[687] Gouverneur de Narbonne.
[688] Barthélémy Hervart, ou d'Hervart, était un des plus riches
financiers de cette époque. Il avait obtenu la faveur de Mazarin en lui
avançant des sommes considérables pendant la Fronde.
[689] Archives des affaires étrangères, FRANCE, t. CLXVII, pièce 172.
[690] Je n'ai sous les yeux que l'édition défectueuse donnée par la
Beaumelle (Amsterdam, 1756, in-12), t. I, p. 25.
[691] Frère de Louis XIV, qui porta plus tard le titre de duc d'Orléans.
[692] _Mémoires de Gourville_, édit. Michaud et Poujoulat, p. 525.
[693] «Ces avis (il s'agit de lettres et avis adressés à Fouquet), et
entre autres un de 1659, contiennent tout le dessein du sieur Colbert,
en la manière qu'il s'est exécuté depuis et s'exécute encore à présent.
C'est une pièce principale, que j'ai montrée à plusieurs personnes, qui
porte tout le détail du complot, et particulièrement que Colbert faisoit
de grandes instances auprès de Son Éminence pour m'ôter mon emploi et
faire résoudre une chambre de justice, dont il seroit le maître.»
(Défenses, t. II, p. 26.)
[694] Mazarin s'était rendu dans cette ville pour négocier avec don
Louis de Haro.
[695] _Mémoires de Gourville_, édit. Michaud et Poujoulat, p. 525-526.
[696] _Ibid._ p. 526.
[697] Voy. la lettre de Bartet au chapitre suivant.
[698] Gourville ne parle pas de ce voyage de Fouquet à
Saint-Jean-de-Luz; mais la lettre du cardinal à Colbert, en date du 20
octobre 1659, ne laisse aucun doute sur ce point. On sait d'ailleurs,
par les lettres de Mazarin au roi et à la reine, en date du 20 octobre
1659, que Fouquet resta trois jours avec Mazarin à Saint-Jean-de-Luz, du
17 au 20 octobre, et repartit ensuite pour Bordeaux, où il rejoignit la
cour et l'accompagna à Toulouse.
[699] Cette lettre de Mazarin à Colbert a été publiée, sans date, dans
les _Documents historiques tirés de la Bibliothèque impériale_
(Collection des _Documents inédits_), t. II, p. 501 et suivantes. La
date de cette lettre est déterminée par la réponse de Colbert. M. Pierre
Clément a réimprimé ces deux lettres dans son _Histoire de Colbert_.
[700] Ce voyage, dont il a été question au t. I, p. 7, fut entrepris par
le cardinal après l'arrestation des princes. Fouquet l'accompagnait en
qualité de maître des requêtes.
[701] Colbert veut parler du règlement du 21 décembre 1654, dont il a
été question plus haut. Voy. t. I, p. 269-270.
[702] Voy. t. I, p. 386.
[703] Il est souvent question de ce personnage dans les _Défenses de
Fouquet_. C'était un des confidents du surintendant, qui en parle avec
beaucoup d'estime: «Ceux à qui le nom, le mérite, la vertu et la
fidélité de M. Chanut ont esté connues [auront peine à croire] que cet
homme, d'une probité rare et incomparable, ait esté choisi pour estre le
confident d'une révolte.» _Défenses_, t. III. p. 353.
[704] Denis Talon, dont il s'agit ici, avait succédé à son père Omer
Talon dans la charge d'avocat général au parlement de Paris.
[705] Les _Mémoires de Gourville_ prouvent que Colbert avait deviné
juste.
[706] Voy. dans les _Mémoires de Conrart_ l'article intitulé BARTET,
_secrétaire du cabinet_.
[707] On connaît la plaisanterie de Gaston d'Orléans qui, parlant des
Fouquet, Bartet, Brachet, Milet, etc., qui étaient dévoués à Mazarin,
disait: _Omnia nomina in_ ET _sunt Mazarinei generis_.
[708] Voy. t. I, p. 390-391, la conduite de l'abbé Fouquet.
[709] Les canons étaient des ornements de toile ronds, fort larges,
souvent ornés de dentelles, qu'on attachait au-dessous du genou et qui
tombaient jusqu'à la moitié de la jambe. Molière s'est moqué
De ces larges canons, où comme en des entraves
On met tous les matins ses deux jambes esclaves.
[710] NÅ“uds de ruban qui servaient à orner les vêtements.
[711] _Mémoires de Conrart_, article BARTET.
[712] T. VI, p. 120 édit. Hachette, in-8.
[713] Ce conseiller du Parlement de Pau, que Bartet accusa d'abord de
l'attentat commis contre sa personne, se nommait Casaux. Voy. _Mémoires
de Conrart_, article BARTET.
[714] M. de Nouveau était directeur des postes.
[715] _Mémoires de Conrart_, article BARTET.
[716] Lettre du 19 juillet 1655.
[717] Baigneur célèbre de cette époque, chez lequel on trouvait tous les
raffinements du luxe.
[718] _Mémoires_ (édit Hachette, in-8), t. VI, p. 121.
[719] Bartet ne quitta la cour qu'après la disgrâce de Fouquet. Il se
retira alors à Neufville, près de Lyon, dans un domaine de la famille de
Villeroy. Il y vécut jusqu'à un âge très-avancé (cent cinq ans) Bartet
mourut en 1707.
[720] On sait que Mazarin négociait le mariage de Louis XIV avec
l'infante Marie-Thérèse, en même temps que la paix des Pyrénées.
[721] Bartet fait allusion à la passion que le roi avait éprouvée pour
Marie Mancini et dont le cardinal ne le croyait pas bien guéri.
[722] Il s'agit du commerce épistolaire entre Louis XIV et Marie Mancini
reléguée à Brouage.
[723] Ces deux mots espagnols furent francisés et formèrent le mot
_médianoche_, très-usité au dix-septième siècle pour indiquer un repas
fait à minuit, en gras, lorsqu'on passait d'un jour maigre à un jour
gras, Madame de Sévigné en parle souvent dans ses lettres: «Le soir, le
roi alla à Liancourt, où il avait commandé _médianoche_.» (Lettre du 26
avril 1671.) Voy. aussi lettres du 26 août 1671, du 6 avril 1672, etc.
[724] Il y a ici un _lapsus_, il faudrait huit mille pour faire le
chiffre de dix mille indiqué par Bartet.
[725] Ce passage détermine l'époque où Fouquet vint à Bordeaux; ce fut
vers la fin de septembre ou au commencement d'octobre 1659.
[726] On a vu, dans une lettre précédente, que Langlade était, comme
Bartet, secrétaire du cabinet.
[727] Les Mémoires du dix-septième siècle attestent que tel n'était pas
le caractère habituel de Vardes; c'était, au contraire, un des seigneurs
les plus brillants et les plus vaniteux de la cour.
[728] Marie-Anne Mancini, dernière nièce du cardinal Mazarin. Elle
épousa dans la suite le duc de Bouillon.
[729] Ce château fort était situé près de Charleville.
[730] Le maréchal de Gramont était chargé de faire la demande officielle
de la main de l'infante Marie-Thérèse.
[731] On sait que Louis de Bourbon, prince de Condé, rentra en grâce par
suite de la paix des Pyrénées.
[732] Premier chirurgien du roi.
[733] Le Tellier et Loménie de Brienne.
[734] Remords de conscience.
[735] Catherine Belier, première femme de chambre de la reine.
[736] Louis Fouquet, frère du surintendant. Il était aumônier du roi.
[737] Madame de Laubardemont était également femme de chambre de la
reine. Loret en parle dans sa lettre du 10 avril 1660:
...La sage Laubardemont,
Femme de chambre de la reine,
Mourut la seconde semaine
Du mois de mars dernier passé.
[738] Il s'agit des _états de Languedoc_, dont l'ouverture avait eu lieu
le 1er octobre Voy. le chapitre suivant.
[739] _Muse historique_, lettre du 18 octobre 1659.
[740] Loret a ajouté en note: _Messire François Fouquet, frère aîné de
monseigneur le surintendant_.
[741] Voy. plus haut, p. 28 et 32.
[742] Ci-dessus, p. 13.
[743] _Mémoires de Gourville_, ibid., p. 526. Si l'on s'en rapporte aux
lettres de Gui-Patin, il semble que le surintendant était revenu à Paris
après l'entrevue de Saint-Jean-de-Luz et qu'il fut de nouveau appelé à
la cour. On lit, en effet, dans une lettre du 2 décembre 1659: «M.
Fouquet, surintendant des finances, a été appelé à la cour pour quelque
chose que M. Hervart avoit dit contre lui, et eût été en danger de
perdre la surintendance, s'il n'eût paré le coup, et, dit-on, en donnant
cinquante mille écus au cardinal comme un présent de bagatelle; il
revient bien rétabli.» Les derniers mots peuvent faire supposer qu'il
s'agit d'un voyage déjà ancien, comme celui que Fouquet avait fait au
mois d'octobre. D'ailleurs la chronologie des lettres de Gui-Patin est
loin d'être établie d'une manière satisfaisante.
[744] _Mémoires de Gourville_, ibid., p. 526.
[745] «M. de Brancas, dit Gourville, étoit assez de mes amis, parce que
de temps en temps je lui donnois de l'argent de la part de M. Fouquet,
et à bien d'autres aussi.»
[746] _Mémoires de Gourville_, ibid., p. 527.
[747] T. III, p. 291.
[748] _Mémoires de Gourville_, p. 527.
[749] _Ibid._, p. 528.
[750] Cette pièce, intitulée _Ode anacréontique_, est adressé à _Madame
la surintendante sur ce qu'elle est accouchée avant terme, dans le
carrosse, en revenant de Toulouse_. Elle porte la date de 1658; mais
c'est par erreur: il faut lire 1659. Voy. au chapitre suivant la lettre
de Bartet.
[751] Vieux mot pour _rappeler_.
[752] Voy. ci-dessus, p. 8.
[753] Mss. de Conrart à la bibliothèque de l'Arsenal, in-f°, t. XI, p.
159 et suiv. Conrart a ajouté la note suivante: «Cette lettre a esté
copiée par moy sur l'original, escrit de la main de Bartet, qui estoit
alors fort bien à la cour, à M. Foucquet, surintendant des finances,
entre les papiers duquel elle fut trouvée, après qu'il eust esté arresté
à Nantes, avec plus de quatre-vingts autres [lettres] de mesme force et
de mesme style. Il y avoit au-dessus de celle-cy, en gros caractères,
POUR L'AVENIR, qui est le nom de M. Foucquet dans le chiffre qu'ils
avoient ensemble.»
[754] Il y a _novembre_ dans le texte; mais c'est une erreur du copiste.
Mazarin n'était arrivé à Toulouse que le 22 novembre, et le surintendant
n'avait quitté cette ville que dans le courant de décembre.
[755] Un des commis de Fouquet.
[756] Valet de chambre du roi.
[757] Ces mots désignent la reine et Mazarin.
[758] La cour en quittant Toulouse se rendit en Provence.
[759] Zongo Ondedei, évêque de Fréjus. Il était, comme on l'a déjà dit,
parent et confident de Mazarin.
[760] Il n'est pas facile de deviner quelles sont les personnes cachées
sous ces noms; cependant on peut conjecturer, sans trop
d'invraisemblance, qu'ils désignent MM. de Brancas et de Grave, qui
recevaient l'un et l'autre une pension de Fouquet. Il a déjà été
question de Brancas, qui devint plus tard chevalier d'honneur de la
reine mère. De Grave était chargé de distribuer les sommes allouées par
le surintendant aux personnes de la famille royale.
[761] C'est-à-dire, connaissaient ces faits mieux que moi.
[762] C'est-à-dire, j'en ai, en partie, instruit les deux autres.
[763] D. Louis de Haro, qui avait négocié avec Mazarin la paix des
Pyrénées.
[764] La dispense nécessaire pour le mariage de l'infante avec Louis
XIV.
[765] Ce voyage de Bartet à Rome parut un événement assez important pour
que Loret s'en occupât à plusieurs reprises. Il annonce le voyage dans
sa lettre du 24 janvier 1660:
Bartet, qu'on sait être habile homme,
Est allé de Tuloze à Rome
De la part de Sa Majesté,
Pour avoir de Sa Sainteté,
Par la raison de parentage,
Dispense pour le mariage, etc.
La lettre du 13 mars parle de son retour:
J'appris l'autre jour, en passant,
Que Bartet, esprit agissant,
Un peu Gascon, mais honnête homme,
Est enfin revenu de Rome, etc.
La même lettre nous apprend que Bartet a été chargé de porter la
dispense à Madrid. La lettre du 24 avril parle d'un don de pierreries de
la valeur de quatre mille écus, dont le roi d'Espagne a gratifié Bartet.
[766] _Muse historique_, lettre du 5 janvier 1660.
[767] Voy. t. I, p. 423.
[768] Voy. les _Mémoires_ de mademoiselle de Montpensier, qui accompagna
la cour dans une partie du voyage (t. III, p. 589 et suiv.).
[769] _Ibid._, p. 404.
[770] _Mémoires de Gourville_, édit. citée, p. 528-520.
[771] Lettre du 8 mai 1660.
[772] M. Fouquet, premier écuyer de la grande écurie du roi. (Note de
Loret.)
[773] Lettre du 24 juillet 1660.
[774] On peut comparer une lettre de madame Scarron à madame de
Villarceaux en date du 27 août 1661.
[775] Le chef des conseils du roi était le chancelier de France. Pierre
Séguier était alors investi de cette dignité. Madame Scarron dit aussi
en parlant de Séguier: «Ensuite parut M. le chancelier en robe et
manteau de brocart d'or.»
[776] Parlement, chambre des comptes et cour des aides. Il y avait
encore une cour souveraine, le grand conseil, qu'il ne faut pas
confondre avec le conseil du roi. Madame Scarron n'admire pas le
parlement: «Les présidents à mortier étoient assez ridicules avec leurs
mortiers sur la tête, qui, de loin, paroissoient de ces boites plates de
confitures.»