DÉCEMBRE 1662

Le roi a supprimé cette charge,

et s'en est réservé la fonction tout

entière, et s'est chargé par ce moyen

d'un travail de trois heures par jour

l'un portant l'autre, dont il s'est

admirablement acquitté.

Le roi a supprimé les affaires

extraordinaires, et augmenté

prodigieusement ses revenus ordinaires.

Le roi a diminué les tailles de

huit millions de livres en deux années

(1661 et 1662).

Le roi travaille à enrichir les

peuples par la diminution des

impositions.

A s'enrichir soi-même pour pouvoir

ensuite faire des grâces.

Le roi leur a retranché toutes

ces superfluités et a fait passer,

pour ainsi dire, toute abondance en

ses maisons, qui sont à présent dignes

de Sa Majesté, non-seulement

par leurs bâtiments, mais encore

par les meubles, l'argenterie et autres

ornements.

Le roi a relevé les beaux-arts,

leur a donné sa protection tout

entière et en même temps les a

employé pour lui, ce qui les a

fait refleurir en peu de temps.

Le roi les a retirés de cette disgrâce,

leur a donné sa protection

tout entière, et par le moyen des

pensions qu'il donne à tous les savants,

il y a lieu d'espérer que les

lettres seront plus florissantes sous

son règne qu'elles n'ont encore

été.

Le roi a augmenté ses revenus

jusqu'à cinquante millions

de livres en seize mois de temps.

Le roi a mis dix-huit vaisseaux

en mer jusqu'en juin 1662, et, le

reste de l'année, six. Sa Majesté a

assemblé, avec un soin et une dépense

incroyables, assez de chiourmes

pour mettre, en 1662, six galères

en mer, et d'autres sur les

côtes de Provence.

Sa Majesté en a fait un de ses

principaux soins, et a donné une

telle protection qu'elle a vu un nombre

considérable du vaisseaux se

bâtir de nouveau.

Le roi, dès les premiers temps de

l'année commencée, a donné ordre

à toutes les dépenses principales,

de sorte qu'il n'a plus été nécessaire

d'y penser tout le reste de l'année.

Le roi n'a plus donné un sou de

remise ni d'intérêt depuis qu'il a

pris soin de ses finances.

Le roi s'est mis dans une si grande

réputation d'abondance d'argent

après l'affaire de Dunkerque[1663], que

toute l'Europe a craint l'achat de

terres, de places et de tous les États

qui pourroient être à sa bienséance.

Ce parallèle, ajoute Colbert, pourroit être continué à l'infini; mais,

pour l'abréger, il suffira de dire qu'il a fait (chose incroyable et

même impossible dans la nature) passer en si peu de temps un État comme

celui-ci, dans une matière si délicate et si importante que celle des

finances, d'une extrémité de corruption au plus excellent degré de

perfection qui se puisse imaginer, et toutefois c'est l'ouvrage d'un

jeune prince de vingt-trois à vingt-quatre ans.»

Mémoires sur la vie publique et privée de Fouquet, surintendant des finance et sur son frère l'abbé Fouquet · 第 207 / 211 题