(LES SIMULACRES)
Les femmes aiment les titres honorifiques, les situations importantes,
l’argent, la beauté physique, la distinction, le prestige que donne
l’admiration des autres hommes. Mais elles renonceront volontiers, et
même avec orgueil, à tout ce qu’elles aiment pour un homme qui n’a rien
que le don rare de leur donner, dans l’intimité de la nuit, du plaisir
physique.
Une légende absurde montre les femmes du monde se livrant à leurs
domestiques pour la seule joie de leurs sens. Rien ne semble
prédisposer, ni leurs travaux, ni leur éducation, les gens de maison à
l’habileté dans l’art de donner des caresses physiques.
Celui qui donne le plus de plaisir n’est pas le plus vigoureux ou celui
dont le tempérament est conforme au tempérament de la femme. C’est celui
qui en a le plus le goût imaginatif. Il donne une valeur inattendue à
chaque caresse par l’amour avec lequel il la donne. Il multiplie à
l’infini dans le domaine subtil des nerfs ces rayonnements de volupté si
précieux aux natures sensibles.
Les femmes le reconnaissent à son regard, à ses silences, à ses
timidités, à un je ne sais quoi qui se dégage de lui. Il porte dans ses
mouvements une beauté qui n’obéit pas aux lois ordinaires de la beauté,
et qui n’est perceptible que pour les voluptueuses.
Et celui-là est un grand maître qui possède assez de richesse pour
donner à la fois la tendresse du cœur et le plaisir des sens; même
auprès des femmes les plus honnêtes, il peut se passer d’être estimé et
toute mauvaise action lui est permise car l’homme le plus estimable pour
les femmes est celui qui apporte la plus grande somme de plaisir.
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