[1] Ce décret fut promulgué le 27 février 1790.
[2] Par C.-F. Kramer, in-8º; Riga, 1797.
[3] C'est ce qui est arrivé pour l'édition de la _Religieuse_ de M.
Génin, dans les _OEuvres choisies_ de Diderot (in-18, Firmin Didot,
1856). Les points qui remplacent certains passages, ces points
mystérieux, paraissent gros d'horreurs et de monstruosités, et,
certes, font plus rêver les jeunes gens que ne le ferait le texte
même. Il en est de ces réticences maladroites comme des questions
inconsidérées des confesseurs.
[4] Nous supposons que cet A cache Andrieux, alors un des principaux
rédacteurs de la _Décade_; mais, en retrouvant la conclusion de
l'article dans la _Nouvelle Bibliothèque d'un homme de goût_ (1810,
t. V, p. 84), nous devons nous demander si son véritable auteur ne
serait pas A.-A. Barbier, qui n'aurait modifié, sous l'Empire, sa
première rédaction qu'en la condensant et en écrivant «hommes sages»
à la place de «philosophes.»
[5] Célèbre maître de danse, déjà nommé.
[6] VARIANTE: Toussé.
[7] VARIANTE: J'allais les porter.
[8] VARIANTE: Que la nuit qui précéda fut terrible pour moi!
[9] Dans un _Essai sur les Fêtes nationales_, an II (1794),
Boissy-d'Anglas dit que Diderot n'a jamais pu voir sans
attendrissement, sans un sentiment de respect, d'admiration, la
procession de la Fête-Dieu.
[10] VARIANTE: Que je n'osais la regarder.
[11] L'abbaye de Longchamp attirait les Parisiens les mercredi, jeudi
et vendredi de la semaine sainte par ses offices chantés. La
supérieure, qui mettait de la coquetterie à avoir les plus belles
voix, n'hésitait pas à emprunter, pour ces circonstances, les
choeurs de l'Opéra. La Le Maure, dont parle Diderot dans les _Bijoux
indiscrets_, avait fait profession dans cette maison, et y revoyait
ainsi une fois par an ses anciennes compagnes.
[12] Air de Telaïre, dans _Castor et Pollux_, tragédie lyrique de
Bernard, musique de Rameau (1737). Il était chanté par M^lle
Arnould.
[13] Au cachot qu'on nommait _in pace_.
[14] Avocat célèbre de l'époque.
[15] L'ennemi intime de Bordeu.
[16] De cet endroit jusqu'à: «On est très-mal avec ces femmes-là...»
M. Génin met des points.
[17] M. Génin supprime la suite de cet épisode, sauf deux fragments
insignifiants, jusqu'à la confession de la supérieure, qui n'a plus,
naturellement, de raison d'être. Il eût mieux valu supprimer tout ce
qui concerne le couvent de Sainte-Eutrope. Mais le sentiment de la
justice ne perd jamais entièrement ses droits, et après avoir fait
remarquer qu'il suit, dans son expurgation, les avis de Naigeon,
M. Génin ne peut s'empêcher d'ajouter: «Il faut cependant faire
observer l'art prodigieux avec lequel Diderot a sauvé l'innocence
de son héroïne. L'intérêt du roman était à ce prix. Soeur
Sainte-Suzanne traverse donc cet horrible bourbier sans être
maculée, sans se douter même du danger qu'elle a couru.» Et nous
ajouterons: Sans que les lecteurs vraiment innocents puissent
eux-mêmes s'en douter.
[18] Ce mot si heureux, dont l'effet est si dramatique, et qu'on peut
même appeler un de ces mots _trouvés_, que l'homme de génie regarde
avec raison comme une bonne fortune, et pour ainsi dire comme une
espèce d'inspiration, toutes les fois qu'il le rencontre, n'est pas
de l'invention de Diderot. Il lui a été donné par M^me d'Holbach,
qu'il consultait sur la manière dont il commencerait la confession
de la supérieure, et qui, surprise de son embarras et de le voir
ainsi arrêté depuis plus d'un mois dans une route où elle
n'apercevait pas le plus léger obstacle, lui dit, sur le simple
exposé des faits précédents: «Il n'y a pas ici à choisir entre
plusieurs débuts, également heureux. Il n'y a qu'une seule manière
d'être vrai. Votre supérieure n'a qu'un mot à dire, et ce mot, le
voici: _Mon père, je suis damnée._» Ce mot, qui, dans la
circonstance donnée, paraît être, en effet, le véritable accent de
la passion, le mot de la nature, devait plaire à Diderot par sa
justesse et sa simplicité. Il en fut fortement frappé, et il se
plaisait à citer cet exemple de l'extrême finesse de tact et
d'instinct de certaines femmes: il croyait même, et avec raison, ce
me semble, que ce mot, dont il n'oubliait jamais de faire honneur à
son auteur, était un de ceux que l'homme qui connaîtrait le mieux la
nature humaine chercherait peut-être inutilement, et qui ne
pouvaient être trouvés que par une femme. Cette anecdote, peu
connue, m'a paru curieuse sous plusieurs rapports, et j'ai cru
devoir la consigner ici. (Note de Naigeon.)
[19] Les lettres attribuées ici au marquis de Croismare, le seul de
tous les acteurs de ce drame qui ne fût pas dans le secret de la
plaisanterie, sont véritablement de cet homme honnête, sensible et
bienfaisant. Ceux qui l'ont connu y retrouveront partout la candeur
et la simplicité de son âme. Les autres lettres, où l'on remarque de
même un grand caractère de vérité, mais qui n'est que l'heureux
effet de l'art et du talent, sont de Diderot, à l'exception de
quelques lignes que lui ont fournies Grimm et M^me d'Épinay.
C'est chez cette femme, amie des lettres, et qui les cultivait,
que s'ourdissait gaiement, et par un motif d'une honnêteté
très-délicate, toute la trame de cet ingénieux roman, où le bon et
vertueux Croismare joue un si beau rôle. Ses amis, dont il
embellissait la société par les grâces et l'originalité de son
esprit, le voyaient avec peine confiné depuis deux ans dans sa
terre, et presque résolu à s'y fixer tout à fait. Cette longue
absence et ce projet d'une retraite totale les affligeaient
également; et ils imaginèrent ce moyen de le tirer d'une solitude
pour laquelle, d'ailleurs, son âme aimante, active et douce n'était
point fait. Mais l'intérêt qu'ils lui inspirèrent pour la jeune
religieuse devenant très-vif, ils furent obligés de la faire mourir,
et de terminer ainsi un roman qui n'avait pour but que de le ramener
au milieu d'eux, en lui offrant une occasion de secourir la vertu
malheureuse, et de faire une bonne action de plus. Voyez, dans cette
première lettre, qui est de Grimm, d'autres détails relatifs au
marquis de Croismare et à la prétendue religieuse. (Note de
Naigeon.) Voyez aussi notre _Notice préliminaire_ de la
_Religieuse_.
[20] Pour cet EXTRAIT, nous avons suivi le texte que nous ont fourni
les deux volumes de passages supprimés de la _Correspondance_ de
Grimm, dont nous avons déjà parlé (t. I, p. LXVI, note), et qui se
trouvent à la bibliothèque de l'Arsenal. Il nous a paru de beaucoup
préférable à la version reproduite jusqu'à présent, en ce qu'il
comporte, outre des changements heureux dans la forme, des passages
nouveaux qui ont leur importance. Nous engageons les lecteurs qui
voudraient constater ces différences, que nous n'avons pas voulu
toutes indiquer dans nos notes, pour ne pas les multiplier outre
mesure, à comparer les deux rédactions.
[21] _Mélanie_, drame de La Harpe, dont le sujet est aussi les
malheurs d'une religieuse malgré elle, fut représentée en 1770. À
cette époque, la _Religieuse_ de Diderot n'était connue que par les
manuscrits qui pouvaient courir clandestinement. Si La Harpe en
avait connaissance, c'est ce que nous n'oserions décider. Mais il
est bizarre de voir ce critique, dans son étude sur Diderot, qu'il
combat à propos de tout ce qu'il a fait et surtout de ce qu'il n'a
pas fait, rester muet sur ce roman, quoiqu'il n'oublie pas _Jacques
le Fataliste_, publié à la même époque.
[22] Cabaretier, aux Porcherons, qui fut le héros d'une assez
singulière aventure. Il avait signé un engagement avec un
entrepreneur de spectacle forain, quand il lui vint des scrupules
religieux. Procès; et intervention du clergé, qui prétendit qu'on ne
pouvait forcer un homme à se damner malgré lui. Cette prétention en
matière de contrats ne fut pas admise, et Ramponeau, pour ne pas
être damné, dut financer.
[23] Voyez, t. IV, _Cinqmars et Derville_, dialogue; et ci-après: le
_Neveu de Rameau_ et la _Correspondance_.
[24] Dans la rédaction que nous suivons, _M. Diderot_ est partout
substitué au _Nous_ des éditions précédentes. Il devient l'âme de
cette intrigue, comme de celle qu'il a mise en scène dans: _Est-il
bon, est-il méchant?_
[25] Nous retrouverons M. d'Alainville dans la _Correspondance_.
L'anecdote est inédite.
[26] Cette parenthèse (inédite et peu claire) serait-elle de Suard?
[27] Manque dans les précédentes éditions.
[28] Cette double erreur, d'orthographe et de qualification, est
expliquée quelques lignes plus bas.
[29] Les éditions connues mettent: _un Savoyard_.
[30] Ceci et la plus grande partie de ce qui suit ne se trouvent pas
dans le manuscrit de l'Arsenal, mais on y lit en note: «Cette lettre
se trouve plus étendue à la fin du roman, où M. Diderot l'inséra
lorsque après un oubli de vingt et un ans, cette ébauche informe lui
étant tombée sous la main, il se détermina à la retoucher.»
[31] Les éditions connues écrivent: SUZANNE DE LA MARRE.
[32] Les éditions connues mettent: Fleury. Ici, nous devons supposer,
_Tencin_.
[33] VARIANTE: «Castries, qui est Fleury de son nom...» Lisons, comme
ci-dessus, _Tencin_.
[34] VARIANTE: «Cette dame, qu'on dit compatissante, eût agi auprès de
son mari ou de M. le duc de Fleury son frère, et...»
[35] VARIANTE: «... ni M. le marquis de Castries, ni madame son
épouse...»
[36] VARIANTE: «... auprès de M^me de Castries ou de monsieur son
mari.»
[37] VARIANTE: «de Castries.»
[38] VARIANTE: «... M. le marquis de Castries fera la campagne, et
qu'on part, que M^me de Castries ira dans ses terres, et que dans
sept ou huit mois d'ici...» En remplaçant _Castries_ par _Tencin_,
le secrétaire, «fier du titre d'académicien,» si longtemps
sollicité, devient l'abbé Trublet, reçu en 1761.
[39] À broder.
[40] VARIANTE: «de Castries.»
[41] Les deux derniers alinéas sont inédits.
[42] Nous avons dit que Naigeon avait placé cet avis avant l'extrait
de la _Correspondance_ de Grimm.
[43]
......... Pol, me occidistis, amici,
Non servastis, ait, cui sic extorta voluptas,
Et demptus per vim mentis gratissimus error.
HORAT. _Epist._ lib. II, epist. II, vers. 138 et seq.
(Note de Naigeon.)
[44] Elles ne pouvaient en faire partie, puisque l'assemblage des
divers morceaux de cet _échafaud_, pour parler comme Naigeon, est dû
à Grimm et non à Diderot.
[45] Avec cette règle, il n'y aurait que des morceaux choisis suivant
le goût de l'éditeur, et il n'y aurait ni respect du public, qu'on
n'a pas le droit de supposer incapable de faire un choix de
lui-même, ni exact portrait de l'auteur, auquel l'un des
commentateurs enlèverait le nez (_Bijoux indiscrets_, t. IV, p.
297), tandis que l'autre lui mettrait une perruque, comme le fit
M^me Geoffrin pour un buste de Diderot (par Falconet) qui décorait
son salon.
[46]
Vir bonus et prudens versus reprehendet inertes;
Culpabit duros; incomptis allinet atrum
Transverso calamo signum: ambitiosa recidet
Ornamenta; parum claris lucem dare coget;
Arguet ambiguè dictum; mutanda notabit.
Fiet Aristarchus; nec dicet: Cur ego amicum
Offendam in nugis? hae nugae seria ducent
In mala derisum semel, exceptumque sinistrè.
HORAT. _De Art. poet._, vers. 445 et seq.
(Note de Naigeon.)
[47] Voyez les _Mémoires historiques et philosophiques sur la
vie et les ouvrages de Diderot_. Ce volume, qui pourra servir
d'introduction à l'édition que je publie de ses ouvrages, sera
très-incessamment sous presse[48]. (Note de Naigeon.)
[48] Des circonstances indépendantes de la volonté de Naigeon l'ont
empêché de publier ces Mémoires. (Note de l'édition BRIÈRE.)--Ils
font partie de l'édition Brière.
[49] Ce qui veut dire qu'étant donné un fumier où il y a des perles,
il vaut mieux tout détruire, perles et fumier, et défendre à Virgile
de fouiller dans Ennius.
[50] Nous croyons que Naigeon s'illusionne ici, et peut-être
volontairement. Jamais _la Religieuse_ n'a été, dans la pensée de
Diderot, destinée à devenir le bréviaire des mères de famille. Ce
qu'il avait en vue était la réforme des voeux perpétuels, et il
s'adressait à ceux qui pouvaient l'accomplir: aux hommes, aux
législateurs, et non aux femmes qui, par leur faiblesse, ne font que
subir la loi sans avoir même, comme il le montre, les moyens de
protester utilement contre elle.
[51] Voyez combien cette manie a grossi la collection des OEuvres de
Piron, de J.-J. Rousseau, de Mably, de Condillac, de Voltaire même,
qui leur est si supérieur sous tous les rapports: et jugez par ces
divers exemples combien la même manie grossira un jour le recueil
des ouvrages de Diderot, dont on ne voudra pas perdre une feuille,
quoique assurément il y en ait beaucoup dans cette collection,
d'ailleurs très-riche, qui, ne méritant pas d'être écrites, ne sont
pas dignes d'être lues. (Note de Naigeon.)--Cette accusation de
manie ne nous émeut en aucune façon. Nous faisons tous nos efforts
pour «grossir le recueil des ouvrages de Diderot,» et nous ne
regrettons qu'une chose, c'est que le temps et les circonstances en
aient trop détruit.
[52] L'édition la plus complète du _Nouveau Testament_ du P. Quesnel
est celle de Paris, 1698, 4 vol. in-8º. (Note de l'édition BRIÈRE.)