L’irradiation immense de Dieu, fondue dans la lumière qui ne se laisse
pas embrasser, mais qui laisse couler la source vive des dons et des
vertus, cette irradiation pénètre notre esprit dans les profondeurs les
plus secrètes par une clarté incompréhensible, pleine d’ombre et de
jouissance. Au sein de cette clarté l’esprit s’abîme dans la paix, dans
la paix sans fond ni mesure, qui ne peut être connue de personne que
d’elle-même. Si la paix sublime pouvait être connue et conçue, elle
tomberait sous nos mesures. Si elle tombait sous nos mesures, elle
serait incapable de nous combler, et la paix se convertirait pour nous
en une inquiétude éternelle.
La pente de l’amour simple et immense produit en nous la jouissance; or
l’amour est un abîme, et le fond de l’abîme n’existe pas. Or l’abîme
appelle l’abîme; l’abîme de Dieu appelle les élus de l’unité. Or cette
invocation suprême, cet appel au fond de l’abîme qui crie et dit: Venez,
ressemble à une immense effusion de lumière essentielle. La lumière
essentielle nous embrasse et nous attire, et nous coulons dans la
ténèbre, dans la ténèbre immense de Dieu.
Unis à l’esprit de Dieu, nous recevons la puissance d’aller avec Dieu au
rendez-vous que Dieu donne, et nous posséderons avec lui et en lui salut
et béatitude.