INFLUENCE DES CLIMATS.

Les climats, à la longue, font naître les tempéraments. Le tempérament

bilieux peut être acquis chez le matelot hollandais qui s'établit à

Naples. Mais, chez son fils ou son petit-fils, il sera naturel.

La douceur de l'air, la légèreté des eaux, la constance de la

température, un ciel serein, peuplent un pays de sanguins. On voit

combien il est ridicule de parler de la gaieté française sous les

brouillards de Picardie, ou au milieu des tristes craies de la

Champagne.

Des changements brusques dans l'état de l'air, une chaleur vive, une

grande diversité dans le caractère des objets environnants, forment le

tempérament bilieux.

Le mélancolique paraît propre à des pays chauds, mais où les

alternatives de température sont habituelles, dont l'air est chargé

d'exhalaisons, et les eaux dures et crues[294].

Une température douce, avec toutes les autres circonstances heureuses,

mais agitée par des variations fréquentes, rend commune dans un pays

cette combinaison de tempéraments qu'on peut désigner par le nom de

_sanguin-bilieux_. C'est celui des habitants de la France, et je crois

que ce n'est pas par vanité française que ce tempérament me semble

le plus heureux. L'_envie_ me paraît être le plus grand obstacle au

bonheur des Français[295], et, s'ils ont assez de fermeté pour défendre

leur constitution de 1814, cette triste passion ne naîtra plus chez

nos enfants.

Le bilieux-mélancolique, variété si commune en Espagne, en Portugal, au

Japon, me semble, au contraire, le tempérament du malheur sous toutes

ses formes.

Histoire de la peinture en Italie · 第 251 / 465 题