LE FLEGMATIQUE.

Le lecteur a-t-il voyagé; je le prie de se rappeler son entrée à Naples

et à Rotterdam.

N'a-t-on jamais quitté Paris; de quelque finesse que l'on soit doué,

on court grand risque de suivre les pas d'Helvétius, qui n'a d'esprit

qu'en copiant d'après nature les routes que prennent les Français pour

arriver au bonheur. On peut ouvrir les _Voyages_[275]; mais l'évidence

produite par la foule des petites circonstances manque toujours à qui

n'a pas vu avec les yeux de la tête, disait un grand homme.

Un Anglais très-calme décrit ainsi son entrée dans Rotterdam:

«Le nombre de ces petits vaisseaux (_schuytz_) qui parcourent les

rues, et leur propreté sont encore moins étonnants que le calme

et le silence avec lequel ils traversent la ville. Il est vrai

qu'on peut considérer le calme et le silence comme le caractère

distinctif de tous les efforts de l'industrie hollandaise:

le bruit et l'agitation, ordinaires partout ailleurs lorsque

plusieurs hommes s'occupent ensemble d'un travail pénible, sont

absolument inconnus en Hollande....... ....... Ces matelots, ces

portefaix... chargeant et déchargeant les navires de l'Inde,

ne prononcent pas un seul mot assez haut pour qu'on l'entende

à vingt toises. Enfin, pour achever de peindre cette nation,

le trait marquant de ses militaires, c'est un grand air de

modestie[276].»

Histoire de la peinture en Italie · 第 224 / 465 题