Des sensations violentes, des mouvement brusques et impétueux, des
impressions aussi rapides et aussi changeantes que chez le sanguin;
mais, comme chaque impression a un degré plus considérable de force,
elle devient pour le moment plus dominante encore. La flamme qui dévore
le bilieux produit des idées et des affections plus absolues, plus
exclusives, plus inconstantes.
Elle lui donne un sentiment presque habituel d'inquiétude. Le bien-être
facile du sanguin lui est à jamais inconnu; il ne peut goûter de repos
que dans l'excessive activité. Ce n'est que dans les grands mouvements,
lorsque le danger ou la difficulté réclament toutes ses forces,
lorsqu'à chaque instant il en a la conscience pleine et entière, que
cet homme jouit de l'existence. Le bilieux est forcé aux grandes choses
par son organisation physique.
Le cardinal de Richelieu dirigeait bien une négociation, mais n'eût
peut-être été qu'un fort mauvais ambassadeur. Il faut un homme sanguin
et aimable, rachetant sans cesse par les détails l'odieux du fond,
comme lord Chesterfield, ou le duc de Nivernais.
Jules Romain et Michel-Ange n'ont peint que des êtres bilieux. Le
Guide, au contraire, s'est élevé à la beauté céleste, en ne présentant
presque que des corps sanguins. Par là sa beauté manque de sévérité.
Cela est singulier en Italie, où les peintres vivaient au milieu d'un
peuple bilieux.
[271] Saint Dominique, Jules II, Marius, Charles-Quint, Cromwell,
c'est le tempérament des hommes grands par les _actions_.