DU TEMPÉRAMENT BILIEUX.

_Aggredior opus difficile._ Je prie qu'on excuse trente pages d'une

sécheresse mathématique. Pour dire les mêmes choses, au détail et à

mesure du besoin, il en faudrait cent, et, pour sentir Michel-Ange, il

faut passer là.

La bile est une des pièces les plus singulières de la machine

humaine[271]; formée d'un sang qui s'est dépouillé dans son cours de

ses parties lymphatiques, elle est surchargée de matières huileuses.

Ce sang rapporte des impressions de vie multipliées de chacun des

organes qu'il a parcourus. Attaquée par la chimie, la bile est

une substance inflammable, albumineuse, savonneuse. Aux yeux du

physiologiste, c'est une humeur très-active, très-stimulante, agissant

comme un levain énergique sur les sucs alimentaires et sur les autres

humeurs, imprimant aux solides des mouvements plus vifs et plus forts;

elle augmente d'une manière directe leur _ton_ naturel; elle agit

directement aussi sur le système nerveux, et par lui sur les _causes

immédiates de la sensibilité_. Presque toujours les effets stimulants

de la bile coïncident avec ceux de l'humeur séminale, et ces deux

substances si puissantes sur le bonheur et la sensibilité humaines ont

des degrés correspondants d'exaltation.

Supposons un homme chez qui leur énergie soit extrême; supposons qu'il

y ait chez cet homme un certain état de roideur et de tension dans

tout le système, soit dans les points où s'épanouissent les extrémités

nerveuses, soit dans les fibres musculaires. Donnons encore à cet homme

une poitrine d'une grande capacité, un poumon et un cœur d'un grand

volume: voilà l'image du bilieux parfait.

Cette empreinte est la plus forte qui s'observe dans la nature vivante.

Tout se tient dans une machine ainsi organisée. L'activité des agents

de la génération accroît celle du foie; l'activité de la bile accroît

celle de tous les mouvements, et en particulier la circulation du sang.

Les deux humeurs qui règnent sur l'individu augmentent la sensibilité

des extrémités nerveuses. Tous les mouvements rencontrent des

résistances dans la roideur des parties; mais toutes les résistances

sont _énergiquement vaincues_. Pour achever ce tableau, voyez le

caractère âcre et ardent que la bile imprime à la chaleur des mains;

voyez des vaisseaux artériels et veineux d'un plus grand calibre,

et une masse de sang plus considérable même que dans le tempérament

sanguin.

Histoire de la peinture en Italie · 第 219 / 465 题