IV

Afin de bien montrer la façon dont l’idée naquit des méditations de

Peyrot et se réalisa, je citerai un peu longuement certains passages de

son journal et de sa correspondance qui révéleront mieux que toute

analyse, comment il s’oublia lui-même pour assister autrui.

Il commença par spécifier la valeur surnaturelle de la maladie:

«Dieu nous envoie la maladie, écrivait-il: 1º pour, nous frappant dans

nos forces, nous ôter le moyen de céder à nos passions. «Si votre œil,

si votre main, si votre pied vous scandalisent, arrachez-les et

jetez-les au feu.» Dieu fait l’opération que nous n’aurions pas eu le

courage de faire. Si ta vigueur te scandalise, détruis-la. Car il vaut

mieux pour toi entrer dans l’éternité sans yeux, sans mains, avec des

cavernes dans tes poumons, infirme et sans muscles, que d’avoir un corps

sain et bien développé et aller au feu éternel.»

«2º Pour nous enlever de la vie active, du monde, où nous étions

emportés, roulés dans le fleuve des occupations; pour nous donner le

temps de réfléchir.

«3º Pour nous obliger à penser à la mort, à cet événement si proche et

si peu attendu, si effrayant, et si oublié, si important et auquel nous

n’attachons pas d’importance. Et pour que, ayant pensé à notre mort,

nous apprenions à faire le départ en toutes choses entre celles qui

meurent et celles qui sont immortelles; entre ce qui passe et ce qui

demeure, entre le contingent et ce qui est nécessaire.

«De façon à ce que nous comprenions enfin le sens de la vie.»

Ensuite, s’étant appliqué ces principes, mû par ce besoin de se dévouer

aux autres qui fut la caractéristique de sa belle âme, il se demande

comment il pourra le faire par l’oraison, ne pouvant plus le faire par

l’action. Et il se répond:

«Le malade peut être utile aux autres:--1º Par la valeur surnaturelle de

ses souffrances, utilisées par la communion des Saints.--2º Parce qu’il

peut exercer un apostolat spécial auprès des autres malades, et en

général de ceux qui souffrent, étant seul au courant de leurs états

d’âme.--3º Il peut accomplir les œuvres de miséricorde à l’égard de ses

compagnons (visiter les malades, vêtir et nourrir et désaltérer ceux de

ses compagnons qui sont dans le besoin, donner des conseils, encourager,

_prier pour les autres_: vivants, agonisants ou morts).--La maladie est

un privilège, à coup sûr, puisqu’elle nous mène progressivement à

l’union intime avec Dieu, en nous ôtant tout autre souci, toute

préoccupation autre que celle de Dieu. J’en reviens à la comparaison du

sauvageon greffé dont on coupe les rejetons pour que la greffe prospère

en absorbant toute la sève.»

Alors l’idée se précisa. Soutenu d’En-Haut, Peyrot se dit qu’une

association de prières, une mise en commun des ressources d’énergie

morale que procure l’acceptation joyeuse de la maladie, donneraient, aux

catholiques qui se grouperaient de la sorte, des fortifiants d’âme.

«Il fut, à ce moment, sollicité de correspondre avec un malade qui se

trouvait dans l’isolement. Il vit là une coïncidence providentielle et

aussitôt, il conçut l’idée d’un groupement autonome.» Les malades y

échangeraient des cahiers où ils noteraient leurs méditations, leurs

oraisons et les réflexions que leur suggéreraient leurs luttes, en Dieu,

contre le découragement et les mauvais conseils de la Malice.

«Les cahiers ne sont pas seulement un exutoire, un journal intime; ce

n’est pas non plus une tribune d’où l’on donne des conseils en

pontifiant..., écrivait-il alors à son ami Jean G. Supposez--cela vous

est déjà arrivé moult fois--qu’on vous prie de rendre visite à un malade

de votre sanatorium qui s’ennuie et a besoin d’être réconforté. Vous

imaginez parfaitement ce que vous lui direz pour le _distraire_ d’abord,

lui faire voir les bons côtés de la maladie, lui faire espérer sa

guérison, l’inviter dans tous les cas à la patience et, à l’occasion,

adroitement lui montrer le Ciel et les _raisons surnaturelles_ de

souffrir. Cela, vous savez très bien le faire. Et vous concevez

facilement qu’on puisse le faire par écrit quand la distance interdit

les visites.»

Encouragé par de premiers résultats assez favorables, il s’assura du

concours de quelques amis, se mit en relations avec des malades

dispersés un peu partout et lança le premier cahier le 4 mars 1914.

Il attendait l’effet produit avec une certaine anxiété. Mais il fut vite

rassuré car, dès la fin du mois, le cahier lui revint accompagné de

lettres qui prouvaient que son œuvre serait féconde.

«Les sept premiers messages, écrivait-il, sont très bons, tout à fait ce

qu’on pouvait espérer de mieux au point. La variété des tempéraments se

combine heureusement avec l’unité de vues. On sent déjà quelle sera

l’atmosphère: chaude et simple, courageuse et joyeuse... Je ne sais pas

si c’est parce que cette Union est un peu mon enfant, mais je la vois

d’un œil enthousiaste! Dieu veuille la bénir et la conduire.»

Dieu la bénit en effet, puisqu’elle compte aujourd’hui 110 membres

répartis en 12 groupes, 5 en France et 7 en Suisse.

Les relations entre tous ces malades, entretenus dans leur ferveur par

son initiative, se soutenant, s’exhortant les uns et les autres,

devinrent tout à fait intimes. Peyrot, pour resserrer encore le lien qui

les unissait, décida de publier un _livre d’or_ contenant des notices

sur les membres disparus de l’U. C. M. et quelques-unes de leurs lettres

choisies parmi les plus émouvantes.

Il écrivit pour ce livre d’or une préface où il définissait

admirablement cette amitié, en quelque sorte surnaturelle, qui attachait

les uns aux autres tous les membres de l’Union.

«Mes chers Amis, y disait-il, nous ne nous sommes, pour la plupart,

jamais vus; tout au plus connaissons-nous, par des photographies, plus

ou moins fidèles, et sans vie, nos physionomies respectives...

«Néanmoins l’intimité de l’Union catholique des malades est l’une des

plus étroites qui soient, parce qu’elle est faite d’une communauté

d’épreuves et de vocation, d’un difficile effort partagé, d’entr’aide,

et de compassion réciproque.

«Nous faisons de compagnie le même voyage. Dans la foule où nous étions

dispersés, nos infirmités nous ont servi de signe de ralliement: qui se

ressemble, surtout par l’infortune, s’assemble. Et puis, comme nous

avions les mêmes certitudes divines, comme nous marchions dans le même

espoir de l’incorruptible Santé, nous avons compris que nous étions

frères et nous avons uni nos faiblesses pour mieux traîner le lourd

bagage de nos peines.

«Notre amitié, c’est la rencontre de nos âmes souffrantes dans la même

foi, la même espérance, et la même charité. C’est pourquoi rien ne peut

atteindre notre amitié, puisqu’elle ne repose pas sur un attrait

physique inconstant, mais qu’elle est faite de raisons surnaturelles.

Rien, si ce n’est l’abandon volontaire de la collective ascension. Pas

la mort, en tout cas; au contraire--puisque la mort, c’est l’ascension

terminée, les risques de chute définitivement abolis, les raisons

surnaturelles, dont nous parlions tout à l’heure, éclairées,

multipliées, fortifiées par l’Infini.

«Rien ne nous sépare de vous, chers amis déjà parvenus à Dieu! Nous

continuons à nous prêter mutuellement l’appui de nos intercessions; vos

messages ne viennent plus nous réconforter, mais vous vous faites

maintenant nos inspirateurs, les auxiliaires de nos anges gardiens; en

échange, nos prières terrestres augmentent votre gloire dans le Paradis;

et nos âmes, à tous, vivent toujours dans la même communion des Saints.»

Cinq mois après la mise en circulation du premier cahier, la guerre

éclata. Peyrot souffrit d’abord cruellement de ne pouvoir courir aux

armes pour la défense de la Patrie. «Quoi, s’écriait-il, rester étendu

sur une chaise longue pendant que les autres se battent!» Mais il ne

tarda pas à se reprendre et, se tournant vers Dieu, il conçut bientôt la

façon dont ses frères de souffrance et lui pourraient assister les

combattants. Il écrivait en octobre 1914:

«Qu’allons-nous faire, nous autres malades?--Prier, c’est évident. Mais

aussi prendre notre part de l’expiation nécessaire afin de hâter la

rédemption de notre pauvre patrie. Offrons tout de bon cœur.

Mortifions-nous au besoin. Faisons pénitence avec une ardeur inquiète:

la France, en attendant, souffre tant.»

Et, quelques jours plus tard, il ajoutait:

«La guerre continue, la guerre sera longue et je vois bien, mes chers

amis, que nous nous posons la question: Comment nous mettre, nous aussi,

en campagne? Par quel biais collaborer, malgré nos infirmités, à cet

effort immense de notre patrie?

«Eh bien! je crois que le rôle des malades pourrait être de faire dans

leur milieu du courage, de la confiance et de la joie. Nous devrions

être des foyers d’idéalisme, quelque chose comme des soldats à

l’intérieur combattant le pessimisme, les fausses nouvelles, les oiseaux

de mauvais augure qu’il y a partout. Il nous reste la tâche qu’avait si

splendidement entreprise A. de Mun qui, tous les jours, par ses articles

de l’_Écho de Paris_, s’appliquait à tourner les âmes vers En-Haut, à

unir les cœurs et à tendre les volontés.

«Il y a et il y aura toujours davantage de blessés grièvement, amputés,

infirmes pour le reste de leur vie. Et nous sommes évidemment désignés

pour être les appuis de ces pauvres gens qui vont avoir à faire le

douloureux apprentissage de l’infirmité... En l’absence d’une foule

d’hommes utiles, je me demande aussi s’il ne se trouvera pas de menus

rôles de la vie sociale et économique que nous pourrions tenir.»

Il se trouvait alors dans sa famille, à Néris. L’hôpital y était rempli

de blessés et, dans un désir de se dévouer, il avait obtenu d’être

employé, à titre gratuit, aux écritures. Mais ce faible appoint à la

défense nationale ne lui suffisait pas. Son zèle patriotique, son besoin

de sacrifice intégral lui firent désirer d’être envoyé au front pour y

couper les fils de fer barbelés qui défendaient l’accès des tranchées

ennemies.

Il écrivit à Maurice Barrès, espérant obtenir, par son intermédiaire,

qu’on l’acceptât pour ce volontariat héroïque.

«Pourquoi, disait-il, ne pas employer, dans ces missions périlleuses et

meurtrières, des gens comme nous, voués en tout cas à la mort, mais qui

seraient aussi capables, transportés immédiatement au lieu de l’action,

de tenir bon quelques jours et ainsi d’épargner d’autres vies.»

Barres lui répondit que la chose était impossible et termina sa lettre

en l’engageant à tout faire pour se guérir afin d’aider à la

reconstitution de la France après la victoire.

Se guérir, il ne l’espérait guère, car il se savait profondément

atteint. Du moins, il voulut employer ce qu’il lui restait de forces au

service des tuberculeux réformés de la guerre.

Il obtint d’être envoyé à Cambo où l’on créait un sanatorium. C’est là

qu’il passa les derniers mois de sa vie. Il y arriva au printemps de

1915 et se mit vaillamment au travail. Sans entrer dans le détail de son

activité, disons qu’il réussit à organiser le sanatorium d’une façon si

pratique qu’il en fit une installation modèle. Non seulement, il

disciplina les valétudinaires placés sous ses ordres et leur rendit le

goût de l’existence, mais encore il en ramena beaucoup à la pratique

religieuse. En même temps il ne négligeait point l’U. C. M. et

poursuivait sa correspondance avec ses adeptes anciens et nouveaux.

Cependant son mal progressait. Pendant l’été de 1916, il se sentit à

bout d’énergie. Il écrivait le 3 juillet:

«Nous continuons de recevoir des malades et, cette fois, la maison est

au complet. Il devient ennuyeux que je doive garder le lit car il y a

des choses qui restent en souffrance. Aussi je suis décidé à me retirer

et à laisser place à quelqu’un de valide. Mais cela ne me sourit pas du

tout de reprendre la vie d’inactivité... Mon Dieu, je ne comprends pas

du tout vos vues mais j’accepte et j’obéis. Donnez-moi la force, ayez

pitié de moi!...»

Son départ était fixé au 18 août. Il avait fait ses adieux aux malades

qui lui témoignèrent le grand chagrin qu’ils éprouvaient de le perdre.

Il comptait prendre un train du matin et rien dans son état ne faisait

soupçonner une aggravation subite de son état. Mais, dans la nuit il fut

pris d’un vomissement de sang si prolongé qu’il se rendit compte du

danger qu’il courait. «Cette fois-ci, je crois que c’est la fin», dit-il

à sa sœur qui se trouvait près de lui. Grâce à des soins empressés,

l’hémoptysie fut enrayée. Mais ce n’était qu’un répit.

Son biographe va nous dire sa fin:

«Vers minuit, quand il fut calmé, il nous dit: «Demain matin, il faudra

prévenir M. le curé.» On le rassura; tout danger immédiat semblait

écarté. De nouveau seul avec sa sœur, il lui fit quelques

recommandations, à voix basse ou par signes, puis resta immobile et

silencieux jusqu’au matin, suçant de petits morceaux de glace. M. le

curé vint le voir (l’aumônier avait dû partir quelques jours avant),

mais lui refusa l’extrême-onction; il n’était pas en danger. Après avoir

été assoupi toute la journée, il fut très agité la nuit suivante,

voulant que rien de ce qu’avaient conseillé les médecins ne fût négligé:

comme si une ardente volonté de vivre avait succédé à la première

secousse. Le lendemain fut meilleur; il remerciait gracieusement chacun

de l’empressement amical qu’on lui témoignait; il ne voulait même pas

qu’on éloignât les hommes de la maison par crainte du bruit, mais ils

aimaient trop Peyrot pour n’être pas parfaitement silencieux.

Quelques-uns d’entre eux, qui lui étaient plus spécialement dévoués,

demandaient comme une grâce la faveur de le veiller.

«Le dimanche, il allait bien. Il était très gai, comme s’il voulait

laisser les siens sur cette impression de belle humeur. Il riait de si

bon cœur qu’il lui fallait de temps en temps reprendre son sérieux pour

ne pas tousser. L’inquiétude se dissipait; ce serait long, sans doute;

ce n’est plus un mois de vacances qu’il faudrait, il prendrait tout le

temps nécessaire, sans se soucier de la maison. Comme on avait laissé la

porte entr’ouverte, les malades, qui ne l’avaient pas vu depuis trois

jours, en passant, demandaient affectueusement de ses nouvelles. Après

l’angoisse des derniers jours, c’était une détente.

«Cette dernière nuit, son ami D. devait la passer près de lui. Ils

bavardèrent encore, Louis toujours plein de flamme pour son projet de

colonie du travail. Au matin, il eut une légère quinte de toux puis une

seconde. A peine le temps de serrer la main de son ami, il perdit

connaissance. C’était cette fois une hémorragie interne. Il eut à peine

vingt minutes d’agonie.»

Louis Peyrot avait vingt-huit ans lorsqu’il mourut; il avait si bien

_utilisé_ sa maladie pour l’amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ qu’en

recevant la Lumière éternelle, il pouvait s’écrier avec le serviteur de

l’évangile: _Domine, quinque talenta tradidisti mihi; ecce enim quinque

alia superlucratus sum._

V

«Jésus-Christ achève sa Passion en nous», a dit Pascal. Cette conviction

que, par les souffrances de son corps mystique, qui est l’église,

Notre-Seigneur ne cesse de poursuivre la rédemption du monde, constitue

l’essence même du dogme de la communion des Saints. Aussi lorsque

éprouvé par la maladie, la gêne, les mille tribulations de l’existence,

le catholique, s’oubliant lui-même, offre ses peines pour le soulagement

d’autrui, lorsqu’il prie pour ses frères douloureux comme ses frères

prient pour lui, lorsqu’il renforce son abnégation d’un appel à la

miséricorde divine pour le soulagement des âmes du Purgatoire, il prend

conscience de participer au sacrifice sans cesse renouvelé de Celui qui

verse son sang, chaque jour, sur les autels pour notre salut.

Alors, si intenses, si prolongés que soient les maux qui l’accablent,

une paix lumineuse s’épanouit dans son cœur. Son front saigne sous la

couronne d’épines, ses épaules meurtries saignent sous la croix faite de

tous les péchés de l’univers; les ténèbres pèsent sur sa tête. Les

ennemis de Dieu sifflent, ricanent, blasphèment autour de son supplice.

Mais lui leur répond: Je souffre volontiers pour que, quand vous serez

vous-mêmes dans la souffrance, vous appreniez à lever des yeux

implorateurs vers le Bon Maître qui meurt et qui ressuscite chaque jour

afin de nous délivrer du Mal, afin que vos larmes ne soient point

perdues...

Cette solidarité avec Notre-Seigneur montant au Calvaire, cette union de

l’Église militante et de l’Église souffrante, c’est par elles que nous

trouvons la force de gravir le chemin hérissé de cailloux aigus et de

ronces qui aboutit au seuil de l’Église triomphante. Tous les fidèles

savent qu’il leur est salutaire de s’en pénétrer et de les mettre en

pratique.--Peut-être, cependant, n’est-il pas superflu de nous rappeler

combien elles nous sont nécessaires au temps où nous sommes condamnés à

vivre.

Le présent est sombre; l’avenir menaçant. La guerre horrible qui vient

de finir apparaît à beaucoup comme le prologue de cataclysmes encore

plus épouvantables. Qui sait si, par la recrudescence de matérialisme où

le monde s’entête à chercher le bonheur, nous ne verrons pas bientôt ce

Règne de la Bête dont les barbares de Germanie furent les précurseurs,

dont les sauvages de Russie tissent déjà la pourpre sanglante et

fangeuse?

Peut-être qu’il va surgir l’Enfant de Perdition dont saint Paul a dit:

«_Cet ennemi de Dieu s’élèvera au-dessus de tout ce qui est appelé Dieu

à tel point qu’il trônera lui-même dans le temple de Dieu, en se faisant

passer pour un être divin._

«_Et le mystère d’iniquité est en train de s’accomplir dès à présent; et

il faut que ceux qui sont fidèles maintenant persévèrent dans la

fidélité. Car ce personnage, qui doit arriver accompagné de la puissance

de Satan, avec toutes sortes de signes, de miracles et de prestiges

trompeurs, est orné de toutes les séductions qui porteront à l’iniquité

ceux qui sont destinés à périr, parce qu’ils n’auront pas accepté la

Vérité qui les aurait sauvés..._»

Seigneur Jésus-Christ, c’est vous qui êtes la Vérité unique, la Lumière

dans les ténèbres, et que _les ténèbres n’ont point comprise_.

Octroyez-nous la grâce de ne point sombrer dans cette nuit sans étoiles

de l’apostasie où il est écrit que beaucoup se perdront. Faites que nous

souffrions avec allégresse selon que vous nous le demandiez lorsque vous

nous avez révélé votre Sacré-Cœur. _Souffrance par amour; amour par la

souffrance_, tel est le sens de votre enseignement. Faites que nous

soyons rendus dignes de participer à votre perpétuel sacrifice. Qu’il ne

s’éteigne pas le soleil allumé par vous dans nos âmes! Donnez-nous des

Saints car la Sainteté seule peut nous sauver en ce monde qui se

détourne de plus en plus de votre Face pour se prosterner devant les

sombres lueurs du Crépuscule irrémédiable où commence à se dessiner la

figure de l’Antechrist...

Le soleil intérieur · 第 46 / 48 题