I
Un petit livre m’est parvenu que je crois bon de signaler parce qu’il
montre comment une âme chrétienne, qui s’ouvre généreusement aux rayons
du soleil intérieur, peut faire abnégation de ses propres souffrances
pour se vouer à la consolation des peines du prochain.
Il s’agit, dans ce volume[13], d’un jeune homme qui, atteint d’un mal
incurable, non seulement usa ses forces déclinantes à soigner les
tuberculeux d’un sanatorium, mais encore conçut l’idée touchante de
tresser sous le titre _d’Union catholique des malades_, un lien de
prières entre le plus grand nombre possible de personnes affligées de
maladies graves et disposées à offrir par l’oraison, leurs épreuves
comme un bouquet de roses rouges sur l’autel de ce Sacré-Cœur qui nous
enseigne l’amour par la douleur.
[13] _L’Apostolat du malade: Louis Peyrot (1888-1916)_, par J. P.
Belin, 1 vol. chez Bloud et Gay.
Le plus simple, pour faire saisir l’action évangélique de Louis Peyrot
sera de raconter sa vie et de citer des extraits de son journal et de sa
correspondance avec ses amis et avec quelques-uns de ceux qui suivirent
avec lui la voie douloureuse et mirent leurs pas dans les pas de Jésus
montant au Calvaire.