[Note 307: Cf. _Lectures on Art_: «L'influence de cet art réaliste sur

l'esprit religieux de l'Europe a eu des formes plus diverses qu'aucune

autre influence artistique, car dans ses plus hautes branches, il touche

les esprits les plus sincèrement religieux, tandis que, dans ses

branches inférieures, il s'adresse, non seulement au besoin le plus

vulgaire d'excitation religieuse, mais à la simple soif de sensations

d'horreur qui caractérise les classes sans éducation de pays

partiellement civilisés; non pas seulement même à la soif de

l'horreur, mais à un étrange amour de la mort qui s'est manifesté

quelquefois dans des pays catholiques en s'efforçant que, dans les

chapelles du Sépulcre, les images puissent être prises, à la lettre,

pour de véritables cadavres.

Le même instinct morbide a souvent gagné l'esprit des artistes les

plus puissants, et les plus imaginatifs, lui communiquant une tristesse

fiévreuse qui dénature leurs plus belles œuvres; et finalement, c'est

là le pire de tous ses effets, c'est par lui que la sensibilité des

femmes chrétiennes a été universellement employée à se lamenter sur

les souffrances du Christ au lieu d'empêcher celles de son peuple.

Quand l'un de vous voyagera, qu'il étudie la signification des

sculptures et des peintures qui, dans chaque chapelle et dans chaque

cathédrale, et dans chaque sentier de la montagne, rappellent les

heures et figurent les agonies de la Passion du Christ, et essaye

d'arriver à une appréciation des efforts qui ont été faits par les

quatre arts: éloquence, musique, peinture, sculpture, depuis le XIIe

siècle, pour arracher aux cœurs des femmes les dernières gouttes de

pitié que pouvait encore exciter cette agonie purement physique car ces

œuvres insistent presque toujours sur les blessures ou sur

l'épuisement physique, et dégradent bien plus qu'elles ne l'animent,

la conception de la douleur.

Puis essayez de vous représenter la somme de temps et d'anxieuse et

frémissante émotion, qui a été gaspillée par les tendres et

délicates femmes de la chrétienté pendant ces derniers six cents ans.

(Ceci rejoint encore de plus près le passage du chapitre II de la Bible

d'Amiens sur les femmes martyres à propos de sainte Geneviève.) Comme

elles se peignaient ainsi à elles-mêmes sous l'influence d'une

semblable imagerie, ces souffrances corporelles passées depuis

longtemps, qui, puisqu'on les conçoit comme ayant été supportées par

un être divin, ne peuvent pas, pour cette raison, avoir été plus

difficiles à endurer que les agonies d'un être humain quelconque sous

la torture; et alors essayez d'apprécier à quel résultat on serait

arrivé pour la justice et la félicité de l'humanité si on avait

enseigné à ces mêmes femmes le sens profond des dernières paroles

qui leur furent dites par leur Maître: «Filles de Jérusalem, ne

pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants»,

si on leur avait enseigné à appliquer leur pitié à mesurer les

tortures des champs de bataille, les tourments de la mort lente chez les

enfants succombant à la faim, bien plus, dans notre propre vie de paix,

à l'agonie de créatures qui ne sont ni nourries, ni enseignées, ni

secourues, qui s'éveillent au bord du tombeau pour apprendre comment

elles auraient dû vivre, et la souffrance encore plus terrible de ceux

dont toute l'existence, et non sa fin, est la mort; ceux auxquels le

berceau fut une malédiction, et pour lesquels les mots qu'ils ne

peuvent entendre «la cendre à la cendre» sont tout ce qu'ils ont

jamais reçu de bénédiction. Ceux-là, vous qui pour ainsi dire avez

pleuré à ses pieds ou vous êtes tenus près de sa croix, ceux-là

vous les avez toujours avec vous! et non pas Lui.

Vous avez toujours avec vous les malheureux dans la mort. Oui, et vous

avez toujours les braves et bons dans la vie. Ceux-là aussi ont besoin

d'être aidés, quoique vous paraissiez croire qu'ils n'ont qu'à aider

les autres: ceux-là aussi réclament qu'on pense à eux et qu'on se

souvienne d'eux. Et vous trouverez, si vous lisez l'histoire dans cet

esprit, qu'une des raisons maîtresses de la misère continuelle de

l'humanité, est qu'elle est toujours partagée entre le culte des anges

ou des saints qui sont hors de sa vue, et n'ont pas besoin d'appui, et

des hommes orgueilleux et méchants qui sont trop à portée de sa vue

et ne devraient pas avoir son appui.

Et considérez combien les arts ont ainsi servi le culte de la foule.

Des saints et des anges vous avez des peintures innombrables, des

chétifs courtisans ou des rois hautains et cruels, d'innombrables

aussi; quel petit nombre vous en avez (mais ceux-là remarquez presque

toujours par des grands peintres) des hommes les meilleurs et de leurs

actions. Mais réfléchissez vous-même à ce qu'eût pu être pour nous

l'histoire; bien plus, quelle histoire différente eût pu advenir par

toute l'Europe si les peuples avaient eu pour but de discerner, et leur

art d'honorer les grandes actions des hommes les plus dignes. Et si, au

lieu de vivre comme ils l'ont toujours fait jusqu'ici dans un nuage

infernal de discorde et de vengeance, éclairés par des rêves

fantastiques de saintetés nuageuses, ils avaient cherché à

récompenser et à punir selon la justice, mais surtout à récompenser

et au moins à porter témoignage des actions humaines méritant le

courroux de Dieu ou sa bénédiction plutôt que de découvrir les

secrets du jugement et les béatitudes de l'éternité.»

C'est après cette phrase que vient le morceau sur l'idolâtrie que j'ai

cité dans le Post-Scriptum de ma Préface et qui termine ce long

développement par ces mots:

«Nous servons quelque chère et triste image que nous nous sommes

créée, pendant que nous désobéissons à l'appel présent du Maître

qui n'est pas mort, qui ne défaille pas en ce moment sous sa croix,

mais nous ordonne de lever la nôtre» (ce qui correspond exactement aux

paroles de la _Bible d'Amiens_) «substituer l'idée de ses souffrances

passées à celle de notre devoir présent». (_Lectures on Art_, II,

§ 56, 57, 58 et 59).--(Note du Traducteur.)]

[Note 308: «Jésus lui dit: Qu'est-ce qui est écrit dans la loi et

qu'y lis-tu?»--Il répondit: «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout

ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée

et ton prochain comme toi-même. Et Jésus lui dit: «Tu as bien

répondu; fais cela et tu vivras» (Saint Luc, X, 26, 27, 28).--(Note du

Traducteur.)]

[Note 309: L'origine la plus authentique de la théorie du Purgatoire

dans l'enseignement donné par l'art, se trouve dans les

interprétations postérieures au XIIIe siècle, du verset: «par lequel

aussi Il alla et prêcha parmi les âmes en prison», se transformant

graduellement en l'idée de la délivrance, pour les saints dans

l'attente, de la puissance du tombeau.

En littérature et en tradition, l'idée est à l'origine, je crois,

Platonicienne, certainement pas Homérique, Égyptienne c'est possible,

mais je n'ai encore rien lu des récentes découvertes faites en

Égypte. N'aimant cependant pas laisser le sujet dans le dénuement

absolu de mes propres ressources, j'ai fait appel à mon investigateur

général M. Anderson (James R.) qui m'écrit ce qui suit:

»Il ne peut pas être question de la doctrine ni de son acceptation

universelle, des siècles avant le Dante, il en est fait mention

cependant d'une façon assez curieuse dans le _Summa theologiæ_, comme

nous l'avons dans une version plus récente; mais je trouve par des

références que saint Thomas l'enseigne ailleurs. Albertus Magnus la

développe en grand, Si vous vous reportez à la Légende Dorée, au

Jour de toutes les Âmes, vous y verrez comment l'idée est prise comme

lieu commun dans un ouvrage destiné au peuple au XIIIe siècle. Saint

Grégoire (le Pape) la soutient (Dial, IV, 38), dans deux citations

scripturaires: (1), le péché qui n'est pardonné ni «in hoc seculo ni

dans celui qui est à venir», (2) le feu qui éprouvera chaque œuvre

de l'homme. Je pense que la philosophie Platonicienne et les mystères

grecs doivent avoir eu fort à faire pour faire passer l'idée au

début; mais chez eux--comme chez Virgile--elle faisait partie de la

vision orientale de la circulation d'un fleuve de vie, dont quelques

gouttes seulement étaient jetées par intervalle dans un Élysée

permanent et défini ou dans un enfer permanent et défini. Cela

s'accorde mieux avec cette théorie que ne le fait le système chrétien

qui attache finalement dans tous les cas, une importance infinie aux

résultats de la vie «in hoc seculo».

«Connaissez-vous une représentation du Ciel ou de l'Enfer qui ne soit

pas liée au Jugement dernier, je ne m'en rappelle aucune, et comme le

Purgatoire est à ce moment-là passé, cela expliquerait l'absence de

tableaux le représentant.

«En outre le Purgatoire précède la Résurrection--il y a débat

continuel entre les théologiens pour savoir quelle sorte de feu il peut

y avoir au Purgatoire, qui puisse affecter l'âne sans toucher au

corps.--Peut-être que le Ciel et l'Enfer--comme opposés au Purgatoire,

parurent propres à être peints parce ils ne comportent pas seulement

la représentation d'âmes mais aussi de corps s'élevant.

«Dans le récit de Bede de la vision du prophète Ayrshire, il est

question du Purgatoire en termes très semblables à ceux de Dante dans

la description du second cercle de tourbillons de l'Enfer; et l'ange qui

finalement sauve l'Écossais du démon vient à travers l'Enfer, «quasi

fulgor stellæ micantis inter tenebras» «que sul presso del mattino

Per gli grossi vapor Marte rosseggia.» Le nom de Bede fut grand au

moyen âge. Dante le rencontre dans le Ciel, et, j'aime à l'espérer,

peut avoir été aidé par la vision de mon compatriote qui vivait plus

de six cents ans avant lui.--(Note de l'Auteur.)]

[Note 310: Comparez avec le Monastère lettré, artiste et doux de

Saint-Jérôme, où les murs sont peints à fresque, dans la citation de

_Saint Mark's Rest_, que j'ai donnée pages 222, 223, 224.--(Note du

Traducteur.)]

[Note 311: Ruskin dit ici «les pierres d'Amiens» comme autrefois il

avait dit les _pierres de Venise._ Il a dit aussi dans _Prœterita_:

«Si le jour où je frappai à sa porte le portier de la Scuola san

Rocco ne m'avait pas ouvert, j'aurais écrit les _Pierres de Chamounix_

au lieu des _Pierres de Venise._»--(Note du Traducteur.)]

[Note 312: Toutes les courageuses actions. Ruskin ne pense pas que la

guerre soit moins nécessaire aux arts que la foi. Voir dans _The Crown

of wild olive_ la troisième conférence sur _The War._--(Note du

Traducteur.)]

[Note 313: Je ne veux pas dire Aesthésis--mais _nous_; s'il faut que

vous parliez en argot grec.--(Note de l'Auteur.)]

[Note 314: Tout lecteur ayant un peu de flair métaphysique, trouvera

une certaine parenté entre l'idée exprimée ici (depuis «Toutes les

créatures humaines») et la théorie de l'Inspiration divine dans le

chapitre III: «Il ne sera pas doué d'aptitudes plus hautes ni appelé

à une fonction nouvelle. Il sera inspiré... selon les capacités de sa

nature» et cette remarque «La forme que prit plus tard l'esprit

monastique tint beaucoup plus... qu'à un changement amené par le

christianisme dans l'idéal de la vertu et du bonheur humains». Sur

cette dernière idée Ruskin a souvent insisté, disant que le culte

qu'un païen offrait à Jupiter n'était pas très différent de celui

qu'un chrétien etc... D'ailleurs dans ce même chapitre III de la

_Bible d'Amiens_, le Collège des Augures et l'institution des Vestales

sont rapprochés des ordres monastiques chrétiens. Mais bien que cette

idée soit par le lien que l'on voit, si proche des précédentes, et

comme leur alliée c'est pourtant une idée nouvelle. En ligne directe

elle donne à Ruskin l'idée de la Foi d'Horace et d'une manière

générale tous les développements similaires. Mais surtout elle est

étroitement apparentée à une idée bien différente de celles que

nous signalons au commencement de cette note, l'idée (analysée dans la

note des pages 244, 245, 246) de la permanence d'un sentiment

esthétique que le christianisme n'interrompt pas. Et maintenant que de

chaînons en chaînons, nous sommes arrivés à une idée si différente

de notre point de départ (bien qu'elle ne soit pas nouvelles pour

nous), nous devons nous demander si ce n'est pas l'idée de la

continuité de l'art grec par exemple, des métopes du Parthénon aux

mosaïques de Saint-Marc et au labyrinthe d'Amiens (idée qu'il n'a

probablement crue vraie que parce qu'il l'avait trouvée belle) qui aura

ramené Ruskin étendant cette vue d'abord esthétique à la religion et

à l'histoire, à concevoir pareillement le collège des Augures comme

assimilable à l'Institution bénédictine, la dévotion à Hercule

comme équivalente à la dévotion à saint Jérôme, etc., etc.

Mais du moment que la religion chrétienne différait peu de la religion

grecque (idée: «plutôt qu'à un changement amené idée par le

christianisme dans l'idée de la vertu et du bonheur humains»). Ruskin

n'avait pas besoin, au point de vue logique, de séparer si fortement la

religion et la morale. Aussi il y a dans cette nouvelle idée, si même

c'est la première qui a conduit Ruskin à elle, quelque chose de plus.

Et c'est une de ces vues assez particulières à Ruskin, qui ne sont pas

proprement philosophiques et qui ne se rattachent à aucun système,

qui, aux yeux du raisonnement purement logique peuvent paraître

fausses, mais qui frappent aussitôt toute personne capable à la

couleur particulière d'une idée de deviner, comme ferait un pêcheur

pour les eaux, sa profondeur. Je citerai dans ce genre parmi les idées

de Ruskin, qui peuvent paraître les plus surannées aux esprits banals,

incapables d'en comprendre le vrai sens et d'en éprouver la vérité,

celle qui tient la liberté pour funeste à l'artiste, et l'obéissance

et le respect pour essentiels, celle qui fait de la mémoire l'organe

intellectuel le plus utile à l'artiste, etc., etc.

Si on voulait essayer de retrouver l'enchaînement souterrain, la racine

commune d'idées si éloignées les unes des autres, dans l'œuvre de

Ruskin, et peut-être aussi peu liées dans son esprit, je n'ai pas

besoin de dire que l'idée notée au bas des pages 212, 213 et 214 à

propos de «je suis le seul auteur à penser avec Hérodote» est une

simple modalité de «Horace est pieux comme Milton», idée qui n'est

elle-même qu'un pendant des idées esthétiques analysées dans la note

des pages 244, 245, 246. «Cette coupole est uniquement un vase grec,

cette Salomé une canéphore, ce chérubin une Harpie», etc.--(Note du

Traducteur.)]

[Note 315: Genèse, XVIII, 23.--(Note du Traducteur.)]

[Note 316: Psaume, LXV, 13.--(Note du Traducteur.)]

[Note 317: Saint Jean, Révélation, XI, 15.--(Note du Traducteur.)]

FIN

[Illustration]

APPENDICE I

LISTE CHRONOLOGIQUE DES PRINCIPAUX ÉVÉNEMENTS

DONT IL EST FAIT MENTION DANS LA «BIBLE

D'AMIENS».

Anno Domini. Chap. Pages.

250. Origine des Francs......................... II, 17

301. Saint Firmin vient à Amiens................ I,

332. Saint Martin............................... I, 22

345. Naissance de saint Jérôme................. III, 123

350. Première église d'Amiens élevée sur le

tombeau de saint Firmin................. IV, 157

358. Les Francs vaincus par Julien près de

Strasbourg.......................................II, 35

405. Bible de saint Jérôme...................... II, 81

420. Mort de saint Jérôme..................... III, 40

421. Naissance de sainte Geneviève.--Fondation

de Venise........................... II, 3

445. Les Francs passent le Rhin et prennent

Amiens................................... I, 10

447. Mérovée roi à Amiens....................... I, 12

451. Bataille de Châlons.--Attila battu par

Aëtius................................... I, 10

457. Mort de Mérovée.--Childéric roi à Amiens. I, 12

466. Naissance de Clovis....................... II, 83

476. Fin de l'Empire romain en Italie, sous

Odoacre............................ .. I, 12

481. Fin de l'empire romain en France........... II, 83

481. Clovis couronné à Amiens................. I, 12

II, 2

Naissance de saint Benoît................ II, 83

485. Bataille de Soissons.--Clovis vainqueur de

Syagrius............................... II, 83

486. Syagrius meurt à la cour d'Alaric....... II, 83

489. Bataille de Vérone.--Théodoric vainqueur

d'Odoacre.............................. II, 88

493. Clovis épouse Clotilde................... II, 84

496. Bataille de Tolbiac.--Clovis met les

Alamans en déroute........................ II, 86

Clovis couronné à Reims par saint Rémi.. I, 13

Clovis baptisé par saint Rémi............ I, 20

508. Bataille de Poitiers.--Clovis vainqueur des

Wisigoths commandés par Alaric.--Mort

d'Alaric...................................... I, 13

APPENDICE II

PLAN GÉNÉRAL DE «NOS PÈRES NOUS ONT DIT[318], [319]».

La première partie de _Nos pères nous ont dit_, actuellement soumise

au public, suffit pour montrer le plan et les tendances de l'ouvrage;

contrairement à mes habitudes, je recours pour l'éditer à la

souscription, parce que la mesure dans laquelle je pourrai rendre sa

lecture plus profitable en l'illustrant de gravures, dépendra beaucoup

de l'évaluation qu'on pourra faire du nombre de ceux qui en

supporteront les frais.

Je ne découvre dans l'état actuel de ma santé aucune raison qui me

fasse redouter un affaiblissement de mes facultés générales, soit

comme conception, soit comme travail, autre que le refroidissement

naturel et forcé de l'enthousiasme chez un vieillard; toutefois, il en

survit assez en moi pour garantir mes lecteurs contre l'abandon d'un

projet que je nourris depuis déjà vingt ans.

L'ouvrage, si je vis assez pour l'achever, comprendra dix parties,

chacune limitée à une partie locale de l'Histoire chrétienne, et

toutes se groupant à la fin pour mettre ensemble en lumière

l'influence de l'Église au XIIIe siècle.

Dans le présent volume tient tout entière la première partie, qui

décrit les commencements de la puissance franque et l'apogée

artistique auquel elle aboutit avec la cathédrale d'Amiens.

La seconde partie, _Ponte della Pietra_, fera plus, je l'espère, pour

Théodoric et Vérone, que je n'ai été en état de faire pour Clovis

et la première capitale de la France.

La troisième, _Ara Cœli_, tracera les fondations de la puissance

papale.

La quatrième, _Ponte-a-Mare_ et la cinquième, _Ponte Vecchio_ ne

feront que rassembler avec beaucoup de difficulté dans une forme brève

ce que je possède de matériaux épars relatifs à Pise et Florence.

La sixième, _Valle Crucis_, sera remplie par l'architecture monastique

de l'Angleterre et du pays de Galles[320].

La septième, _les Sources de l'Eure_, sera entièrement consacrée à

la cathédrale de Chartres.

La huitième, _Domremy_ à celle de Rouen et aux écoles d'architecture

qu'elle représente.

La neuvième, _la Baie d'Uri_, aux formes pastorales du catholicisme,

jusqu'à nos jours.

Et la dixième, _les Cloches de Cluse_, au protestantisme pastoral de

Savoie, de Genève et de la frontière écossaise[321].

Chaque partie n'aura que quatre divisions; et l'une d'elles, la

quatrième, sera généralement la description d'une cité ou d'une

cathédrale historique considérée comme résultante--et vestige--de

l'influence religieuse étudiée dans les chapitres préparatoires.

Il y aura au moins une illustration par chapitre; pour le surplus il

sera fait des dessins qui seront directement placés au Musée de

Sheffield pour que le public puisse s'y reporter, et seront gravés si

l'on me fournit l'aide ou l'occasion de les relier à l'ouvrage entier.

De même que cela s'est fait pour le chapitre IV de cette première

partie, une petite édition des chapitres descriptifs sera imprimée en

format réduit pour les voyageurs et les non-souscripteurs; mais, à

part cela, mon intention est que cet ouvrage soit exclusivement

réservé aux souscripteurs.

[Note 318: Cet appendice porte le numéro III dans la _Bible d'Amiens_,

le second contenant la liste des photographies prises d'après la

cathédrale d'Amiens, par M. Kaltenbacher.--(Note du Traducteur.)]

[Note 319: Reproduit d'après l'_Advice_, publié avec le chapitre III

(Mars 1882).--(Note de l'Auteur.)]

[Note 320: De _Nos pères nous ont dit_ aucun autre volume que la _Bible

d'Amiens_ n'a paru. Mais _Verona and other lectures_ contient deux

chapitres de _Valle Crucis: Candida Casa_ et le _Raccommodage du Crible_

(ce chapitre tire son titre d'un trait de l'enfance de saint

Benoît).--(Note du Traducteur.)]

[Note 321: Sur la belle sonorité des cloches de Cluse, voir Deucalion,

I, V, § 7, 8.--(Note du Traducteur).]

La Bible d'Amiens · 第 24 / 24 段