l'esprit religieux de l'Europe a eu des formes plus diverses qu'aucune
autre influence artistique, car dans ses plus hautes branches, il touche
les esprits les plus sincèrement religieux, tandis que, dans ses
branches inférieures, il s'adresse, non seulement au besoin le plus
vulgaire d'excitation religieuse, mais à la simple soif de sensations
d'horreur qui caractérise les classes sans éducation de pays
partiellement civilisés; non pas seulement même à la soif de
l'horreur, mais à un étrange amour de la mort qui s'est manifesté
quelquefois dans des pays catholiques en s'efforçant que, dans les
chapelles du Sépulcre, les images puissent être prises, à la lettre,
pour de véritables cadavres.
Le même instinct morbide a souvent gagné l'esprit des artistes les
plus puissants, et les plus imaginatifs, lui communiquant une tristesse
fiévreuse qui dénature leurs plus belles œuvres; et finalement, c'est
là le pire de tous ses effets, c'est par lui que la sensibilité des
femmes chrétiennes a été universellement employée à se lamenter sur
les souffrances du Christ au lieu d'empêcher celles de son peuple.
Quand l'un de vous voyagera, qu'il étudie la signification des
sculptures et des peintures qui, dans chaque chapelle et dans chaque
cathédrale, et dans chaque sentier de la montagne, rappellent les
heures et figurent les agonies de la Passion du Christ, et essaye
d'arriver à une appréciation des efforts qui ont été faits par les
quatre arts: éloquence, musique, peinture, sculpture, depuis le XIIe
siècle, pour arracher aux cœurs des femmes les dernières gouttes de
pitié que pouvait encore exciter cette agonie purement physique car ces
œuvres insistent presque toujours sur les blessures ou sur
l'épuisement physique, et dégradent bien plus qu'elles ne l'animent,
la conception de la douleur.
Puis essayez de vous représenter la somme de temps et d'anxieuse et
frémissante émotion, qui a été gaspillée par les tendres et
délicates femmes de la chrétienté pendant ces derniers six cents ans.
(Ceci rejoint encore de plus près le passage du chapitre II de la Bible
d'Amiens sur les femmes martyres à propos de sainte Geneviève.) Comme
elles se peignaient ainsi à elles-mêmes sous l'influence d'une
semblable imagerie, ces souffrances corporelles passées depuis
longtemps, qui, puisqu'on les conçoit comme ayant été supportées par
un être divin, ne peuvent pas, pour cette raison, avoir été plus
difficiles à endurer que les agonies d'un être humain quelconque sous
la torture; et alors essayez d'apprécier à quel résultat on serait
arrivé pour la justice et la félicité de l'humanité si on avait
enseigné à ces mêmes femmes le sens profond des dernières paroles
qui leur furent dites par leur Maître: «Filles de Jérusalem, ne
pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants»,
si on leur avait enseigné à appliquer leur pitié à mesurer les
tortures des champs de bataille, les tourments de la mort lente chez les
enfants succombant à la faim, bien plus, dans notre propre vie de paix,
à l'agonie de créatures qui ne sont ni nourries, ni enseignées, ni
secourues, qui s'éveillent au bord du tombeau pour apprendre comment
elles auraient dû vivre, et la souffrance encore plus terrible de ceux
dont toute l'existence, et non sa fin, est la mort; ceux auxquels le
berceau fut une malédiction, et pour lesquels les mots qu'ils ne
peuvent entendre «la cendre à la cendre» sont tout ce qu'ils ont
jamais reçu de bénédiction. Ceux-là, vous qui pour ainsi dire avez
pleuré à ses pieds ou vous êtes tenus près de sa croix, ceux-là
vous les avez toujours avec vous! et non pas Lui.
Vous avez toujours avec vous les malheureux dans la mort. Oui, et vous
avez toujours les braves et bons dans la vie. Ceux-là aussi ont besoin
d'être aidés, quoique vous paraissiez croire qu'ils n'ont qu'à aider
les autres: ceux-là aussi réclament qu'on pense à eux et qu'on se
souvienne d'eux. Et vous trouverez, si vous lisez l'histoire dans cet
esprit, qu'une des raisons maîtresses de la misère continuelle de
l'humanité, est qu'elle est toujours partagée entre le culte des anges
ou des saints qui sont hors de sa vue, et n'ont pas besoin d'appui, et
des hommes orgueilleux et méchants qui sont trop à portée de sa vue
et ne devraient pas avoir son appui.
Et considérez combien les arts ont ainsi servi le culte de la foule.
Des saints et des anges vous avez des peintures innombrables, des
chétifs courtisans ou des rois hautains et cruels, d'innombrables
aussi; quel petit nombre vous en avez (mais ceux-là remarquez presque
toujours par des grands peintres) des hommes les meilleurs et de leurs
actions. Mais réfléchissez vous-même à ce qu'eût pu être pour nous
l'histoire; bien plus, quelle histoire différente eût pu advenir par
toute l'Europe si les peuples avaient eu pour but de discerner, et leur
art d'honorer les grandes actions des hommes les plus dignes. Et si, au
lieu de vivre comme ils l'ont toujours fait jusqu'ici dans un nuage
infernal de discorde et de vengeance, éclairés par des rêves
fantastiques de saintetés nuageuses, ils avaient cherché à
récompenser et à punir selon la justice, mais surtout à récompenser
et au moins à porter témoignage des actions humaines méritant le
courroux de Dieu ou sa bénédiction plutôt que de découvrir les
secrets du jugement et les béatitudes de l'éternité.»
C'est après cette phrase que vient le morceau sur l'idolâtrie que j'ai
cité dans le Post-Scriptum de ma Préface et qui termine ce long
développement par ces mots:
«Nous servons quelque chère et triste image que nous nous sommes
créée, pendant que nous désobéissons à l'appel présent du Maître
qui n'est pas mort, qui ne défaille pas en ce moment sous sa croix,
mais nous ordonne de lever la nôtre» (ce qui correspond exactement aux
paroles de la _Bible d'Amiens_) «substituer l'idée de ses souffrances
passées à celle de notre devoir présent». (_Lectures on Art_, II,
§ 56, 57, 58 et 59).--(Note du Traducteur.)]
[Note 308: «Jésus lui dit: Qu'est-ce qui est écrit dans la loi et
qu'y lis-tu?»--Il répondit: «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout
ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée
et ton prochain comme toi-même. Et Jésus lui dit: «Tu as bien
répondu; fais cela et tu vivras» (Saint Luc, X, 26, 27, 28).--(Note du
Traducteur.)]
[Note 309: L'origine la plus authentique de la théorie du Purgatoire
dans l'enseignement donné par l'art, se trouve dans les
interprétations postérieures au XIIIe siècle, du verset: «par lequel
aussi Il alla et prêcha parmi les âmes en prison», se transformant
graduellement en l'idée de la délivrance, pour les saints dans
l'attente, de la puissance du tombeau.
En littérature et en tradition, l'idée est à l'origine, je crois,
Platonicienne, certainement pas Homérique, Égyptienne c'est possible,
mais je n'ai encore rien lu des récentes découvertes faites en
Égypte. N'aimant cependant pas laisser le sujet dans le dénuement
absolu de mes propres ressources, j'ai fait appel à mon investigateur
général M. Anderson (James R.) qui m'écrit ce qui suit:
»Il ne peut pas être question de la doctrine ni de son acceptation
universelle, des siècles avant le Dante, il en est fait mention
cependant d'une façon assez curieuse dans le _Summa theologiæ_, comme
nous l'avons dans une version plus récente; mais je trouve par des
références que saint Thomas l'enseigne ailleurs. Albertus Magnus la
développe en grand, Si vous vous reportez à la Légende Dorée, au
Jour de toutes les Âmes, vous y verrez comment l'idée est prise comme
lieu commun dans un ouvrage destiné au peuple au XIIIe siècle. Saint
Grégoire (le Pape) la soutient (Dial, IV, 38), dans deux citations
scripturaires: (1), le péché qui n'est pardonné ni «in hoc seculo ni
dans celui qui est à venir», (2) le feu qui éprouvera chaque œuvre
de l'homme. Je pense que la philosophie Platonicienne et les mystères
grecs doivent avoir eu fort à faire pour faire passer l'idée au
début; mais chez eux--comme chez Virgile--elle faisait partie de la
vision orientale de la circulation d'un fleuve de vie, dont quelques
gouttes seulement étaient jetées par intervalle dans un Élysée
permanent et défini ou dans un enfer permanent et défini. Cela
s'accorde mieux avec cette théorie que ne le fait le système chrétien
qui attache finalement dans tous les cas, une importance infinie aux
résultats de la vie «in hoc seculo».
«Connaissez-vous une représentation du Ciel ou de l'Enfer qui ne soit
pas liée au Jugement dernier, je ne m'en rappelle aucune, et comme le
Purgatoire est à ce moment-là passé, cela expliquerait l'absence de
tableaux le représentant.
«En outre le Purgatoire précède la Résurrection--il y a débat
continuel entre les théologiens pour savoir quelle sorte de feu il peut
y avoir au Purgatoire, qui puisse affecter l'âne sans toucher au
corps.--Peut-être que le Ciel et l'Enfer--comme opposés au Purgatoire,
parurent propres à être peints parce ils ne comportent pas seulement
la représentation d'âmes mais aussi de corps s'élevant.
«Dans le récit de Bede de la vision du prophète Ayrshire, il est
question du Purgatoire en termes très semblables à ceux de Dante dans
la description du second cercle de tourbillons de l'Enfer; et l'ange qui
finalement sauve l'Écossais du démon vient à travers l'Enfer, «quasi
fulgor stellæ micantis inter tenebras» «que sul presso del mattino
Per gli grossi vapor Marte rosseggia.» Le nom de Bede fut grand au
moyen âge. Dante le rencontre dans le Ciel, et, j'aime à l'espérer,
peut avoir été aidé par la vision de mon compatriote qui vivait plus
de six cents ans avant lui.--(Note de l'Auteur.)]
[Note 310: Comparez avec le Monastère lettré, artiste et doux de
Saint-Jérôme, où les murs sont peints à fresque, dans la citation de
_Saint Mark's Rest_, que j'ai donnée pages 222, 223, 224.--(Note du
Traducteur.)]
[Note 311: Ruskin dit ici «les pierres d'Amiens» comme autrefois il
avait dit les _pierres de Venise._ Il a dit aussi dans _Prœterita_:
«Si le jour où je frappai à sa porte le portier de la Scuola san
Rocco ne m'avait pas ouvert, j'aurais écrit les _Pierres de Chamounix_
au lieu des _Pierres de Venise._»--(Note du Traducteur.)]
[Note 312: Toutes les courageuses actions. Ruskin ne pense pas que la
guerre soit moins nécessaire aux arts que la foi. Voir dans _The Crown
of wild olive_ la troisième conférence sur _The War._--(Note du
Traducteur.)]
[Note 313: Je ne veux pas dire Aesthésis--mais _nous_; s'il faut que
vous parliez en argot grec.--(Note de l'Auteur.)]
[Note 314: Tout lecteur ayant un peu de flair métaphysique, trouvera
une certaine parenté entre l'idée exprimée ici (depuis «Toutes les
créatures humaines») et la théorie de l'Inspiration divine dans le
chapitre III: «Il ne sera pas doué d'aptitudes plus hautes ni appelé
à une fonction nouvelle. Il sera inspiré... selon les capacités de sa
nature» et cette remarque «La forme que prit plus tard l'esprit
monastique tint beaucoup plus... qu'à un changement amené par le
christianisme dans l'idéal de la vertu et du bonheur humains». Sur
cette dernière idée Ruskin a souvent insisté, disant que le culte
qu'un païen offrait à Jupiter n'était pas très différent de celui
qu'un chrétien etc... D'ailleurs dans ce même chapitre III de la
_Bible d'Amiens_, le Collège des Augures et l'institution des Vestales
sont rapprochés des ordres monastiques chrétiens. Mais bien que cette
idée soit par le lien que l'on voit, si proche des précédentes, et
comme leur alliée c'est pourtant une idée nouvelle. En ligne directe
elle donne à Ruskin l'idée de la Foi d'Horace et d'une manière
générale tous les développements similaires. Mais surtout elle est
étroitement apparentée à une idée bien différente de celles que
nous signalons au commencement de cette note, l'idée (analysée dans la
note des pages 244, 245, 246) de la permanence d'un sentiment
esthétique que le christianisme n'interrompt pas. Et maintenant que de
chaînons en chaînons, nous sommes arrivés à une idée si différente
de notre point de départ (bien qu'elle ne soit pas nouvelles pour
nous), nous devons nous demander si ce n'est pas l'idée de la
continuité de l'art grec par exemple, des métopes du Parthénon aux
mosaïques de Saint-Marc et au labyrinthe d'Amiens (idée qu'il n'a
probablement crue vraie que parce qu'il l'avait trouvée belle) qui aura
ramené Ruskin étendant cette vue d'abord esthétique à la religion et
à l'histoire, à concevoir pareillement le collège des Augures comme
assimilable à l'Institution bénédictine, la dévotion à Hercule
comme équivalente à la dévotion à saint Jérôme, etc., etc.
Mais du moment que la religion chrétienne différait peu de la religion
grecque (idée: «plutôt qu'à un changement amené idée par le
christianisme dans l'idée de la vertu et du bonheur humains»). Ruskin
n'avait pas besoin, au point de vue logique, de séparer si fortement la
religion et la morale. Aussi il y a dans cette nouvelle idée, si même
c'est la première qui a conduit Ruskin à elle, quelque chose de plus.
Et c'est une de ces vues assez particulières à Ruskin, qui ne sont pas
proprement philosophiques et qui ne se rattachent à aucun système,
qui, aux yeux du raisonnement purement logique peuvent paraître
fausses, mais qui frappent aussitôt toute personne capable à la
couleur particulière d'une idée de deviner, comme ferait un pêcheur
pour les eaux, sa profondeur. Je citerai dans ce genre parmi les idées
de Ruskin, qui peuvent paraître les plus surannées aux esprits banals,
incapables d'en comprendre le vrai sens et d'en éprouver la vérité,
celle qui tient la liberté pour funeste à l'artiste, et l'obéissance
et le respect pour essentiels, celle qui fait de la mémoire l'organe
intellectuel le plus utile à l'artiste, etc., etc.
Si on voulait essayer de retrouver l'enchaînement souterrain, la racine
commune d'idées si éloignées les unes des autres, dans l'œuvre de
Ruskin, et peut-être aussi peu liées dans son esprit, je n'ai pas
besoin de dire que l'idée notée au bas des pages 212, 213 et 214 à
propos de «je suis le seul auteur à penser avec Hérodote» est une
simple modalité de «Horace est pieux comme Milton», idée qui n'est
elle-même qu'un pendant des idées esthétiques analysées dans la note
des pages 244, 245, 246. «Cette coupole est uniquement un vase grec,
cette Salomé une canéphore, ce chérubin une Harpie», etc.--(Note du
Traducteur.)]
[Note 315: Genèse, XVIII, 23.--(Note du Traducteur.)]
[Note 316: Psaume, LXV, 13.--(Note du Traducteur.)]
[Note 317: Saint Jean, Révélation, XI, 15.--(Note du Traducteur.)]
FIN
[Illustration]
APPENDICE I
LISTE CHRONOLOGIQUE DES PRINCIPAUX ÉVÉNEMENTS
DONT IL EST FAIT MENTION DANS LA «BIBLE
D'AMIENS».
Anno Domini. Chap. Pages.
250. Origine des Francs......................... II, 17
301. Saint Firmin vient à Amiens................ I,
332. Saint Martin............................... I, 22
345. Naissance de saint Jérôme................. III, 123
350. Première église d'Amiens élevée sur le
tombeau de saint Firmin................. IV, 157
358. Les Francs vaincus par Julien près de
Strasbourg.......................................II, 35
405. Bible de saint Jérôme...................... II, 81
420. Mort de saint Jérôme..................... III, 40
421. Naissance de sainte Geneviève.--Fondation
de Venise........................... II, 3
445. Les Francs passent le Rhin et prennent
Amiens................................... I, 10
447. Mérovée roi à Amiens....................... I, 12
451. Bataille de Châlons.--Attila battu par
Aëtius................................... I, 10
457. Mort de Mérovée.--Childéric roi à Amiens. I, 12
466. Naissance de Clovis....................... II, 83
476. Fin de l'Empire romain en Italie, sous
Odoacre............................ .. I, 12
481. Fin de l'empire romain en France........... II, 83
481. Clovis couronné à Amiens................. I, 12
II, 2
Naissance de saint Benoît................ II, 83
485. Bataille de Soissons.--Clovis vainqueur de
Syagrius............................... II, 83
486. Syagrius meurt à la cour d'Alaric....... II, 83
489. Bataille de Vérone.--Théodoric vainqueur
d'Odoacre.............................. II, 88
493. Clovis épouse Clotilde................... II, 84
496. Bataille de Tolbiac.--Clovis met les
Alamans en déroute........................ II, 86
Clovis couronné à Reims par saint Rémi.. I, 13
Clovis baptisé par saint Rémi............ I, 20
508. Bataille de Poitiers.--Clovis vainqueur des
Wisigoths commandés par Alaric.--Mort
d'Alaric...................................... I, 13
APPENDICE II
PLAN GÉNÉRAL DE «NOS PÈRES NOUS ONT DIT[318], [319]».
La première partie de _Nos pères nous ont dit_, actuellement soumise
au public, suffit pour montrer le plan et les tendances de l'ouvrage;
contrairement à mes habitudes, je recours pour l'éditer à la
souscription, parce que la mesure dans laquelle je pourrai rendre sa
lecture plus profitable en l'illustrant de gravures, dépendra beaucoup
de l'évaluation qu'on pourra faire du nombre de ceux qui en
supporteront les frais.
Je ne découvre dans l'état actuel de ma santé aucune raison qui me
fasse redouter un affaiblissement de mes facultés générales, soit
comme conception, soit comme travail, autre que le refroidissement
naturel et forcé de l'enthousiasme chez un vieillard; toutefois, il en
survit assez en moi pour garantir mes lecteurs contre l'abandon d'un
projet que je nourris depuis déjà vingt ans.
L'ouvrage, si je vis assez pour l'achever, comprendra dix parties,
chacune limitée à une partie locale de l'Histoire chrétienne, et
toutes se groupant à la fin pour mettre ensemble en lumière
l'influence de l'Église au XIIIe siècle.
Dans le présent volume tient tout entière la première partie, qui
décrit les commencements de la puissance franque et l'apogée
artistique auquel elle aboutit avec la cathédrale d'Amiens.
La seconde partie, _Ponte della Pietra_, fera plus, je l'espère, pour
Théodoric et Vérone, que je n'ai été en état de faire pour Clovis
et la première capitale de la France.
La troisième, _Ara Cœli_, tracera les fondations de la puissance
papale.
La quatrième, _Ponte-a-Mare_ et la cinquième, _Ponte Vecchio_ ne
feront que rassembler avec beaucoup de difficulté dans une forme brève
ce que je possède de matériaux épars relatifs à Pise et Florence.
La sixième, _Valle Crucis_, sera remplie par l'architecture monastique
de l'Angleterre et du pays de Galles[320].
La septième, _les Sources de l'Eure_, sera entièrement consacrée à
la cathédrale de Chartres.
La huitième, _Domremy_ à celle de Rouen et aux écoles d'architecture
qu'elle représente.
La neuvième, _la Baie d'Uri_, aux formes pastorales du catholicisme,
jusqu'à nos jours.
Et la dixième, _les Cloches de Cluse_, au protestantisme pastoral de
Savoie, de Genève et de la frontière écossaise[321].
Chaque partie n'aura que quatre divisions; et l'une d'elles, la
quatrième, sera généralement la description d'une cité ou d'une
cathédrale historique considérée comme résultante--et vestige--de
l'influence religieuse étudiée dans les chapitres préparatoires.
Il y aura au moins une illustration par chapitre; pour le surplus il
sera fait des dessins qui seront directement placés au Musée de
Sheffield pour que le public puisse s'y reporter, et seront gravés si
l'on me fournit l'aide ou l'occasion de les relier à l'ouvrage entier.
De même que cela s'est fait pour le chapitre IV de cette première
partie, une petite édition des chapitres descriptifs sera imprimée en
format réduit pour les voyageurs et les non-souscripteurs; mais, à
part cela, mon intention est que cet ouvrage soit exclusivement
réservé aux souscripteurs.
[Note 318: Cet appendice porte le numéro III dans la _Bible d'Amiens_,
le second contenant la liste des photographies prises d'après la
cathédrale d'Amiens, par M. Kaltenbacher.--(Note du Traducteur.)]
[Note 319: Reproduit d'après l'_Advice_, publié avec le chapitre III
(Mars 1882).--(Note de l'Auteur.)]
[Note 320: De _Nos pères nous ont dit_ aucun autre volume que la _Bible
d'Amiens_ n'a paru. Mais _Verona and other lectures_ contient deux
chapitres de _Valle Crucis: Candida Casa_ et le _Raccommodage du Crible_
(ce chapitre tire son titre d'un trait de l'enfance de saint
Benoît).--(Note du Traducteur.)]
[Note 321: Sur la belle sonorité des cloches de Cluse, voir Deucalion,
I, V, § 7, 8.--(Note du Traducteur).]