Et je ne puis rien voir! En vain mon oeil fouille, comme un bistouri, ce
front sous lequel bouillonne son cerveau. En vain, je tends tous les
ressorts de mon être. La matière inerte--qui s'appelle Golding--garde
son secret. Malédiction! il faut cependant en finir! Je veux savoir, je
saurai.
Encore ce couteau! tout à l'heure il m'a semblé que cet acier s'était
refroidi dans ma main comme pour me rappeler sa présence... Que
pourrais-je donc en faire? En quoi ce couteau pourrait-il m'être utile?
Ah! j'y songe... non... ce n'est pas une idée ridicule. Voyons, pas de
précipitations! Qu'est-ce que je cherche après tout? Je veux ouvrir ce
cerveau qui reste obstinément fermé? Lorsqu'un coffret rouillé résiste
aux doigts qui s'efforcent d'arracher le couvercle, une lame d'acier a
bientôt raison de cette résistance... Eh bien! le cerveau de Golding
n'est-il pas ma cassette à moi, renfermant des richesses plus précieuses
que toutes les pierreries du monde! Le couteau! oui, c'est cela. Il me
faut faire sauter ce couvercle qui ferme son cerveau... ce couvercle,
c'est le crâne. La lame sera-t-elle assez forte! Certes, avec un coup
bien rapide, bien sec, la résistance de l'acier se décuplera. Je ne puis
m'y reprendre à deux fois.